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#1 15-10-2020 21:35:27

mypreciousnico
Who ?

Lower Decks : bilan de la saison 1

Captain’s Log, Stardate 57436.2. The Cerritos is docked at Douglas Station for routine maintenance and resupply. We will soon set course for the capital planet on the Galar system, where we’re scheduled to make second contact with the Galardonian high council. First Contact is a delicate, high-stakes operation of diplomacy. Once must be ready for anything when humanity is interacting with an alien race for the first time. But we don’t do that. Our specialty is second contact. Still pretty important. We get all the paperwork signed, make sure we’re spelling the name of the planet right, get to know all the good places to eat…

#SPOILERS SUR TOUTE LA SAISON#

Une série problématique…En vérité, j’ai bien failli m’en tenir au pilote, catastrophique.
D’un côté les créateurs ont bien révisé leur "Star Trek pour les nuls", de l’autre ils se foutent littéralement de la gueule du Star Trek historique, tout en lui léchant les bottes dans une espèce de valse entre respect fétichiste et profanation impertinente…Pour le Trekker confirmé l’exercice est parfois amusant, mais aussi très étrange à appréhender.

Faisant ouvertement du pied à la désormais mythique Rick and Morty, Lower Decks se pare dès son pilote de ce visuel particulier des séries animées américaines actuelles : un graphisme léché, hyper propre et vectoriel, le tout saupoudré de grosses doses de Star Trek Bermanien avec Okudagrames à gogo, univers sonore et visuel (générique, titre et sous- titres inclus) très proches de TNG en particulier.
Sans surprises, je trouve le visuel de la série tout à fait réussi. Certes, il faut apprécier un certain dépouillement et une propreté chirurgicale toute vectorielle dans le dessin et la colorisation, mais je trouve que ça fonctionne bien avec un univers qui est par ailleurs une photocopie absolue des designs de la TNG-era à tous les niveaux : les sons, la musique, les décors, les costumes, les situations, les vaisseaux, mais aussi les races rencontrées et une foultitude d’autres détails.

"I just hate seeing a perfectly good society get destroyed by a Gamester of Triskelion"

Les personnages donnent parfois l’impression diffuse de ne pas vivre dans l’univers de la série, mais à l’extérieur. D’être des Trekkies en sommes, des fans qui connaîtraient par cœur l’ensemble de la franchise et participeraient à un concours de celui qui à la plus grosse (culture Trekkienne). Des Trekkies donc, mais des Trekkies qui passeraient leur temps à se foutre de la gueule de leur univers fétiche, jusqu’à faire dire à l’enseigne Mariner que Khan "was a space seed", appeler tout les Vulcains "Spock" ou présenter un officier en second qui trouve bizarre de visiter à nouveau des planètes de "l’ère TOS" (These Old Scientists) dans un épisode en forme de suite à The Return of the Archons (TOS Saison 1).
Le tout baigne dans un délire méta dont je n’ai pas encore définitivement décidé si je trouvais ça abyssalement génial ou suprêmement con !
Que ce soit l’apparition de Q (dans son costume du pilote de TNG),  les mentions des Sullibans et Moriarty au détours d’un dialogue,  l’officier qui utilise "riker" comme mot de passe, sans même parler des guest stars de luxe du dernier épisode (un vaisseau et deux personnages de TNG), on a même droit à un épisode Holodeck en folie (avec le trombone de Word comme ennemi principal)…
La série use et abuse du name dropping à n’en plus finir, d’une gratuité totale à peine croyable tant les références défilent avec un rythme de mitraillette, comme si la série passait son temps à nous mettre le coude dans les cotes façon "hey t’a vu, dit t’a vu ???"...Oui, j’ai vu, difficile de faire autrement !

"Brad, when a Starfleet relationship seems too good to be true, then– red alert, man! It probably is."

D’ailleurs, au début de la série, le rythme sous acide et le débit de parole de mitraillette des personnages principaux gène, puis agace. La situation ne s’arrange pas lorsque les situations deviennent stupide sous prétexte d’être loufoques : que ce soit la Capitaine qui demande à un enseigne d’espionner et de balancer une camarade (par pure...jalousie.. ?), en passant par l’esprit je m’en foutiste à la Rick & Morty, jusqu’à l’héroïne qui sait tout mieux que tout le monde.
Toutefois, quitte à surfer sur la vague impertinente de Rick & Morty, il aurait été intéressant de s’emparer des concepts de SF vertigineux qui font tout le sel de cette série. Car, dans Lower Decks les récits manquent singulièrement d’ambition. Il n’y a pas de grand thèmes, les scénarios ne sont pas particulièrement audacieux et le projet annoncé de nous donner à voir la vie et le quotidien à bord d’un vaisseau de la fédération n’est pas vraiment davantage rempli que dans les autres séries Star Trek.
Quant à l’argument consistant à dire que cette série ne viserait pas les spectateurs adultes, il ne tiens pas une seconde devant la violence affichée par la série.

L’impression que ça donne en fait, c’est que les artisans de ce Star Trek moderne sont tout simplement incapables d’imaginer une histoire du future qui tienne debout et qu’ils prennent ici le parti d’en rire, de livrer une pochade, l’humour étant un bouclier bien pratique pour proposer des scénarios basiques et des blagues scato sous couvert d’impertinence.
Il y  aurais dans cette série un aveu pur et simple d’échec : parce qu’on y arrive pas on fait des blagues et on tente de s’acheter une connivence avec le spectateur, en l’amadouant par le biais d’une forme au plus près de TNG la bien aimée (après avoir usé et abusé des gimmicks de TOS pendant presque 10 ans).

"Screw the prime directive !"

En sommes, une grosse parodie grasse, plus moqueuse que Galaxie Quest et The Orville, qui met en scène des personnages qui s’en foutent de tout : l’enseigne qui baille ouvertement pendant un briefing avec un amiral, la Capitaine qui donne des ordre sujets à interprétation (avec résultats catastrophiques à la clé), l’attitude, présentée comme stupide et dangereuse, de laisser le bénéfice du doute à un opposant plutôt que de tirer tout de suite (le Capitaine Picard appréciera)...Ceci transparaît d’ailleurs dès le générique (superbe au demeurant) qui reprend les codes de celui de Voyager, mais avec un vaisseau qui passe son temps a fuir et semble dirigé par des incapables.

Toutefois, aussi étrange soit le cocktail distillé par Lower Decks, il y a des moments de grâce dans cette première saison. Des moments qui interpellent et font se demander : est-ce que la série se fout vraiment de la gueule du monde ou est-ce que tout ça n’est en fait qu’un énorme délire méta (les fameux Trekkies qui citent les dialogues de chaque épisode par cœur) sensé nous renvoyer un miroir déformé de notre propre passion ?
Car la série n’est jamais aussi intéressante et pertinente que quand elle prend un peu de hauteur et embrasse vraiment son délire plutôt que de l’utiliser comme cache misère. On appréciera par exemple l’épisode 9 en forme de délire holographique, dans le même esprit que les Aventures du Capitaine Proton (Voyager), mais ou il ne s’agirait pas de rendre hommage au serial Captain Video, mais plutôt aux films Star Trek en général et à "Star Trek VI : Terre inconnue" en particulier (le roman holographique au format 2,35 cinemascope, la musique, le générique qui émule celui du film et même des lensflare à la Star Trek 2009).

"Do you realize how hard it is to get cheese out of fur in a sonic shower?!"

Bref, tout ce pavé pour dire que je ne sais pas vraiment quoi penser en définitive de cette première saison : trop irrespectueuse du quatrième mur pour être prise au sérieux en tant que suite chronologique de TNG, trop mimétique pour être une vraie parodie (l’orphelin de TNG aura peut-être quelques pincements au cœur), avec des moments de grâce étonnants et d’autres d’une cuistrerie insultante...la suite nous promettrait presque de nous offrire la fameuse série dérivée à bord du Titan de Riker…

Si la saison 2 explore à fond le délire méta, je pense qu’il y a quelques chose d’intéressant à faire, pour peu que les scénaristes se sortent les doigts et nous proposent autre chose que des scénario de SF à la petite semaine.
En attendant, c’est un exercice étrange, probablement davantage agaçant et insuffisant que réellement intéressant, même si, en soit, ça se laisse regarder.

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#2 16-10-2020 00:51:42

matou
modérateur

Re : Lower Decks : bilan de la saison 1

Je te rejoins dan bien des points mais moi j'ai tranché. C'est une série qui est bien pire que seulement déséquilibrée ou maladroite.

J'attends de finir de la voir mais pour le moment c'est très inférieur à Final Space.

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#3 16-10-2020 01:22:52

Oberon
Section 31

Re : Lower Decks : bilan de la saison 1

Merci du feedback, mypreciousnico.
Contrairement à toi, je me suis arrêté au pilote qui, pour le coup, permettait de trancher sur le suprêmement con. Et surtout, c'était pas drôle, défaut assez rédhibitoire quand on tente de faire du comique.
Pour paraphraser une punchline assez célèbre de Karadoc, je dirais ceci: cette série débite ses dialogues trop vite avec un humour trop gras. Du coup la montée dramati-comique a pas le temps de se faire et le spectateur décroche. Résultat, c'est de la merde.

Et d'accord avec matou: Final Space est largement meilleur, et ce alors qu'il est loin d'être exempt de défauts...


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#4 16-10-2020 08:20:59

mypreciousnico
Who ?

Re : Lower Decks : bilan de la saison 1

Bonjour messieurs smile
Je suis complètement d'accord avec toutes vos remarques, en particulier sur le fait que Final Space, malgré ses défauts est incomparablement meilleure en effet !
Ne serait-ce que parce que cette dernière propose un regard contemplatif et émerveillé sur l'espace.

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#5 16-10-2020 09:07:46

Guigui le gentil
membre

Re : Lower Decks : bilan de la saison 1

Je suis a assez d'accord avec mypreciousnico. Perso, j'ai ADORÉ l'épisode 9 par exemple.

Pour ma part, j'image très bien un jour voir les personnages en live dans leur série (ou une autre) le temps d'un épisode et où tout sera plus conforme à la période TNG au niveau des personnages et on verra Boimler qui secrètement fait sa série d'animation dans son coin en parodiant des évènements vécus tout en s'inspirant des dessins animés du 21è siècle smile

S'ils font ça, hop, tout rentrera dans l'ordre wink

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