#1 14-01-2012 06:00:00

yrad
admin

ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Crédits officiels :
- Histoire : Andrew Shepard Price, Mark Gaberman
- Dialogues : Bryan Fuller, Lisa Klink
- Réalisation : Jesús Salvador Treviño


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Appréciation :

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« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#2 02-06-2012 12:17:00

Buckaroo
50 ans et toujours aussi irritant

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Passable , je dirais.

Un médiocre  épisode Seven Of Nine pour un bon épisode du EMH .
D'emblée, la vision de Gene Roddenberry s'en prend plein les dents , en voyant le Voyager faire des affaires avec des marchands d'armes , comme si leur propre technologie ( auto  suffisante )  en la matière  ne suffisait pas roll .  V'là pour la belle hypocrisie donc se serait passer, surtout que le sujet n'est pas le trafic d'arme.  angryblue

La première partie est une enquête bien molassonne sur le fait qu'on ait put voler de la technologie Borg à l'insu de Seven, mais l'épisode devient plus intéressant quand il s'intéresse au cas du doc dans cette affaire. Si prompt à prouver que Seven a été en quelque sorte violée , il traumatise la belle borg, tout autant qu'il accuse  à tort un innocent de ces faits.. La conclusion fait autant plus mal que l'accusé meurt. Bien qu'innocent, le mal de l'accusation a été fait.

Le Doc apprend une cuisante leçon d'humanisme & devra faire comme le commun des mortels, vivre avec .
Intéressante relation qui s'installe entre le doc et seven.


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#3 15-04-2015 22:18:09

dl500
TOS Forever

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

5.
Pas mieux que Buck.
C'était bien moyen tout ça. Déçu par le ton donné à Seven par les scénaristes.

Bof.


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#4 30-10-2016 17:13:30

IMZADI
Memory Alpha

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

7/10

Un Episode assez intéressant.
Toute cette complication sur la mémoire de Seven, entraine la confiance aveugle du Docteur simplement parce qu'ils sont amis. Plus la petite phrase du Docteur sur leur condition supérieure démontre un certain zèle et confirme ces persos arrogants et toujours sûrs d'eux. Chacun sa place.

Mais voilà la technologie borg a faussé sa mémoire et elle ne démordra pas de ses souvenirs jusqu'à n'avoir aucun remord. Son humanité est encore loin.

En tout cas ami ou ennemi, nous voyons simplement comment des accusations non-fondées et basées sur un jugement éthique de la personne peut détruire une vie.
Surtout qu'ici Seven parle de viole pour bien nous forcer l'allégorie.

Tuvok exemplaire comme toujours dans son impartialité, et à nous rappeler les erreurs des personnes se portant victime

Donc intéressant et épisode plus profond qu'il n'y paraît.

Dernière modification par IMZADI (30-10-2016 17:15:23)


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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#5 03-05-2017 21:43:19

Wild
candidat

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Je me permet de créer un compte sur ce forum pour pouvoir parler de cet épisode.

Actuellement je me refait l’intégrale des Star Trek, et pour le coup cet épisode m'a vraiment fait tiquer, tellement que je pense sincèrement que c'est l'épisode le plus puant de Star trek. Ne voyant personne réagir comme moi dans la communauté FR, je me permet d'ouvrir le débat.

Donc résumons cet épisode: Seven a semble t'il été violée (parce que c'est de ça qu'il est question au fond). Elle est choqué psychologiquement et, avec l'aide du docteur finie par donner un témoignage assez précis. Apres un début d’enquête, le docteur pense détenir une preuve. Quelque scènes plus tard cette preuve se révèle non concluante. Ok, jusque-là pas de soucis, mais c'est à ce moment là que l'épisode part en cacahuète total: pour une raison que je ne comprend pas, tous le monde sauf Seven (qui ne se rétracte jamais au passage) conclut que l'accusé est innocent.

Pourquoi ?! Une preuve c'est révélé non concluante, ça ne permet pas de condamné le suspect, mais ça ne l'innocente pas pour autant. On pourrait, je ne sais pas, continuer cette fichue enquête (qu'en est t'il de l'assistante que Seven se souvient avoir vue par exemple ? ), avant de conclure que le vendeur d'arme en fuite qui tente d'assassiné l'intégralité de l’équipage du Voyager est innocent.

Le message véhiculé par cet épisode est pour le moins obscure. Que faut il comprendre ? Qu'en cas de viole, si le violeur n'est pas pris sur le fait, il vaut mieux ne pas trop enquêter parce que les simples soupçons peuvent détruire une réputation ? Et qu'il ne faut surtout pas écouté la victime ? Heu... même si je respecte la présomption d'innocence, et regrette lorsque des accusations non fondées sont porter, il faudrait néanmoins penser à ne pas inversé les rôles et permettre une enquête complète et impartiale.

Cet épisode me rappelle un peut le flic dans le premier épisode de Veronica Mars, qui sous entend en gros: "bon écoute cocotte je suis désolé pour toi, mais je vais pas arrêter toute la ville non plus et enquêter ça va foutre la merde. Donc passe à autre et fous moi la paix".

Pour montrer que je ne suis pas le seul à être gêner par cet épisode, quelque liens anglais qui explique le même point de vue que moi (et de bien meilleur manière):

http://trekkiefeminist.tumblr.com/post/ ? retrospect
https://www.reddit.com/r/DaystromInstit ? t_voyager/

Mais je suis ouvert au débat. Et vous qu'en penser vous ?

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#6 04-05-2017 16:27:16

Buckaroo
50 ans et toujours aussi irritant

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Salut Wild
Bienvenue sur ce forum Star Trek & autres nouveaux monde étrange.  smile

Donc résumons cet épisode: Seven a semble t'il été violée (parce que c'est de ça qu'il est question au fond). Elle est choqué psychologiquement et, avec l'aide du docteur finie par donner un témoignage assez précis. Apres un début d’enquête, le docteur pense détenir une preuve. Quelque scènes plus tard cette preuve se révèle non concluante. Ok, jusque-là pas de soucis, mais c'est à ce moment là que l'épisode part en cacahuète total: pour une raison que je ne comprend pas, tous le monde sauf Seven (qui ne se rétracte jamais au passage) conclut que l'accusé est innocent.

Pour comprendre cet épisode, il faut  reconnaitre  que Seven était déjà une victime : Son assimilation durant son enfance est un traumatisme qui peut être comparer à un viol.
Le doc est si compatissant envers elle  qu'il la pousse réellement à croire qu'elle fut "violée" par le trafiquant d'armes.
C'est le doc qui instille cette idée à Seven , il lui construit une accusation , il la transforme en victime . Elle y croit dur comme fer.
Est ce réellement un viol ou un fantasme tenace né de son traumatisme passé ? Bien que femme , Seven reste une " enfant violée au fond d'elle même .

Jusqu'ici enlever un implant sur elle ne représentait pas,  dans  sa mentalité Borg ,  une violation de son être. Le doc en lprésentant ce geste de manière Humaine , donc comme une violation, (ré)active son traumatisme originel: Son assimilation ( viol) durant son enfance.

Dés lors le doute s'installe dans la pensée de Seven, le passé traumatique n'est il pas entrain de fantasmer un présent " traumatique" ?

Le trafiquant d'arme l'a t'il vraiment violé ? , c'est toute l'ambiguïté de cet épisode .. Il n'y a aucune preuve substantielle, juste les dires de Seven activer par le Doc. Cette ambiguïté sert le propos de l'épisode.. Comment par soif de justice et de compassion, on en vient à accuser des innocents & créer des victimes imaginaires.
Cela rappelle quelque part le procès d' Outreau.

Comme je disais plus haut , c'est un episode Seven médiocre , pour un bon épisode pour le Doc.. D'où peut être la confusion dans la morale de l'épisode.

Retrospect est surtout un épisode moral sur le EHM.


TrekCoreSig_KirkTOS.jpg

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#7 04-05-2017 22:57:38

Wild
candidat

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Buckaroo a écrit :

Salut Wild
Bienvenue sur ce forum Star Trek & autres nouveaux monde étrange.  smile

Merci Buckaroo, j'en profite pour dire que je lis régulièrement tes critiques sur Star Trek depuis maintenant un bon moment et que je les trouves toujours juste et bien tournée. J'ai commencer à te lire à l'époque où Canal Jimmy passais le calamiteux Enterprise pour la première fois en France, et je lisais tes critiques le lendemain ou le sur-lendemain. C'était toujours très drôle (il fallait bien ça pour supporter Enterprise juste après que Jimmy est finis les diffusion de DS9 et Voyager) et j'aimais beaucoup te lire.

Buckaroo a écrit :

Pour comprendre cet épisode, il faut  reconnaitre  que Seven était déjà une victime : Son assimilation durant son enfance est un traumatisme qui peut être comparer à un viol.
Le doc est si compatissant envers elle  qu'il la pousse réellement à croire qu'elle fut "violée" par le trafiquant d'armes.
C'est le doc qui instille cette idée à Seven , il lui construit une accusation , il la transforme en victime . Elle y croit dur comme fer.

Alors non, désolé, je ne suis pas d'accord.

Bon il faut dire que j'ai Netflix d'ouvert sur un deuxième onglet et donc je peut vérifier en direct la chronologie de l'épisode, alors que je suppose que tu n'a pas vus celui-ci depuis un bon moment. Si c'est bien le cas, je t'invite à revoir l'épisode avant de continuer.

En regardant l'épisode c'est très clair: le docteur fait une première séance où Seven se souviens des événements, et à ce moment là le doc intervient très peut. C'est Seven qui est la première à utiliser le terme de viol et à raconter que le vendeur d'arme lui à tirer dessus. Le doc ne fait qu'écouter à ce moment là.

La scène auquel tu fait référence intervient bien après, lorsque les accusations ont déjà été porter. Effectivement peut être que le doc aurait pus éviter de manipuler les émotions de Seven pour la victimiser encore plus qu'elle ne l'est et se porter lui même en héros (on va dire que c'est maladroit). MAIS cela ne change rien à l'accusation de base: elle est porter par Seven, sans que le doc ne l'oriente. Cela fait une énorme différence.


Buckaroo a écrit :

Le trafiquant d'arme l'a t'il vraiment violé ? , c'est toute l'ambiguïté de cet épisode .. Il n'y a aucune preuve substantielle, juste les dires de Seven activer par le Doc. Cette ambiguïté sert le propos de l'épisode.. Comment par soif de justice et de compassion, on en vient à accuser des innocents & créer des victimes imaginaires.

Tu vois tu fait exactement comme l'équipage du Voyager et c'est cela qui me choque: Le trafiquant d'arme l'a t'il vraiment violé ? "Mouarf, on sais pas trop donc il est innocent". C'est un raccourcis que je trouve rapide et malhonnête. Quel conduite à tenir dans ce cas là ? Déjà écouter la victime (ce qui semble être reprocher aux membres de l'équipage par l'épisode) et faire une vraie enquête. Le manque de preuve ne permet pas de prouvé le viol, mais ça va aussi dans l'autre sens: il ne permet pas de prouver qu'il n'a pas eu lieu.

Ici Tuvok et le doc trouve ce qu'ils pense être une preuve du viol, l’analyse, et finalement le réfute. Ok, mais cela ne prouve pas que le viol n'a pas eu lieu. De plus l’enquête est close au moment où le vendeur d'arme meurt. Heu... pourquoi ? On a jamais vus une enquête se clore à la mort de l'accusé, aussi dramatique soit elle, ne serais que pour prouver le faux témoignage ou des complicités.

D’ailleurs au passage, comme on ne sais pas si le vol de nanosondes à eu lieu au non, cela veut dire que le Voyager quitte la planète alors qu'il y a 50% de chance qu'une  arme bactériologique extrêmement dangereuse sois dans la nature par leurs fautes. Il y a pas un règlement de Starfleet qui interdit ça ??

Buckaroo a écrit :

Cela rappelle quelque part le procès d' Outreau.

L'affaire Outreau est une tragédie, effectivement, mais il y a une grosse différence avec l'épisode: Dans l'affaire Outreau, les preuves que les viols n'avaient pas eu lieu s'accumulais et le juge d'instructions à choisis de les ignorés. Dans cet épisode aucune preuve n'est donner pour réfuté le viol. C'est ce que je lui reproche.

Cet épisode semble insinuer que l'équipage du Voyager est en faute. Hors je ne vois pas en quoi: Ils avaient tous lieu de penser que Seven avait été attaquer (Cette idée n'ayant pas été créer par le Doc, comme un visionnage attentif de l'épisode permet de le voir), et tous ce qu'ils ont fait c'est enquêter. Très tôt au début de l’enquête l'accusé prend la fuite et se tue (lui même) dans cette fuite. Où est la faute ? En quoi Seven devrait elle se sentir mal d'avoir donner sa version de l'histoire ? En quoi le Doc devrait être en faute pour l'avoir écouter ? (sont discours de victimisation n'ayant eu lieu qu’après le témoignage de Seven cela ne change rien).

Je suis le seul à être horrifier par cet épisode, qui semble insinuer que l'erreur du Doc et du capitaine est été d'écouter quelqu'un qui se dit victime de viol ?

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#8 05-05-2017 10:02:36

IMZADI
Memory Alpha

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Bonjour

sujet délicat.

Il n'y a aucune preuve, mais il faut malgré tout faire une contre-enquête ou une sur-enquête ?
L'enquête me semble impartiale, juste et entière !
Tu proposes donc de passer en présumé coupable. Ce qui est affreux.
La solution pour une suite de l'enquête est que Seven aille chez un psy. Soit ses propos mettent le doute et le psy fait rouvrir l'enquête avec des élèments matériels car un crime se justifie par 3 élèments: moral, légal et matériel.
Soit il n'y a rien eu et le psy offrira une libération en faisant du bon boulot: ses propres doutes/souvenirs seront parfaitement compris/analysés et elle saura alors que c'était que dans sa tête.

Il ne faut pas oublier que le potentiel accusé ne part pas libre suite à un vice de procédure mais bien parce qu'il n'y a aucun élèment moral et matériel.
Aller au delà de ça vis à vis de sa personne est une atteinte au droit de la personne et de sa liberté

là où je te rejoins est que Seven ne doit pas rester sur des doutes qui vont entretenir son traumatisme car elle aussi a le droit de vivre libre.

Dernière modification par IMZADI (11-05-2017 12:01:52)


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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#9 05-05-2017 15:32:36

Buckaroo
50 ans et toujours aussi irritant

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Wild a écrit :
Buckaroo a écrit :

Salut Wild
Bienvenue sur ce forum Star Trek & autres nouveaux monde étrange.  smile

Merci Buckaroo, j'en profite pour dire que je lis régulièrement tes critiques sur Star Trek depuis maintenant un bon moment et que je les trouves toujours juste et bien tournée. J'ai commencer à te lire à l'époque où Canal Jimmy passais le calamiteux Enterprise pour la première fois en France, et je lisais tes critiques le lendemain ou le sur-lendemain. C'était toujours très drôle (il fallait bien ça pour supporter Enterprise juste après que Jimmy est finis les diffusion de DS9 et Voyager) et j'aimais beaucoup te lire.

Merci , ça me fait plaisir. smile

Sinon je ne serai trop te conseiller de revoir Enterprise sous un nouveau regard.. De l'eau à couler sous les ponts depuis.. Je me suis moi même avec le temps réconcilier avec elle.
Bien que le début soit un peu morose, les deux dernières saisons sont excellentes.. Au final , Enterprise est plutôt fun.
Sur le PSTF , tu trouveras mes analyses par épisode.. L'intégrale des 4 saisons ..Qui l'eut crut , moi qui fut son  plus farouche détracteur, je suis devenu son plus ardent défenseur.

Par contre , je dois t'avouer que je n'aime plus trop Voyager.. J'ai beaucoup, beaucoup de mal à revoir la série.. sad



Bon il faut dire que j'ai Netflix d'ouvert sur un deuxième onglet et donc je peut vérifier en direct la chronologie de l'épisode, alors que je suppose que tu n'a pas vus celui-ci depuis un bon moment. Si c'est bien le cas, je t'invite à revoir l'épisode avant de continuer.

Oui pour ma défense , ça fait un baille que je n'ai pas revu l'épisode.. Ma dernière impression fut semblable à la première.
C'est à dire que c'était avant tout un épisode sur le Doc , pas sur Seven .. & que ce dernier par compassion & soif de justice , réveillait le traumatisme de Seven & accusait sans doute à tort un innocent.

En regardant l'épisode c'est très clair: le docteur fait une première séance où Seven se souviens des événements, et à ce moment là le doc intervient très peut. C'est Seven qui est la première à utiliser le terme de viol et à raconter que le vendeur d'arme lui à tirer dessus. Le doc ne fait qu'écouter à ce moment là.
La scène auquel tu fait référence intervient bien après, lorsque les accusations ont déjà été porter.

L'une des raisons pour laquelle je n'accroche plus à Voyager , c'est que j'y décèle de gros problèmes d'écritures & de caractérisations.. Des facilités & des errements qui peuvent se révéler fatale  sur ce type de sujet.
Ecoute , je vais revoir l'épisode ...  smile

Effectivement peut être que le doc aurait pus éviter de manipuler les émotions de Seven pour la victimiser encore plus qu'elle ne l'est et se porter lui même en héros (on va dire que c'est maladroit). MAIS cela ne change rien à l'accusation de base: elle est porter par Seven, sans que le doc ne l'oriente. Cela fait une énorme différence.

Il faut aussi te rappeler que Seven est une enfant violée.. Elle n'avait que 10 ans quand elle fut assimiler . D'un coup , ce donc elle accuse le trafiquant est peut être une réminiscence de son traumatisme.. Si je me rappelle,  la scène du souvenir est plus qu'un souvenir, c'est un cauchemar dans le style " Borg ".

Le titre de l'épisode est rétrospection , action de se reporter  au passé ..
A quel passé se reporte t'elle ici justement ?  le "viol" du trafiquant ( un souvenir effacé / Une action qui n'a peut être jamais eut lieu ) ou ne va t'elle pas trop loin dans ce passé : le traumatisme de son assimilation ( bien réel  ) .

Tu vois tu fait exactement comme l'équipage du Voyager et c'est cela qui me choque: Le trafiquant d'arme l'a t'il vraiment violé ? "Mouarf, on sais pas trop donc il est innocent". C'est un raccourcis que je trouve rapide et malhonnête. Quel conduite à tenir dans ce cas là ? Déjà écouter la victime (ce qui semble être reprocher aux membres de l'équipage par l'épisode) et faire une vraie enquête. Le manque de preuve ne permet pas de prouvé le viol, mais ça va aussi dans l'autre sens: il ne permet pas de prouver qu'il n'a pas eu lieu.

Comme je le disais plus haut le traumatisme de Seven remonte plus loin , à son enfance.. C'est à partir de là qu'il faut l'écouter , pas ici & maintenant.
Dans la mentalité Borg se faire prendre une partie technologique de soi même  n'est pas un viol & pourtant Seven réagit en humain : Elle se sent violée dans sa chair..
Pourtant ce qu'on lui "prend " est justement une "chose " qui a violé sa chair & l'a transformée en victime.
Donc tu vois, Seven est un personnage fragile et  troublé donc il faut creuser en profondeur avant de porter une accusation..
Le doc n'est pas aller assez loin, trop vite dans la mauvaise direction.. C'est son erreur.

De plus l’enquête est close au moment où le vendeur d'arme meurt. Heu... pourquoi ?

& bien , il n'est plus là pour se défendre.. C'est assez absurde d'accuser une personne morte .. Une parodie de justice qui ne rendrait pas justice  à Seven..


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#10 11-05-2017 10:40:36

yrad
admin

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Hello Wild. Bienvenue sur le forum. cheers

Wild a écrit :

Mais je suis ouvert au débat. Et vous qu'en penser vous ?

Souffre que mon appréciation de cet épisode soit aux antipodes de la tienne, Wild. tongue
Même si ST VOY 04x17 Retrospect ne compte pas au nombre des chefs d'œuvre trekkiens, il demeure à mon sens irréprochable dans son fond comme dans sa forme.

Wild a écrit :

Donc résumons cet épisode: Seven a semble t'il été violée (parce que c'est de ça qu'il est question au fond).

Pas forcément. En VO, Seven parle de "violation", mais c'est un faux-ami.
À la base, en droit US, "violation" désigne de façon générale une infraction, c'est-à-dire le viol de n'importe quelle loi.
Mais dans la langue démotique (i.e. courante), "violation" décrira en anglais toute forme de coercition avec violence, impliquant ou non une atteinte à l'intégrité physique ou mentale, mais sans caractère sexuel. Le viol au sens sexuel sera en revanche systématiquement qualifié en anglais (légalement et moralement) de "rape" (un vocable jamais employé dans ST VOY 04x17 Retrospect). Par conséquent dans le cadre de cet épisode, "to violate" en VO devra être traduit par "violenter" en VF et non par "violer".

Après, chacun est libre d'interpréter ce que Seven croit avoir subi comme une allégorie du viol (dans l'acception française). Mais malgré tout, en internaliste, le prélèvement forcé de nano-sondes borgs est davantage comparable – en termes de traumatisme, d'humiliation, et de perte d'intimité –  à un vol avec violence qu'à un viol sexuel.

Wild a écrit :

mais c'est à ce moment là que l'épisode part en cacahuète total: pour une raison que je ne comprend pas, tous le monde sauf Seven (qui ne se rétracte jamais au passage) conclut que l'accusé est innocent.

Pourquoi ?! Une preuve c'est révélé non concluante, ça ne permet pas de condamné le suspect, mais ça ne l'innocente pas pour autant.

Ben si, justement. Le principe même de l'habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum, au cœur du système légal étatsunien, implique que l'absence de preuve profite à la présomption d'innocence du prévenu. Or le système légal de la Fédération (depuis ST TOS) s'avère une extrapolation idéalisée du système légal étatsunien moyennant toutefois l'ajout à la composante accusatoire (véritable défense et véritable procès) d'une composante inquisitoire durant l'instruction (enquête à la fois à charge et à décharge et non pas seulement à charge).
Les conditions d'obtention de la preuve sont visiblement plus strictes à bord de l'USS Voyager que dans les tribunaux de Boston, le témoignage seul n'a plus valeur de preuve, et l'habeas corpus s'avère plus fondamental que jamais. Mais il faut y voir un progrès dans la mesure où un état de droit ne se mesure pas à la capacité d'un système pénal à "venger" les victimes et à infliger une "rétribution" aux coupables, mais à protéger les innocents et à éviter les erreurs judiciaires.
C'est donc à la capacité de l'USS Voyager à laisser impuni un éventuel crime commis à l'encontre de l'un des membres de son équipage pour ne pas prendre le risque d'incriminer un étranger potentiellement innocent que peut se mesurer "l'esprit des lumières" trekkien.

Wild a écrit :

On pourrait, je ne sais pas, continuer cette fichue enquête (qu'en est t'il de l'assistante que Seven se souvient avoir vue par exemple ? ), avant de conclure que le vendeur d'arme en fuite qui tente d'assassiné l'intégralité de l’équipage du Voyager est innocent.

Le journal de bord de l'EMH établit que l'enquête s'est poursuivie durant trois jours après la mort de Kovin, mais qu'aucun élément n'est venu corroborer les dires de Seven. Aussi frustrant que cela soit, c'est précisément en pareil cas que les enquêtes sont abandonnées et qu'un prévenu (vivant ou mort) est considéré comme innocent par défaut.
Certes, un doute subsistera (en effet Seven ne s'est jamais explicitement rétractée), mais il en est souvent ainsi dans le monde réel, et il est justement courageux de la part de ST VOY 04x17 Retrospect de n'avoir pas cherché à édulcorer ou embellir cette réalité (car le propre de ST est d'avoir conceptualisé une société idéale dans un univers qui ne l'est pas du tout).

Quant à Kovin, il a effectivement tenté de détruire l'USS Voyager, mais c'était un acte de panique et d'auto-préservation tristement révélateur des caractéristiques socio-culturelles de la société entharan à laquelle il appartenait, une société dont il ne pouvait espérer un traitement équitable en cas de litige avec de potentiels clients extra-entharans.
À cette occasion, Janeway a témoigné d'une belle hauteur de vue en ne tenant pas rigueur à Kovin de ses attaques contre l'USS Voyager, mais en se préoccupant plutôt de la malheureuse relation de cause à effet ayant conduit à une mort qui aurait pu être évitée, par-delà la culpabilité ou non de l'intéressé.

Wild a écrit :

Cet épisode me rappelle un peut le flic dans le premier épisode de Veronica Mars, qui sous entend en gros: "bon écoute cocotte je suis désolé pour toi, mais je vais pas arrêter toute la ville non plus et enquêter ça va foutre la merde. Donc passe à autre et fous moi la paix".

Oui, je me souviens bien de cette scène de Veronica Mars, et elle était plutôt réaliste au regard des priorités amorales qui peuvent hélas surgir face à certaines contraintes d'échelle...
Malgré tout, je ne crois pas que le cas - trekkien - posé par ST VOY 04x17 Retrospect puisse être comparé à celui – bien plus contemporain – de Veronica Mars. Car aucun protagoniste de Retrospect ne peut être accusé d'indifférence envers Seven, ni de relativisme moral, et encore moins de lâcheté sociétale. Tout le monde s'est impliqué à fond dans l'enquête, c’est-à-dire dans la recherche de vérité. Mais c'est justement en se souciant autant (et non moins) des droits d'un "simple" étranger antipathique (Kovin) que de ceux de l'enfant prodigue (7 Of 9) du vaisseau que l'équipage de l'USS Voyager s'est profondément démarqué du flic désabusé de Veronica Mars. Seul l'EMH a manqué de déontologie dans l'affaire (du moins au début), mais il avait pour "excuse" d'expérimenter un nouveau programme psychanalytique (faute de psy à bord).

Wild a écrit :

En regardant l'épisode c'est très clair: le docteur fait une première séance où Seven se souviens des événements, et à ce moment là le doc intervient très peut. C'est Seven qui est la première à utiliser le terme de viol et à raconter que le vendeur d'arme lui à tirer dessus. Le doc ne fait qu'écouter à ce moment là.

La scène auquel tu fait référence intervient bien après, lorsque les accusations ont déjà été porter. Effectivement peut être que le doc aurait pus éviter de manipuler les émotions de Seven pour la victimiser encore plus qu'elle ne l'est et se porter lui même en héros (on va dire que c'est maladroit). MAIS cela ne change rien à l'accusation de base: elle est porter par Seven, sans que le doc ne l'oriente. Cela fait une énorme différence.

Buckaroo s'est en effet mépris sur la chronologique factuelle, mais pas sur les causalités profondes...
Parce que c'est bien dans la séance de régression mémorielle que l'EMH commet une énorme erreur ! En apparence, il n'influence pas Seven. Sauf qu'il ne possède pas l'expertise thérapeutique pour réaliser cette séance de crypto-hypnose. Le Doc l'avoue lui-même, il s'agit d'un procédé expérimental de reconstruction mémorielle qu'il vient juste "d'inventer" en combinant les thérapies de Jung et du betazoid Amanin. En fait, Seven est le rat de labo de l'EMH - impatient qu'il est de montrer à tout l'équipage qu'il peut aussi être un cador de la psychothérapie.
Mais ce faisant, il agit en apprenti sorcier. Il ignore un point essentiel que tous les psychiatres contemporains apprennent à l'université : les prétendus souvenirs exhumés par voie d'hypnose ne sont pas fiables, ils peuvent aussi bien correspondre à des fantasmes personnifiés qu'à des réalités plus ou moins déformées. Et c'est d'autant plus irresponsable dans le présent cas que le Doc a affaire au psychisme d'un sujet ex-borg (Seven a été dans son enfance violée à la puissance infinie dans son corps et dans son âme par le collectif borg).
Donc oui, par le procédé qu'il met au point, par son manque d'expérience et de retenue, par le crédit qu'il confère au témoignage de Seven obtenu dans un état de conscience altérée, l'EMH porte une vraie responsabilité dans les accusations proférées par Seven dès le début, et il est l'élément déclencheur d'une chaine causale d'évènements qui causera la mort inutile de Kovin.

Wild a écrit :

Tu vois tu fait exactement comme l'équipage du Voyager et c'est cela qui me choque: Le trafiquant d'arme l'a t'il vraiment violé ? "Mouarf, on sais pas trop donc il est innocent". C'est un raccourcis que je trouve rapide et malhonnête. Quel conduite à tenir dans ce cas là ? Déjà écouter la victime (ce qui semble être reprocher aux membres de l'équipage par l'épisode) et faire une vraie enquête. Le manque de preuve ne permet pas de prouvé le viol, mais ça va aussi dans l'autre sens: il ne permet pas de prouver qu'il n'a pas eu lieu.

Ici Tuvok et le doc trouve ce qu'ils pense être une preuve du viol, l’analyse, et finalement le réfute. Ok, mais cela ne prouve pas que le viol n'a pas eu lieu.

Le personnel de l'USS Voyager a fait une vraie enquête, qui plus est avec des moyens techniques dont nous ne disposons pas aujourd'hui.
Et le personnel de l'USS Voyager a écouté Seven, avec empathie, au point d'y perdre un peu (un peu seulement) de sa neutralité.
Tuvok a certes donné des garanties légales formelles à Kovin, mais il a sous-estimé l'impact psychologique de l'absence totale de neutralité des autorités entharanes…

Maintenant, oui, en l'absence de preuves, et même s'il subsiste des doutes, TOUT suspect DOIT IMPÉRATIVEMENT être considéré comme innocent, quelle que soit l'affection personnelle que l'on porte à la victime présumée ! Sans quoi, ce serait la pente glissante vers un système mafieux ou... vers la loi du 22 Prairial An II… dont même l'utopie trekkienne a failli faire l'amère expérience dans ST TNG 04x21 The Drumhead. Un épisode que je te conseille de revoir, Wild, et qui a lui aussi le courage de ne pas faire l'économie des doutes à la fin, comme si souvent dans la vraie vie (mais il faut hélas s'en accommoder si l'on veut que la société reste vivable).

Star Trek, ce n'est pas l'univers des Bisounours où tous les coupables sont arrêtés et punis, où il ne subsiste aucun doute sur rien, où la Vérité est unique et révélée à tous.

Wild a écrit :

De plus l’enquête est close au moment où le vendeur d'arme meurt. Heu... pourquoi ? On a jamais vus une enquête se clore à la mort de l'accusé, aussi dramatique soit elle, ne serais que pour prouver le faux témoignage ou des complicités.

Non, non, l'enquête continue bien durant plusieurs jours après la mort du suspect, mais hors champ (comme en témoigne le journal du Doc).

Wild a écrit :

D’ailleurs au passage, comme on ne sais pas si le vol de nanosondes à eu lieu au non, cela veut dire que le Voyager quitte la planète alors qu'il y a 50% de chance qu'une  arme bactériologique extrêmement dangereuse sois dans la nature par leurs fautes. Il y a pas un règlement de Starfleet qui interdit ça ??

Euh... tu sembles oublier que l'USS Voyager est perdu en plein quadrant delta !
Déjà, même dans le quadrant alpha ou bêta, les vaisseaux de Starfleet ne sont en aucun cas des unités de Casques bleus qui patrouilleraient le cosmos et qui imposeraient leur loi aux planètes non affiliées à la Fédération. Alors a fortiori dans le quadrant delta, où l'USS Voyager a à peine les moyens de survivre, où quasiment nul n'a jamais entendu parler de la Fédération… mais où par contre les Borgs règnent en maîtres et disséminent ad libitum leurs nano-sondes.

Wild a écrit :

L'affaire Outreau est une tragédie, effectivement, mais il y a une grosse différence avec l'épisode: Dans l'affaire Outreau, les preuves que les viols n'avaient pas eu lieu s'accumulais et le juge d'instructions à choisis de les ignorés. Dans cet épisode aucune preuve n'est donner pour réfuté le viol. C'est ce que je lui reproche.

De toute façon, l'éventuel prélèvement forcé de nano-sondes ne peut être comparé à un viol sexuel.
Et puis, il n'existe guère de différence juridique entre la preuve de l'absence de viol et l'absence de preuve de viol.
La tragédie d'Outreau a surtout mis en évidence le peu de fiabilité des témoignages humains (au fond comme ST VOY 04x17 Retrospect). Les juges ont été confrontés à une multitude de témoignages contradictoires, et leur grande erreur a été d'accorder plus de crédibilité aux témoignages à charge qu'aux témoignages à décharge (aveuglés qu'ils étaient tous par l'indignation morale que suscite l'horreur du viol).
Oui, il faut se préoccuper des victimes des criminels... mais pas en prenant le risque de transformer en retour de simples suspects en victimes expiatoires de la société. Car ce serait juste ajouter l'injustice à l'injustice.

Wild a écrit :

Cet épisode semble insinuer que l'équipage du Voyager est en faute. Hors je ne vois pas en quoi: Ils avaient tous lieu de penser que Seven avait été attaquer (Cette idée n'ayant pas été créer par le Doc, comme un visionnage attentif de l'épisode permet de le voir), et tous ce qu'ils ont fait c'est enquêter. Très tôt au début de l’enquête l'accusé prend la fuite et se tue (lui même) dans cette fuite. Où est la faute ? En quoi Seven devrait elle se sentir mal d'avoir donner sa version de l'histoire ? En quoi le Doc devrait être en faute pour l'avoir écouter ? (sont discours de victimisation n'ayant eu lieu qu’après le témoignage de Seven cela ne change rien).

La réaction finale de l'équipage de l'USS Voyager dévoile en fait à quel point l'humanité du 24ème siècle est vulcanisée sans même en avoir conscience : leur préoccupation va davantage au respect de la vie sous toutes ses forme qu'à la quête de justice (ou de vengeance) ; et leur sentiment de culpabilité trouve moins son origine dans la possible innocence de Kovin que dans leur relation philosophique à la Prime Directive (à savoir une mort inutile résultant du simple passage de l'USS Voyager à cet endroit du cosmos).
Finalement, il demeure audacieux de la part des scénaristes d'avoir opté pour le doute et l'incertitude à l'endroit de Kovin, afin de faire éprouver au spectateur toute la frustration nécessaire qui peut se lover dans un choix de civilisation.

Wild a écrit :

Je suis le seul à être horrifier par cet épisode, qui semble insinuer que l'erreur du Doc et du capitaine est été d'écouter quelqu'un qui se dit victime de viol ?

Non, cet épisode n'insinue rien de tel.
En revanche, ST VOY 04x17 Retrospect montre que :
- l'exploration de la psyché humaine n'est pas une science exacte,
- l'on ne s'improvise pas impunément psychothérapeute et hypnothérapeute avec des méthodes expérimentales,
- l'éventuel vol de nano-sondes borgs ne peut évidemment se comparer à un viol sexuel, mais ledit vol peut malgré tout révéler le traumatisme antérieur d'une forme de viol bien pire encore que le viol sexuel (à savoir l'assimilation par le collectif borg),
- le système légal de l'UFP est d'une grande maturité tant il déploie autour du postulat fondamental (l'habeas corpus) une déontologie de prudence, mais également d'équité entre l'identité (i.e. soi c'est-à-dire ses propres ressortissants) et l'altérité (i.e. l'autre, c'est-à-dire les aliens dans tous les sens du terme),
- l'univers dans lequel prend place l'utopie trekkienne est aussi imparfait que le nôtre : les erreurs peuvent surgir de partout, les bonnes intentions peuvent conduire à des catastrophes, la justice peut ne pas être rendue, et les doutes peuvent à jamais subsister.

Parce que la neutralité, la présomption d'innocence, la prudence, et les doutes résiduels auraient été exactement les mêmes si l'enquête avait porté sur un possible meurtre (cf. ST TNG 03x14 A Matter Of Perspective) ou une possible trahison (cf. ST VOY 06x09 The Voyager Conspiracy), ST VOY 04x17 Retrospect ne participe en aucune façon - même inconsciemment - de l'abjecte culture du viol contemporaine... qui fort heureusement épargne l'utopique Fédération trekkienne, y compris dans sa période la plus "machiste" (i.e. TOS).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

Hors ligne

#11 27-05-2017 01:02:09

Wild
candidat

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

yrad a écrit :

Hello Wild. Bienvenue sur le forum. cheers

Merci, même si je ne fait que passer.

yrad a écrit :

Pas forcément. En VO, Seven parle de "violation", mais c'est un faux-ami.
À la base, en droit US, "violation" désigne de façon générale une infraction, c'est-à-dire le viol de n'importe quelle loi.
Mais dans la langue démotique (i.e. courante), "violation" décrira en anglais toute forme de coercition avec violence, impliquant ou non une atteinte à l'intégrité physique ou mentale, mais sans caractère sexuel. Le viol au sens sexuel sera en revanche systématiquement qualifié en anglais (légalement et moralement) de "rape" (un vocable jamais employé dans ST VOY 04x17 Retrospect). Par conséquent dans le cadre de cet épisode, "to violate" en VO devra être traduit par "violenter" en VF et non par "violer".

Après, chacun est libre d'interpréter ce que Seven croit avoir subi comme une allégorie du viol (dans l'acception française). Mais malgré tout, en internaliste, le prélèvement forcé de nano-sondes borgs est davantage comparable – en termes de traumatisme, d'humiliation, et de perte d'intimité –  à un vol avec violence qu'à un viol sexuel.

-Although the story changed considerably from the original pitch, the writing staff of Star Trek: Voyager composed the plot's final version by essentially weaving the initial story idea together with a theme that comments on false memory syndrome. Staff writer Bryan Fuller remarked, "That's kind of what we had to fall back on for this one." Regarding false memories, he commented, "We hear so much about how they can essentially ruin peoples' lives, how well-respected and credited doctors have been completely dethroned, how teachers and parents have been humiliated." (The Official Star Trek: Voyager Magazine, issue #18)

-Before co-writing this episode's teleplay and joining Voyager's writing staff, both Bryan Fuller and Lisa Klink had attended the Star Trek Writer's Workshop at the Grand Slam convention in Pasadena, California and had made small contributions to the writing of Star Trek: Deep Space Nine. They literally wrote every other scene of this episode, sharing the same anxieties as each other over the script. "I initially had my concerns," Fuller explained, "because we were trying to distinguish it from a TV movie about date rape [....] We [...] removed the sexual elements." Fuller believed that the turning point for the story's development was the addition of The Doctor to the plot. (The Official Star Trek: Voyager Magazine, issue #18)

Source

Tes remarques sont correctes, mais néanmoins, l'intention des scénaristes est de parler d'un cas de "She tell/He tell" à la suite d'une psychanalyse douteuse, ce qui détruit la vie d'un homme. Mon point de vue est que cet épisode fait cela très mal, mais c'est néanmoins indiscutablement l'intention des scénaristes.


yrad a écrit :

Ben si, justement. Le principe même de l'habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum, au cœur du système légal étatsunien, implique que l'absence de preuve profite à la présomption d'innocence du prévenu. Or le système légal de la Fédération (depuis ST TOS) s'avère une extrapolation idéalisée du système légal étatsunien moyennant toutefois l'ajout à la composante accusatoire (véritable défense et véritable procès) d'une composante inquisitoire durant l'instruction (enquête à la fois à charge et à décharge et non pas seulement à charge).
Les conditions d'obtention de la preuve sont visiblement plus strictes à bord de l'USS Voyager que dans les tribunaux de Boston, le témoignage seul n'a plus valeur de preuve, et l'habeas corpus s'avère plus fondamental que jamais. Mais il faut y voir un progrès dans la mesure où un état de droit ne se mesure pas à la capacité d'un système pénal à "venger" les victimes et à infliger une "rétribution" aux coupables, mais à protéger les innocents et à éviter les erreurs judiciaires.
C'est donc à la capacité de l'USS Voyager à laisser impuni un éventuel crime commis à l'encontre de l'un des membres de son équipage pour ne pas prendre le risque d'incriminer un étranger potentiellement innocent que peut se mesurer "l'esprit des lumières" trekkien.

Intéressant ta phrase parlant de tribunal. Je ne sais pas pour toi, mais moi je n'ai pas vus de tribunal dans cette épisode. Pourquoi ? Parce que Kovin s'enfuit puis meure pendant cette fuite, empêchant de cette façon toute conclusion satisfaisante. Kovin ne sera donc jamais jugé, il restera au statut de suspect, et donc il ne sera jamais considéré innocent (si il l'était).

Kovin n'est donc pas innocent à la fin de l'épisode (n'y coupable). Dans ce cas là on dit que l'action publique est éteinte, il n’est plus possible pour la justice d’établir la culpabilité ou l'innocence.

(Concernant le système judiciaire du monde de Kovin, on va y revenir).


yrad a écrit :

Le journal de bord de l'EMH établit que l'enquête s'est poursuivie durant trois jours après la mort de Kovin, mais qu'aucun élément n'est venu corroborer les dires de Seven.

Bon alors sur ce coup là je dois dire que je ne sais pas trop (dans tous les cas tu sur-interprète):
-Le sous titre fr de Netflix dises: "Les autorités Antharanes m'ont examiné pendant trois jours, mais l'affaire à finalement été résolue"
-La VF: "Les autorités Antharanes fait subir un contre interrogatoire qui à duré trois jours, mais l'affaire c'est finalement résolue"
-Et en anglais: "I've speend the past three days being cross-examined by the antharan authorities, but the matter is finally resolved"

Ok, donc comment interprété ça ? C'est le docteur qui est examiné ? ou il faut comprendre que son enquête est examiné ? mais qu'en est t'il d'essayez de trouvé d'autres preuves dans un sens ou dans l'autre ? L'affaire est résolue cet à dire classé ?

Bon dans tous les cas c'est flous et cela élude des grosses partie de l’enquête que l'on aurait aimé voir. Typiquement, par rapport à ce que j'ai pus lire sur les forums anglais, on se demande pourquoi on ne parle jamais de l'associée de Kovin et de l'homme assimilé que Seven dit avoir vue. On a une victime (Seven) à la mémoire parfaite pouvant donner les dimension d'un tricorder de tête, il serait peut être malin de lui demander des portraits robots et de comparé ceux-ci aux connaissances de Kovin et au fichier des personnes disparue. Peut être que c'est fait hors caméras, mais c'est pas le genre de trucs que l'on élude dans un scénario d’enquête fait correctement.

yrad a écrit :

Aussi frustrant que cela soit, c'est précisément en pareil cas que les enquêtes sont abandonnées et qu'un prévenu (vivant ou mort) est considéré comme innocent par défaut.

NON ! Mais où est tu allez chercher ça ? Kovin n'est n'y innocent n'y coupable, il n'a jamais été jugé.
[url=http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/01/21/1290-pour-en-finir-avec-la-presomption-d-innocence]
Au passage [/url]
[url=http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/21/La-justice-et-la-mort]
Et aussi [/url]

yrad a écrit :

Certes, un doute subsistera (en effet Seven ne s'est jamais explicitement rétractée), mais il en est souvent ainsi dans le monde réel, et il est justement courageux de la part de ST VOY 04x17 Retrospect de n'avoir pas cherché à édulcorer ou embellir cette réalité (car le propre de ST est d'avoir conceptualisé une société idéale dans un univers qui ne l'est pas du tout).

Et c'est là où je ne suis pas d'accord avec l'épisode: Si cela ce passait comme tu l'indique et que Janeway disait "mince alors, on ne saura jamais la vérité, c'est vraiment trop nul", l'épisode ne m'aurait pas choqué.

Au lieu de ça on à une Janeway qui dit:

"Janeway: I won’t turn back the clock because of one mistake, no matter how serious, and no matter how you might feel[…]We all rallied around Seven, Doctor, myself included. I wanted her to know she was part of this family, that we would support her, fight for her no matter what. We let our good intentions blind us. We all bear responsibility for Kovin’s death, and we all have to live with it, but to delete that burden would be the last thing any of us should do."

Janeway regrette d'avoir écouté Seven, et pense qu'elle et le docteur sont responsable de la mort de Kovin. En gros ils n'auraient pas du écouter Seven. ( C'est en tous cas ce que conclus le site trekkiefeminist )


yrad a écrit :

Quant à Kovin, il a effectivement tenté de détruire l'USS Voyager, mais c'était un acte de panique et d'auto-préservation tristement révélateur des caractéristiques socio-culturelles de la société entharan à laquelle il appartenait, une société dont il ne pouvait espérer un traitement équitable en cas de litige avec de potentiels clients extra-entharans.
À cette occasion, Janeway a témoigné d'une belle hauteur de vue en ne tenant pas rigueur à Kovin de ses attaques contre l'USS Voyager, mais en se préoccupant plutôt de la malheureuse relation de cause à effet ayant conduit à une mort qui aurait pu être évitée, par-delà la culpabilité ou non de l'intéressé.

Alors à ce propos:

1/ Seul Kovin nous dit que les tribunaux Entharan ne rendent pas une justice équitable, au détour d'une conversation avec Tuvok où il tente de le convaincre de ne pas entamer de poursuite. L'épisode ne nous donne aucune preuve de cette injustice. Pour des raisons évidentes on ne peut pas se fier à l'avis de Kovin dans cette situation et d'ailleurs pourquoi voudrait tu prendre son témoignage pour argent comptant alors que tu a des doutes (à raison) sur celui de Seven ?
2/ Quand bien même ces tribunaux serait  injuste, Star Fleet part toujours du principe d'essayez de les respecter au maximum, même quand ils on l'airs profondément débiles (par exemple ST TNG 1X07 Justice où Picard attend d’être acculé pour utiliser la téléportation et sauver Crusher, condamné à mort pour avoir piétiné un part-terre de fleur). Pourquoi ne pas laisser sa chance aux tribunaux Entharan au lieu de considéré que la fuite de Kovin est totalement justifier ?
3/Petite histoire: Kevin reçois la visite de gendarmes suite à une plainte de la petite Jeri qui l'accuse de viol. Kevin crie son innocence et argue que de toute façon les tribunaux seront contre lui. Finalement il prend la fuite. Les gendarmes le poursuive et Kevin réplique en leurs tirant dessus. Finalement Kevin tente de traverser une rivière et se noie. Bon est-ce que là tous de suite tu te sens hyper triste de Kevin ? Est-ce que tu pense que les gendarmes devraient éprouver des remords autre que d'avoir laisser s'échapper Kevin ? Est-ce que la victime dans cette histoire ne serait pas Jeri, qui n'aura jamais de réponse à ses question par la faute de Kevin ?
4/ Au niveau du message véhiculé par l'épisode, dire que les tribunaux Entharan sont injuste, c'est lâche. En gros cela veut dire qu'il ne faut accuser personne ne viol parce de toute façon l'accusation suffit à détruire la vie de cette personne. Je ne dit pas que cela n'arrive jamais, mais une enquête en bonne et due forme suivit par un procès (si cela est nécessaire) juste est toujours préférable à ce qu'une victime se taise.

Maintenant imaginons que les tribunaux Entharan sois juste et que Kovin sois innocent: Les preuves du docteur son réfuter (si cela va même jusqu'au procès), Seven à ses réponses (c'était un flashback) et pourra bénéficier d'un suivit adapté (et ne pas rester toute sa vie avec des doutes). Finalement cela se termine bien.

C'est la fuite de Kovin qui provoque une fin dramatique, pas l’enquête du docteur.



yrad a écrit :

Donc oui, par le procédé qu'il met au point, par son manque d'expérience et de retenue, par le crédit qu'il confère au témoignage de Seven obtenu dans un état de conscience altérée, l'EMH porte une vraie responsabilité dans les accusations proférées par Seven dès le début, et il est l'élément déclencheur d'une chaine causale d'évènements qui causera la mort inutile de Kovin.

Le docteur pense avoir découvert un crime, il remonte l'information à son supérieur et démarre une enquête avec l'aide de la personne référent dans ce type de cas (Tuvok). Le docteur c'est t'il trompé ? Peut être. A t'il commis une faute ? non. Il n'est pas allez voir Kovin avec un fusils à pompe pour l'abattre, il à remonter ce qu'il pensais savoir, à charge ensuite a l’enquêteur en chef de déterminer si il tous ça tient debout ou non, et si cela doit allez jusqu'au procès. A charge ensuite au juge de déterminé si Kovin est innocent ou non.

Seulement tous ça n'arrivera pas car Kovin c'est enfuis, c'est lui qui casse le système judiciaire qui aurait pus le protéger.

Ce que tu ne dit pas, c'est comment cela aurait du se passer: Seven agresse sans raison Kovin et est visiblement en état de choc, et là le docteur dit "non désolé, ferme là car je ne suis pas habilité à t'aider", fin de l'épisode. Tu trouve que c'est beaucoup mieux ?

Dans une enquête il peut y avoir des erreurs, et je suis sur qu'ils y à des dizaines d'épisodes de Star Trek où les protagonistes enquête, et font une ou plusieurs erreur à un moment donné. Est-ce que l'on considère alors que l’enquête n'aurait jamais du avoir lieu ? non, surement pas.



yrad a écrit :

Maintenant, oui, en l'absence de preuves, et même s'il subsiste des doutes, TOUT suspect DOIT IMPÉRATIVEMENT être considéré comme innocent, quelle que soit l'affection personnelle que l'on porte à la victime présumée ! Sans quoi, ce serait la pente glissante vers un système mafieux ou... vers la loi du 22 Prairial An II… dont même l'utopie trekkienne a failli faire l'amère expérience dans ST TNG 04x21 The Drumhead. Un épisode que je te conseille de revoir, Wild, et qui a lui aussi le courage de ne pas faire l'économie des doutes à la fin, comme si souvent dans la vraie vie (mais il faut hélas s'en accommoder si l'on veut que la société reste vivable).

Sauf que tu me site un épisode où il y a... devine quoi: un procès ! Et celui-ci conclus finalement à l’innocence de l'accuser en l'absence de preuve, et je trouve ça très bien. En fait cet épisode est ce qui se serait passer si Rétrospection était allez au bout de son sujet: le procès aurait eu lieu, et si il n'y avait pas de preuve, effectivement Kovin serait sortit innocent (en remplaçant Picard par Tuvok).

Mais peut être que tu pense que dans l'épisode ST TNG  04x21, l'accuser aurait du fuir en navette avant même le début du procès et tirer sur son accusatrice ?

yrad a écrit :

Star Trek, ce n'est pas l'univers des Bisounours où tous les coupables sont arrêtés et punis, où il ne subsiste aucun doute sur rien, où la Vérité est unique et révélée à tous.

C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que le doc peut se tromper à un moment son enquête, parce qu’effectivement cela peut arrivé. Chercher la vérité c'est long et compliquer.
C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que l'on ne peut pas considéré Kovin comme une victime: il restera suspect à jamais, en l'absence de procès. De plus le montrer comme une sorte de martyr après ce qui s’apparente à une sorte de Suicide par police interposée n'est certainement pas une bonne leçon à donner dans une série.
C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que Janeway aurait du riposter et essayez de neutraliser son vaisseau, comme cela est fait dans de nombreux épisodes de star trek lorsque qu'une navette attaque un vaisseau de la taille du Voyager. Innocent du viol ou pas, une tentative de meurtre reste une tentative de meurtre. Janeway n'a pas tirer la première (et se serait retrouvé bien bête si le Voyager avait été détruit).

(Je saute quelque paragraphe à toi, pas que ce sois inintéressant, mais je vais encore me répété beaucoup)

yrad a écrit :

Non, cet épisode n'insinue rien de tel.
En revanche, ST VOY 04x17 Retrospect montre que :
- l'exploration de la psyché humaine n'est pas une science exacte,
- l'on ne s'improvise pas impunément psychothérapeute et hypnothérapeute avec des méthodes expérimentales,

Cet épisode est en effet une critique de certaines technique de psychothérapie des années 90  qui faisait sois disant resurgir des souvenirs enfouis durant l'enfance et inventait des viols qui n'en était pas (en gros: tonton me faisait sauté sur ces genoux, 30 ans plus tard les souvenirs flous et manipulé change cela en viol).

Ok, au fond pourquoi pas, sauf qu'ici on ne parle pas d'un événement qui sais déroulé il y à des années, mais de quelque chose s'étant déroulé la veille, à quelqu'un qui raconte tous cela de manière très précise. Quelque genre de leçon est-ce que cela donne ?

Comme dit le site Trekkie Feminist:

The writers/producers of this episode send a terrible message that reinforces a misconception that many women lie (or misremember) about being assaulted. The fact is that false reporting is really rare. The fact that people think it isn’t mean extra pressure and scrutiny (massive trigger warning for that link) is put on rape victims, to the point that some may not report at all for fear of being disbelieved.


yrad a écrit :

- l'éventuel vol de nano-sondes borgs ne peut évidemment se comparer à un viol sexuel, mais ledit vol peut malgré tout révéler le traumatisme antérieur d'une forme de viol bien pire encore que le viol sexuel (à savoir l'assimilation par le collectif borg),

Non, dans la tête des scénaristes c'est un viol, mais j'imagine que montrer Jeri Ryan en train de subir des attouchements sexuel non consentie n’était pas envisageable pour un épisode de ST (et c'est pas une mauvaise idée, surtout quand on pense à la stupide scène de viol mental du film Némésis).


yrad a écrit :

- le système légal de l'UFP est d'une grande maturité tant il déploie autour du postulat fondamental (l'habeas corpus) une déontologie de prudence, mais également d'équité entre l'identité (i.e. soi c'est-à-dire ses propres ressortissants) et l'altérité (i.e. l'autre, c'est-à-dire les aliens dans tous les sens du terme),

Sauf qu'il n'y a pas eu procès... par la faute de Kovin.

yrad a écrit :

- l'univers dans lequel prend place l'utopie trekkienne est aussi imparfait que le nôtre : les erreurs peuvent surgir de partout, les bonnes intentions peuvent conduire à des catastrophes, la justice peut ne pas être rendue, et les doutes peuvent à jamais subsister.

Sauf que dans ce cas la fin de l'épisode aurait du insisté sur le fait que "c'est injuste, par la faute de Kovin n'auront jamais la chance d'avoir la véritée" plutôt que "c'est vraiment trop triste pour Kovin, franchement Seven tu aurait du la fermée, et le docteur va se sentir coupable à vie de l'avoir écoutée".

yrad a écrit :

Parce que la neutralité, la présomption d'innocence, la prudence, et les doutes résiduels auraient été exactement les mêmes si l'enquête avait porté sur un possible meurtre (cf. ST TNG 03x14 A Matter Of Perspective) ou une possible trahison (cf. ST VOY 06x09 The Voyager Conspiracy), ST VOY 04x17 Retrospect ne participe en aucune façon - même inconsciemment - de l'abjecte culture du viol contemporaine... qui fort heureusement épargne l'utopique Fédération trekkienne, y compris dans sa période la plus "machiste" (i.e. TOS).

Non car en cas de meurtre ou de trahison, l'équipage du Voyager n'aurait pas reprocher à la possible victime d'avoir parler, et au docteur d'avoir tenter de l'écouter.

Et puis procès, tous ça...

Dernière modification par Wild (27-05-2017 01:04:21)

Hors ligne

#12 29-05-2017 22:58:02

yrad
admin

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Wild a écrit :

(Je saute quelque paragraphe à toi, pas que ce sois inintéressant, mais je vais encore me répété beaucoup)

Idem pour moi. wink
Et donc pour limiter mes propres répétitions, je vais regrouper par thèmes les quotes de ton dernier post…

Wild a écrit :

Bon alors sur ce coup là je dois dire que je ne sais pas trop (dans tous les cas tu sur-interprète):
-Le sous titre fr de Netflix dises: "Les autorités Antharanes m'ont examiné pendant trois jours, mais l'affaire à finalement été résolue"
-La VF: "Les autorités Antharanes fait subir un contre interrogatoire qui à duré trois jours, mais l'affaire c'est finalement résolue"
-Et en anglais: "I've speend the past three days being cross-examined by the antharan authorities, but the matter is finally resolved"

Ok, donc comment interprété ça ? C'est le docteur qui est examiné ? ou il faut comprendre que son enquête est examiné ? mais qu'en est t'il d'essayez de trouvé d'autres preuves dans un sens ou dans l'autre ? L'affaire est résolue cet à dire classé ?

Bon dans tous les cas c'est flous et cela élude des grosses partie de l’enquête que l'on aurait aimé voir. Typiquement, par rapport à ce que j'ai pus lire sur les forums anglais, on se demande pourquoi on ne parle jamais de l'associée de Kovin et de l'homme assimilé que Seven dit avoir vue. On a une victime (Seven) à la mémoire parfaite pouvant donner les dimension d'un tricorder de tête, il serait peut être malin de lui demander des portraits robots et de comparé ceux-ci aux connaissances de Kovin et au fichier des personnes disparue. Peut être que c'est fait hors caméras, mais c'est pas le genre de trucs que l'on élude dans un scénario d’enquête fait correctement.

Je ne me réfère pour ma part jamais aux traductions, seule la VO des dialogues fait foi. Et cette VO (que tu as quotée) atteste bien du fait que l'investigation s'est poursuivie durant trois jours comme je l'écrivais.
Alors il est vrai que l'épisode ne fournit aucune précision, ni sur ce complément d'investigation, ni sur son issue exacte. Et je conçois parfaitement que cela puisse être frustrant (mais la frustration est souvent un atout narratif, du moins lorsqu'elle est intentionnelle de la part des auteurs).
Il est toutefois logique que l'EMH ait fait l'objet d'une expertise (ou contrexpertise) de la part des Antharans puisque c'est lui qui fut à la fois le déclencheur des accusations de Seven et la caution légale/médicale de leur validité. Que ce soit pour s'assurer des intentions réelles du Doc, ou pour réévaluer la crédibilité des accusation de Seven, l'EMH demeurait dans tous les cas au centre de l'affaire (par la volonté même des auteurs).
Néanmoins, dans la mesure où à la fin de l'épisode (c'est-à-dire après la terme de ladite investigation), aucun fait nouveau n'est porté à notre connaissance et que l'EMH se considère toujours coupable de faute professionnelle, il raisonnable d'en déduire – sans surinterpréter justement – que l'affaire a été dûment classée sans suite (note bien que je n'ai pas pour autant prétendu que l'affaire avait été pleinement résolue).
Quant à la non-évocation des prétendus complice et victimes de Kovin, ceux-ci ne possédaient d'existence que tant que les accusations de Seven étaient considérées comme recevables. Mais ils se sont logiquement retrouvés reléguées au rang de personnages de fiction ou de fantasmes dès lors que les accusations de Seven furent remises en question dans l'épisode faute de preuve matérielle. Il est raisonnable de supposer qu'une recherche a été effectué sur leur identité hors champ (avant ou après la mort de Kovin), mais sans que cela n'aboutisse à quoi que ce soit de probant. C'est le principe d'économie du format série (qui correspond peu ou prou à l'ellipse du format ciné), c’est-à-dire que n'est montré ou exprimé que ce qui apporte une information nouvelle ou un changement d'état, le reste étant implicite.

Wild a écrit :

NON ! Mais où est tu allez chercher ça ? Kovin n'est n'y innocent n'y coupable, il n'a jamais été jugé.
[url=http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/01/21/1290-pour-en-finir-avec-la-presomption-d-innocence]
Au passage [/url]
[url=http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/21/La-justice-et-la-mort]
Et aussi [/url]

Où vais-je chercher ça ?! Mais dans le simple fait qu'à affaire donnée, il n'existe aucun autre statut que celui de coupable et ou bien celui d'innocent. Dans le système légal étatsunien (dont hérite largement celui de l'UFP), c'est très binaire.
Être suspect ou prévenu n'est qu'un état d'indétermination transitoire, dans le cadre d'une procédure légale bien spécifique et limitée dans le temps. Mais même durant l'instruction et l'éventuel procès, l'habeas corpus garantira au prévenu (ou au suspect) une présomption d'innocence avant que le verdict ne soit rendu. Et si d'aventure, le prévenu/suspect décède avant le terme du procès, comme l'explique justement Eolas (dans le second lien), l'action publique est éteinte. Quant à l'action civile (pour d'éventuels dédommagements), elle impose (du moins dans le droit français) l'obtention de preuves encore plus strictes pour déclarer le suspect coupable après sa mort.
Quoi qu'il en soit, en cas de décès ET sans preuve absolue, il ne sera pas possible de conclure à la culpabilité, ce qui se traduira donc par le maintien du statut légal dont tout individu bénéficie initialement par défaut, à savoir celui d'innocent jusqu'à preuve du contraire.
Et comme l'écrit Eolas (second lien toujours), il est seulement question-là de droit. Parce que les doutes et les interrogations morales (et non plus légales) sur la culpabilité ou la non-culpabilité continueront évidemment ensuite à hanter les victimes, les historiens, et la postérité. Mais ça, c'est une autre histoire…

Quant au premier lien, il renvoie surtout à un billet d'humeur (ou à un coup de gueule) à l'encontre des abus – notamment médiatiques et démotiques – d'invocation de la présomption d'innocence... qui ne devrait pas – selon Eolas – se transformer en une interdiction implicite de porter une quelconque accusation à l'encontre d'autrui. Il n'en a d'ailleurs pas fallu davantage pour que certains commentateurs en déduisent que la présomption d'innocence n'est qu'une grosse hypocrisie (certes, mais en allant dans ce sens, c'est en fait tout le système légal qui est une hypocrisie, et par extension toute société civilisée…).
Ironiquement, Eolas n'avait pas hésité à plaider la position inverse dans d'autres billets comme celui-ci. Enfin bon, c'est un avocat. mdr

Quoi qu'il en soit, la France ne possède pas une vraie culture juridique de la présomption d'innocence (notamment parce que rien n'est plus antinomique que le concept totalement arbitraire d'intime conviction).
Et sur la question fondamentale de l'habeas corpus, je me réfère aux travaux anglophones universitaires (comme ceux de Paul D. Halliday et de Andrea D. Lyon) qui couvrent son évolution depuis ses origines romaines puis britanniques (très éloignées de la définition actuelle) jusqu'à la garantie constitutionnelle étatsunienne (moyennant ses diverses suspensions en périodes de guerre ou de terrorisme)… et dont ST VOY 04x17 Retrospect extrapole en quelque sorte l'évolution sociétale sur le temps long.

Wild a écrit :

Et c'est là où je ne suis pas d'accord avec l'épisode: Si cela ce passait comme tu l'indique et que Janeway disait "mince alors, on ne saura jamais la vérité, c'est vraiment trop nul", l'épisode ne m'aurait pas choqué.

Au lieu de ça on à une Janeway qui dit:

"Janeway: I won’t turn back the clock because of one mistake, no matter how serious, and no matter how you might feel[…]We all rallied around Seven, Doctor, myself included. I wanted her to know she was part of this family, that we would support her, fight for her no matter what. We let our good intentions blind us. We all bear responsibility for Kovin’s death, and we all have to live with it, but to delete that burden would be the last thing any of us should do."

Janeway regrette d'avoir écouté Seven, et pense qu'elle et le docteur sont responsable de la mort de Kovin. En gros ils n'auraient pas du écouter Seven. ( C'est en tous cas ce que conclus le site trekkiefeminist )

Wild a écrit :

Sauf que dans ce cas la fin de l'épisode aurait du insisté sur le fait que "c'est injuste, par la faute de Kovin n'auront jamais la chance d'avoir la véritée" plutôt que "c'est vraiment trop triste pour Kovin, franchement Seven tu aurait du la fermée, et le docteur va se sentir coupable à vie de l'avoir écoutée".

Les conclusions de Trekkie Feminist ne sont pas "parole de Q". Car leur vision est pour le moins… militante et tendancieuse.

La propos conclusifs en VO de Janeway ne suggèrent à aucun moment qu'ils n'auraient pas dû écouter Seven. Leur regret ne porte que sur l'absence de recul et de neutralité envers le témoignage de Seven (par attachement affectif envers elle). Lorsqu'on a la charge d'un vaisseau spatial et/ou que l'on est médecin légal assermenté, on ne peut se permettre d'agir comme un ami ou un confident partisan devant une accusation de nature criminelle susceptible de briser des vies.
Autant il est légitime que le mari, la sœur, le frère, la mère, ou la meilleure amie croit sur parole les accusations de la victime d'un viol. Mais l'officier du ministère public, le médecin légal, le magistrat, ou le commandant ne peut professionnellement et déontologiquement s'en contenter. Il lui faudra réunir des preuves matérielles et considérer toutes les parties avec la même équité… avant de lancer un processus dont les conséquences peuvent être lourdes et tragiques…

Wild a écrit :

Alors à ce propos:

1/ Seul Kovin nous dit que les tribunaux Entharan ne rendent pas une justice équitable, au détour d'une conversation avec Tuvok où il tente de le convaincre de ne pas entamer de poursuite. L'épisode ne nous donne aucune preuve de cette injustice. Pour des raisons évidentes on ne peut pas se fier à l'avis de Kovin dans cette situation et d'ailleurs pourquoi voudrait tu prendre son témoignage pour argent comptant alors que tu a des doutes (à raison) sur celui de Seven ?

L'épisode ne donne de toute façon aucune preuve de rien (et c'est d'ailleurs son audace car il en est hélas bien souvent ainsi dans le monde réel). En revanche, l'épisode apporte tout de même des faisceaux d'indices à charge ou à décharge…
L'injustice dénoncée par Kovin aurait été - en effet - hautement questionnable si l'on avait vu débarquer sur l'USS Voyager un Entharan agressif préoccupé par la seule défense des droits constitutionnels de son compatriote, c’est-à-dire à la façon d'un avocat étatsunien. Sauf qu'il n'y a justement rien eu de tel : l'Entharan Magistrate s'est contenté de s'aligner pieusement sur les accusations du Doc et de Seven, puis sur l'enquête menée par Tuvok. Du coup, Kovin s'est retrouvé confronté à deux enquêteurs à charge, sans personne pour assurer sa défense. Soit une configuration ayant largement tendance à crédibiliser sa dénonciation...
Malgré tout, en dépit de ce manque assez flagrant de neutralité, la fuite de Kovin pouvait être interprété à la fois comme une panique face à un système inique et comme un aveu de culpabilité. Seulement à partir du moment où la reconstitution scientifique des événements est finalement venue priver l'accusation de toute preuve matérielle, il était raisonnable de privilégier rétrospectivement l'hypothèse d'un manque de confiance de Kovin envers le système que d'un aveu de culpabilité.

Wild a écrit :

2/ Quand bien même ces tribunaux serait  injuste, Star Fleet part toujours du principe d'essayez de les respecter au maximum, même quand ils on l'airs profondément débiles (par exemple ST TNG 1X07 Justice où Picard attend d’être acculé pour utiliser la téléportation et sauver Crusher, condamné à mort pour avoir piétiné un part-terre de fleur). Pourquoi ne pas laisser sa chance aux tribunaux Entharan au lieu de considéré que la fuite de Kovin est totalement justifier ?

Oui, un des corollaires de la Prime Directive : respecter la justice des autres civilisations pour ne pas interférer dans leur souveraineté et leur paradigme d'existence. Mais à condition toutefois de ne pas participer soi-même de la cause du fait judiciaire (cause au sens causal et non au sens responsable ou coupable)…
Et de toute façon, dans ST TNG 01x07 Justice, Picard ne respecte pas davantage la justice des Edo, car il a beau philosopher et se torturer mentalement durant tout l'épisode sur les devoirs impérieux que commande la Prime Directive, il refuse in fine de s'accommoder d'une justice aussi rigide et disproportionnée, et il décide de soustraire d'autorité Welsey (pour qui il a des sentiments paternels) à la justice des Edo. Après avoir parlementé avec les Edo et reculé le plus longtemps possible, Picard transgresse finalement la Prime Directive… au prix d'un petit discours kirkien bien senti à l'usage de l'entité protectrice de Rubicun III.

Wild a écrit :

3/Petite histoire: Kevin reçois la visite de gendarmes suite à une plainte de la petite Jeri qui l'accuse de viol. Kevin crie son innocence et argue que de toute façon les tribunaux seront contre lui. Finalement il prend la fuite. Les gendarmes le poursuive et Kevin réplique en leurs tirant dessus. Finalement Kevin tente de traverser une rivière et se noie. Bon est-ce que là tous de suite tu te sens hyper triste de Kevin ? Est-ce que tu pense que les gendarmes devraient éprouver des remords autre que d'avoir laisser s'échapper Kevin ? Est-ce que la victime dans cette histoire ne serait pas Jeri, qui n'aura jamais de réponse à ses question par la faute de Kevin ?

Ce type de transposition trivialisée offre une apparente clarification, mais celle-ci est en fait sophistique, non seulement parce qu'elle simplifie exagérément la problématique, mais aussi et surtout parce qu'elle ignore les considérables différences contextuelles qui déterminent les comportements et les actes.
Dans la France contemporaine, quand bien même son système pénal est toujours sujet à l'arbitraire de l'intime conviction (au détriment de la matérialité de la preuve), les prévenus bénéficient de suffisamment de protection légale pour ne pas être forcément tentés de prendre la fuite s'ils sont accusés à tort. Mais il suffirait de transposer cette histoire dans l'Allemagne de 1938 ou la Russie de 1950 pour inverser totalement la résultante statistique.
Malgré tout, même dans un état dit "de droit", il peut exister des traumas personnels et/ou communautaires qui induisent des paniques plus ou moins rationnelles ou irrationnelles et dont les autorités se doivent de tenir compte pour éviter qu'une simple accusation ou suspicion ne se transforme en tragédie.
Et dans le cadre de ta transposition, finalement Kevin est la seule victime certaine (puisqu'il est mort) tandis que Jeri demeure une victime seulement potentielle (puisqu'on ne saura pas si elle a été violée ou non).   

Wild a écrit :

4/ Au niveau du message véhiculé par l'épisode, dire que les tribunaux Entharan sont injuste, c'est lâche. En gros cela veut dire qu'il ne faut accuser personne ne viol parce de toute façon l'accusation suffit à détruire la vie de cette personne. Je ne dit pas que cela n'arrive jamais, mais une enquête en bonne et due forme suivit par un procès (si cela est nécessaire) juste est toujours préférable à ce qu'une victime se taise.

Non, ST VOY 04x17 Retrospect ne tombe pas dans ce type d'excès inverse : ni dans la lâcheté, ni dans l'angélisme, ni dans l'omerta.
Le message principal de l'épisode est : attention aux accusations que vous proférez au sein d'un système légal qui ne garantit pas des droits d'équité fondamentaux. A l'exemple de la Grande Terreur de 1794, il suffisait de l'accusation verbale d'un voisin pour être condamné… et moyennant même un procès s'il vous plait ! "Donnez-moi une phrase de n'importe qui et je me charge de l'envoyer à l'échafaud" se targuait même l'accusateur public Antoine Fouquier-Tinville.

Wild a écrit :

Maintenant imaginons que les tribunaux Entharan sois juste et que Kovin sois innocent: Les preuves du docteur son réfuter (si cela va même jusqu'au procès), Seven à ses réponses (c'était un flashback) et pourra bénéficier d'un suivit adapté (et ne pas rester toute sa vie avec des doutes). Finalement cela se termine bien.

C'est la fuite de Kovin qui provoque une fin dramatique, pas l’enquête du docteur.

Effectivement, imaginons un monde idéal où les systèmes légaux sont parfaits, où toutes les clarifications et les réponses sont apportées, où nul n'est victime de viol ni de vol, où nul n'est condamné à tort, où tout se termine toujours bien. Mais il se trouve que ce n'est pas ce que ST VOY 04x17 Retrospect a cherché à mettre en scène…

Quant à la fin dramatique, comme dans tous les univers réalistes, elle n'est pas imputable à un facteur unique. Elle est multifactorielle, et il n'est donc pas possible de clouer un seul bouc émissaire au pilori. ST VOY 04x17 Retrospect témoigne justement de beaucoup de nuances, notamment en relativisant la responsabilité de l'EMH et en la partageant avec l'ensemble du staff de l'USS Voyager. Et au-delà de la conclusion verbale, les faits sont eux-mêmes tristement éloquents : la société Entharan porte elle-même probablement sa part de responsabilité, ainsi que bien sûr Kovin par sa réaction en partie irrationnelle (et auto-suggestive).
Au fond, le plus audacieux dans ST VOY 04x17 Retrospect, c'est que l'épisode n'offre pas au spectateur la satisfaction morale de pouvoir se trouver un coupable unique à détester. Tout le monde est un peu coupable à sa façon. Et qu'il s'agisse de culpabilité partagée ou de doutes insolubles, il faudra continuer à vivre avec…
Rien n'est plus poignant qu'une tragédie où tout le monde a raison... où à l'inverse où tout le monde a tort (ce qui peut d'ailleurs revenir au même). Il s'agit d'ailleurs du métal précieux dans lequel sont forgées les meilleures tragédies (aussi bien helléniques que nipponnes).

Wild a écrit :

C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que le doc peut se tromper à un moment son enquête, parce qu’effectivement cela peut arrivé. Chercher la vérité c'est long et compliquer.

Wild a écrit :

Le docteur pense avoir découvert un crime, il remonte l'information à son supérieur et démarre une enquête avec l'aide de la personne référent dans ce type de cas (Tuvok). Le docteur c'est t'il trompé ? Peut être. A t'il commis une faute ? non. Il n'est pas allez voir Kovin avec un fusils à pompe pour l'abattre, il à remonter ce qu'il pensais savoir, à charge ensuite a l’enquêteur en chef de déterminer si il tous ça tient debout ou non, et si cela doit allez jusqu'au procès. A charge ensuite au juge de déterminé si Kovin est innocent ou non.

Seulement tous ça n'arrivera pas car Kovin c'est enfuis, c'est lui qui casse le système judiciaire qui aurait pus le protéger.

Ce que tu ne dit pas, c'est comment cela aurait du se passer: Seven agresse sans raison Kovin et est visiblement en état de choc, et là le docteur dit "non désolé, ferme là car je ne suis pas habilité à t'aider", fin de l'épisode. Tu trouve que c'est beaucoup mieux ?

Dans une enquête il peut y avoir des erreurs, et je suis sur qu'ils y à des dizaines d'épisodes de Star Trek où les protagonistes enquête, et font une ou plusieurs erreur à un moment donné. Est-ce que l'on considère alors que l’enquête n'aurait jamais du avoir lieu ? non, surement pas.

Là, c'est une surinterprétation, une déformation, voire une caricature du sens de ST VOY 04x17 Retrospect

À aucun moment, cet épisode ne suggère que l'enquête n'aurait jamais dû avoir lieu. Bien entendu que l'enquête devait avoir lieu puisqu'il y avait suspicion d'agression de Seven et possible vol de nano-sondes borgs. Aucun personnage de l'épisode n'a remis en question la légitimité de cette recherche de vérité...
Ce que les protagonistes de l'épisode déplorent en revanche, c'est la façon dont l'enquête fut menée de prime abord, et leur propre manque de prudence et de neutralité. Du fait de leur proximité avec la possible victime, les enquêteurs se sont davantage comportés comme des avocats ou comme la partie civile des intérêts de la victime. Probablement d'ailleurs en raison d'une sociabilité naturelle résiduelle que l'utopique UFP n'a pas totalement réussi à gommer (l'enquêteur ne réussissant pas au départ à être entièrement neutre entre son "semblable" et un étranger, entre un proche et un inconnu).

Et si Tuvok, Janeway, le magistrat Entharan, Kovin lui-même, et probablement Seven ont commis des erreurs, l'EMH, lui, a carrément commis une faute, voire même plusieurs fautes : d'une part en expérimentant une forme d'hypnothérapie nouvelle sur une patiente déjà hyper-violée par le collectif borg, d'autre part en accordant une foi aveugle à un témoignage obtenu (ou arraché) dans un état de conscience altéré, et enfin en exacerbant la colère vengeresse de Seven à la façon d'un pousse-au-crime.

Quant à la protection du système judiciaire Entharan, rien n'est moins sûr. Car par-delà les assertions de Kovin et le comportement du magistrat, il y a davantage eu de systèmes légaux injustes que justes dans l'Histoire humaine ; on peut donc en déduire qu'il en est de même dans la plupart des exo-civilisations d'un univers qui partage les mêmes lois naturelles.

Wild a écrit :

C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que l'on ne peut pas considéré Kovin comme une victime: il restera suspect à jamais, en l'absence de procès. De plus le montrer comme une sorte de martyr après ce qui s’apparente à une sorte de Suicide par police interposée n'est certainement pas une bonne leçon à donner dans une série.

Suspect à jamais, moralement peut-être, mais surement pas légalement. Si l'absence de procès résulte non seulement de la mort du suspect mais en outre de l'absence de preuves incriminantes, ce dernier ne restera pas éternellement suspect. Il redeviendra innocent par défaut en l'absence de preuve de sa culpabilité.
Si l'absence de preuve de culpabilité n'implique pas automatiquement l'innocence légale, alors c'est le règne de la présomption de culpabilité… qui caractérisait notamment la loi des suspects votée le 17 septembre 1793 par la Convention nationale, et la période maccarthyste (1950-54) de la HCUA.

Pour autant, ST VOY 04x17 Retrospect n'a jamais cherché à faire passer Kovin pour un martyr. Simplement pour une victime.
S'il est innocent, il est une victime… à la fois des circonstances, du possible système légal inique de sa société Entharan, d'une investigation manquant de neutralité au départ, et de ses propres angoisses et choix irrationnels…
Mais s'il est coupable, Kovin demeure malgré tout une victime aussi… d'une peine disproportionnée (Seven ayant été "vengée" au centuple car il n'est pas certain que Kovin eut été condamné à mort pour un "simple" vol avec violence).

Dans tous les cas, la plus grande victime de l'histoire reste Kovin. Quand bien même Seven l'eut été aussi, le destin malin ou la justice immanente s'est en quelque sorte "chargé(e)" de son potentiel agresseur.

Par ailleurs, pour qui accorde de la valeur aux intentions des auteurs, il faut savoir que le coscénariste Bryan Fuller considérait que Kovin n'était finalement pas coupable et que Seven s'était fabriquée des faux souvenirs à partir de ses traumas d'assimilation au collectif (déclaration dans le Star Trek Voyager Magazine #18).
Quant au réalisateur Jesús Salvador Treviño, il estimait qu'une ambiguïté subsistait sur la culpabilité de Kovin, et qu'il s'agissait donc d'une fin ouverte intentionnelle (plus intéressante que les fins fermées).

Wild a écrit :

C'est justement parce que ce n'est pas un univers de Bisounours que Janeway aurait du riposter et essayez de neutraliser son vaisseau, comme cela est fait dans de nombreux épisodes de star trek lorsque qu'une navette attaque un vaisseau de la taille du Voyager. Innocent du viol ou pas, une tentative de meurtre reste une tentative de meurtre. Janeway n'a pas tirer la première (et se serait retrouvé bien bête si le Voyager avait été détruit).

Un(e) autre capitaine que Janeway aurait peut-être (?) eu moins de scrupules à tirer sur le vaisseau de Kovin dès lors que celui-ci aurait ouvert le feu, en suivant une approche mécaniste et légaliste, façon "loi du talion" ou "la loi c'est la loi" (comme dans le film éponyme de Christian-Jaque).
Mais la tempérance et l'empathie de Janeway furent tout à son honneur. Plutôt que de prendre prétexte des attaques de Kovin pour riposter sans état d'âme (comme le ferait un gendarme contemporain), elle n'a jamais perdu de vue le contexte spécifique et les possibles relations de cause à effet qui ont conduit Kovin à prendre la fuite et à se comporter en animal traqué/blessé. Bien entendu, Janeway n'allait pas laisser Kovin détruire l'USS Voyager et ainsi tuer son équipage, mais elle a néanmoins cherché à parlementer le plus longtemps possible en lui offrant un maximum de gages de paix et de confiance (qui n'ont hélas pas suffi à atténuer sa paranoïa). Car à ce moment-là, faute de preuve matérielle incriminante, Janeway était probablement subjectivement convaincue que Kovin avait été accusé à tort. Et quand bien même peut-être encore suspect à ses yeux (?), elle ne voulait pas porter la responsabilité de sa mort, aussi bien en vertu de la Prime Directive, que par humanisme et pour ne prendre le risque le laisser l'affaire potentiellement irrésolue.   

Wild a écrit :

Non, dans la tête des scénaristes c'est un viol, mais j'imagine que montrer Jeri Ryan en train de subir des attouchements sexuel non consentie n’était pas envisageable pour un épisode de ST

Ben non en fait…
Tu as quoté au début de ton dernier post certaines des déclarations de Bryan Fuller et Lisa Klink colligés par Memory Alpha anglophone. Mais quitte à convoquer les intentions des scénaristes, il faut être complet. Comme pour la plupart des épisodes de la franchise, ST VOY 04x17 Retrospect est le fruit d'un long processus créatif, qui a connu de nombreuses étapes distinctes et parfois contradictoires dans les intentions :
#1 Chez les pourvoyeurs d'histoire Andrew Shepard Price & Mark Gaberman, l'intention originelle était de mettre en scène une I.A. qui prélèverait de force la technologies borgs que contenait le corps de Seven (implants, nano-sondes…) pour fabriquer une armée de drones destinés à conquérir la galaxie.
#2 Puis lorsque Bryan Fuller & Lisa Klink ont été chargés de dialoguer cette histoire, leur première intention fut de remplacer l'I.A. par un humanoïde et le prélèvement de technologie borg par un viol sexuel, impliquant donc une modification thématique profonde.
#3 Mais finalement, pour se démarquer des (nombreux) téléfilms (de l'époque) mettant en scène des sorties romantiques se terminant par des viols (et où la réalité du viol est scientifiquement difficile à contester), Fuller a décidé de retirer tout élément sexuel de l'histoire pour se focaliser sur le thème des faux témoignages induits de bonne foi par des thérapeutes irresponsables et susceptibles de briser la vie de personnes accusées à tort.

En somme, trois projets d'histoires radicalement différents, aux objectifs thématiques et sémantiques qu'il n'est pas possibles de superposer.
C'est la troisième version qui l'a finalement emportée, et Bryan Fuller & Lisa Klink ont bien insisté dans le numéro 18 de The Official Star Trek: Voyager Magazine (dont Memory Alpha ne quote qu'un bref extrait, l'interview étant en fait beaucoup plus long) qu'ils étaient satisfaits d'avoir retiré tout élément sexuel de leur script (sic), car ça leur permit d'orienter l'histoire dans une toute autre direction, en s'intéressant surtout à la faillibilité de l'EMH, aux dangers des témoignages subjectifs (façon Rashômon), et aux traumas personnels antérieurs de Seven (lançant ainsi un fil rouge personnel autour du personnage de Seven et qui sera au centre de plusieurs épisodes suivants).

Wild a écrit :

(et c'est pas une mauvaise idée, surtout quand on pense à la stupide scène de viol mental du film Némésis).

Cette scène de ST Nemesis n'a rien de stupide (et il est même regrettable que la seconde scène de viol dans l'ascenseur – plus angoissante encore – n'ait pas été conservée dans le film). Et là, il s'agit bel et bien d'un viol sexuel (en terme d'intention, de ressenti, et de trauma), mais sous une forme originale et même largement inédite (compliquant considérablement la constitution légale de la preuve, faute de trace matérielle).

Wild a écrit :

Intéressant ta phrase parlant de tribunal. Je ne sais pas pour toi, mais moi je n'ai pas vus de tribunal dans cette épisode. Pourquoi ? Parce que Kovin s'enfuit puis meure pendant cette fuite, empêchant de cette façon toute conclusion satisfaisante. Kovin ne sera donc jamais jugé, il restera au statut de suspect, et donc il ne sera jamais considéré innocent (si il l'était).

Kovin n'est donc pas innocent à la fin de l'épisode (n'y coupable). Dans ce cas là on dit que l'action publique est éteinte, il n’est plus possible pour la justice d’établir la culpabilité ou l'innocence.

Ma phrase employait "tribunal" dans son sens figuré (ou latin), c’est-à-dire comme synonyme de justice.
Or la justice recouvre aussi bien les investigations et les instructions qui précèdent un procès… que l'éventuel procès lui-même.

Toujours est-il qu'il faut éviter de conférer une dimension ordalique ou sacrée au jugement qui conclut une enquête, dans un tribunal ou pas. Le jugement possède moins une fonction de détermination de la vérité (ou de rétribution) qu'une fonction contractualiste de maintien de la paix et de cohésion sociale (cf. les travaux de René Girard sur la question).

Et comme évoqué précédemment, lorsque l'instruction ou le jugement ne peut établir (pour une raison ou une autre) la culpabilité, alors le prévenu sera considéré comme innocent. Innocent sur le terrain légal, mais certes pas forcément en réalité et/ou sur le terrain moral.

Wild a écrit :

Sauf qu'il n'y a pas eu procès... par la faute de Kovin.

Wild a écrit :

Sauf que tu me site un épisode où il y a... devine quoi: un procès ! Et celui-ci conclus finalement à l’innocence de l'accuser en l'absence de preuve, et je trouve ça très bien. En fait cet épisode est ce qui se serait passer si Rétrospection était allez au bout de son sujet: le procès aurait eu lieu, et si il n'y avait pas de preuve, effectivement Kovin serait sortit innocent (en remplaçant Picard par Tuvok).

Un procès n'offre en soi aucune garantie d'équité particulière, et il n'est pas rare que les innocents soient condamnés dans l'enceintes des tribunaux pour satisfaire des exigences exutoires, socio-psychologiques, politiques, économiques, ou idéologiques : du procès de l'ordre du Temple au début du XIVème siècle aux procès expéditifs sous la Grande Terreur de 1794, des procès staliniens médiatisés dans la première moitié du XXème siècle… aux cours d'assises françaises contemporaines (où les jurés sont supposés obéir au scandaleux principe d'intime conviction qui accorde une préséance à la subjectivité en l'absence de preuves matérielles, légalisant ainsi l'arbitraire). Cf. les cauchemars visionnaires de Franz Kafka qui atteignaient généralement leur paroxysme dans les tribunaux lors des procès...

Les garanties d'équité proviendront davantage des procédures souvent en amont de l'éventuel procès (notamment les modes d'investigation ou d'instruction), de l'absence de preuve devant profiter à la présomption d'innocence, et de la capacité à s'abstenir de condamner au moindre doute raisonnable. Quitte, oui, à considérer légalement innocents de possibles coupables.
En outre, dans des systèmes inquisitoires comme le nôtre, les instructions étant à la fois à charge et à décharge, la culpabilité ou non est décidée avant que ne débute le procès, celui-ci ayant finalement une fonction essentiellement symbolique, avec pour mission de prononcer la sentence (en fonction de possibles circonstances atténuantes), c’est-à-dire de décider uniquement du "châtiment" mais non de questionner la réalité des faits.

Wild a écrit :

Mais peut être que tu pense que dans l'épisode ST TNG  04x21, l'accuser aurait du fuir en navette avant même le début du procès et tirer sur son accusatrice ?

Eh bien, justement, ST TNG 04x21 The Drumhead met en scène l'exemple emblématique d'une justice dévoyée en profondeur en dépit de la préservation des formes légales. Dans The Drumhead, c'est par la voix du procès que la justice est violée, car la présomption d'innocence y est imperceptiblement remplacée par une présomption de culpabilité.
Et si Simon Tarses n'a pas tiré sur son accusatrice ni tenté de fuir en navette, c'est parce qu'il avait encore foi dans le système judiciaire de sa société (Starfleet et l'UFP). Mais après dix ans aux régime judiciaire de l'amirale Norah Satie, n'importe quel citoyen de l'UFP se serait probablement comporté comme Kovin…

Evitons donc de placer en soi dans les procès des espérances messianiques d'omniscience, car ils ne constituent pas en eux-mêmes des panacées à l'insolubilité ou à l'indécidabilité du "she tell/he tell" en l'absence de preuve matérielle.

Wild a écrit :

Non car en cas de meurtre ou de trahison, l'équipage du Voyager n'aurait pas reprocher à la possible victime d'avoir parler, et au docteur d'avoir tenter de l'écouter.

Et puis procès, tous ça...

Pas forcément justement. Car dans le cas d'un procès que tu appelles tant de tes vœux, les conditions douteuses d'obtention du "témoignage" de Seven - même si celui-ci avait correspondu à la réalité - constituait la matière première quasi-académique d'un vice de forme. Ce qui aurait pu se traduire par une relaxe ou un acquittement de Kovin, et donc l'entérinement de son innocence légale, quand bien même sa culpabilité aurait été parfaitement avérée et prouvée.
Les vices de formes font aussi partie des univers réalistes, ils sont omniprésents dans la justice étatsunienne, et même s'ils sont générateurs d'injustices individuelles (tout en étant un terrain d'opportunités pour les avocats les plus techniques et/ou les moins scrupuleux), ils demeurent essentiels à grande échelle pour se préserver des abus de pouvoir du système répressif et judiciaire.

Wild a écrit :

Cet épisode est en effet une critique de certaines technique de psychothérapie des années 90  qui faisait sois disant resurgir des souvenirs enfouis durant l'enfance et inventait des viols qui n'en était pas (en gros: tonton me faisait sauté sur ces genoux, 30 ans plus tard les souvenirs flous et manipulé change cela en viol).

Ok, au fond pourquoi pas, sauf qu'ici on ne parle pas d'un événement qui sais déroulé il y à des années, mais de quelque chose s'étant déroulé la veille, à quelqu'un qui raconte tous cela de manière très précise. Quelque genre de leçon est-ce que cela donne ?

Même pour des "événements" qui se sont déroulés la veille, dès lors qu'ils sont assortis d'un traumatisme, leur extraction par voie d'hypnose représente un risque. L'hypnose demeure aujourd'hui un domaine d'étude, de recherche, et de thérapie passionnant, mais cette méthode doit être utilisée avec la plus grande précaution, et les témoignages obtenus par ce biais ne sont juridiquement recevables ni aux USA, ni en France.
Pire, la crypto-hypnose développée par l'EMH a convoqué la somme de mémoire, de vécu, de traumatismes, et de viols absorbés par le collectif borg et archivés dans le subconscient de Seven Of Nine. L'épisode ST VOY 05x06 Infinite Regress révélera même que Seven possède en elle le souvenir et l'expérience d'au moins treize humanoïdes assimilés par le collectif, que le neural interlink frequency réveillera sous forme de personnalités dissociés (à la façon d'une hyper-TDI) avec l'infini traumatisme de leur viol/assimilation par les Borgs.
Autant dire que ST VOY 05x06 Infinite Regress renforcera rétroactivement l'hypothèse du caractère fantasmatique ou projectif des prétendus "souvenirs" de Seven dans ST VOY 04x17 Retrospect (résultant vraisemblablement de la rémanence de ces autres personnalités) et, partant, accroîtra la probabilité de l'innocence de Kovin. Dans tous les cas, ce sera une belle marque de continuité et de cohérence interne dans la série ST VOY.

Wild a écrit :

Comme dit le site Trekkie Feminist:

The writers/producers of this episode send a terrible message that reinforces a misconception that many women lie (or misremember) about being assaulted. The fact is that false reporting is really rare. The fact that people think it isn’t mean extra pressure and scrutiny (massive trigger warning for that link) is put on rape victims, to the point that some may not report at all for fear of being disbelieved.

Trekkie Feminist pratique une relecture idéologique de cet épisode à des fins d'instrumentalisation victimaire. Et dans le cadre de son déterminisme doctrinaire très SJW, ce site déforme intentionnellement les intentions avérées des auteurs en prétendant que ST VOY 04x17 Retrospect met en scène symboliquement un viol.
Mais vouloir absolument confondre un prélèvement sanguin forcé (en quelque sorte) avec un viol sexuel, c'est insulter les véritables victimes de viols, c'est dédramatiser et banaliser l'horreur sans équivalent que représente un viol.
En outre, Trekkie Feminist en arrive à réserver le monopole victimologique des viols aux femmes, alors que les hommes et les enfants peuvent également (et tout autant) en être les victimes, auquel cas la constitution de preuves n'est pas moins délicate. C'est perpétuer un affreux cliché sexiste de suggérer que les témoignages de viols exprimés par des femmes seraient moins fiables du seul fait qu'il s'agirait de femmes, alors que le manque de fiabilité que pointe ST VOY 04x17 Retrospect concerne pourtant les victimes en général - parce que victimes et non parce que femmes.
La dernière phrase de Janeway se serait tout aussi bien appliquée à Harry Kim en pareille situation, c'est-à-dire s'il avait été une victime potentielle lui aussi et considérant les semblables sentiments "maternels" du capitaine.

En cherchant absolument à inventer des intentions infamantes chez les auteurs, à traquer la moindre once de sexisme imaginaire dans la série ST pourtant la plus féminine et la plus féministe de toutes (codéveloppée par une femme, Jeri Taylor, et dont les principales protagonistes sont des femmes, i.e. Janeway, Kes, Torres, Seven), Trekkie Feminist dessert grossièrement sa cause... comme hélas la plupart des féministes réactionnaires.

Alors au risque d'être politiquement incorrect, je dirais que si le féminisme réac (une obédience en plein essor) s'offusque de ST VOY 04x17 Retrospect, c'est que cet épisode est une véritable réussite, bien davantage que je ne le croyais !
Merci, Wild, pour cette révélation. tongue


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#13 29-05-2017 23:43:11

matou
modérateur

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Sur ce thème, je le permet de mettre en lien, l'épisode de la saison 1 Ex post facto, qui lui aussi montre un jugement basé sur la mémoire...

Et sur la mémoire. boris Cyrulnik nous dit que:
"Pour nous tous, la représentation de soi est chimérique : nous composons des chimères, des arrangements de vrais souvenirs, pour en faire une représentation dans notre théâtre intime. Le film que nous projetons dans notre monde psychique est l’aboutissement de notre histoire et de nos relations. Quand nous sommes heureux, nous allons chercher dans notre mémoire quelques fragments de vérité que nous assemblons pour donner cohérence au bien-être que nous ressentons, alors qu’en cas de malheur, ce sont d’autres morceaux de vérité qui donneront cohérence à notre souffrance. Lorsque je me remémore que l’escalier de la synagogue où nous avions été regroupés et d’où je sors pour m’enfuir avait un escalier monumental comme celui du Cuirassé Potemkine d’Eisenstein où l’on voit un landau dévaler les marches, alors que dans la réalité il n’y avait que trois marches, il s’agit là d’une composition chimérique : j’ai bien descendu des marches, et comme ce moment est accompagné dans ma mémoire d’une émotion très forte à laquelle j’ai besoin de donner une forme imagée, je vais choisir cette image dans un film que j’ai vu. En revanche, lorsque je me remémore qu’un capitaine allemand a soulevé le matelas sur lequel était allongée une dame mourante et sous lequel j’étais caché, qu’il m’a vu et a néanmoins donné le signal du départ, il s’agit là d’un faux souvenir. Dans la réalité, pas de capitaine allemand mais un Français au service des SS, personne ne rentre dans la camionnette, et si on la laisse partir, c’est parce que la dame peut mourir ici ou ailleurs, peu importe. J’ai inventé ce faux souvenir parce que j’avais besoin de penser que le mal n’était pas inexorable, que même les agresseurs conservaient une part d’humanité. J’avais besoin de garder espoir pour trouver la force de continuer à vivre."

Cela rejoins le thème dont parles Yrad.
Pour ma part, Kovin me déchire le cœur. Car s'il est coupable, il paye un prix bien élevé pour son crime. La notion de sanction, de réparation, sont une ouverture, dans l'esprit progressiste, pour amener le sujet à changer, à devenir meilleur. A comprendre les conséquences de ses actes.

Mais je vois dans cet épisode un négatif de la tragédie. Pour moi, celle ci est définie par "c'est quand tout le monde a raison".
Ici je dirai, c'est quand tout le monde a tord. Une tragédie amère plus que triste. Surtout si l'on se place dans une optique ou Kovin est innocent.

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#14 30-05-2017 11:02:27

mbuna
le dormeur doit se réveiller

Re : ST VOY 04x17 Retrospect (Rétrospection)

Ma petite pierre à l'édifice, sans revenir sur l'angle "enquête", et désolé par avance si je fais quelques erreurs, des années que je n'ai pas vu cet épisode...


Yrad a écrit :

C'est la troisième version qui l'a finalement emportée, et Bryan Fuller & Lisa Klink ont bien insisté dans le numéro 18 de The Official Star Trek: Voyager Magazine (dont Memory Alpha ne quote qu'un bref extrait, l'interview étant en fait beaucoup plus long) qu'ils étaient satisfaits d'avoir retiré tout élément sexuel de leur script (sic), car ça leur permit d'orienter l'histoire dans une toute autre direction, en s'intéressant surtout à la faillibilité de l'EMH, aux dangers des témoignages subjectifs (façon Rashômon), et aux traumas personnels antérieurs de Seven (lançant ainsi un fil rouge personnel autour du personnage de Seven et qui sera au centre de plusieurs épisodes suivants).

Personnellement c'est exactement comme cela que j'ai ressenti l'épisode. Lorsqu'on déplace le curseur de l'intérêt vers ce personnage, il devient réellement excellent, presque matriciel pour l'EMH, Seven, et leur rapport futur.


Data de TNG avait été créé avec une quête, et l'EMH semble en surface poursuivre le même type de combat. Mais à la différence de Data il n'a pas été créé avec ce but.
Il s'agit pour lui d'une évolution totalement empirique, un saut ontologique, ainsi il lui manque une certaine "boite à outil", et des moyens pour y parvenir.
Sa nature est bien plus difficile à surmonter :
    - ses limites holographiques et sa capacité de mouvement
    - la possibilité pour n'importe qui de le désactiver le rendant en quelque sorte esclave humilié, le ramenant à toute occasion à sa condition 1ère d'objet ON/OFF
Mais surtout il lui manque également et sûrement l'essentiel....
    - une éthique ! C'est surtout autour de cela que ses déboires tout au long du show vont se focaliser. Avec Retrospect notamment, le Doc en fait une cruelle expérience.
   
    Le doter d'une vraie éthique (au sens par exemple Asimovien *) lui aurait donner des armes critiques sur les résultats et la portée de son expérience, ainsi que la prise en compte du contexte et de l'histoire de Seven. Devenir un être conscient et responsable s'avèrera un long chemin de croix pour lui... Cet épisode est tragique à plusieurs égards le concernant ; il développe une empathie mais forcément il se laisse submerger par elle et en perd toute prise de distance par la même occasion. Personnellement, dès ma 1ère vision j'avais interprété son expérience comme une hérésie médicale vu la manière dont c'est fait, et doublé de toute façon d'une impasse devant un tribunal. C'est peut-être pour cela que je n'ai pas tilté comme Wild. Les 3 jours d'enquête mentionnés dans le journal du Doc ont fini de me convaincre des intentions des auteurs.


    Seven et le Doc ont un point commun, les 2 sont quelque part des enfants. Elle, toute ancienne Borg qu'elle est avec des aptitudes et des acquis intellectuels bien au dessus de la moyenne, mais avec une fragilité et une non-vie humaine qui la rend manipulable...hypnotisable, une victime parfaite pour le Doc, comme pour (peut-être) Kovin. A ce propos, le fait de connaitre l'intention des auteurs permet de laisser hors champ le résultat et les moyens de l'enquête, vu que ce n'est pas le sujet de fond. En filigranne, la faiblesse de Seven pose même la question du rôle de Janeway dans la volonté de Seven de retrouver Anika (voir l'excellent épisode VOY 04x26 Hope And Fear et la diatribe de Seven contre Janeway).

Quant à l'EMH, il développe une empathie dans Retrospect et il se fait avoir en l'expérimentant, en se faisant submerger par elle au moment où il devrait AUSSI convoquer sa raison et cette fameuse éthique, ce qui fait d'un être conscient aussi un être social. Il lui manque tant dans sa nature, il part de tellement plus loin que Data... ce qui fait de lui un personnage fascinant de VOY et de ST. Lui aussi aura une fin assez frustrante, mais tant mieux. On est très loin des fins Bisounours et happy friendly qui pourtant émaillent tant les critiques anti-VOY.


* Pour la petite histoire, Asimov présentait ses 3 Lois comme l'implémentation d'une éthique pour les robots.

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