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#1 05-01-2020 15:26:56

mypreciousnico
Why ?

The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

The Witcher (Le Sorceleur en Français) raconte les aventures de Geralt de Riv, un sorceleur (un chasseur de monstres qui doit sa force surhumaine et ses pouvoirs à des mutations forcées opérées depuis son plus jeune âge) dans un monde moyenâgeux aux accents de mythologie slave.

À l’origine de la franchise il y a les romans de la saga du Sorceleur (Wiedźmin en Polonais) écrits par Andrzej Sapkowski à partir du début des années 90. Cette saga, terminée depuis 2013, est une institution en Pologne et a été traduite dans une tripotée de langues (y compris en Français). Elle est composé de 8 livres. Les deux premiers sont des recueils de nouvelles, le dernier un hors série :

1 - Le Dernier vœu
2 - L'Épée de la providence
3 - Le Sang des elfes
4 - Le Temps du mépris
5 - Le Baptême du feu
6 - La Tour de l'hirondelle
7 - La Dame du lac
8 - La Saison des orages

Même si cette saga littéraire a rencontré un grand succès en Europe de l’Est et est arrivé en France au début des années 2000, c’est avec l'adaptation vidéoludique de CD Projekt, en particulier son troisième volet, que la renommée de cette saga franchi définitivement les frontières et devient un succès monstrueux. Cette adaptation comporte trois volets :

1 - The Witcher (2007)
2 - The Witcher 2: Assassins of Kings (2011)
3 - The Witcher 3: Wild Hunt (2015) et ses extension Heart of Stone (2015) et Blood of Wine (2016)

Une première adaptation en série télévisée a été proposée au début des années 2000 à la TV Polonaise, mais c’est bien entendu l’adaptation proposée par Netflix qui fait parler de la franchise en ce moment. La première saison, composée de 8 épisodes, adapte (en gros) les deux premiers recueils de nouvelles. Disponible depuis la toute fin 2019, elle met en scène Henri Cavill (le Superman du DCU) dans le rôle de Geralt de Riv.

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#2 05-01-2020 15:27:54

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

The Witcher saison 1 (SPOILERS !)

Basée sur la saga littéraire originale de Andrzej Sapkowski et non sur les jeux vidéos de CD Projekt (auxquels elle fait tout de même pas mal de clin d’œils) la première saison de the Witcher est en train de cartonner malgré des avis partagés. Alors que vaut cette nouvelle série de Dark Fantasy ? Car, n’en déplaise aux détracteurs, la première fournée d’épisodes de la dernière création de Netflix semble rencontrer un succès colossal, qui aura même réussi à remettre sur le devant de la scène l’excellent Witcher 3 - The Wild Hunt, le dernier jeu de la saga...sorti en 2016 !

"I love the way you just sit in a corner and brood."

Au départ, le succès ne semblait pas garanti, si l’on en juge par l'accueil plutôt glaciale réservé par les fans aux premières images montrant Henry Cavill dans la peau du Sorceleur Geralt de Riv. Pourtant, à la vision du premier épisode, l’acteur Britannique emporte très rapidement l’adhésion avec son jeu plus subtil qu’il n’y paraît, fait de regards et d'expressions qui en disent beaucoup. On a souvent l’impression qu’il se fout de la gueule du monde, avec sa voix de basse et son air taciturne que trahit un sourire en coin quasi permanent. En vérité son personnage dégage un humour froid et goguenard, tout en ayant un charisme, une présence physique, indéniable. La musculature bien entendu, mais aussi une gestuelle, une démarche et une stature qui en imposent, sans parler des chorégraphies de combats qui sont sèches, souples et brutales, comme en témoigne l'impressionnant duel de fin du premier épisode.

"Evil is evil...Lesser, greater, milling. It's all the same."

Aujourd’hui j’aurais bien du mal à imaginer un autre que Henri Cavill dans le rôle de ce mutant, issus d’expérimentations magiques, qui est en fait moins monstrueux que les humains qui rejettent et exterminent systématiquement la différence. Des humains qui se sont appropriés par la force des terres qui étaient à l’origine celles de Elfes. Des Elfes réfugiés et esclaves dont la représentation est loin, très loin, de celle qu’en faisait Tolkien et c'est tant mieux !
Quoi qu’il en soit, il y a chez Geralt de Riv une ouverture d’esprit, une recherche permanente de la bonté et le refus du moindre mal. Car, chez lui, le mal, qu’il soit moindre ou grand, c'est déjà le mal et il n’y a pas de différence. En clair, il est un personnage guidé par un code moral qui refuse le compromis et la justification des moyens par la fin.
Tout cela, Cavill parviens à le faire passer sans le dire : il est taciturne et bourru, mais exhale une gentillesse, une douceur, une humanité étonnante. C’est à vérifier avec le temps, mais il est possible que Henri Cavill tienne là le rôle de sa vie.

“Sometimes the best thing a flower can do for us is die.”

Il faut également saluer la performance habitée de Anya Chalotra, extrêmement magnétique dans son origine story de Yennefer, la puissante sorcière de basse extraction. Son arc est au moins aussi intéressant que celui de Geralt de Riv.
En vérité, il n’y a guère que l’arc de Ciri que je trouve moins palpitant que les autres par contraste. Il y a pourtant des choses intéressantes comme le fait que la jeune femme, couvée toute sa vie, réalise brutalement que sa grand mère possédait une part d’ombre sanguinaire bien loin de la vision idéalisée qu’elle pouvait en avoir jusqu’alors.

“You can’t outrun destiny just because you’re terrified of it.”

Quoi qu’il en soit, la quasi totalité des reproches fait à la série sont en fait des qualités à mes yeux, à commencer par ce rythme et cette narration spéciale. Le montage alternatif et chronologiquement éclaté est surtout l’occasion de proposer le meilleur des deux mondes entre histoire/personnages et découverte de l’univers, sans jamais privilégier l’un ou l’autre mais en exploitant les deux à la fois. Aussi, la mise en place des enjeux, de l’univers, de trois origines story, sera particulièrement organique et digeste, surtout dans la logique d’un binge watching à la Netflix.
La prise de conscience que l’on suit trois temporalité différentes, interpellera le spectateur (avec plus ou moins de bonheur, le ressenti sera éminemment personnel) et obligera à reconsidérer à postériori ce qui a été vu jusqu'alors, à réfléchir différemment en fonction d’un éclairage nouveau. Un exercice mental très intéressant, rendu poignant lors de l’épisode suivant au moment de revoir des personnages que l’on avait vu mourir au début de la série.

"I bow to no law made by men who never bore a child."

L’occasion également de laisser un peu de lumière pour une galerie de personnages secondaires particulièrement attachants et pertinent : Calanthe la Lionne de Cintra, Tissaia de Vries, Mousesack et Jaskier...autant de rôles, souvent féminin qui n’ont aucun mal à exister.
D’ailleurs, Jaskier, dont la chanson Toss a coin to your Witcher vous restera dans la tête pendant longtemps est l’occasion d’aborder l’histoire officielle, racontée par les chansons, bien différente de la véritable Histoire.
Il n’y a guère que Triss Merigold qui est laissée de côté, mais un spectateur qui n’aurait aucune connaissance des livres ou des jeux ne s’en formalisera probablement pas.

"We have to cling to something. If we don't, the world descends into chaos."

Enfin, un mot sur l’inévitable comparaison entre The Witcher et Game Of Thrones, qui paraît sans objet, tant les deux séries n’ont rien en commun, ni en termes d’ambiance, ni en termes de philosophie, au delà du fait qu’il s’agit de deux séries de Dark fantasy adaptées de roman populaires. La comparaison s’arrête là tant la série de HBO paraît finalement bien peu fantastique en comparaison avec The Witcher qui baigne dans la magie et les mythes scandinaves : Elfes, mages, Dragons et mutants pullules alors que c’est plus secondaire dans la saga de GRR Martin, plus axée politique et intrigues de palais.
Bref, des images percutantes, un univers sombre et envoûtant, des personnages charismatique et la promesse d’une formidable série de Fantasy...je n’y croyais pas, mais j’ai été conquis.

Car, le plus beau dans toute cette affaire, c'est que cette première saison n'est finalement qu’une grosse introduction de luxe à un univers d’une grande richesse et l’on devine déjà un potentiel encore plus fou dans les années à venir et les saisons qui ne manqueront pas de venir s’ajouter à celle-ci. Je m’en réjouis d’avance !

9/10

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#3 05-01-2020 16:36:51

dvmy
see nothing, hear nothing, say nothing

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Vous ne serez pas supris par mon avis: j'ai détesté de À à Z, car non seulement cette série a tous les défauts de 95% des séries (par exemple du blabla de remplissage à n'en plus finir), tous les défauts d'une série actuelle (ses images racoleuses et gratuites, des scénarios uniquement basés sur les relations entre les personnages) mais en plus elle fait très cheap, trop propre, n'est jamais crédible, et tente de se donner un air intelligent par sa narration bordélique.

Dernière modification par dvmy (05-01-2020 16:38:30)

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#4 05-01-2020 22:10:39

matou
modérateur

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

7/10
Je rejoins Nico pour les qualités. J’ai souvent eu l’impression de voir une bonne adaptation de jeu vidéo (rythme, quête, personnage). Mais avec les travers d’écriture soulignés par Dvmy.

L’ensemble réussit à rester sympathique, malgré une complaisance pour vision négative de l’humanité. Comme souvent ces visions négatives de l’humanité sont pleines de simplisme.
La série réussit à poser des ambiances (certains monstres ou décor) et Henry Cavill semble heureux d’incarner ce personnage dont il est fan. D’où une sympathie feu fait de nous convier à cette fête.
L’arc de Yennefer est bien pensé, participant lui aussi à la sympathie globale.

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#5 05-01-2020 23:41:38

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

matou a écrit :

L’ensemble réussit à rester sympathique, malgré une complaisance pour vision négative de l’humanité. Comme souvent ces visions négatives de l’humanité sont pleines de simplisme.

Je ne suis pas du tout d'accord smile
Je trouve qu'au contraire la série propose quelques chose de très positif et lumineux sur l'humanité : place de la femme, refus du moindre mal, refus de considérer comme "monstre" ce qui est différent. Tout cela passe en grande partie par Geralt et l'interprétation de Cavill c’est vrai. Si vision négative de l'humanité il y a (certains hommes sont mauvais dans la série oui) il n'y a aucune complaisance à leur égard.

Bon sinon je me suis procuré The Witcher 3 sur PC. J'ai vu des potes y jouer pendant des centaines d'heures mais je ne l'avais jamais fait moi même. C'est un merveille ce RPG.

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#6 06-01-2020 03:01:34

matou
modérateur

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Quand je dis complaisance, c’est qu´hormis Geralt et certains personnages, l’humanité en tant que peuple, sont toujours plus prompts à s’enfoncer dans le pire que de chercher à s’élever.

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#7 19-01-2020 01:46:12

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Il est toujours difficile d'adapter un univers codifié par un livre, la tâche en est donc d'autant plus ardue lorsque l'on s'attaque à une saga au lore aussi étoffé que The Witcher. Et si l'on se tire une balle dans le pied avec certains choix de casting hasardeux (dicté par l'idéologie SJW de Netflix plutôt que le talent des acteurs) et une narration jouant sur deux tableaux, la note est plus lourde encore.
En effet, par ce choix de mise en scène incompréhensible de nous mêler 3 lignes temporelles sans réels éléments distinctifs, la production joue assez nettement la carte du fan service: on a voulu mettre le trio central de la saga (et du succès mondial qu'est le jeu vidéo TW3) dès la première saison, et ce alors que les priorités pour un spectateur néophyte de l'univers sont toutes autres. De fait, la conjonction des sphères, élément fondateur de l'univers, n'est ni abordée ou traitée. Comme c'est cet élément qui justifie la présence de magie et de monstres dans un monde censé être inspiré de la Pologne du 13ème siècle, cet oubli est assez ennuyeux. Et quand on rajoute des noirs et des métisses à tout va par soucis d'une mixité culturelle et raciale totalement anachronique, l'immersion pour le spectateur qui découvre l'univers en devient très compliquée.
On pourrait donc croire que la série vise essentiellement les fans hardcores de l'univers, récitant les livres dans leur sommeil, et désireux de voir retranscrit les aventures d'une figure désormais iconique de la pop culture. L'ennui, c'est que la cohérence étant abîmée par une Triss jouée par une actrice métisse hélas fort insipide (alors qu'elle est blanche au cheveux auburn dans les livres et rousse dans le jeu) ou part un Vilgefortz éclaté en combat par Cahir (alors qu'il est celui qui a défoncé le puissant Géralt dans les romans) autant dire que les puristes n'y trouveront pas leur compte.
Cette première saison essaie de courir tous les lièvres, sans se donner les moyens de ses ambitions.
Plutôt que de vouloir avancer à marche forcée et survoler des décennies d'histoire, la série aurait dû prendre son temps. Une saison centrée uniquement sur Géralt, pour commencer, montrant son parcours, présentant l'univers, les écoles de sorceleurs, et finissant sur le dernier voeu, afin de réserver Ciri et la politique pour la saison suivante, aurait été un choix bien plus avisé. Cela aurait permis de mieux développer des moments charnières qui sont hélas effleurés en l'état. Le pilote est emblématique du problème: tout va beaucoup trop vite, et la mort de Renfri et sa phrase sur le destin arrivent comme un cheveu sur la soupe.
Certains choix de narrations me semblent aussi bien grossiers, comme le traitement des doppler et la mort de sac-à-souris.
Les doppler font parti des "monstres" les plus empathiques de l'univers. Ils servent l'ambiguïté de l'oeuvre, où les monstres sont parfois bien plus humains que les villageois ou les dirigeants, justifiant qu'un certain sorcelleur répugne à les tuer. Comme disait Géralt dans TW3: "on protège les 2 mondes". Dans cette saison, hormis le dragon doré qui sauve le coup, les monstres n'ont rien de cette ambiguïté. Le doppler tient plus du doppleganger façon Warhammer, qui dévore ceux dont il prend l'apparence. Tout ça pour amener une péripétie rapidement éventé avec Ciri, c'est un joli gâchis...
La mort de sac-à-souris est plus gênante encore, vu que ce dernier tenait un rôle important dans la suite des aventures. Tuer un personnage secondaire aussi rapidement me semble court-termiste...
Je finirai cette liste de défauts par les deux batailles de la série, totalement ratées. 30 000 nilfgaardiens ont attaqué Soden, et l'on nous sert une série d'escarmouches entre 1 mage et 20 soldats. Si la série n'avait pas le budget pour filmer des batailles correctement, en mettre 2 aussi ambitieuses en saison 1 est pour le moins singulier.

Pour autant, tout n'est pas raté dans cette série et ses qualités s'efforcent tant bien que mal de sauver la fête.
Rendons d'abord grâce à Henry Cavill qui m'a surpris avec la qualité de son interprétation de Géralt, mais aussi de l'excellente Anya Chalotra, preuve que la couleur de peau d'une actrice est moins important que ses compétences. Car Yennefer est censée être une Blanche-Neige en puissance dans les livres et le jeu vidéo, mais l'actrice réussit le tour de force de le faire oublier. Aussi odieuse et néanmoins attachante que dans l'oeuvre originale, je ne peux que saluer le travail de la jeune comédienne.
Les quelques épisodes de chasse au monstre sont majoritairement réussis, celui du Strige réussissant parfaitement l'immersion dans un récit aussi glauque que son atmosphère. Un bémol sur le traitement de Foltest, beaucoup trop caricatural cependant...
Au final, c'est dans ces moments où l'on est embarqué dans l'ambiance si spécifique de The Witcher que l'on pardonne à la série ses erreurs, à la condition d'en corriger un certain nombre en saison 2. Si cette dernière change son rythme et prend enfin le temps de traiter l'univers et sa trame avec la profondeur de champ qui manque à la saison 1, elle pourrait devenir un incontournable de la dark fantasy.
En l'état, elle n'est que sympathique et totalement raté sur le traitement de la partie politique.
6/10, avec beaucoup d'espoirs pour la saison 2, hormis pour Triss qui restera insipide vu le niveau de son interprète...

Dernière modification par Oberon (20-01-2020 16:45:05)


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#8 19-01-2020 02:01:20

scorpius
Nowhere Man

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Je me retrouve pas mal dans le message d'Oberon. N'ayant qu'une connaissance très limité de cet univers (j'ai survolé The Witcher 3) j'ai été totalement paumé tout du long. La mythologie, la politique, la géographie, j'ai réellement eu du mal à suivre et le fait d'avoir une temporalité éclatée, ben effectivement ça n'aide pas. Du coup, il a fallu m'accrocher et ouaip, l'arc de Yennefer était globalement ma bouée de sauvetage, j'ai trouvé ça dans l'ensemble très réussi, avec une actrice proprement magnétique qui écrase un casting très très faible. Je vous trouve très indulgent avec Cavill je dois dire que j'ai trouvé mauvais comme un cochon, il m'a vraiment fait penser à un vulgaire cosplayer qui essai d'imiter le personnage mais est incapable de l'habiter. En dehors de la dimension physique/martiale ou il est crédible, je trouve que c'est une erreur de casting totale.

En soit être plongé dans un monde imaginaire dont je ne comprends pas les tenants et aboutissants, ce n'est pas forcément pour me déplaire, ça peut être très dépaysant, le problème ici étant que ça résulte surtout d'une écriture malheureuse et bordélique. J'en serait quand même pour la s2 (pour Yennefer et un peu Ciri).

Dernière modification par scorpius (19-01-2020 02:04:32)


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#9 19-01-2020 02:36:30

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Concernant ta question assez légitime sur Cavill, voici quelques éléments de réponses.
Un sorcelleur suit un processus extrêmement traumatique dans son jeune âge, en particulier l'emblématique épreuve des herbes, qui fait à elle seule une sacrée sélection naturelle. L'une des conséquences des mutations qui en résultent est une atrophie des émotions et surtout de l'expressivité.
C'est l'une des raisons qui fait que l'on déteste et méprise les sorcelleur, car on les en croies dépourvus d'émotions alors qu'elles sont simplement étouffées en eux. Et sur ce point, le travail de Cavill est assez remarquable. Toujours distant, craquant très rarement (celui avec Jaskier est parfait, il engueule son pote suite au rejet de Yen, laissant percevoir les émotions qui percent sous sa carapace) mais loin d'être indifférent.
C'est très dur à jouer pour un comédien, qui a littéralement le cul entre 2 chaises.
De plus, Cavill, grand fan du jeu vidéo, a travaillé sa voix, ses mimiques et ses tics verbaux pour coller au maximum à TW3.
N'étant pas un fan du jeu, je comprends que tu ne perçoives pas tous ces détails, mais pour l'initié, le travail et la qualité de l'interprétation sautent aux yeux. Géralt de Riv est un rôle extrêmement casse-gueule pour un comédien. J'étais le 1er à être sceptique quand au choix de Cavill pour celui-ci, mais j'ai révisé mon jugement dès le pilote, dont le jeu de Cavill et la scène de combat finale sont les 2 choses qui sauvent l'épisode de la ruine...


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#10 19-01-2020 10:19:07

scorpius
Nowhere Man

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

J'avais bien saisi les spécificités du personnage et justement je trouve l'intrerprétation de Cavill bien trop forcée. Ce côté 'réptilien' cette ambiguité qui fait toute la saveur du personnage il n'arrive pas à la véhiculer avec un quelconque naturel. Du coup, il a juste l'air constamment constipé, alors que le personnage dans le jeu video de part son attitude, il dégage quelque chose qui met mal à l'aise. Ici ce 'malaise" est totalement absent.


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#11 19-01-2020 12:39:52

ufologue
vétéran

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Ne connaissant ni les livres ni les jeux c'est avec un œil vierge que j'ai regardé cette série. Pas désagréable mais je n'ai strictement rien compris aux enjeux ni aux motivations des uns et des autres. Ça parle de quoi au juste ?

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#12 19-01-2020 21:57:34

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

http://www.jeuxvideo.com/forums/42-2723 ? -spoil.htm

Ce lien envoie vers un topic du forum de jv.com où un passionné de l'univers à fait le tour de force de résumer en 8 pages une dizaines de livres.
J'espère qu'il  t'aidera à appréhender les enjeux et le background que la série expose fort mal, Ufologue. smile
Bonne lecture.


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#13 20-01-2020 00:15:04

matou
modérateur

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

mypreciousnico a écrit :

Bon sinon je me suis procuré The Witcher 3 sur PC. J'ai vu des potes y jouer pendant des centaines d'heures mais je ne l'avais jamais fait moi même. C'est un merveille ce RPG.

Depuis que tu y joues, ton avis sur la série en a t il été modifié?

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#14 20-01-2020 08:06:03

ufologue
vétéran

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Oberon a écrit :

http://www.jeuxvideo.com/forums/42-2723 ? -spoil.htm

Ce lien envoie vers un topic du forum de jv.com où un passionné de l'univers à fait le tour de force de résumer en 8 pages une dizaines de livres.
J'espère qu'il  t'aidera à appréhender les enjeux et le background que la série expose fort mal, Ufologue. smile
Bonne lecture.

Merci

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#15 21-01-2020 10:54:15

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

je n'ai pas forcément le temps de développer, mais je souscrit complètement à ce que dit Oberon sur le personnage de Geralt et sur l’interprétation impressionnante de Caville. Un acteur qui ne m'a jamais dérangé, mais jamais spécialement impressioné non plus...jusqu’à cette série bien entendu.

matou a écrit :

Depuis que tu y joues, ton avis sur la série en a t il été modifié?

Non pas du tout.
En revanche on y retrouve la même ambiance. l'ambiance des livres en fait (j'ai relu le premier tome)

Sinon j'étais relativement vierge de connaissances sur l'univers de the Witcher au moment d'abordé la série et je n'ai eu aucun mal à rentrer dans l'univers. Je me dois d'être très honnête, cette série m'a mis une énorme baffe dans la gueule dont je peine encore à me remettre, au point de me redonner des envies de Fantasy.

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#16 28-07-2020 14:42:15

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Annonce d'une minisérie préquelle en 6 épisodes, racontant les origines des Sorceleurs, 1200 ans avant les aventures de Geralt de Riv.
Ayant été  littéralement envouté  par la première saison de l'adaptation des bouquins Sapkowski, je suis bien évidement très intrigué. À voir...

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#17 23-08-2021 16:44:49

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

The Witcher : Nightmare of the Wolf

Un préquel animé à la série TV, proposé par les studio Mir derrière la Légende de Korra, racontant les origines de Vesemir, le mentor de Geralt, que nous devrions voir à partir de la saison 2 et que les joueurs de The Witcher 3 connaissent bien.

Un film d’animation à la croisée de plein d'influences aussi diverses que normalement incompatibles : une animation léchée à la japonaise (qui évoquera souvent l'excellente série d'animation Claymore), au service d'une mythologie d’inspiration nordique (la saga originale étant Polonaise) sur un scénario qui fait furieusement penser à la prelogie Star Wars par sa manière de nous dévoiler les Sorceleurs au temps de leur puissance, avant la chute, alors qu'il sont encore nombreux.
Quant à Vesemir, il est le parfait contrepoint de Geralt et le film nous le dépeint sous un jours inattendu, gouailleur, séducteur et détaché, quand on l'a connu plus vieux, sage, renfrogné, mais concerné. Un personnage qui est plutôt bien servi par un scénario qui ne s’embarrasse pas de fioritures : les origines sont rapidement et efficacement troussées, avec une belle économie de moyen et une grande efficacité dans le montage. On reprochera peut-être aux séquences d’actions d'être, certes impressionnantes (et superbement animées), mais un poil trop bondissantes et improbables en comparaison avec les affrontement bruts et les coups de hachoir de Geralt dans la série live.
Ceci étant dit, sur la forme c’est une franche réussite, sur le fond c’est un intéressant complément à la série, ainsi qu'une manière d'introduire les thématiques, décors et personnages qui feront le cœur de la saison à venir.

EDIT: je me suis plusieurs fois fait la réflexion durant le visionnage que le personnage de Deglan parlait comme un écossais ("lad", "aye"...). Et pour cause, il est incarné par Graham McTavish, l’interprète de Dougal dans Outlander.

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#18 18-12-2021 01:26:10

mypreciousnico
Why ?

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

The Wither saison 2  (léger spoilers)

Petit avis rapide à chaud, je viens de terminer le visionnage. Je me suis solidement régalé, donc je vais être assez dithyrambique, on analysera plus tard si besoin smile

"Monsters are born of deeds done"

Ceux qui avaient été désarçonnés par la narration éclatée et le feeling "recueil de nouvelles" de la première saison serons probablement content de retrouver ici une construction plus limpide des évènements. L’histoire reprend exactement là ou elle s’était arrétée et sera déroulée chronologiquement du début à la fin.
D’ailleurs la plupart des institutions, environnements et protagonistes ayant été présentés , la saison 2, en dehors d’un épisode d’ouverture qui aurait presque pu figurer à la fin de la saison précédente, entre assez vite dans le vif du sujet, même si le rythme général reste relativement lent ce qui n’ets pas pour me déplaire.

Sur la forme, c’est superbe, parfois bien brutal, avec quelques plans de toute beauté, sans faire dans l’esbroufe. Tout cela est mis en scène avec une relative économie de moyens qui ne fait pourtant jamais cheap. Certaines visions, en particulier l’arrivée à Kaer Morhen font leur petit effet. La série continue d’embrasser ses influences  horrifiques Dark Fantasy parfois bien glauques, sans être outrageusement gore (la cabane de Voleth Meir). On sent les racines de la mythologie Polonaise, dans les décors, dans les ambiances, mais aussi dans les noms improbables des protagonistes (issus des romans ceci dit) : Francesca Findabair, Sigismund Dijkstra, Lydia Van Bredevoort… il fallait les inventer^^

Par ailleurs, même si pour des questions de droits, la série est obligée de ce détacher de l’univers visuel instauré par la série de jeu vidéos bien connue de CDproject, la directions artistique général claque vraiment, que ce soit les costumes, la musique, les démonstrations de pouvoir...on se prend à espérer, à termes une éventuelle adaptation des trois opus vidéoludiques (qui font chronologiquement suite aux romans de Sapkowski). Certaines fautes de goûts de la saison 1 ont d’ailleurs été corrigées (les armures Nilfgaardiennes par exemple), même si le délire générale est assez "fantasque", en particulier les tenues extravagantes des mages (sur ce terrain il sera dur d’aller vraiment plus loin que les jeux ceci dit)

"This is important : we don’t kill out of fear, we kill to save lives. Do you understand ?"

En termes de personnages, Ciri existe enfin et Freya Alan a vraiment quelques chose à jouer. L’évolution de son histoire touche juste et j’ai trouvé sa relation avec Geralt et les sorceleurs  très touchante.
Des sorceleurs qui sont au bord de l’extinction, dans un état de délabrement et de fragilité tragique, incarné par un Wesemir superbement campé par Kim Bodnia et sa moustache à la Hulk Hogan.
Cette fragilité on la ressent aussi chez Cavill en particulier qui apporte beaucoup de douceur et de bienveillance dans son interprétation. Sans surprise il crève l’écran et tiens son meilleure rôle à ce jours, parvenant à convoquer toute une palette d’émotions par haussements de sourcils et grognements.
Paradoxalement, toute l’intrigue tourne autour de Ciri. C’est par, ou à cause, d’elle que les enjeux avancent, c’est par ses yeux que les épisodes se pencherons sur les dilemmes moreaux qui se posent dans ce monde décidément bien sombre : comment être bienveillant dans un monde qui ne l’est pas ?

"It’s not perfect, but it is real, it’s yours"

C’est vraiment là que The Witcher se hisse au dessus du tout venant télévisuel actuel à mon humble avis. J’adore l’état d’esprit général lumineux de Geralt dans un univers qui devrait le pousser à être un sale enfoiré cynique et blasé. Ça fait du bien tout simplement. Comme je le disais à l’époque dans ma critique de la première saison, c’est le rejet systématique de la notion de "moindre mal", le refus de se compromettre, même pour gagner. Au violeur qui lui demandera de mettre fin à ses jours pour échapper à sa douleur, Geralt répondra qu’il est désormais mortel et qu’il n’a qu’a le faire lui même...ou vivre avec ce qu’il a fait, car il vaut mieux vivre une dure réalité qu’un doux mensonge, comme Ciri en fera l'expérience. La famille offerte par Geralt et ses compagnon n’es pas parfaite, mais elle est réelle.
D'ailleurs, tout au long de la saison chacun devra faire face à ses propres incohérences, ses omissions, ses arrangements avec la réalité : Geralt se ment au sujet de la paternité, Ciri se voile la face sur ses capacités réelles, Yenefer devra apprendre à faire passer les autres avant elle, Fringilla navigue entre des eaux incompatibles... Rien ni personne n'est jamais ce qu'il semble être au premier abord et la souffrance que ça apporte est un carburant de choix pour le démon qui  se nourri du désespoir.

Bref, j’ai adoré cette nouvelle fournée de 8 épisodes que j’ai englouti d’une seule traite. Une seconde saison peut-être moins touffue, en raison probablement d’une unité de temps plus restreinte (quelques mois à priori contre plusieurs décennies en saison 1) et d’une narration chronologique traditionnelle, mais qui se dévore avec la même avidité.

Le visionnage du film d’animation Nightmare of the Wolf n’est pas obligatoire, mais apporte un indéniable plus à tous les éléments concernant les sorceleurs, le personnage de Wesemir et Kear Morhen.

À noter qu’après le générique du dernier épisode il y a un court trailer de The Witcher Blood Origin, la mini-série (6 épisodes) qui se déroulera plusieurs centaine d'années plus tôt (avec Michelle Yeoh donc si j'en crois les images).

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#19 19-12-2021 18:42:26

matou
modérateur

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

J’y reviendrai plus en détail mais pour moi il y a deux séries en une.
La première tourne autour Geralt et elle est réussie. Peu de scènes de remplissage avec des éléments psychologiques (qui est un problème des séries actuelles et de la série). Les personnages reliés à lui ont généralement aussi des arcs assez propres (mais avec trop de moments psychologiques d’introspection).
En revanche tout ce qui tourne autour de l’antagoniste, les elfes, les rois, les mages c’est très mauvais. Le pire étant Cintra (comme en première saison). L’épisode 6 est une collection de conneries. Cet épisode se résume facilement: je suis un personnage qui jusqu’à présent n’était pas si mais pour je le deviens et je fais des actions de gros cons pendant que des trous du scénario aident à faire avancer l’intrigue (oui l’antagoniste et le personnage mystère et le conseiller qui agissent en s’aidant multuellement alors qu’ils n’ont rien concerté, merci le script). Et même Geralt qui avait bien compris  où était le danger, arrive trop tard mais de juste 10 min (que c’est pas de bol, mais le script est intraitable mon Geralt).
Cette dualité dessert fortement la série qui est efficace dans bien des domaines .

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#20 19-12-2021 18:44:38

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Bon sang, cette série est décidément difficile à aimer, même pour moi qui en ai très envie.
La saison 1 était globalement gâchée par des choix créatifs douteux et un côté cheap particulièrement voyant, la saison 2 fait plus ou moins la même chose, en remplaçant le côté cheap par une photographie pénible.
Car autant commencer par là, la lumière et les éclairages nocturnes de cette saison sont rendus désagréables et parfois ridicules.

En effet, The Witcher se veut être, assez logiquement d'ailleurs, une série qui pose son ambiance pour servir le récit. Et comme cette ambiance est issue de la dark fantasy, la showrunner semble ici privilégier une photographie crépusculaire et de nombreuses scènes de nuits. Comme sur ce département, la série veut verser dans le réalisme, on se retrouve avec des dialogues dans la forêt, filmés par une nuit sans lune sans même une torche allumée. Rappelons également que comme cette série est avant-gardiste sur le blackwashnig, de nombreux personnages sont joués par des noirs. Le résultat est sans appel: on y voit rien. Mention spéciale à la scène où Istred fait des recherches dans une bibliothèque, en pleine nuit, sans même une bougie allumée dans la pièce! Là, la coquetterie de mise en scène est telle que ça en vire au ridicule...

Mais The Witcher, c'est avant tout un récit et des personnages complexes, donc efforçons nous d'oublier ce choix plastique navrant pour nous focaliser sur le cœur de la série.
Et bien sur ce point, il y a à boire et à manger.
Ciri étant enfin dans une histoire où elle peut être actrice et plus simplement subir les événements, la remarquable Freya Allan peut désormais jouer quelque chose de plus élaboré qu'en saison 1, et le résultat est assez saisissant. Elle ne cherche pas à mimer la Ciri des livres ou du jeu (fort logiquement vu que la showrunner a remanié le récit et les personnages, pour le meilleur et pour le pire...) mais s'approprie pleinement cette jeune femme hors-normes au caractère bien trempé, et devient la seconde révélation féminine de cette série avec la toujours excellente Anya Chalotra.
Néanmoins, sur le chapitre Yennefer, le bilan est plus nuancé, et pas à cause de son interprète. En effet, le scénario a décidé de la cantonner au rôle de femme impuissante, souvent victime, après l'avoir privé de son Chaos. Présenté comme une conséquence de la sur-utilisation de la magie du feu lors de la bataille de Sodden, cela oblige cette magnifique et impoyable garce à la retenue. Une idée en soit pas inintéressante, mais assez mal exploitée, tant Yennefer en devient le jouet du script, n'agissant plus que dans un seul but: celui de retrouver ce qu'elle a perdu. Ou comment réduire un personnage riche et complexe à un vulgaire personnage fonction...
Tant que nous sommes dans les personnages, parlons un moment du cas Triss Merigold. Assez fade et maladroitement castée en saison 1, et littéralement étrillé par le public qui avait massivement rejeté son jeu autant que son physique, la production choisi ici de louvoyer en coupant la poire en deux. Ainsi donc, et comme un recast aurait été aussi contreproductif qu'opportuniste, cette malheureuse voit sa chevelure virer du chatain au roux. L'actrice étant toujours mate de peau, le résultat à l'écran est assez ridicule, mais pas autant que voir son personnage, vieille de plus d'un siècle, paniquer comme une gamine tombée dans un puit lorsque qu'elle réalise la véritable nature de Ciri, c'est à dire qu'elle descend de Lara Dorren et que son rôle est de détruire le monde. Il est à nouveau très opportun pour le script que cette mage expérimentée oublie qu'être conçu pour une chose ne veut aucunement dire qu'on a l'intention de le faire, surtout après avoir passée des mois au côté de Ciri et avoir tissé un lien avec elle. Il en résulte un des pires moments de la saison, aussi artificiel qu'inutile.
Pour finir sur le chapitre de l'évolution des personnages de la saison 1, il est indispensable de se pencher sur le cas épineux de Fringilla Vigo. Cette dernière sera elle aussi très fonction, et on sera bien en peine de trouver une logique au personnage. Tantôt là pour caractériser l'empire du Nilfgaard, tantôt pour faire avancer l'arc des elfes, et parfois celui du Nemesis de la saison, cette magicienne n'a en fait aucune personnalité, ni conviction véritable. Elle nous rabâche sans cesse sa foi en la Flamme Blanche, mais devient bestie avec Francesca Findabair, aux intérêts à termes nécessairement opposés à ceux de l'empire. Puis elle tue 4 hauts gradés dans une scène d'un grotesque total, d'un niveau politique digne du pire de GoT, dans un gambit censé la sauver aux yeux de l'empereur. Ouais, c'est ça, vient m'expliquer que tu es mon serviteur dévoué après avoir buté une table entière des commandants de mon armée, c'est sur que ta côte va remonter... rolleyes
Jaskier est toujours le même, sans grande évolution, le maintenant au rôle de comic-relief tête-à-claques, ce qui est assez dommage dans une saison où tout le monde change.
Bref, le bilan dans la continuité est pour le moins contradictoire, mêlant le parfois très bon à du très médiocre.

Les nouveaux personnages souffrent peu ou prou du même problème. Djikstra, joué par un acteur vétéran, est globalement très convaincant, sauf quand il fait des monologues cryptiques en admirant ses tétons dans un miroir. Francesca est plutôt bien interprétée, mais comme son rôle est essentiellement de nous convaincre que les elfes sont des connards égoïstes et nombrilistes, capables de balancer les plaies d'Égypte en représailles, son personnage finit par être si négatif et dépourvu d'ambiguïté que le résultat n'est pas très convaincant. Vesemir est certainement la plus grande réussite dans cette catégorie, qui un peu comme avec Ciri, n'est ni vraiment le personnage des romans ni celui des jeux, caractérisant un personnage singulier sans trahir le matériau d'origine.

Reste maintenant la question qui va hélas faire très mal: les enjeux.
Sur une toile de fond politique plutôt bien présentée (normal vu que cette partie vient des livres) la série s'essaie au worldbuilding, mais à sa sauce, comme dans toute adaptation. L'ennuie, c'est qu'on est pas sur de où ça va.
Car une fois qu'on aura enfin posé la grande révélation que tout fan de l'univers connaît depuis des années, à savoir le Sang Ancien de Ciri et la prophétie d'Ithilline, reste ce que l'on va en faire. CD Projeckt a développé dans TW3 une réponse très différente des livres, et ce en utilisant un antagoniste considéré par même les plus grands fans du jeu comme raté, soit Eredin, roi de la Chasse Sauvage. C'était caricatural, plutôt grossier, et pas très dur à battre en plus.
Ici, on évoque plusieurs fois la Chasse, mais on ne développe rien à leur sujet. Ils sont pour l'instant réduit à la fonction d'épouvantails, sans même une ligne de dialogue, ce qui n'augure rien de bon pour la suite... Voleith Mehr, la puppet master de la saison, est une caricature de personnage démoniaque, manipulatrice ricanante d'un rire de sorcière, se nourrissant de douleur et de haine. Wow. Quel fantastique antagoniste, creusé et nuancé, comme on les aime. Quand on se remémore l'ambiguïté terrifiante des Moires de Velen, autant dire que la comparaison fait mal...
La dernière menace exposée en demi teinte serait l'annonce d'une seconde Conjonction des Sphères. Sauf que ce ne sera qu'une vague supposition jamais véritablement travaillée. Quand ça permet de faire débarquer des monstres inédits, c'est présent, mais à la fin de la saison, plus personne n'en parle, alors qu'on est en face du pire péril possible pour l'humanité. Et c'est là tout le problème de la construction de l'univers dans cette série. Pour pouvoir toujours tout ramener aux seuls personnages, on obtient des enjeux comme certains de ces derniers: fonctions et donc artificiels.

Au final, l'épisode qui m'aura le plus embarqué est justement celui qui évite ces questions, et c'est l'épisode 1. On est ici dans ce que The Witcher peut offrir de mieux, soit une fable. Pas de guerre, pas de politique, pas de menace cosmique, simplement un sorcelleur, une malédiction et une Brouxe. Cela nous donne une heure avec beaucoup de poésie, de morale et de questionnements humains. Je regrette qu'en définitive, ce type d'épisode soit bien trop rare dans une série qui gère la géopolitique assez maladroitement et les enjeux épiques avec aussi peu d'adresse que CD Projeckt. De nombreux fans de TW3 considère que le jeu est bien meilleur dans ces quêtes secondaires que sa trame principale, assez foutraque au demeurant.
Ors la série avait la possibilité d'apprendre des erreurs passées, et elle choisit au contraire de redoubler d'intensité sur la narration lourde, et le résultat est peu inspiré. On est invariablement bien plus transporté par Ciri se confrontant au Souffroir que par les manigances insipides de Fringilla et le Conseil des mages toujours aussi pathétique dans son disfonctionnement. On éprouve davantage d'émotions devant le destin atroce de Nivellen, bien supérieur à son crime, que face à une Chasse Sauvage qui se résume à une dizaine de brutes chevauchant sur Mars.
Nous en sommes à 2 saisons, et jamais, au grand jamais, la série n'a pris le temps de présenter ce monde étrange à un public novice. La Conjonction à peine évoquée, les races de monstres survolées, les écoles de sorcelleurs ignorées (il n'y a que l'école du Loup de présentée alors qu'il en existe une demi-douzaine) la Loge des Magiciennes très pauperisée dans sa complexité, seul le Nilfgaard s'en sort un peu mieux malgré la scène débile avec Fringilla. Pourquoi vouloir amener aussi vite des enjeux aussi élevée, dans une série au rythme lent? C'est un paradoxe qui rend la série difficile d'accès au public néophyte et brouillon au yeux du fan. Sans parler du blackwashing toujours aussi ridicule dans une série médiévale polonaise...

En résumé, je ne déteste pas cette série car elle n'est pas détestable. Elle bénéficie même parfois de jolis moments (dommage qu'on en filme une grosse moitié dans le noir) ses acteurs sont majoritairement très bons (et j'ai oublié de le redire, mais Cavill est toujours aussi impeccable) et l'univers qui y est retranscrit est si riche que même en se ratant, on obtient des passages qui font mouches. Mais quand je pense à son potentiel d'origine, je suis obligé d'être très déçu du résultat, inférieur en tous points à un jeu vieux de 6 ans et sans la moindre comparaison possible avec les livres.
Un épisode comme le 1 mérite un 8/10, voir peut-être un 9. Par contre, le 5 et le 6 sont si médiocre que ça dépasse rarement 3/10, et l'épisode final est un festival de clichés dark servi par un script aussi grossier qu'inutile. Ergo, le bilan de saison est à mettre en perspective avec la première. Je lui avais attribué un 6/10 sous réserve de ce que donnerait la seconde. Cette dernière n'étant bonne qu'uniquement lorsqu'elle ne se préoccupe ni de worldbuilding ni de politique, elle m'oblige à rétrospectivement revoir la les facilités de la première saison pour ce qu'elles étaient en vérité : de l'enfumage prétentieux fait par une showrunner médiocre.
4/10 pour ces 2 saisons, et encore, ça variera beaucoup en fonction de la grille d'appréciation en tant que fan.
Un gâchis impardonnable pour les plus sévères, une occasion manquée pour les plus stoïques.

Dernière modification par Oberon (22-12-2021 03:03:49)


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Richard 3

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#21 21-12-2021 19:16:23

matou
modérateur

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

L’épisode 8 où le moment où la série n’ont pas atterri mais se crash lamentablement.
Le problème de et épisode 8 c’est que justement les problèmes structurels et de narration, rattrapent l’arc lié à Geralt.
Donc au lieu d’une conclusion qui bonifie ce qui a précédé et qui relance l’intérêt, c’est tout le contraire.
Pourquoi ?
Plusieurs éléments permettent de voir quels sont les partis pris des auteurs. Et c’est justement là qu’il y a problème.
Commençons par les éléments secondaires. Les Elfes. Dans un grand moment de finesse, ils sont donc associés aux juifs, la reine de la jouant Moïse. Sauf que ce dernier obéissait au dieu de l’ancien testament (dont les moments de brutalité sont légion) et non sans une mise en garde, le tout faisant parti d’un rapport de force.
Ici point de tout cela, la Reine pour une vengeance personnelle, lié son peuple à un crime atroce. Si encore c’était justement comme pour Moïse, dans une tension pour libérer son peuple. Non juste une vengeance.
Et la même ensuite parlera de justice…
Et tout le peuple sera donc désormais une aide pour Ciri de part une prophétie.
Tout cela pour dire à travers cet exemple, que les personnages sont simplement rabaissés.
Au lieu de s’intégrer par leur élévation à un propos global, il ne font que devenir ininteressant par leur niveau.
Je ne sais si c’est dans les livres mais nous avons à faire à une adaptation. Les spécialistes me diront.

Ensuite c’est l’Empereur et la révélation de son crime et de son identité qui sont victimes de ce nivellement par le bas. Car la conclusion logique de son identité aurait dû le forcer à faire tout le contraire de ce qu’il a entrepris pour retrouver Ciri, pour prendre la ville.

D’ailleurs en parlant de Ciri, qu’elle soit la victime d’une possession ok. Mais de là à nous montrer que la jeune femme qui a mis sa volonté à rude épreuve pour se construire un avenir, soit si dépendante de son passé qu’on la manipule ainsi… cela défait toute la construction du personnage. Pas toute seule mais pas uniquement parce que Geralt et les autres profitent d’une erreur de la narration.

Quel soucis dans la mise en scène ? Et bien la démone nous convoque des monstres qui sont la  pour tuer des sans nom et pour résister plus que le mega monstre que Geralt se fait tout seul (mauvaise gestion des échelles de puissance), finit par faire du sur place quand cela arrange le script, car les sorcelleurs n’ont plus de haine et appelle Ciri… d’ailleurs le projet de la Demone finit par apparaître comme en fair absent (je me venge des sorcereurs mais ensuite euh…. merci Ciri de m’éclairer la suite.

Une suite qui amène la chasse sauvage dans un pur épic fail. Là aussi, ils sont rabaissé à un cliché. Que bon on a l’impression que ces mecs échappés de Walking Dead, tournent en rond sur leur canasson depuis des siècles en suçant de temps en temps des cailloux. De ce que j’ai lu, il y avait matière à justement montrer autre chose pour rendre cette menance bien plus terrifiante.

Yennefer pourrait justement prétendre à avoir au contraire su s’élèver. Mais son acte est si attendu et la mise en scène si artificielle que cela fait pschitt.
Seul Geralt sort sans trop de dommage. Je ne parle pas du conseil de la fin tant il est nul et cède lui à la peur.

Les scénaristes ont donc choisi à chaque fois de montrer que les personnages restent prisonniers de leur défauts, devenant souvent ainsi des criminels.
Au terme de cet épisode, aucun propos global, aucun message ne retranscrit, aucune morale.
Juste le sentiment que rien n’est vraiment fini dans ce que cette saison voulait raconter mais que l’on a des personnages « petits » désormais.

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#22 21-12-2021 23:10:48

scorpius
Nowhere Man

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Le côté foutraque de la première saison m'a manqué. Ça cachait un peu la misère sur la forme et le fond, je trouve.

Là, ben c'était quand même bien laborieux. Ça se tient lorsque la série se contente de faire dans la chasse aux monstres, avec un contenu horrifique sympathique (quelques très beaux moments et un bestiaire assez classe) par contre quand ça part dans le Lore et les intrigues de palais faut s'accrocher quand même... Game of Thrones c'était pas toujours d'une grande finesse (avant que ça parte dans l'enculage pure et simple j'entends) mais t'avais quand même des dialogues souvent ciselés et de putains d'acteurs comme Charles Dance, Peter Dinklage ou Lena Headey pour rendre le tout divertissant et/ou impliquant.

Là, y a rien du tout quoi...

Et effectivement le final de la saison c'était cliché sur cliché, j'ai trouvé ça embarrassant un peu. Quand à Cavill, il était une fois de plus affreusement transparent. Incapable de restituer l'altérité et l'ambiguïté de Geralt. Moi cette saison confirme qu'il est une énorme erreur de casting. Il est sympathique et parfois (rarement) charmant et... ça s'arrête là. Très, très insuffisant, Geralt c'est autre chose quand même.


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#23 22-12-2021 03:00:54

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Scorpius, faut que tu essaies de prendre du recul sur tes partis pris concernant les acteurs, je t'assure que ça en devient inquiétant... eek
Sans Cavill, le château de cartes déjà fort branlant qu'est cette série s'effondre purement et simplement. C'est le seul dans le cast à avoir assez de poids pour participer à l'écriture et corriger une portion des dégâts infligés par la showrunner.
Et c'est particulièrement visible dans cette saison où, effectivement, l'écran de fumée de la première se dissipe et rend bien plus visible les failles conséquentes de l'écriture. Ors quelles sont les scènes qui fonctionnent le mieux? Celles avec Géralt, précisément car Cavill, en véritable passionné de l'univers et du personnage, a eu son mot à dire sur le script.
Donc si Cavill n'était pas dans cette série, Lauren Schmidt Hissrich serait sans le moindre contrepoids et dégraderait Gérait autant que la politique ou le worldbuilding. Et là, la série serait définitivement une bouse.

Tous les goûts sont dans la nature et tu peux parfaitement ne pas apprécier son interprétation (pour moi tu as besoin de lunettes, mais ce n'est pas le sujet) mais ne serait-ce qu'en reconnaissant l'investissement et l'influence de Cavill sur l'écriture de Géralt (qui colle très bien aux livres comme aux jeux, c'est un des rares points où les fans sont globalement concordants) il me paraît assez irrationnel de le considérer comme une erreur. Surtout que des erreurs, entre Fringilla, Triss, Vilgefortz et Jaskier (qui est pour le coup méconnaissable et grandement réécris, en franchement moins bien) on en a quelques unes de hautes volée, bien plus objectives.
Tu détestes Cavill, ça t'appartient, mais vu que tu es capable de défendre le niveau de jeu de Kit Harington, ça pose de réelles questions sur ta grille d'appréciation... hihi

Dernière modification par Oberon (22-12-2021 03:04:33)


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#24 22-12-2021 15:24:12

scorpius
Nowhere Man

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Oberon a écrit :

Tu détestes Cavill, ça t'appartient, mais vu que tu es capable de défendre le niveau de jeu de Kit Harington, ça pose de réelles questions sur ta grille d'appréciation... hihi

Je déteste pas Cavill, mais il n'a pas (selon moi) les épaules pour porter des projets d'envergures. Lorsqu'il est au second plan comme dans les Tudors, je le trouve tout à fait acceptable. Et lorsqu'il a un rôle vraiment bien écrit comme Man from Uncle, il s'en sort bien, mais ce n'est pas le genre d'acteur qui va t'élever un script faiblard. Son run sur Superman le prouve largement et je trouve que c'est aussi le cas sur The Witcher. Que d'autres choix de casting au sein de la série soient carrément honteux n'y change rien.

J'aimerai voir ce que toi ou Nico vous voyez chez lui, mais nope, tant mieux pour vous, hein.

Quand à Kit, j'ai uniquement nuancé le fait qu'il a jamais eu vraiment l'occasion de jouer le Jon des romans et que certains des moments les plus iconiques/ les plus puissants dramatiquement parlant qui lui auraient peut être permis de jouer autre chose que le boudeur aux yeux de biches (Jon qui reçoit la lettre rose par exemple) n'ont pas été adapté. Kit est bien entendu un acteur très limité, mais avec un script qui le pousse un peu hors de sa zone de confort il peut proposer autre chose (comme dans Criminal par exemple)


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#25 22-12-2021 17:02:18

Oberon
Section 31

Re : The Witcher : vaste saga de Dark Fantasy Polonaise

Justement, il fait ce que tu lui demandes, vu que tout ce qui tourne autour de Géralt est tout de même bien moins mal écrit que les intrigues politiques ou les enjeux. Si tu regardes des interviews de lui, tu vois un passionné qui réfléchit pas mal sur l'oeuvre, et qui accessoirement est apprécié par ces partenaires.
Le truc, et tu le sais comme moi, c'est qu'il y a des limites à l'inflexion que peut apporter un acteur à la série/film où il joue. Je partage ton dépit devant son Superman, mais le premier responsable demeure Zack Snyder. Tu pourras noter qu'il est très juste dans MI : Fallout, et ce alors que son rôle est une mauvaise blague maltraité par un script lamentable.
Ce n'est pas Al Pacino, mais il a un registre plus varié qu'il n'y paraît et s'investit sans réserve dans ses rôles. Pour son interprétation de Géralt, je peine à comprendre ce que tu voudrais de plus. Il joue son flegme, sa colère rentrée, son dégoût, sa compassion, et ses sarcasmes tombent assez juste. Il n'a rien à envier à la V.A de The Witcher 3, même Doug Cockle a salué sa performance.
Tout est critiqué dans cette série (et à juste titre pour pas mal de choses) mais il y a point qui fait globalement l'unanimité des fans comme des professionnels, c'est ce que donne Cavill. Manifestement, ce n'est pas conforme à ce tu attendais, ce qui pose forcément la question: comment aurais-tu souhaité qu'il joue Géralt? En oubliant pas qu'il doit intégrer à son jeux l'atrophie de l'expressivité provoquée par l'épreuve des herbes, en plus...


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