ULTIME FRONTIÈRE

Le portail Star Trek francophone

Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 07-12-2017 16:48:01

Buckaroo
Gotta Light ?

Rogue One : A Star Wars Story

Rogue One
A Star Wars Story

Rogue_One%2C_A_Star_Wars_Story_poster.png

Realisé par Gareth Edwards
Ecrit par Chris Weitz . Tony Gilroy. Histoire de John Knoll. Gary Whitta.
D'après les personnages crée par George Lucas.
Produit par Kathleen Kennedy. Alison Sheamur. Simon Emanuel  pour Lucasfilm ltd ./ Walt Disney Pictures.
Musique de Michael Giacchino.
Directeur de la Photographie : Greg Fraiser.
Décors de Rick Hendricks.
Montage de  John Gilroy Colin Goudie. Jabez Olssen.
SPFX visuels:

Avec  Felicity Jones ( Jyn Erso ). Diego Luna ( Cassian Andor).  Ben  Mendelshon (Orson Krennic) . Donnie Yen ( Chirrut Ïwe). Mads Mikkelsen  (Galen Erso). Alan Tudyk( K-2SO). Riz Ahmed ( Bodhi Rook ). Jiang Wen( Baz Malbus ). Forrest Withaker ( Saw Gerrera ).  Jimmy Smith (Bail Organa). Spencer Wilding . Daniel Naprous( Darth Vader). James Earl Jones (voix de Darth Vader). Anthony Daniels ( C3-PO).
durée :133 minutes.
Année de sortie : 2016
Distribué par  Walt Disney Studio Motion Pictures.
Disponible en DVD/Bluray All Zone chez Walt Disney Home Video.

Le Trailer :

Flash required

Avis PSTF

  1. Film Culte(voix 0 [0%])

    0%

  2. Chef d'oeuvre(voix 1 [12.5%])

    12.5%

  3. Très Bon(voix 1 [12.5%])

    12.5%

  4. Bon(voix 1 [12.5%])

    12.5%

  5. Moyen(voix 3 [37.5%])

    37.5%

  6. Médiocre(voix 1 [12.5%])

    12.5%

  7. Mauvais(voix 0 [0%])

    0%

  8. Très Mauvais(voix 1 [12.5%])

    12.5%

  9. Nul(voix 0 [0%])

    0%

  10. Insignifiant(voix 0 [0%])

    0%

Votes totaux: 8

Les invités ne peuvent voter


TrekCoreSig_Picard.jpg

Hors ligne

#2 29-03-2018 11:11:55

Prelogic
Legaliste

Re : Rogue One : A Star Wars Story

Pour évoquer au mieux la qualité de la vision de Gareth Edwards sur ce film en particulier, je me contenterais de citer paroles d'autrui trouvées sur un autre forum de discussion :


Ballade de deux heures dans un musée de plastique à la gloire d'un Star Wars de la fin des années 70. Tout y est fidèlement reproduit : les casques lustrés, les acteurs morts ressuscités en 3D, les combats spatiaux à l'odeur de formica et cette grosse boule disco d'étoile noire qui ne cesse d'être le prétexte à un scénario névrosé depuis des décennies.
La licence Star Wars contemporaine est la parfaite représentation cinématographique d'une culture geek obsédée à l'idée de retrouver le coffre à jouet d'une enfance idéalisée.
La première trilogie avait révolutionné le cinéma par l'exploration d'un univers vaste et d'un imaginaire débridé. La version du début des années 2000 s'est faite méchamment molestées par des spectateurs persuadés d'être les protecteurs d'un vieux doudou du space opéra. Les suites contemporaines amorcées par Disney ont entendu les gardiens du temple : le Graal n'est pas au fond de la galaxie, mais dans un cahier des charges. Blanc, brun, gris, noir, sont les couleurs qui rythment le film, monotonie cassée de temps en temps par la verdure de quelques palmiers virevoltants ou par les états d'âme d'un robot sympathique. La créativité et la légèreté sont rapidement rappelé à l'ordre par les consignes de production du saint canon de la guerre des étoiles. Chaque stormtrooper se doit de mourir en hurlant le cri wilhelm et toute porte devra s'ouvrir avec le consentement de la Force. La licence est devenue un parc d'attraction cadenassé où rien ne rentre ni ne sort hormis ses spectateurs transis prenant le formol pour une source de jouvence.

Pourtant, Rogue One est probablement le seul projet cinématographique depuis le rachat de Lucasfilm proposant une amorce de quelque chose : un contexte géopolitique relativement juste (la Rébellion est encore embryonnaire et peu crédible, et doit faire face à des dissensions internes avec le mouvement marxiste / terroriste / de guerilla de Saw Guerrera), ainsi que des personnages nouveaux dotés d'un véritable potentiel d'attraction. Tout était là : la relation "masochiste" entre Saw Guerrera et sa protégée Jyn Erso (vous avez dit Jan Ors ?), les deux ayant des comptes politiques / personnels à régler avec l'Empire. Hélas, le personnage de Forrest Withaker est sous exploité et s'éteint trop rapidement, et Jyn Erso meurt également trop vite, avant d'avoir eu le temps de laisser sa marque dans l'esprit du public. Il aurait peut être fallu envisager le sujet sur 3 films entre l'Episode III et IV, ou tout simplement réactiver la série live abandonnée. Mais, visiblement « il fallait faire vite et tuer tout le monde rapidement étant donné qu’on ne voit aucun des espions rebelles dans l’Episode IV ». Si c'est Kathleen Kennedy qui le dit, alors on ne peut que s'incliner.

Quant à cette histoire de faille volontairement mise en place « au cas où une escadrille rebelle passerait par-là », c’est une honte. Ou comment essayer de se raccrocher au canon historique en usant de mauvais stratagèmes, qui nuisent profondément au geste inconscient et désintéressé de Luke Skywalker. Il y avait d'autres choses à tenter.

Le plus triste pour Gareth Edwards, c'est que son film restera probablement en mémoire pour les quelques dernières secondes (qui ne sont pas de son fait) : Vador en action, dans une séquence rajoutée à la dernière minute pour faire plaisir aux « fans de la première heure ». Une scène d'anthologie, parait-il, comme si le reste du film était quantité négligeable en comparaison. C'est peut-être malheureusement bien le cas.

Note pour un film Star Wars >> 11/20.
Note pour un film toutes catégories confondues >> 13/20.

Dernière modification par Prelogic (29-03-2018 11:12:11)


Sans_titre_3.png

Hors ligne

#3 31-03-2018 15:42:04

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Rogue One : A Star Wars Story

Je trouve que l'apparition de Vador gâche la fin. Alors que pendant tout le film le ressenti émotionnel est proche de zéro, la mort de l'héroïne arrive quand même à générer quelque chose. Le message part vers le vaisseau rebelle, on voit les plans avec le visuel en fil de fer qui fait un lien avec le 4, ça faisait une très bonne conclusion.

Mais non, tel un rouleau compresseur, Vador arrive sans aucune finesse et défouraille tout dans une scène de baston inutilement violente.
En plus, non content de nous gratifier d'une très moche princesse Leia en sfx (il suffisait de la laisser de dos, ça faisait le même effet) ça fait une grosse incohérence avec le 4, car on pourrait s'imaginer qu'elle a gardé les plans avec elle pendant un bon bout de temps en se baladant dans la galaxie. Vu qu'elle sait où est la base rebelle, ce n'est pas très logique.
Mais bon, cette incohérence n'est pas très grave au final. C'est juste que quand on trouve la scène avec Vador ridicule et inutile, ça n'arrange pas les choses.

La scène sur Mustafar était une très bonne façon de montrer le personnage et surtout c'était suffisant.
Pour ceux qui aiment le développement d'univers, ça montrait son pavillon et un peu de son quotidien et ça faisait un lien avec la Trilogie.

C'est là qu'on voit que le dosage est très important. C'est une des forces de la Postlogie, arriver à mettre des références aux autres films sans tomber dans le "fan-service" balourd.
On va voir comment Solo va gérer ça.

Dernière modification par McRaktajino (31-03-2018 15:45:28)

Hors ligne

#4 09-04-2018 14:20:44

Prelogic
Legaliste

Re : Rogue One : A Star Wars Story

Je partage ton avis sur un certain nombre de points - comme quoi, on peut se heurter sur certains aspects de la prélogie mais réussir à se mettre d'accord sur d'autres aspects.

Je n'irais pas jusqu'à dire que l'apparition de Vador « gâche » quoi que ce soit, mais ce qui est clair, c'est que Tony Guillroy (qui était à l’œuvre sur les reshoots et qui est à l'origine de cette idée de faire revenir Vador) n'avait qu'une seule idée en tête : faire plaisir aux "fans". Du coup, non seulement cette scène est réellement pauvre d'un point de vue conceptuel (Vador est sans pitié, non sans déconner ?) mais elle souffre en plus de cet aspect démagogique que je ne cesse de dénoncer depuis le rachat de Lucasfilm par Walt-Disney. Cette volonté de faire passer les envies du public avant les idées est lamentable - qui plus est, les envies de cette partie du public particulièrement conservatrice, qui a un compte à régler avec Lucas et la prélogie et qui trouve dans la communication orientée de Walt-Disney de quoi se soulager abondamment. Je n'ai jamais été fan de cette logique partisane, et je continuerai à la dénoncer même si cette posture est relativement inconfortable et impopulaire sur la toile - c'est le moins que l'on puisse dire.

Cette scène de violence « gratuite » aurait pu trouver une toute autre légitimité si on avait assumé de faire de Rogue One une aventure de Dark Vador, à l'intérieur de la franchise. Il suffisait d'assumer de faire du personnage le nœud de l'intrigue, en le montrant encore hésitant à mener les troupes de l'Empire. On aurait pu montrer Vador malmené physiquement par Palpatine cherchant à briser les restes d'Anakin Skywalker (comme on peut l'entrevoir je crois dans certains comics). Vador, échaudé à l'idée d'être la 5e roue du carrosse, se venge ainsi sur les rebelles pour asseoir une fois pour toutes sa réputation. Voilà des éléments simples de mise en scène,  qui auraient pu faire l'objet d'une dissection passionnée chez les fans, loin des guerres de chapelles.

Étant donné que le film a été le témoin de strates idéologiques successives avec la reprise en main progressive du film par le studio, le film souffre d'une forme de schizophrénie, entre film de guerre et produit commercial calibré. Le film est sans cesse tiraillé entre cette volonté de faire un film de genre, et les désidératas du studios qui veulent éviter d’apposer une restriction trop contraignante à l'entrée de la salle - Vous imaginez un Soldat Ryan dans l'univers de Star Wars, sous l'ère Disney ? On veut bien faire semblant de lâcher la bride aux créatifs, mais faut pas nous en demander plus !

Le personnage de Vador est tellement iconique que la majeure partie des commentaires sur la toile se focalisent sur cette scène rajoutée à la dernière minute. C'est d'autant plus triste que l'idée de faire quelque chose entre La Revanche des Sith et Un Nouvel Espoir était bonne (que ce soit en film, en série live ou en comics, peut importe). Et que Gareth Edwards est probablement celui qui a le plus de personnalité et de créativité, parmi les personnes recrutées jusqu'à présent. Encore faut-il faire confiance aux créatifs et à leur vision, et éviter de repasser sans cesse derrière eux avec une bonne grosse louche de retro-marketing. Même si Gareth Edwards revendique sa préférence pour la trilogie classique et son environnement conceptuel (je ne lui en fait pas le reproche, même si pour réaliser un film dans l'univers de Star Wars, c'est partir avec un handicap) , je pense qu'il est encore le seul qui avait une idée précise de ce qu'il voulait faire en dehors d'une certaine forme d'attachement puéril - lorsque je regarde son documentaire d'étudiant, je me dis qu'on a touché du doigt un concept intéressant, où l'univers usé de la trilogie classique aurait pu trouver avec Rogue One une nouvelle approche. Une nouvelle manière de raconter le quotidien de personnages lambdas dans un environnement conceptuel largement connu des fans.

Les deux seuls « plans » qui m'ont interpellés, sont le moment où l'on focalise sur ce droïde, perdu au milieu de la plaine, qui observe la navette descendre dans la vallée au début du film. On tenait une idée conceptuelle intéressante, dans la lignée de ces « objets » cinématographiques insolites filmés par Lucas et qui faisaient réfléchir (ce droïde raciste envers un autre droïde dans l'Attaque des Clones, cette bestiole qui augmente la taille de son cou pour se mettre au niveau de la tête de son interlocuteur dans A New Hope, etc..). La deuxième chose, c'est cette séquence dans la prison avec Jyn Erso qui partage sa cellule avec une bestiole malade : on n'avait jamais vu ça dans la saga, et il y avait-là la description d'un quotidien « réaliste ». Pas réaliste au sens d'un fantasme collectif, mais au sens d'une idée de cinéma.

Le reste du film s'apparente beaucoup à une collection de vignettes en droite ligne de la trilogie classique - les parents qui meurent assassinés par les troupes de chocs de l'Empire devant leur ferme, la simili-bataille d'Endor avec l'arrière cousin de l'Amiral Ackbar (une idée formalisée durant les reshoots ?), les rivalités de classe entre impériaux, la reconstitution des coursives du Tantive IV, les faubourgs de Mos-Eisley, les petits caméos astucieux, les doudounes, la pilosité 70's en mode Biggs Darklighter, etc... Sans parler bien sur du fait que certaines scènes sont en réalité d'authentiques morceaux de pellicules empruntés aux archives de Lucasfilm !

Conclusion : on ne fabrique pas un film qui traverse les années et les époques en misant tout sur le marketing nostalgique et la communication réac'. Seule la prise de risque et la capitalisation sur de nouvelles idées conceptuelles peuvent permettre à Lucasfilm et Walt-Disney d'acquérir à terme la respectabilité du public et de la profession.

Par contre, pour ce qui est de la postologie et de sa prétendue capacité à équilibre le fan-service et les idées nouvelles, j'oppose une fin de non recevoir. La rupture entre nous se situe très certainement ici. Cette nouvelle trilogie demeure pour moi un exercice de style mal fagoté, envahit par des considérations davantage opportunistes et clientélistes. Kathleen Kennedy et Bob Iger était tellement obsédés à l'idée de ne pas déplaire qu'ils sont repassés systématiquement derrière tout ce qui pouvait créer la polémique (les midichloriens, la prophétie, le fameux « tout numérique » qui n'existe nul part, les concepts artistiques trop ambitieux, etc..). Conséquences : clivage au sein de la communauté de fans, entre ceux qui soutiennent ouvertement cette politique du pire, ceux qui cautionnent par peur du rejet, et les autres qui sont dans une position critique intenable - et comme on dit, celui qui critique est celui qui a tort. Bien joué ! On aurait préféré une communication plus large et moins partisane, ainsi qu'un réel engagement au service de projets nouveaux et ambitieux, on repassera.

Bref, le problème n'est pas de faire un Spin-Off ou de faire une trilogie  « à la suite ». Le problème pour les exécutifs de Lucasfilm est de parvenir à prendre suffisamment de recul, d'observer l'ensemble constitué avec une certaine humilité. Le tout pour avancer, proposer de nouvelles pistes narratives tout en conservant une tradition d'entertainment. Quand j'entends Rian Johnson nous expliquer que, pour sa prochaine trilogie, il « souhaite capitaliser sur ce souvenir primordial qu'il avait eu étant enfant », je me dis que le chemin est encore long avant une réelle prise de conscience de ce qu'est réellement Star Wars. Quand George Lucas a débuté, il n'y avait rien. Lucas a emprunté bien sûr largement à la culture populaire de son enfance, mais il a été contraint et forcé pour des questions de droits à créer tout un nouvel univers. Un nouvel univers qui est devenu un phénomène social, quasiment une religion pour certains d'entre nous.

Dernière modification par Prelogic (09-04-2018 19:47:54)


Sans_titre_3.png

Hors ligne

#5 09-04-2018 21:51:53

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Rogue One : A Star Wars Story

Prelogic a écrit :

Kathleen Kennedy et Bob Iger était tellement obsédés à l'idée de ne pas déplaire qu'ils sont repassés systématiquement derrière tout ce qui pouvait créer la polémique (les midichloriens, la prophétie, le fameux « tout numérique » qui n'existe nul part, les concepts artistiques trop ambitieux, etc..)

Je me souviens très bien de ces polémiques à la sortie des films et j'imagine que ça doit toujours y aller bon train sur les forums spécialisés.

Mais il y a aussi un truc à prendre en compte pour la Prélogie et qui pour moi prévaut sur tout le reste, c'est que en tant que film, je les considère comme simplement mauvais.
Histoire mal racontée, personnages mal écrits et interprétés, mais surtout vide émotionnel presque total. Donc tous ces éléments de polémique, qui pour moi ne sont pas forcement de mauvais choix, sont associés à de mauvais films. Les midichloriens, si on n'a pas vraiment envie d'en entendre de nouveau parler, ce n'est pas car c'est une mauvaise idée en soi, c'est juste car ça évoque un mauvais film.

Dernière modification par McRaktajino (09-04-2018 21:57:24)

Hors ligne

#6 10-04-2018 10:00:07

Prelogic
Legaliste

Re : Rogue One : A Star Wars Story

McRaktajino a écrit :

Je me souviens très bien de ces polémiques à la sortie des films et j'imagine que ça doit toujours y aller bon train sur les forums spécialisés.

C'est surtout que les puristes de la trilogie classique font preuve depuis 18 ans d'un cynisme et d'un mépris débectant, et que les jeunes générations sont perméables à un certain type de discours qui leur permettent de trouver des coupables pour se rassurer à bon compte sur la qualité des films à venir. Finalement, tout se passe comme si on ne cherchait plus à rassembler autour d'idées nouvelles, mais à cliver sur un élément de crispation pour faire admettre une idéologie réac'. C'est extrêmement dommage sink

McRaktajino a écrit :
Prelogic a écrit :

Kathleen Kennedy et Bob Iger était tellement obsédés à l'idée de ne pas déplaire qu'ils sont repassés systématiquement derrière tout ce qui pouvait créer la polémique (les midichloriens, la prophétie, le fameux « tout numérique » qui n'existe nul part, les concepts artistiques trop ambitieux, etc..)

Mais il y a aussi un truc à prendre en compte pour la Prélogie et qui pour moi prévaut sur tout le reste, c'est que en tant que film, je les considère comme simplement mauvais.
Histoire mal racontée, personnages mal écrits et interprétés, mais surtout vide émotionnel presque total. Donc tous ces éléments de polémique, qui pour moi ne sont pas forcement de mauvais choix, sont associés à de mauvais films. Les midichloriens, si on n'a pas vraiment envie d'en entendre de nouveau parler, ce n'est pas car c'est une mauvaise idée en soi, c'est juste car ça évoque un mauvais film.

Si le but des nouveaux films est de ne surtout pas froisser cette partie du public qui a eu une mauvais expérience avec la prélogie (ce que je peux comprendre et entendre par ailleurs), alors on file droit dans le mur. Parce que non seulement on se ferme des portes pour imaginer de nouvelles idées conceptuelles et narratives, mais on se retrouve avec la tentation primitive de faire de la communication rétroactive (comme si la révolution du numérique n'était pas entérinée, et n'avait pas profondément changé le rapport du public au cinéma et à la façon de raconter des histoires).

Je veux bien entendre toutes les critiques sur la prélogie (interprétations monolythiques, maîtrise de la technologie non acquise à cette époque, choix conceptuels douteux, manque d'empathie de la part du public, etc..). Mais pas que ce sont de mauvaises histoires ou que les personnages sont mal écrits. Ça pour moi c'est incompréhensible nonono La prélogie à ce niveau effectue un travail remarquable, alors même que Lucas a toujours avoué que l'écriture était son mouton noir. Quant aux sources d'inspiration visuelles et narratives de Lucas, elles sont légion et permettent d'accéder à des genres cinématographiques et artistiques oubliés, voire délaissés par un public trop souvent conforté et formaté. J'aurai l'occasion d'y revenir sur les topics consacrés aux films de la prélogie, car ce sont réellement des films passionnants à décortiquer.

On ne refera pas le match ici. Mais pour moi, l'échec des projets de Walt-Disney se situe moins dans la volonté de faire « oublier la prélogie » que de ne rien proposer en échange ou presque. Ce n'est pas parce que la technologie numérique n'était pas au point dans les années 2000 qu'on ne peut rien tenter aujourd'hui qui puisse paraître « plausible » ou « réaliste » tout en faisant voyager. C'est d'ailleurs l'une des tares du film de Gareth Edwards, dont l'action se situe durant une bonne partie DANS LE NOIR, sous la pluie, sur une planète anonyme. C'est ça l'opinion des quadras fétichistes sur l'univers de Star Wars ? Ah... bon... scratch

Cette manie très boboisante de renier la révolution technologique est un non-sens pour moi (coucou Rian Johnson mais pas uniquement) : et pourtant, j'étais suffisamment grand dans les années 80 pour apprécier les joies des petites marionnettes articulées et de l'animation image par image. Le problème, ce n'est pas la technologie en elle-même, mais comment elle est utilisée. George Lucas a eu de la chance en 1977 que son film ne soit pas rejeté pour cela, il a eu moins de chance en 2000. Ca ne veut pas dire qu'un film dans l'univers de SW en 2018 ne puisse pas faire la démonstration d'une meilleure prise en compte des limites et des atouts de la technologie digitale et numérique.

Il faut continuer à mélanger les techniques, et surtout faire confiance aux acteurs (un sujet sur lequel Lucas était probablement davantage frileux) tout en cherchant à repousser les limites des créatifs. Franchement, l'idée de passer les 20 prochaines années à bouffer du marketing nostalgique avec des films à la photographie passée en mode vintage ne m'émeut pas plus que ça. Surtout si, derrière, il n'y a aucune histoire et que le sujet de chaque film est systématiquement réduit à une querelle de générations sur la place prépondérante ou non de la technologie. Un problème que Rogue One, comme TFA et TLJ, ont bien du mal à surmonter.

Dernière modification par Prelogic (10-04-2018 10:33:04)


Sans_titre_3.png

Hors ligne

#7 10-04-2018 14:06:23

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Rogue One : A Star Wars Story

Prelogic a écrit :

Mais pas que ce sont de mauvaises histoires ou que les personnages sont mal écrits. Ça pour moi c'est incompréhensible

Seul les sith sont aussi absolus.

Hors ligne

#8 10-04-2018 16:02:12

Prelogic
Legaliste

Re : Rogue One : A Star Wars Story

McRaktajino a écrit :
Prelogic a écrit :

Mais pas que ce sont de mauvaises histoires ou que les personnages sont mal écrits. Ça pour moi c'est incompréhensible

Seul les sith sont aussi absolus.

Et comme les Siths gagnent dans le troisième acte, je me dis qu'on a finalement des références communes assez sympathiques hihi


Sans_titre_3.png

Hors ligne

Pied de page des forums