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#1 03-04-2019 18:44:02

Prelogic
Legaliste

The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

Réalisation : Todd Phillips

Sociétés de production : DC Entertainment, Joint Effort et Warner Bros.

Scénario : Todd Phillips & Scott Silver

Décors : Mark Friedberg

Costumes : Mark Bridges

Musique : Hildur Guðnadóttir

Acteurs principaux :

Joaquin Phoenix : Arthur Fleck / le Joker
Zazie Beetz : Sophie Dumond
Robert De Niro : Murray Franklin
Frances Conroy : Penny Fleck
Brett Cullen : Thomas Wayne

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Dernière modification par Prelogic (03-04-2019 18:48:12)


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#2 03-04-2019 19:29:42

Alan Smithee
membre

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

LOL.
Encore une adaptation froide façon Christopher Nolan, dépourvue de la moindre imagerie comics et ancrée dans le réalisme... ce qui est totalement contre-nature. Joaquin Phoenix semble vouloir nous refaire une interprétation à la Heath Ledger déjà intégralement pompée de celle de Al Pacino dans Dick Tracy.

Ce sera sans moi. Les comics qui ne ressemblent pas à des comics c'est encore pire que des Marvel débiles et ultra colorés. Bon courage à la Warner pour atteindre les 110 millions espérés sur le sol US et les 300 au niveau mondial.

Dernière modification par Alan Smithee (03-04-2019 19:36:14)

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#3 03-04-2019 20:31:19

scorpius
Nowhere Man

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

Alan Smithee a écrit :

Encore une adaptation froide façon Christopher Nolan, dépourvue de la moindre imagerie comics et ancrée dans le réalisme... ce qui est totalement contre-nature.

Pas forcément contre-nature. Des comics "réalistes" notamment au niveau du trait, il y en a. Ca reste néanmoins une notion difficile à définir. Tu as par exemple la mini-série "Joker" de Brian Azzarello, qui se veux très réaliste, mais dont l'ultra-violence pourrait sembler contre-productive dans cette optique auprès de certains lecteurs. Le problème des films de Nolan ce n'est pas tant de les avoir ancrés dans du réalisme, c'est que ce "réalisme" est totalement annihilé par une écriture à la truelle (si Batman Begins est le film le plus équilibré de la trilogie, c'est aussi parce que c'est le seul qui a une écriture convenable). Il y a aussi le fait que ce réalisme s'exprime par le fait de faire de Batman un ninja, mais Nolan étant incapable de filmer une scène d'action correcte (hors course-poursuite) l'effet confine au ridicule. Enfin bon, la nullité des films de Nolan, on pourrait en écrire des tartines, mais en soit ça n'invalide pas une approche "réaliste" de Batman et de son univers (faut juste un bon cinéaste à la barre).

Joaquin Phoenix semble vouloir nous refaire une interprétation à la Heath Ledger déjà intégralement pompée de celle de Al Pacino dans Dick Tracy.

Je sais pas si on peut parler de pompage dans le cas de Ledger. Il y a une intensité dans sa performance, une douleur presque , qu'on ne retrouve pas chez Pacino dand Dick Tracy.

Ce sera sans moi. Les comics qui ne ressemblent pas à des comics c'est encore pire que des Marvel débiles et ultra colorés. Bon courage à la Warner pour atteindre les 110 millions espérés sur le sol US et les 300 au niveau mondial.

En même temps : les origines du Joker par le réalisateur de "Very Bad Trip"... A la limite j'étais disposé à lui laisser une chance, mais vu la gueule de la bande annonce qui me vend un mélo caricatural, ce sera sans moi au ciné (quand on compare ça à la violence psychologique du Joker d' Azzarelo, justement, ça fait tiep).


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#4 03-04-2019 22:42:04

matou
modérateur

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

J’ai moi aussi une limite vis à vis du réalisme. Les comics sont un monde à part, avec certains raccourcis et simplismes. Qui ont souvent des micro univers (mais même là, gaffe à ne pas faire n’importe quoi).
J’ai décroché des comics quand ils vont dans ce réalisme tant il n’est qu’une illusion.
Alors en cinéma c’est pareil.

Merci Prelo pour la création.

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#5 28-08-2019 18:45:25

Haeresis
membre

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

Trailer final pour le film The Joker:

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Humans are weak, and make mistakes. What's wrong with that ? We're not machines.  Captain Hijikata - Yamato 2202

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#6 08-10-2019 12:59:49

Prelogic
Legaliste

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

Bon et bien, il semble que j’avais raison de croire en ce film. J’ai eu une période de doute, mais les retours semblent confirmer que nous avons affaire à un retour en grâce du studio DC, qui a su prendre les risques qu’il fallait à un moment où le DCEU est en plein débâcle.

Joker semble être un film « politique », avec un vrai regard sur notre société violente – un doigt tendu vers les puissants et ceux qui puisent dans les fractures sociales et finissent par créer des monstres. Le samedi 7 septembre, la 76e édition de la Mostra de Venise a attribué le Lion d’Or au film de Todd Philips. Une récompense qui coïncide avec la volonté de cette édition de se focaliser sur l’actualité et les sujets politiques.

Considéré comme un « Anti blockbuster », le film a fait un carton au box-office, et a réalisé le meilleur démarrage aux Etats-Unis pour un week-end d’octobre, avec près de 93,5 millions de dollars de recettes. Un record, compte tenu de la polémique qui fait rage autour du film, notamment et surtout aux Etats-Unis. En effet, Joker est soupçonné d’être « pro-incel » - cette population essentiellement masculine violente et misogyne. Aussi, les proches des victimes de la tuerie d’Aurora se sont manifestés auprès des studios Warner Bros, alertant les exécutifs sur le danger de représenter un personnage de vilain en héros.

Une critique favorable intéressante >> cliquez-ici

Dernière modification par Prelogic (08-10-2019 13:18:19)


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#7 15-10-2019 23:56:44

Tyra
candidat

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

J'ai vu le film que j'ai trouvé très bon. Mais je reviendrais pour une analyse plus poussée car je suis encore en train de digérer la chose.

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#8 16-10-2019 00:04:56

dvmy
dvmy shot first

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

Bon je suis navré mais devant tous les avis positifs que je lis depuis des semaines il faut hélas que j'ouvre à nouveau ma gueule.
Jamais je ne pourrais contionner une adaptation "réaliste" d'un personnage de comics, et je comprends toujours pas comment cette vision "nolanesque" peu autant séduire. Vous voulez des films réalistes ? Inventez de nouveaux personnages ! Mais cessez de massacrer Batman et compagnie avec votre réalisme à la con qui n'a rien de pulp ni de comics.

Tout ce que déteste : ultra prétentieux, ultra réaliste, une analyse hypocrite du monde actuel et un jeu d'acteur si outrancier et préfabriqué que c'en devient risible.

Dernière modification par dvmy (16-10-2019 00:09:21)

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#9 16-10-2019 09:32:04

Prelogic
Legaliste

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

J’ai trouvé le film finalement intéressant. Mais je ne suis pas dupe de ses défaillances éventuelles, je ne vais donc pas hurler à la lune avec les loups. Compte tenu du contexte ultra-formaté auquel nous habitue le genre super-héroïque, je trouve que le film suit un chemin honorable, celui de la recherche d’une identité individuelle. Je rappelle tout de même les déboires récents du studio DC en la matière, avec notamment cette polémique qui n’en finit plus autour de Justice League et le script perdu de Zack Snyder.

Le film est « violent », parce que la société américaine est violente. Rien de nouveau sur le stricte plan cinématographique, le film assumant par ailleurs sa relation filiale avec une partie essentielle de la filmographie de De Niro (La Valse des Pantins et Taxi Driver en tête). En termes de primitivité et de sauvagerie, il faudrait également citer Delivrance de John Boorman qui met la société américaine face à ses démons. Shining également, est une véritable adaptation du roman de Stephen King, préférant sonder la société américaine par le biais de l’holocauste des Indiens d’Amérique (je recommande à ce titre l’excellent documentaire Room 237) plutôt que de traiter l’alcoolisme de Jack au premier plan.

Je pense que si le film offusque à ce point la société américaine, c’est principalement à cause du principe de puritanisme qui consiste à se défendre de toute accusation d’immoralité (on voit finalement ce que cela donne avec l’affaire Weinstein). Principe largement protégé et encouragé par une censure omniprésente, qui formate considérablement la culture populaire. Joker érige un génie du crime en victime d’une société décadente, et devient le héros des masses laborieuses ? J’ai envie de dire : et pourquoi pas ? Cela ne fait pas de moi, à priori, un révolutionnaire ou un nihiliste mais j’aime l’idée qu’on puisse bousculer, même un peu, les repères communs avec des figures archi-connues. J’ai même envie de dire que le Joker ne peut être autre chose qu’une émanation du Gotham que nous connaissons tous : un ghetto poisseux et inextricable qui broie l’humanité et qui finit par créer des monstres – Batman n’est pas autre chose qu’une figure fasciste qui se substitue à la justice.

Personnellement, je n’ai pas été particulièrement impressionné par les scènes de violence, sauf l’ultime démonstration de force de Joaquin Phoenix face à De Niro sur un plateau télé. Là, c’est dérangeant parce que l’actualité nous renvoi constamment à des « faits divers » autrement plus sordides : la société américaine est douée pour ça depuis toujours. Michael Moore défend d’ailleurs cette vision, prenant la défense du « chef d’œuvre de Todd Philips » : « Notre pays est dans un gouffre de désespoir, notre constitution est en miettes, une crapule folle furieuse originaire du Queens a accès aux codes nucléaires, mais pour une étrange raison, c’est un film qui devrait nous effrayer […]. Je suggère l’idée que ne pas aller voir ce film représenterait un grand danger pour la société. Parce que l’histoire qu’il raconte et les problèmes qu’il soulève sont si sérieux, si nécessaires, que si l’on ignore cette œuvre d’art géniale, on passera à côté du cadeau qu’elle nous fait en nous servant de miroir ».

Partant de là, on peut dire que Joker enfonce des portes ouvertes, mais que la société américaine (la société tout court) s’échine à refermer. Il faut donc, de temps en temps, une piqure de rappel. On n’est probablement pas en face d’un chef d’œuvre à glorifier, mais le simple fait que ce film existe en l’état rassure sur le degré d’intégrité qu’il reste à Hollywood. Je rappelle, comble de l’ironie, que le film bénéficie d’un budget dérisoire de 55 millions de dollars et que Warner Bros ne croyait pas une minute en ce projet : il y a donc eu partage des coûts de production avec Village Roadshow et Bron Studios. Le film aurait donc coûté moins de 55 millions à Warner, et les cabinets d’analystes estiment que le projet a quoi atteindre désormais les 800 millions sans se fatiguer.

Je ne suis pas un amateur de « réalisme » et j’ai beaucoup de mal avec l’univers mental de Nolan. Mais je suis revenu à plusieurs reprises sur sa trilogie et je lui reconnais désormais une force d’attraction. L’univers DC au cinéma n’est jamais aussi grand que lorsqu’il confie le soin à des réalisateurs différents d’apporter leur vision, sans vouloir à tout prix imiter le modèle économique du studio voisin. Si le Batman de Burton était vécu comme un psychopathe rongé par ses névroses infantiles, le Batman de Nolan est d’abord et avant tout un politique et une figure fasciste. Le personnage du Joker connait les mêmes évolutions : entre clown de l’Enfer avec Jack Nicholson, nihiliste avec Heath Ledger et produit de la société violente avec Joaquin Phoenix, je trouve qu’on a là matière à circonscrire toutes les caractéristiques fondamentales du personnage.

Dernière modification par Prelogic (16-10-2019 09:37:32)


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#10 16-10-2019 16:14:14

matou
modérateur

Re : The Joker de Todd Phillips - aux origines de la folie !

dvmy a écrit :

Bon je suis navré mais devant tous les avis positifs que je lis depuis des semaines il faut hélas que j'ouvre à nouveau ma gueule.
Jamais je ne pourrais contionner une adaptation "réaliste" d'un personnage de comics, et je comprends toujours pas comment cette vision "nolanesque" peu autant séduire. Vous voulez des films réalistes ? Inventez de nouveaux personnages ! Mais cessez de massacrer Batman et compagnie avec votre réalisme à la con qui n'a rien de pulp ni de comics.

Tout ce que déteste : ultra prétentieux, ultra réaliste, une analyse hypocrite du monde actuel et un jeu d'acteur si outrancier et préfabriqué que c'en devient risible.

Miam

Tu illustres parfaitement ce qui me dérange dans ce film. Et pourquoi je n’irai pas le voir en salle.
Mais je le verrai car l’ambition du réalisateur m’intéresse, comme prelogie la décrit si bien. Je veux bien le suivre et voir sa proposition. J’attendrai la VOD.
Car si l’ambition, le numéro d’acteur me plaise, à priori, il reste cependant à ne pas tomber dans un travers, cette hypocrisie dont tu parles.
Le grand cinéma US avait la force d’en bonnes histoires tout en sachant taper juste. Or notre époque est une époque où la pertinence et la nuance dans la critique ont bien du mal à être pensées.
Triste de voir que ce projet a en définitive comme limite d’être un film de super héros, condition pour son financement.
Cela en dit long.

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