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#1 24-07-2018 22:46:47

matou
modérateur

Mission impossible au ciné

Voici la section pour parler de la saga mission impossible au cinéma.

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#2 24-07-2018 23:06:09

dl500
TOS Forever

Re : Mission impossible au ciné

Tu peux peut-être récupérer certains commentaires dans la section des derniers films vus, je m'étais s fait les 5 premiers et vous aviez été plusieurs à commenter chaque opus. wink

Édit: voici le message original

J’ai décidé, suite à la diffusion sur une chaine hetzienne (mais pas vu) du film Mission impossible 3, d'enfin voir cette saga.
Je m'y étais toujours refusé, suite au parti pris de faire de Phelps un traitre dans le premier film.
Alors:
MI1: Plutôt pas mal finalement, on est dans un sous James Bond mais qui se laisse regarder, c'est bien filmé même si on ne retrouve pas la "patte" De Palma. Les nombre de "guest star" est impressionnant et on suit sans déplaisir l'intrigue, cousue de fil blanc, mais le spectacle nous emmène dans l'aventure. Les SFX ont vieilli, et de grosses erreurs sont présentes (comme les trains qui se croisent dans le tunnel sous la manche).
Technologiquement, c'est amusant de voir l'énorme progression en téléphonie et en informatique fait depuis 20 ans.
Et clairement, rendre Phelps traitre, ça ne colle pas, même pour mettre en avant notre petit Tom Cruise.
Allez, un petit 5/10.
MI2: Là concrètement, à partir de la deuxième moitié du film, j'ai décroché. Les abus de ralenti, de musique décalée par rapport à la scène (c'est du cinéma asiatique), et Cruise en mode Kung Fu Panda ça ne l'a pas fait du tout. L'intrigue est complètement débile (et vas-y que je te change de masque comme ça, en 3 secondes...), les acteurs mauvais (le méchant c'est une caricature, et que dire du savant russe?) Et le clou du spectacle reste la poursuite en moto et le combat sur la plage, ridicules. Bon l'intro aussi, mais on est clairement dans un film à la gloire de Tom. Plus rien à voir avec mission impossible. Bravo pour le petit rôle d'Anthony Hopkins, chef de la section, et pour la beauté de Thandie Newton.
Un carrément décevant John Woo.  Pas plus de 1/10.
Et doublage différent pour Cruise, cette fois c'est Yvan Attal. Ca ne colle pas des masses.
J'espère que les suivants sont meilleurs, j'ai du mal à comprendre l'engouement là après ces 2 films. Et comme le 3 est réalisé par notre Jar Jar international...

MI 3:
Curieux film que celui-ci. Déjà, c'est l'anti thèse du précédent, Cruise passe du statut de super-héros à humain sensible doté de sentiments. Ensuite, le film essaie dans la mesure du possible de réparer les absurdités du 2. Je parle des coups avec les masques pour nous faire croire à une autre identité. Cette fois on voit le temps qu'il faut pour les créer, les enfiler, et prendre la voix du personnage. A propos de voix, Cruise obtient son troisième doubleur différent en 3 films, Et Ving Rhames prend celle de Richard Darbois. Bonjour la continuité. (Sans compter la prononciation des noms des personnages).
Passons à l'histoire. Ca n'a aucun rapport avec Mission Impossible. Peut-être le passage au Vatican et encore. De la réflexion et du suspense, on passe à de l'action, action, action. Nos 2 comparses à l'écriture ne livrent pas ici leur pire travail c'est déjà ça. Rien de crédible ni possible cependant. Pour de l'espionnage, on repassera.
Mais ce qui fâche le plus c'est la réalisation. Je vais essayer d'être le plus objectif possible parce que l'on parle ici de Jar Jar, et de son premier film. Et bien ça ne ressemble pas à un film. Tout y est filmé de près, très près, les gros plans sont légions, il n'y a pas de profondeur ou très peu, le cinémascope n'est pas utilisé, là où il y avait pourtant des plans qui le méritaient. Même les vues aériennes ne sont pas optimisées. Les lens flares ne m'ont pas génés, cependant le fait de faire trembloter la caméra, rendent certains plans totalement illisibles (les séquences: en hélicoptère, en parachute, poursuites automobiles (là c'est atroce), attaque aérienne avec le drône). Bref c'est pas du bon travail. Faudra me dire ce qu'on trouve à ce type. Des 3 premiers films de la série celui-ci est une horreur niveau réalisation.
Puisqu'il n'y a pas de continuité entre les films, peut-être le prochain sera enfin de qualité? 
3/10.

MI4:
Et bien c'était pas mal du tout!
On est dans un pastiche de James Bond qui ne dit pas son nom. Cruise se défend bien et donne une prestation cette fois mesurée. Même Simon Pegg est supportable. C'est bien filmé et les séquences d'action sont lisibles. Si! Jar Jar il y a du boulot, parce que là, le cinémascope est utilisé. Délègue autant que tu peux, ce sera toujours meilleur que ton travail de sagouin. Ca vole pas haut mais franchement pour passer une soirée c'est le film idéal. Et c'est du Bad Robot, qui l'eu cru?
Les 2 crétins sont remplacés aussi au scénario, que du bonheur. On regrettera l'absence de Ving Rhames qui hérite d'une toute petite séquence inutile et doublé avec encore un autre acteur.
Du sous Bond bien agréable et le meilleur des 4 (pas compliqué non plus). 7/10.

MI 5: Rogue nation
Bon pour 2€ dans mon cinéma de petite ville (médiathèque) on ne va pas bouder notre plaisir mais c'est bien moins bon que le 4. La cause à un sur placement de produits BMW et à la surenchère de cascades de Dieu Cruise. L'histoire tient sur 2 lignes et je suis totalement hermétique à la tête d'abrutit de Pegg (horripilant).
J'ai passé un bon moment mais c'est vrai qu'après Des agents très spéciaux et Spectre ça fait pâle figure.
Bon divertissement vite oublié. 6/10

Dernière modification par dl500 (24-07-2018 23:06:36)


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#3 24-07-2018 23:29:09

matou
modérateur

Re : Mission impossible au ciné

La réponse de Yrad car elle me semble importante :

yrad a écrit :
dl500 a écrit :

Je n'ai pas retrouvé le sujet mais vous en parliez il y a peu de temps, j'ai décidé, suite à la diffusion sur une chaine hetzienne (mais pas vu) du film Mission impossible 3, d'enfin voir cette saga.

Je m'y étais toujours refusé, suite au parti pris de faire de Phelps un traitre dans le premier film.

En dépit de l'immense talent de mise en scène de Brian de Palma, la trahison (qui plus est strictement vénale* damn) de Jim Phelps – l'âme de la série originale et de son revival – fait de l'adaptation ciné de 1996 une imposture et donc un apocryphe. Car on touche-là à la définition même de l'œuvre de Bruce Geller, dont le viol de l'énoncé est un élément dirimant.
Je n'oublierai jamais la profonde indignation de feu Peter Graves…
Du coup, le premier film abusivement nommé Mission: Impossible mérite un 0/10 pointé, car le scénario est toujours un facteur limitant. Une réalisation géniale ne sauvera jamais un scénario de merde ou profondément incohérent.
C'est sur le fond peut-être pire encore que le reboot abramsien de ST, qui a au moins l'alibi internaliste (aussi tartuffe et irrespectueux qu'il soit) de la nouvelle timeline (ou du nouvel univers).

[* si encore la trahison de Jim Phelps possédait une dimension politique ou idéologique, telle une crise de conscience tardive à la façon des dernières saisons de 24, l'initiative aurait eu au moins le mérite de ne pas directement chier à la face des séries TV et de ne pas se foutre totalement de la gueule des spectateurs.]

La réflexion de Dvmy car elle, comme souvent, très juste:

dvmy a écrit :

MI5, de très loin le meilleur de la série, et de très loin supérieur aux 3 derniers Bond en date. Moi j'ai adoré de A à Z.
- 1 pour ce crétin de Pegg.

9/10.


La suite de la discussion sur les films MI est sur les deux pages du  topic.

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#4 24-07-2018 23:48:29

matou
modérateur

Re : Mission impossible au ciné

Deux autres avis:

mypreciousnico a écrit :

Vu "Mission: Impossible - Ghost Protocol " de Brad Bird et c'est une bonne surprise smile

Le film ne joue pas (comme son prédécesseur merdique) dans la surenchère d'action, mais plutôt sur de la tension, du suspens et de l'infiltration (on est pas encore fidèle à la série, mais pour un peu on s'en approcherait presque par moments). En ce sens, les scènes au Kremlin ou à Dubaï sont vraiment réussies et fleurent bon le film d'action à l'ancienne.

Car j’ai retrouvé dans ce film un certain parfum de film d'action, héritier quelque part des Die Hard, avec des cascades sans CGI et un scénario prétexte. Voila qui relance mon intérêt pour une franchise d'action qui aura toujours été super bancale...

A mon humble avis un bien meilleur James Bond que "Quantum Of Solace" smile

scorpius a écrit :

Mission Impossible : Rogue Nation

C'était très bien, un peu moins surprenant et rafraichissant que le Brad Bird mais ça reste un sacré spectacle, pas de doute là-dessus.

McQuarrie a une approche très "old-school" du genre, il donne l'impression de ramener la franchise sur le plancher des vaches. Après le nawak ridicule du JJ et la surenchère jouissivie mais quasi-définitive (et donc difficilement surpassable) de "Ghost Protocol" ça fait du bien.
Le film est impressionnant hein, mais on sent que passé la scène d'intro démente, McQuarrie s'amuse à remettre en cause la nature presque mythique acquise par Hunt. Le truc cool étant que ce n'est jamais au détriment de la dimension héroique du personnage, Hunt en chie tout au long du film, il a toujours un train de retard sur le méchant, sans qu'on ait jamais l'impression que le réalisateur et son équipe ont hontes de réaliser un film d'espionnage et d'aventure.

Le méchant est justement excellent, il participe assez peu à l'action mais finalement c'est cohérent avec le propos du film, sur ces agents de terrain qui ne sont que des pions au sein d'enjeux qui les dépassent (lui prétend s'élever au-dessus de sa condition d'agent de terrain en controlant les crises depuis leurs origines). Le climax est encore une fois fortement marqué par la volonté de McQuarrie d'aller à l'encontre des précédents films, loin d'une confrontation physique, elle est ici avant tout psychologique. Et la façon dont Hunt le "piège" est excellente, pour le coup ça fait très "mission impossible" (la série).
L'attraction principale de ce "Rogue nation" est néanmoins probablement la sublime Rebecca Ferguson, loin de moi l'idée de relancer un débat qui n'en est finalement pas un, m'enfin on sera tous d'accord pour dire qu'on tient là, la meilleure "Bond-Girl" depuis des lustres. A la fois  ambigue et diablement sexy (McQuarrie prend visiblement son pied en la filmant sous tous les angles) elle bouffe l'écran comme rarement. Pas surprenant dès lors qu'elle soit impliquée dans les meilleurs séquences du film. Celle de l'Opéra (avec une vibe digne du De Palma des grandes heures) ou celle incroyable en "apnée" au maroc.

Bref, tout ça plus un casting aux petits oignons (quel plaisir de voir Alec baldwin - le seul vrai Jack Ryan - trimballer sa classe dans la saga) et on continue de tenir la meilleur franchise d'espionnage moderne.
(Et McQuarrie a définitivement achevé sa transformation en cinéaste très solide, Jack Reacher était déjà très bon d'ailleurs).

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#5 25-07-2018 00:01:30

matou
modérateur

Re : Mission impossible au ciné

Mission Impossible Fallout

En un mot, un très grande régression. Un Tom show lourdingue avec une intrigue cousue de fil blanc, qui ne tient ni debout, ni mm en béquille ou allongée. Et se prenant très au sérieux...
Tout n’est que prétexte aux cascades de Cruise (impressionnantes mais parfois too much  comme dans la scène de bagarre dans les toilettes) et aux enjeux balourds pour le personnage de Hunt.
Le retour des personnages est une catastrophe tant tout n’est qu’une redite en moins bien du précédent.
Un film bien plus proche des 2,3 que du 4 et 5. Et un final aussi lourd que celui du 1. La mise en scène symbolique de De Palma en moins.

Pour résumer (je reviendrai plus tard en détail):
Écriture prétexte, personnages grossièrement définis, cascades qui à trop en faire, deviennent balourdes, final lourdingue et dans l’action et dans le propos.
Même si les acteurs sont bons et parfois très bon comme Cavill, ils ne peuvent sauver le film de ses défauts.

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#6 25-07-2018 00:20:35

matou
modérateur

Re : Mission impossible au ciné

Écran Large a fait une série de récit sur les films. Des infos sympas mais je ne partage pas les avis exprimés sur la qualité de certains films.

Le premier

Le deuxième

Le troisième

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#7 26-07-2018 02:51:15

Oberon
membre

Re : Mission impossible au ciné

Salut à tous.
De retour parmi vous, je tombe, aussi improbable que cela puisse être, sur ce topic en haut de page. Faisant parti des "privilégiés" (pourquoi des guillemets? vous en faites pas, l'explication arrive...) à avoir vu MI:Fallout en avant-première, je me sens un peu obligé d'apporter ma contribution à ce sujet.

Commençons par une rétrospective.

MI, le premier du nom, est sans nul doute à mes yeux le plus dispensable des films du -très surcoté en ce qui me concerne-  disciple d'Alfred Hitchkock, soit Brian de Palma. Film plutôt médiocre dans sa narration aussi clichée que prévisible, celui-ci n'a eu qu'un seul mérite: nous proposer un successeur au mythique Jim Phelps, ce qui finira par déboucher sur l'une des franchises phares des 20 dernières années. Le prix à payer fut la mort aussi morale que physique de Phelps, un prix que, pour ma part, je n'ai jamais totalement digéré.
Puis vint la suite, un film d'action si grotesque dans sa surenchère que même les plus mauvais Fast and Furious peuvent sans crainte lui donner la réplique. D'aucuns disent que MI:2 est le plus mauvais des films de John Woo, je fais parti de ceux qui acquiescent. Et vu le niveau global dudit réalisateur, c'est éloquent...
Le 3ème opus, que je n'ai pas vu car mon masochisme n'est pas sans limite, fut unilatéralement descendu, tant par la critique que par le public.
A ce stade, la franchise aurait logiquement du s’arrêter, mais comme toujours, c'est quand on s'y attend le moins que le sursaut arrive.
Ghost Protocol, soit MI:4, fut un carton au box-office et aux niveaux des critiques, et plus singulier encore, c'était globalement mérité. Au lieu de sombrer dans la surenchère des opus précédents, GP s'en est affranchi. Finit Ethan Hunt, le surhomme invincible à l'équipe décorative, c'était l'heure du second dégrée (vous vous souvenez de Tom s’assommant après avoir raté son saut à Dubai? J'en ai pleuré de rire...) et de la préséance du collectif sur l'individu. Les personnages n'avaient jamais été aussi fouillées, et on pouvait prendre un plaisir non feint à suivre leurs aventures.
Fort de ce succès, MI osa faire ce que peu de franchises osent: capitaliser sur l'écriture et la psychologie des personnages pour nous offrir un 5ème opus majoritairement considéré comme le meilleur. On y voyait un Ethan Hunt malmené, dominé, et renversant (grâce à son équipe) un adversaire objectivement plus fort que lui. L'arrivée du personnage d'Ilsa, sorte de miroir déformant (et ô combien féminin) de Hunt fut également un pari avisé, tant l'alchimie apportée par cette dernière fut un atout pour le film. Benji lui aussi prenait en maturité, et Brandt s'imposait comme le renouveau logique et attendu de Hunt pour le futur.

Tant d'espoir déçus...

MI:Fallout renoue ouvertement avec les codes des 3 premiers, soit les 3 moins bons (pour rester poli...). Hunt le magnifique, l'indomptable, que dis-je? l'invincible, est plus tonitruant que jamais. Personnellement,  j'ai du mal à trouver un homme de 60 ans plus terrifiant que son alter-ego de 30, mais Tom, visiblement désireux de pousser le dernier rugissement du mâle alpha, n'est pas d'accord. Vous aviez aimé voir un Hunt faillible et possédant des limites dans MI:4 et 5? Passez votre chemin, Hunt est ici si dominant qu'il en mérite des Chuck Norrissade... Brandt (Jerremy Renner) est évidement, sans l'ombre d'une justification, absent du cast, car cela demanderait à Tom de partager la pédicule, ce qui n'était clairement pas son intention. Ilsa est une redite totale de l'épisode précédent, de sa psychologie à son finish move (un peu gonflant la 10ème fois...), en passant par sa relation à Tom, redite grossière de ce qui a été vu dans Rogue Nation: je t'aime mais je bosse pour le MI6, donc c'est compliqué. Très original.

Spoiler


Mais le carnage n'est qu'à peine esquissé, car le pire arrive: les antagonistes. Au nombre de 3, aucun ne parviendra à faire ressentir au spectateur autre chose que de la prétention et de l'ennui. La White Widow est aussi creuse que mal employée, et on oubliera son existence à peine sorti de la salle. Solomon Lane, de retour en mode monomane (je veux me venger de Hunt et je veux mourir après) est une triste parodie d'un personnage qui avait su marquer les esprits dans Rogue Nation, avec une nouveauté intriguante: il n'est plus capable d'anticiper et de contrer ses adversaires, juste de se prendre une fessée.
Lamentable, mais pas autant que le traitement du personnage d'Henry Cavill.
Ce dernier, certainement maudit à sa naissance par Maléfique, méritera le surnom de "Henry la loose" tout au long du film. Vous avez déjà vu un golgoth d' 1,90m pour 115kgs frapper un ennemi au corps à corps sans même lui faire un bleu? Ou un tireur supposé d'élite vider un chargeur de mitrailleuse lourde sur un hélicoptère sans causer autre chose qu'une misérable fuite de carburant? Non, je n'exagère pas! Sans oublier que ce dernier se fait prendre en filature sans rien voir, manipuler par Hunt comme un môme de 6ème, et d'une façon générale, foirera royalement tout ce qu'il entreprendra dans le film. Lorsque ce dernier finira par, ô surprise, mourir de la main de Hunt, après avoir été battu, devancé, défiguré, humilié et j'en passe, la seule réaction que j'ai eu fut un cynique: "on achève bien les chevaux, non?".

Par désir de compenser le gouffre de l'écriture dans cet opus, la production a décidé de revenir à la formule du 1er et du 2: de l'action, tout le temps, et de préférence à un rythme qui empêchera le spectateur de réfléchir à la stupidité/incohérence de la trame et de ses rebondissements. Nous aurons donc droit à 3 courses-poursuites: l'une en moto dans Paris (grosse pub pour BMW), l'une à pied sur les toits de Londres (Tom n'avait pas eu son compte de cascades...), et la dernière en hélicoptère (aussi digeste que du lard à l'huile). L'action est si intense et permanente que je n'ai même pas souvenir d'avoir vu un gadget (hormis les masques mais ça compte pas). Pour moi, c'est tout sauf un compliment, car le procédé est très clairement un écran de fumée pour masquer la médiocrité de l'écriture, et la médiocrité du film en général.
Bref, en un mot comme en cent, cet opus est une régression nette par rapport aux 2 derniers, dont le seul intérêt sont les cascades de Tom. Ce dernier s'étant, à mes yeux, totalement accaparé le film (la vieillesse ne lui réussit pas, semble-t-il...), nous avons affaire à papy Cruise, invincible et prenant plus de pellicule qu'il y à 20 ans, s’éclatant à faire son show en ignorant souverainement la cohérence, la crédibilité, ou même la logique (car oui, Ethan Hunt apprend à piloter un hélico en 45 secondes. Quel homme...), provoquant la saturation et l'ennui du spectateur.
Mon seul espoir est que cette formule dépassée et indigeste provoque un mauvais score au box-office.
Qui vivra verra...

Dernière modification par Oberon (26-07-2018 14:48:34)


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#8 08-08-2018 03:03:45

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Mission impossible au ciné

Mission Impossible Fallout !

Excellent film d'action et excellent film tout court. Il trouve son identité et s'y tient. La Rogue Nation, qui reste un très bon film, n'avait pas réussi à trouver le ton. Toujours un peu à la frontière entre la parodie et le sérieux.
Ici, non, le ton est juste. On peut donc pleinement profiter des scènes d'actions car grâce à ça, les enjeux sont clairement définis.

Profiter de ces fameuses scènes d'actions. Quel bon travail ! Lisibles, parfaitement filmées et très bien rythmées. Et qui regorgent de trouvailles en plus. On sent l’œuvre de passionnés derrière ça.

Profiter de l'histoire aussi. Le retournement de situation principal arrive au moment idéal. Celui où on a clairement deviné ce qu'il en était, qu'il n'est plus nécessaire de faire durer et qu'il est temps de mettre ce retournement au profit de l'évolution du récit.
De manière générale, le film profite très intelligemment de ce qu'il nous fait comprendre. Le but n'est pas jamais de nous surprendre par la révélation, mais par l'utilisation de cette révélation.
Comme par exemple quand Ethan imagine la fusillade sur le bord de la Seine. En plus de nous montrer ce que Ethan ne laissera jamais faire, elle nous présente clairement le plan des méchants et les moyens qui sont à leur disposition.
Grâce à cette petite scène très bien filmée (qui en plus au début pose quand même le doute de sa réalité), tout est clairement défini, on peut se régaler de la suite et savourer le plan de Ethan.
Et cet excellent travail permet de conclure l'action sur une très bonne scène de tension, presque western, avec la flic qui met les contraventions.

Le film est beau en plus, les villes, les campagnes, tout est superbement filmé. Et la musique est parfaitement utilisée. Il y a tellement à dire, notamment sur les thématiques, mais on prend tellement plein la gueule la première fois qu'il faut que je le revois. Malheureusement pour moi, je pense que ça ne sera pas avant le DVD.

Allez, si je devais parler d'un petit défaut, c'est le personnage Ilsa. Elle n'est pas très bien utilisée, il y avait un peu mieux à faire avec elle. On a l'impression qu'elle n'a pas changé depuis le 5, c'est dommage, même si ça peut s'expliquer par la présence de l'ancienne femme de Ethan.
Les autres personnages sont excellents. Henry Cavill campe un bon bourrin bien méchant et ils sont arrivés à bien équilibrer le personnage de Benji.

En tout cas meilleur film de la franchise et sûrement l'un des meilleurs films d'action que j'ai vu.
Enfin, meilleur que le 1 c'est sûr (même si c'est un très bon film). Mieux que le 2, lui c'est presque un nanar avec ses scènes d'actions débiles. Il faudrait que je me regarde à nouveau le 3 et le 4.

Film génial, à voir absolument ! Je ne sais pas si ils en feront d'autres, mais la recette est parfaite maintenant. Bien joué Tom.

Dernière modification par McRaktajino (08-08-2018 03:33:00)

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#9 09-08-2018 10:26:53

matou
modérateur

Re : Mission impossible au ciné

Content que cela t’a plu. Je pense avoir une idée des éléments qui t’ont fait vibrer.
Mais je ne te suis pas sur cette voie.
Sur les défauts que tu cites et notamment Isla, on est d’accord. Une redite en moins bien du précédent. Mais on peut dire pareil pour Salomon Lane, pour le personnage d’Angela Basset (vis à vis du personnage de Baldwin), de Benji (encore à sauver). Seul Luther a un peu plus de consistance mais avec des dialogues mièvres et convenus qui ne sont en fait là que pour parler d’Ethan.
Pour la scène que tu cites, oui c’est l’une des plus réussies du film. C’est dans cette première moitié encore assez sympathique.

Mais la suite, oui c’est un film d’action où Tom fait son show. Son personnage est absent? On ne parle que de lui.
Henry Cavill est là ? On ne fait que faire échouer son personnage pour bien montrer que le vrai boss c’est celui de Tom.
L’histoire et les enjeux ? De simples prétextes aux cascades pour mettre la star en avant.
Alors oui dans ce style de film d’action avec une star omniprésente, comme on en a beaucoup vu, c’est impressionnant.
Sauf que le 4 et le 5 avait pris une autre direction.
Le 4 était bien plus collectif et de prenait bien moins au sérieux.

Des critiques que j’ai lues, je retire deux éléments assez vrais.
La première c’est que MI était plus plaisant quand on n’etait pas obligé de le prendre autant au sérieux. Comme les meilleurs films d’action en fait.
La seconde c’est que ce film donne l’impression que le réalisateur ancien scénariste n’a plus envie d’écrire mais de mettre en boîte des scènes techniquement difficile (exemple d’écriture faiblarde avec toute une course poursuite qui a pour origine une moto qui ne démarre pas... ou encore des adversaires qui arrivent là où sont les héros sans aucune justification pour dire comment ils ont su qu’ils étaient là ...). Mais aussi que son acteur principal n’a plus envie de jouer la comédie mais de faire cascadeur. Cela ne veut pas dire si il est mauvais mais qu’il reste dans sa zone de confort.
Donc un film fait avec les deux personnes les plus importantes qui n’assument pas le rôle qu’ils doivent tenir (écrire pour l’un et surprendre le spectateur par la palette de son jeu pour l’autre).
En résumé le film se prend bien au sérieux alors que ce qui devrait être son cœur cad enjeux, intrigue ne sont pas traités avec sérieux.
Ce qui fait, comme tu le dis, on devine tout le film avant, on connaît les résolutions avant même qu’elles ne se fassent.

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#10 13-08-2018 15:43:12

Prelogic
Legaliste

Re : Mission impossible au ciné

Je ne me souviens même plus de ce que j'ai vu, en réalité, avec ce "Fallout"... à part qu'il s'agissait pour moi d'un acte de contrition pour faire plaisir à une amie. Voilà donc un spectacle nerveux et des performances de la part de Tom Cruise, certes. On le savait : c'était l'argument de vente principal. Je dois même dire que j'attendais avec impatience de voir la séquence où il se fritte le mur et se brise la cheville pour de vrai, je n'ai pas été déçu.

Le reste essaye de se donner un air de fin du monde, avec des personnages de psychopathes pouilleux peu crédibles qui se contentent simplement de jouer du regard et d'avoir un compte à régler (comme par hasard) avec notre star intergalactique - serait-ce scientologique ? On y avait déjà eu droit dans les opus précédents, rien de transcendant.

Une chose qui me gène, depuis la reprise en main de la "franchise" par Cruise, sans doute depuis le 2e film : on veut faire du personnage d'Ethan Hunt un héros avec un système de valeurs morales alors que je n'ai jamais envisagé le personnage de la sorte. Pour moi, Ethan Hunt est un paranoïaque antipathique dans le 1er film de De Palma (qui reste pour moi une référence malgré le fait que je n'ai pas de souvenirs de la série). C'est d'ailleurs un rôle dans lequel Cruise excelle le plus et qui lui permet de tutoyer les étoiles avec des films comme Jerry Maguire.

Depuis le 3e film de JJ Abrams (toujours lui, décidément, on le retrouve partout même dans notre soupe), on apprend que le mec est marié, qu'il essaye d'avoir une vie respectable en dehors des heures de bureau. Navrant. Mais bon, ne faisons pas mine d'être naïf :  nous savions avant même d'entrer en salle que nous avions affaire là à du spectacle US calibré, de très bonne facture certes mais à relativiser sur l'échelle du patrimoine cinématographique.

PS : inutile de dire que je voue un mépris total à Simon Pegg, ce rat débectant qui n'a eu que des bons mots pour George Lucas depuis le rachat de Lucasfilm par Walt-Disney, et qui essaye maintenant de se racheter une virginité avec un retournement de veste pathétique. La grande classe, ce type...

Dernière modification par Prelogic (13-08-2018 16:01:42)


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