#1 05-05-2013 17:18:46

scorpius
Nowhere Man

Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Yrad serait sans doute mieux armé que moi pour faire la présentation, mais l'univers de David Lynch & Mark Frost mérite très largement son propre topic.
(En espèrant que Yrad y ira de son texte smile )

Un univers composé d'un épisode pilote, de 29 épisodes ainsi que d'un long métrage préquel : Twin Peaks Fire Walk With Me.
Ancêtre des séries prétendument révolutionnaires d'HBO ou Showtime, Twin Peaks c'est avant tout une ambiance unique : une musique lancinante, pleine de mélancolie, une galerie de personnages inoubliables et une ville qui est à elle seule un personnage à part entière avec sa scierie, ses grands espaces et ses secrets...

Perso, je n'ai jamais été un grand fan de David Lynch, non pas que je n'aime pas, mais son univers m'a toujours laissé un peu sur le bords de la route. Mais, pour une raison mystèrieuse j'adhère totalement à Twin Peaks. Pourtant on y retrouve tout son cinéma : les personnages excentriques, son fétichisme (aaaaah Audrey) son imagerie bizarre, le géant qui parle à l'endroit, le nain qui parle à l'envers et j'en passe. On a vraiment cette impression d'être à la fois dans un rêve et un cauchemar.

Twin Peaks c'est aussi une véritable tragédie (au sens grecque du terme presque) c'est difficile d'en parler sans spoiler comme un goret, mais il y a 2 grands axes dans la série, l'un est l'enquête sur la mort de Laura Palmer, l'autre est l'affrontement à distance entre Dale Cooper et Windom Earl.
La soif de pouvoir, l'inceste, la bête tapis au coeur de l'homme, le combat pour son âme, autant de thématiques issues de la tragédie que l'on retrouve dans la série.
Twin Peaks, c'est aussi une série effrayante, gamin Bob m'a bien plus terrifié que tous les Jason ou Freddy du cinéma d'horreur.

Sans oublier bien sur ce final... encore aujourd'hui je suis partagé, ça fonctionne comme un coup de poing dans le bide. Twin Peaks étant avant tout un univers sensitif c'est parfait. Néanmoins à l'origine ça n'aurait pas du être une fin, mais simplement un cliff'

Spoiler

dans la saison 3, Bob aurait du conserver l'identité de Cooper, pour un moment, tandis que l'agent du FBi est enfermé dans la Loge Noir. Finalement, grace au journal de Laura, la vérité aurait été découverte. Le major Briggs aurait sauver Cooper et enfin Dale aurait vaincu Bob

Ce final aurait eu le mérite d'apporter une "vraie" conclusion à la série, mais peut être était-il un peu trop "évident"...

Malgré tout et paradoxalement, le film prequel est presque une conclusion. Du moins on y découvre le destin final de Laura. Controversé, les fans lui reprochant une absence de "réponses", (à part bien évidemment, les derniers jours de Laura). Perso, j'en suis un grand fan. Ray Wise y est magistral, mais surtout il donne vraiment "corps" à Laura, renforçant la série, car elle y passe du statut de victime presque éthérée, à celui d'une véritable personne.

Il va sans dire que si ce n'est pas déjà fait, le visionnage de Twin Peaks est une obligation absolue. D'autant que la série est dispo' en DVD éditée par TF1 video dans 3 coffrets de qualités (image plus qu'acceptable, vostfr, quelques bonus) le film prequel existe lui en Blu-ray.

(Pour être tout à fait complet, il existe un autre montage du pilote, avec une conclusion qui en fait une histoire bouclée. J'en garde un souvenir très vague, de mémoire ça se termine par une confrontation avec Bob - dont la nature n'est pas du tout la même que dans la série - dans le sous-sol de l'hopital de Twin Peaks. C'est une curiosité... )

Dernière modification par scorpius (06-10-2014 20:07:10)


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#2 05-05-2013 20:10:18

Buckaroo
Gotta Light ?

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Je suis moi même un bookhouse boy !  Un fan de Twin Peaks.. Rien que d'en parler j'ai envie d'un bon café bien noir , accompagné d'une part de Cherry Pie .. Ghostwood , le Great Northen , les hiboux qui ne sont pas ce qu'ils sont, le poisson dans le percolateur.. Audrey Horne  love .. La white lodge et en effet,  Bob.. Terrifiant ! Aujourd'hui encor?  j'ai du mal à garder mon sang froid quand il apparaît dans un épisode et s'avance vers la caméra.. T'as l'impression qu'il va sortir de ta TV.. affraid

Twin Peaks .. Une atmosphère, des personnages, un mélange de genre, une audace et des idées surréalistes..En effet, HBO n'a rien inventé . David Lynch et Mark Frost ont inventé la TV des années 2000 .


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#3 05-05-2013 20:35:42

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Ah ça fait plaisir smile
On est pas souvent d'accord, mais au moins on est tous les 2 amoureux de Twin Peaks wink

Buckaroo a écrit :

Je suis moi même un bookhouse boy !  Un fan de Twin Peaks.. Rien que d'en parler j'ai envie d'un bon café bien noir , accompagné d'une part de Cherry Pie ..

Oui, la première série qui donne faim lol

et en effet,  Bob.. Terrifiant ! Aujourd'hui encor?  j'ai du mal à garder mon sang froid quand il apparaît dans un épisode et s'avance vers la caméra.. T'as l'impression qu'il va sortir de ta TV.. affraid

D'ailleur une anecdote amusante, Frank Silva l'interprète de Bob s'est retrouvé dans la série par le plus grand des hasards. il travaillait pour le département des costumes et Lynch l'a filmé par erreur. Il a tellement aimé cette image (Silva/Bob caché derrière le lit de Laura) qu'il a décidé de faire de Silva un personnage récurrent... c'est le destin (c'est encore plus flippant lol)

Dernière modification par scorpius (06-10-2014 20:14:55)


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#4 05-05-2013 23:04:52

yrad
admin

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

scorpius a écrit :

Yrad serait sans doute mieux armé que moi pour faire la présentation, mais l'univers de David Lynch & Mark Frost mérite très largement son propre topic.
(En espèrant que Yrad y ira de son texte smile )

Aarghhh... je me sens frustré de ne pas avoir fait l'intro du topic, vu que je suis fou de David Lynch et complètement traumatisé par Twin Peaks. Une partie de moi n'a d'ailleurs jamais réussi à quitter ce no man's land défiant la raison et les lois physiques. mdr

Cela dit, ta présentation est très complète, Scorpius. Et je ne voudrais pas faire la mouche du coche... oops

Malgré tout, difficile pour moi de ne pas écrire quelque chose… wink


De toutes les œuvres audiovisuelles, The Prisoner (Le prisonnier) (1967) et Twin Peaks (1990) sont probablement celles qui auront le plus suscité de thèses (y compris universitaires) et d'interprétations symbolistes, parfois totalement délirantes. Non sans hasard, ce sont également les deux séries les plus cultes de l'Histoire par leur capacité à susciter des rituels fétichistes communautaires, à la façon des pèlerinages dans le village de Portmeirion... ou en l'occurrence de Snoqualmie et North Bend.

La première audace de Twin Peaks fut de prendre le contrepied des productions usuelles de l'époque en n'extrapolant pas le réel, mais la doxa audiovisuelle des spectateurs.
Comme l'aura fait Sergio Leone avec la cinéphilie des westerns, Twin Peaks propose une mise en abyme de la fiction et de ses codes, et tout particulièrement du fantastique, du gore, et de la SF avec laquelle elle flirte sans cesse, mais également des soaps du soir qu'elle détourne avec une irrévérence orgasmique. Le feuilleton Invitation To Love (Invitation à l'amour) qui cadence le quotidien des habitants de la petite ville des Rocheuses est en réalité un miroir parodique et PIP (picture in picture) de la série, rappelant que son sujet est la narration audiovisuelle elle-même (une problématique sur laquelle reviendra d'ailleurs la série suivante de David Lynch et Mark Frost : On The Air (1992)).
Inutile de dire que Twin Peaks est truffée d'allusions et d'hommages cinématographiques (Ingmar Bergman, Otto Preminger, Billy Wilder, Alfred Hitchcock...) et sériephiliques (Reginald Rose, Leonard Katzman, Rod Serling, Buddy Ruskin, Roy Huggins...), tandis que d'authentiques cinéastes (David Lynch lui-même bien sûr, mais également Diane Keaton, Uli Edel...) ont apporté leur savoir-faire à la réalisation d'épisodes extrêmement créatifs dans la forme, pour ne pas dire expérimentaux.

La seconde audace de la série fut d'adopter la construction narrative d'un polar pour soumettre pour la première fois le fantastique et le surnaturel à l'épreuve de la raison.
Sauf que David Lynch ne fait jamais ce que le public attend de lui (la marque d'un vrai auteur !), et dans Twin Peaks, la raison ne l'emportera pas ! L'agent du FBI Dale Cooper (formidable Kyle MacLachlan, acteur fétiche du cinéaste), en dépit du renfort de tout le ban et l'arrière ban de la plus célèbre agence gouvernementale américaine, entrainera inéluctablement le spectateur dans des réalités transitoires, se dérobant sans cesse à la façon de sables mouvants, et ne laissant aucune porte de sortie. L'accueillante petite bourgade aux 51 201 feux est - comme le Village du Prisonnier - un endroit dont on ne ressort pas (vivant).
Les poupées gigognes d'une investigation policière pourtant ultra-rigoureuse, l'étude psychologique et sociale sans faille d'un morceau de l'Amérique profonde du Northwest, le traitement visuel onirique et même psychédélique, les mélodies lancinantes d'Angelo Badalamenti... concourent à faire de Twin Peaks un endroit hors du temps, un monde en aparté, à la façon des épisodes les plus polarisants de la mythique série The Twilight Zone (La quatrième dimension) (1959).
L'ambition philosophique de Twin Peaks apparaît donc alors dans toute son éloquence : se perdre dans les méandres de la psyché, cartographier le subconscient, questionner la perception humaine, et transcender l'illusion du réel. 

Fondatrice, séminale, Twin Peaks l'aura été comme peu d'autres dans l'histoire audiovisuelle. On ne compte plus aujourd'hui les œuvres qui lui doivent tout, ou du moins beaucoup.
L'héritière la plus directe, la plus évidente, est la série The X Files (1993) qui emprunte directement à Twin Peaks ses bases hypothético-déductives et sa construction narrative. Là aussi il sera question de soumettre l'inexplicable à l'investigation humaine...
Finalement, c'est une génération entière de séries à la rationalité défaillante qui se sont glissées dans le sillage de Twin Peaks. Les plus brillantes d'entre-elles étant Riget (L'hôpital et ses fantômes) (1994) de Lars von Trier (conçue explicitement par ce dernier comme un hommage danois à son inspiratrice lynchienne), American Gothic de Shaun Cassidy et Sam Raimi (1995), et bien sûr Carnivàle (La caravane de l'étrange) (2003) de Daniel Knauf et Ronald D. Moore.
Indirectement, par l'amour que Brannon Braga porte à Twin Peaks et à David Lynch en général, beaucoup de ses scénarios inclassables et parfois barrés (en particulier dans ST TNG et ST VOY) ont quelque chose de clairement "twinpeaksien".

Hélas, parmi les héritières de Twin Peaks, on rencontre aussi le pire... dont l'exemple le plus emblématique est évidemment Lost (2004) de JJ Abrams qui aura lamentablement confondu l'exploration de l'irrationalité… avec le foutage de gueule caractérisé.
Et il ne serait pas possible de dénombrer ici la quantité de pastiches et de spoofs, y compris sous nos cieux avec par exemple Mais qui a tué Pamela Rose ? (2003) de Kad Merad & Olivier Baroux…

Même si elle fut en quelque sorte annoncée par Blue Velvet (1986), Twin Peaks (1990) aura également été matricielle pour David Lynch lui-même ! Car à l'exception de son superbe The Straight Story (Une histoire vraie) (1999), tous ses grands films ultérieurs (i.e. Lost Highway (1997), Mulholland Drive (2001), Inland Empire (2006)) semblent n'être jamais vraiment sortis du labyrinthe dantesque de la bourgade aux deux pics !

A l'origine, David Lynch et Mark Frost comptaient ne jamais révéler l'identité de l'assassin de Laura Palmer, ni même les circonstances indicibles de son trépas, tant l'envoûtement hypnotique de la série avait fini par prendre le pas sur le moteur primal. A l'instar de la Temporal Cold War de ST ENT telle qu'elle avait été initialement voulue par Rick Berman et Brannon Braga, les concepts les plus fascinants ne gagnent jamais à être solutionnés ou démystifiés...
Malheureusement, la pression d'ABC et des fans contraignit les auteurs à dévoiler la "vérité", d'une part dans l'épisode Twin Peaks 02x07 Lonely Souls, puis dans le film prequel Twin Peaks Px01 Fire Walk With Me (1992).
Seulement voilà, dans Twin Peaks, la "vérité" est aussi relative que mouvante, et le final (Twin Peaks 02x22 Beyond Life And Death) aura réussi à être aussi dérangeant et polémique que celui de The Prisoner (01x17 Fall Out). Mais n'est-ce pas au fond la vocation de toute péroraison digne de ce nom ?

OVNI audiovisuel, insaisissable, indéchiffrable, et inusable, Twin Peaks est la quintessence de l’œuvre de David Lynch : inaccessible à la raison, énigmatique pour le cœur, et seulement appréhendable par ce grain de folie qui sommeille en nous tous, comme pour donner raison au génial ST VOY 05x14 The Fight.


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#5 06-05-2013 08:08:41

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

yrad a écrit :

Hélas, parmi les héritières de Twin Peaks, on rencontre aussi le pire... dont l'exemple le plus emblématique est évidemment Lost (2004) de JJ Abrams qui aura lamentablement confondu l'exploration de l'irrationalité… avec le foutage de gueule caractérisé.

mdr

Une série qui selon moi a aussi été influencée par Twin Peaks c'est l'excellent remake américain de The Killing à la différence que l'influence ici est strictement dans le domaine de l'enquête criminelle : On y retrouve la même exploration du deuil et de ses conséquences (en forcément moins décalée) mais aussi l'enquête à tiroirs, ou un mystère ne cesse jamais d'en cacher un autre. La filliation est encore plus évidente dans le traitement de la victime, Rosie Larsen et dans l'identité du tueur et du lien qu'il entretient avec sa victime.

A l'origine, David Lynch et Mark Frost comptaient ne jamais révéler l'identité de l'assassin de Laura Palmer, ni même les circonstances indicibles de son trépas, tant l'envoûtement hypnotique de la série avait fini par prendre le pas sur le moteur primal. A l'instar de la Temporal Cold War de ST ENT telle qu'elle avait été initialement voulue par Rick Berman et Brannon Braga, les concepts les plus fascinants ne gagnent jamais à être solutionnés ou démystifiés...
Malheureusement, la pression d'ABC et des fans contraignit les auteurs à dévoiler la "vérité", d'une part dans l'épisode Twin Peaks 02x07 Lonely Souls, puis dans le film prequel Twin Peaks Px01 Fire Walk With Me (1992).
Seulement voilà, dans Twin Peaks, la "vérité" est aussi relative que mouvante, et le final (Twin Peaks 02x22 Beyond Life And Death) aura réussi à être aussi dérangeant et polémique que celui de The Prisoner (01x17 Fall Out). Mais n'est-ce pas au fond la vocation de toute péroraison digne de ce nom ?

Wow j'ignorais cela, ce qui est intéressant c'est que faire en sorte que l'identité du tueur échappe aux spectateurs, ça renvoie à cette mise en abyme que pratique la série. Lorsque dans ses rêves Laura révéle à Cooper l'identité de son tueur, mais qu'à son réveil il a oublié. Finalement le spactateur aurait été un peu dans la même situation devant sa télé. Reste, que je ne sais pas comment j'aurais vécu de ne jamais connaître l'identité du tueur... surtout que la façon dont la révélation est amenée - avec la cousine de Laura - ça reste, pour moi un des très grands moments de la série (et puis comme j'ai pu le dire j'adore le film).
Par contre ils ont écrits la série sans connaître l'identité du tueur, se décidant sur le moment ? (Ca rendrait la cohérence de l'enquête d'autant plus impressionnante)

Dernière modification par scorpius (06-10-2014 20:16:50)


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#6 06-10-2014 20:21:18

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Twin Peaks fera son retour en 2016. 9 épisodes, écrits et produits par Lynch & Frost et tous seront mis en scène par Lynch lui-même :

Flash required

bave

Dernière modification par scorpius (06-10-2014 20:21:49)


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#7 07-10-2014 11:23:02

KIRK
For a New Border

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Très bonne nouvelle smile
Est-ce une suite ?

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#8 07-10-2014 12:34:33

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

KIRK a écrit :

Est-ce une suite ?

Fort heureusement oui smile
Un reboot ou un remake de Twin Peaks serait absolument intolérable !

On sait déjà que Kyle Maclachlan sera de retour, ça pose forcément la question de la résolution du cliff' sur lequel s'est terminé la série, sachant que l'acteur Frank Silva (Bob) est mort il y a déjà de nombreuses années. On sait tout de même qu'en dehors de Cooper on devrait retrouver d'autres visages connus et aussi de nouvelles têtes. Il y aura un fil rouge très présent, Frost promet que le nouveau mystère sera complexe, avec de multiples ramifications, le tout probablement lié aux intrigues développées dans la série par le passé.


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#9 07-10-2014 13:05:42

Buckaroo
Gotta Light ?

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Le chewing gum  que nous avons tant aimé va revenir à la mode !! bounce

En tant que Bookhouse Boy depuis la première diffusion sur la 5 , je serai ravit de retrouver Twin Peaks , ses pins  , le Great Northen , Jack one 's eye ,  les petits café noir et les tartes divines du Double R ..

Mais d'un autre côté .. La saison 2 Windom Earle s'enfoncait de plus en plus dans le suréalisme et se terminer comme un véritable cauchemar onirique.. Je ne sais pas si une suite direct serait  une bonne idée.. Même si l'idée de "se redonner rendez vous dans 25 ans " m'a toujours travaillé ...
Que vaut David Lynch aujourd'hui ? .. Sa dernière incursion dans ce domaine fut le mitigé Inland Empire , visuellement très laid pour ce cinéaste de ce calibre .

Bon je ne fais pas faire la fine bouche .. Ce sont les créateurs de la série en personne David Lynch et Mark Frost , c'est leur univers & ils seront comment le réanimer .


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#10 28-06-2017 15:31:03

KIRK
For a New Border

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Tiens je suis tombé par hasard sur ce topic smile

Je regarde actuellement la saison III de Twin Peaks. On m avais prévenu que les 4 premiers épisodes étaient difficiles à digérer même si on est un fan de Lynch ( comme c est mon cas ) ; il faut admettre que c est dur de se remettre dans le bain quand on s est habitué à regarder des séries plus punchies.

J en suis à l épisode 8 et je suis très partagé...
Que les acteurs ont vieillis ! cela fait mal et j ai parfois peur de me regarder dans la glace en me disant que j étais jeune en 1991... comme eux... C est peut être un peu ridicule mais j ai toujours du mal à m y faire ... Kyle Maclachlan tient encore la route à presque 60 balais.

J ai la désagréable impression que Lynch veut faire du Lynch à outrance en nous proposant des épisodes ou l action avance que très lentement et qu il cherche avant tout à se faire plaisir dans des délires dont on le sait habitué mais qui sont cette fois un peu exagérés... Un critique disait , à juste titre , que cette troisième saison était son testament audiovisuel ; j ai parfois ce sentiment hmm

Au 8eme épisode on ne sait toujours pas ou il veut en venir et le retour à << la vie >> de l Agent Cooper tire sur la longueur... son rôle de légume-létargique complètement paumé dans la vie réelle commence à me lasser... le 8eme épisode est un grand n importe quoi psychédélique qui dure 20 mn... j ai sauté des passages... pour vous dire !

A dire la vérité je me force à regarder plus par curiosité qu autre chose en me demandant comment la série et les personnages vont évoluer... Cette saison compte 18 épisodes...

Dubitatif je suis scratch

Dernière modification par KIRK (28-06-2017 15:32:57)

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#11 28-06-2017 15:57:03

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Je n'accroche pas du tout à cette saison 3 et j'en suis le premier atterré...

J'ai un peu le même ressenti que toi Kirk, l'impression que Lynch se sert surtout de la "marque" Twin Peaks pour s'offrir un ultime baroud d'horreur via une sorte de best-off de sa filmographie en encore plus indéchiffrable et inaccessible. J'imagine que les fans hardcores de son cinéma doivent être aux anges, malheureusement, autant j'adore Twin Peaks, autant le reste de l'oeuvre de Lynch me laisse complètement froid (j'aime bien Elephant Man & Dune, cela-dit). Il n'y a plus grand chose de Twin Peaks dans cette saison 3...  Et puis bordel, qu'est ce que c'est moche et cheap. Tous les passages dans la loge sont embarrassants, on ne ressent plus le moindre malaise, juste une sorte de frisson de la honte. Nan mais Cooper qui revient dans le monde réél en sortant d'une prise électrique.

J'ai carrément arrêté la série après le 6ème épisode. Je finirai par y revenir un jour ou l'autre, mais en attendant je préfére rester sur mes souvenirs des 2 premières saisons. Il va sans dire qu'il s'agit d'une déception sacrément amère (j'y croyais tellement à la base).


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#12 01-07-2017 19:23:50

KIRK
For a New Border

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

scorpius a écrit :

Nan mais Cooper qui revient dans le monde réél en sortant d'une prise électrique.

Ben tu vois ça ne m a pas plus gêné que cela laughblue  il fallait bien trouver un canal... alors celui là ou un autre... on demeure dans le << Lynchlien >> à fond la caisse

Tous les passages dans la loge sont embarrassants, on ne ressent plus le moindre malaise, juste une sorte de frisson de la honte

Frisson de la honte ? je ne  vois pas bien ce que tu entends par là ??? je trouve ces passages toujours assez glauques et angoissants et c est pour le moment un des rares éléments fidèle aux deux premières saisons.

pour s'offrir un ultime baroud d'horreur via une sorte de best-off de sa filmographie en encore plus indéchiffrable et inaccessible. J'imagine que les fans hardcores de son cinéma doivent être aux anges

Oui je suis d accord mais je serais tout de même assez curieux de savoir ce qu ils en pensent ... Même une série comme celle là devrait garder une ouverture sur le grand public ; je n aime pas les sectes et les petits clubs fermés ou l on discute entre soi avec un discours d initié... Dans une certaine mesure on pourrait faire le même reproche aux trekkiens << gardiens du temple >> WINKBLUE

J'ai carrément arrêté la série après le 6ème épisode.

Je continue... pour l instant WINKBLUE

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#13 01-07-2017 20:31:55

scorpius
Nowhere Man

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

KIRK a écrit :

Frisson de la honte ? je ne  vois pas bien ce que tu entends par là ??? je trouve ces passages toujours assez glauques et angoissants et c est pour le moment un des rares éléments fidèle aux deux premières saisons.

Pas évident de mettre le doigt dessus, mais disons que faute d'un meilleur terme, je dirai que je trouve ça grotesque. Que ce soit dans la mise en scène ou dans les choix visuels de Lynch. Il y a un ou deux passages que j'ai trouvé dans le ton de Twin Peaks, par exemple le court trip de Cooper dans le "cosmos" ou un des niveaux de la loge qui y ressemble, avant qu'il sorte de la prise électrique (pas le genre de phrase qu'on écrit tout les jours^^). C'est un des rares moments ou comme dans la série originale j'ai eu le sentiment de pas vivre quelque chose de tangible, de ne plus trop savoir ce que je ressents en dehors d'un gros malaise.

Un sentiment que cette saison 3 n'arrive pas à retrouver (j'admets que c'est un ressenti subjectif). A la place il y a, oui, cette mise en image qui tend vers le grotesque. Je suis à peu près certain qu'il s'agit d'un choix artistique volontaire de Lynch (voir cette scène ou Cooper-Bob se met à vomir de façon incontrolable) le truc étant que je n'adhère pas du tout sad 

Oui je suis d accord mais je serais tout de même assez curieux de savoir ce qu ils en pensent ... Même une série comme celle là devrait garder une ouverture sur le grand public ; je n aime pas les sectes et les petits clubs fermés ou l on discute entre soi avec un discours d initié... Dans une certaine mesure on pourrait faire le même reproche aux trekkiens << gardiens du temple >> WINKBLUE

La situation est un peu différente. L'univers Star trek est quand même bien plus accessible que celui de Lynch. Il est intimidant de part son volume (comme le Whoniverse) mais il demande surtout un investissement en terme de temps. L'univers de Lynch c'est une toute autre affaire. Cependant, on tombe d'accord sur le fait que Twin Peaks est devenu bien trop Lynchien. Le seul fait d'avoir délocalisé l'action hors de la ville de Twin Peaks (qui dans les 6 épisodes que j'ai vu fait de la figuration) est une énorme trahison. 

Je continue... pour l instant WINKBLUE

Je compte sur toi pour me signaler si la série retrouve ses racines d'ici quelques épisodes, ça pourrait me remotiver smile

Dernière modification par scorpius (01-07-2017 20:41:59)


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#14 05-07-2017 21:54:59

KIRK
For a New Border

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

scorpius a écrit :

Je compte sur toi pour me signaler si la série retrouve ses racines d'ici quelques épisodes, ça pourrait me remotiver smile

Je vais donc me sacrifier pour toi laughblue

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#15 06-07-2017 12:48:54

Buckaroo
Gotta Light ?

Re : Twin Peaks : entre rêve et cauchemar

Vu mon emploi du temps overbooké  , je viens tout suite d'entamer les quatres premiers épisodes..
Verdict en tant que Bookhouse Boys et fan de David Lynch dans sa diversité  ( peinture , musique, happening ect.. ) ?

Je suis totalement conquis ! Twin Peaks The Return n'est en rien une déception , c'est plutôt une énorme surprise , Je m'attendais à tout sauf à ça de la part de Lynch & Mark Forst..
25 ans que je fantasmais une troisième saison , 2 ans que ce fantasme allait se transformer en réalité.. Contre toute attente , Ils ont dynamité ce fantasme & c'est pour cela que je les adore..
Permettez moi de m'auto-citer :

Buckaroo a écrit :

En tant que Bookhouse Boy depuis la première diffusion sur la 5 , je serai ravit de retrouver Twin Peaks , ses pins  , le Great Northen , Jack one 's eye ,  les petits café noir et les tartes divines du Double R ..

& finalement (presque) rien de tout ça.. Ca ne se passe quasiment pas à Twin Peaks .. Frost & Lynch se contrefout des désirs des  fans & préfèrent explorer les méandres cauchemardesques & surréalistes de leur  créations .. Donc dans la grande lignée de la dernière partie de la saison 2 qui faisait voler en éclat la partie soap & les personnages  de cet univers.
& franchement , chapeau Mister Frost & Doctor Lynch.. Chapeau de ne pas tomber dans la nostalgie , de faire dans le rabâché comme la majorité des revival du moment ( X files, Prison Break anyone ?) .

Twin Peaks The Return ne ressemble en rien à Twin Peaks .. C'est  une véritable plongée dans le terrier du lapin , ou plutôt dans les couloirs rouge sang de la white lodge ..
En cela le voyage de Dale Cooper vers la réalité ( ou ce qui en reste ) demeura un moment onirique mémorable comme seul l'univers Twin Peaks peut en procurer ..
Sans oublier ces scènes délicieusement absurdes comme le lapin manquant dans la boîte de chocolat  ou ces moments de flippe électrique comme le cube de verre ...

Que vaut David Lynch aujourd'hui ? .. Sa dernière incursion dans ce domaine fut le mitigé Inland Empire , visuellement très laid pour ce cinéaste de ce calibre .

C'était ma plus grande peur pour tout dire  .. Non pas que je n'aime pas Inland Empire , d'ailleurs Twin Peaks The Return est dans la lignée de ce film.
C'était visuellement que le dernier opus de Lynch  m'avait déçut avec son rendu DTV,  indigne du grand esthète qu'il est  .. Heureusement cette saison 3 bien que tourné en numérique, retrouve le visuel Lynch d'antan ..  Peter Demming  ( DP sur Lost Highway , Evil Dead 2 ) fait un travail formidable ..

Non David Lynch n'a rien perdu de son art .. Il est même régénéré ,  explorant des terrains inconnus avec une grande classe & un sens du bizarre imparable.

Kirk a écrit :

Je regarde actuellement la saison III de Twin Peaks. On m avais prévenu que les 4 premiers épisodes étaient difficiles à digérer même si on est un fan de Lynch ( comme c est mon cas )

Fan  de Lynch jusqu'ou ? C'est une question en général .. Pour certains Lynch est mort à partir de Inland Empire , voir Mullholland Drive .. Je ne te parle même pas de Twin Peaks Fire Walk With Me que fan de Twin Peaks & de Lynch ont détesté de concert   à sa sortie en 1992 , alors qu'à mes yeux , c'était  l'un de ses meilleurs films  .. Twin Peaks ? certains ne digère pas la seconde saison & la partie Windom Earle ( qui c'est vrai abat non sans humour , les fondamentaux de la série ) .

Twin Peaks The Return est finalement là ou Lynch nous avait laissé quelque part entre Inland Empire/ Mullholland Drive & Twin Peaks Fire Walk With Me ..
D'ailleurs , je ne considère pas Twin Peaks The Return comme  sa saison 3 , mais bien comme une œuvre ( Lynchienne ) à part entière.

J ai la désagréable impression que Lynch veut faire du Lynch à outrance en nous proposant des épisodes ou l action avance que très lentement et qu il cherche avant tout à se faire plaisir dans des délires dont on le sait habitué mais qui sont cette fois un peu exagérés...

Je n'ai pas ce sentiment , David Lynch fait du David Lynch , comme Picasso faisait du Picasso ou Fellini du Fellini.. Bien au contraire , en tant qu'artiste  , je trouve qu'il affine son art. Lynch  repousse les limites,  explore de nouvelles zones ..D'ou du coup Lynch me stimule , me perturbe  aujourd'hui encore ..
Idem pour son complice Mark Frost .. Tout deux prennent un malin plaisir à repousser les limites de leur univers.. Tout en restant cohérent avec leur propre mythologie..

Comme par exemple , ce moment de la "honte "que vous trouvez exagérer  : Dale Cooper sortant  de la white/black  Lodge par une prise électrique ou que le mauvais Dale Cooper y retourne par un allume cigare tout en vomissant son " garmonbozia " ..  Les créatures se déplaçant par l'électricité , la curieuse substance de peine et de douleur , c'était déjà dans Twin Peaks Fire Walk With Me . On est bien loin du délire ,juste pour le délire .. On s'enfonce surtout ( c'est le cas de le dire ) dans la mythologie Twin Peaks . Le cauchemar / rêve qui revient à la réalité.. Ou ce qui en reste.

Dubitatif je suis

& je le suis tout autant que vous .. Dans le bon sens du terme .. J'adore qu'on me balade entre l'absurde , le rêve et le cauchemar .. Il y a plein de moment de " honte " comme aime  à le définir Scorpius  telle que le passage de Dale dans un Casino .. Mais une telle scène est si surréel , si drôle qu'elle en devienne attachante.. On ne voit pas ça ailleurs .. Enfin moi j'adore ..

Twin Peaks The Return , c'est comme je le disais , tout sauf un Revival nostalgique .. Ca se définirait plutôt comme un rêve Cauchemar vieux de 25 ans , revenant vers une réalité ou ce qui en reste.

Allez la semaine prochaine , j'aurai enfin du temps libre , je vais rattraper mon retard.. J'ai hâte de découvrir comment ce bon vieux Dale Cooper va s'adapter à cette nouvelle réalité qui sent bon le cauchemar .. Lynchien .. wink


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