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#26 30-01-2020 21:44:10

matou
modérateur

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Dans le monde occidental on ergote.
Dans les endroits où la famine existe, synthétique ou pas, le besoin poussera à le manger.

De plus la faim dans le monde est pratiquement jugulée. Mais plus encore, quand on fait la somme des ressources en nourriture produite dans le monde,  il y a de quoi nourrir toute la planète.
Donc de nos jours les famines résiduelles actuelles sont donc le résultat d’un choix politique ie de l’organisation du monde et des échanges.
La question n’est pas la production mais le partage, l’accès.

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#27 30-01-2020 22:56:07

Pok
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Pour développer un peu (et puis ça me trotte...), sous forme d'une réponse unique.

Star Trek n'est pas "notre réalité bientôt!". Roddenberry n'est pas un prophète qui aurait vu l'avenir de l'Humanité. Il a simplement posé les bases d'un univers imaginaire futuriste divertissant (ne l'oublions pas), chaleureux, cohérent et solide sur ses fondements, où l'on peut, sereinement, avec intelligence, sans emphase, penser le monde en le regardant, sans naïveté ni dogmatisme, avec une vision optimiste, une aspiration progressiste de l'humanité.

Il semble que les oeuvres de fiction aient décidément beaucoup de mal à survivre à leur créateur. Mais même si l'on peut certainement déceler un certain délitement (ou plutôt une dispersion) des thèmes chers à Roddenberry après sa disparition, et sans être totalement irréprochable (c'est une évidence), l'oeuvre est restée jusqu'ici (ENT) porteuse des valeurs qui pourrait (à mon sens) sans doute se résumer à un concept "simple": la sagesse. Sagesse dont la Fédération serait la garante et Starfleet l'application (ou disons la mise à l'épreuve) concrète.

Et sincèrement, je ne vois pas pourquoi il faudrait abandonner ce regard ou cesser d'adopter ce point de vue. Et comme je le disais dans ma réponse (extrêmement) synthétisées, d'autant plus en période troublée! Existe t-il d'ailleurs un contexte historique dans lequel nous devrions abandonner un point de vue sage et humaniste?

Car il me semble qu'à travers Star Trek c'est finalement notre humanité (celle du spectateur) qui est questionnée. C'est notre humanité qui se trouve mise à l'épreuve, titillée, (et j'ose) renforcée.

Les civilisations, la nature, globalement la vie, tend naturellement vers une expansion pour survivre, et Star Trek propose que celle-ci, à travers la Federation, soit symbiotique plutôt qu'impérialiste. Voilà ce qui, pour moi, pourrait encore être le moteur d'un tas d'épisodes passionnants! Et un projet, une idée qui m'interpelle...

La technologie, de son côté, est en effet présentée comme émancipatrice. Et pourquoi ne le serait-elle pas? A son crédit, la série n'a jamais nié les potentiels problèmes et dangers que cela peut également poser, mais c'est bien plus l'utilisation que nous en faisons, ainsi que le sens que nous donnons à nos "interactions avec le monde" qui sont questionnées ici. En somme ici encore, l'humain et l'étendu de son entendement.

Alors ce n'est qu'une série télé, un divertissement innocent, insouciant même parfois. Elle sait être drôle (quelque fois un peu à ses dépends) et c'est essentiel, qui peut en effet imaginer un monde idéal sans humour? Mais penser l'utopie c'est penser la complexité du monde avec recul, sagesse, humilité, intelligence, et Star Trek sait aussi très bien nous faire prendre un peu de hauteur sur toutes ces questions.

Bon voilà, c'est jeté comme ça, explorant un caractère plus abstrait, quasi philosophique (et personnel) de l'inconscient de "l'utopie trekkienne" qui vit en moi. J'espère avoir été malgré tout à peu près clair et que vous en tirerez quelque chose. Ou pas! Pas évident d'ordonner tout ce qui me vient en tête (le sujet est vaste, de belles choses ont déjà été dites, et mon "trekkisme" est sans doute un peu sonné en ce moment), et puis il faut bien s'arrêter quelque part... Mais le sujet reste ouvert!

edit: Tout ce que je développe ici s'applique jusqu'à Enterprise (et non pas Nemesis, merci dl500), vous l'aviez compris!

Dernière modification par Pok (31-01-2020 20:55:19)


♫ space maybe the final frontier but it's made in a Hollywood basement ♫

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#28 31-01-2020 09:09:19

dl500
TOS Forever

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Tout ce que tu développes peut et s'applique jusqu'à la fin d'ENT en 2005.
Malgré une troisième saison noire, elle porte en elle toutes les valeurs de ST, ainsi que sa dernière saison, socle de ce que deviendra la fédération. D'ailleurs les travers des humains y sont abordés, mais même 2 siècles avant en internaliste, l'humanité et les membres de cette nouvelle fédération savent faire face sans se renfermer sur eux même et grandir. A l'inverse de ce qui se fait depuis 2009.

Dernière modification par dl500 (31-01-2020 09:10:15)


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#29 31-01-2020 10:08:00

Guigui le gentil
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

matou a écrit :

La question n’est pas la production mais le partage, l’accès.

Clairement et on se retrouve même avec des famines provoquées par la spéculation boursière comme en 2008 et 2009...

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#30 31-01-2020 10:09:57

Guigui le gentil
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Pok a écrit :

Il semble que les oeuvres de fiction aient décidément beaucoup de mal à survivre à leur créateur.

Heu... t'es sûr que cette remarque s'applique vraiment à Roddenberry. Sa mort coïncide justement avec la montée en puissance qualitative de TNG et par la suite on a eu DS9, etc...
Donc, voilà quoi smile

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#31 31-01-2020 14:51:53

Pok
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

dl500 a écrit :

Tout ce que tu développes peut et s'applique jusqu'à la fin d'ENT en 2005.

Oui tout à fait, je pensais que Nemesis était sorti après ENT... Je corrige, merci! smile


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#32 31-01-2020 15:55:34

KIRK
Rendez-moi mon Star Trek !

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Petit aparté si vous le voulez bien ^^ :

A sa mort , Roddenberry a t il laissé des instructions, des obligations morales pour le respect de son univers et des valeurs qu il incarne ? Son fils y est très attaché mais son père a  t il laissé un testament officiel ? si non, il aurait du y penser... mais imaginait il que ST prenne un tel essor et amasse tant de dollars... sadpurple

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#33 31-01-2020 19:10:26

Pok
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Guigui le gentil a écrit :
Pok a écrit :

Il semble que les oeuvres de fiction aient décidément beaucoup de mal à survivre à leur créateur.

Heu... t'es sûr que cette remarque s'applique vraiment à Roddenberry. Sa mort coïncide justement avec la montée en puissance qualitative de TNG et par la suite on a eu DS9, etc...
Donc, voilà quoi smile

Comme je le dis(ais il me semblait!) dans la suite du paragraphe, toute la période Bermanienne (que je clôturais avec Nemesis, mais qui s'achève en fait sur ENT, désolé) a su à mes yeux maintenir cet esprit originel. TNG restera excellente jusqu'à son terme. J'aime beaucoup VOY également. Certains râlent sur DS9 et ENT. Je suis en cours de revisonnage de DS9 et j'ai trouvé ENT excellente (sauf peut-être cette histoire de Temporal Cold War…),

Je placais (évidemment) la disparition de l'esprit Roddenberrien autour de 2009 et les productions Bad Robot, qui ont fait  de la franchise (à mes yeux toujours) une vulgaire SF sans originalité et sans âme. Mais ce n'est pas le propos ici. wink

Dernière modification par Pok (31-01-2020 19:16:38)


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#34 01-02-2020 15:30:11

mbuna
I don't know you

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Pok a écrit :

Star Trek n'est pas "notre réalité bientôt!". Roddenberry n'est pas un prophète qui aurait vu l'avenir de l'Humanité.

Je pense que personne de normalement constitué ne pourrait le croire mdr

Mais en terme littéraire cela a pourtant un sens. Car tout dépend de la manière dont on aborde une œuvre, notoirement de SF. Par ce que plus que toute autre, de par sa nature, elle est viscéralement liée aux progrès des connaissances scientifiques (Science Fiction). L'un des pans de la SF, qu'elle soit plus ou moins sérieuse - dans lequel TOS s'inscrivait à l'époque -  est une projection, une proposition d'avenir. Que se passerait-il si on déroulait la ligne du temps avec tel ou tel postulat ? Dans ce cas, pour appréhender honnêtement la chose, au moment où on entre dans la proposition, on doit forcément laisser notre incrédulité au placard. Évidemment tout dépendra aussi du talent et de la qualité de ce qu'on nous soumet. C'est la base.
Après, peu importe d'avoir vu juste ou non, on est dans le cas de l'expérience de pensée.

Ainsi, à première vue, la nature de l’œuvre change au gré des époques qu'elle traverse. Prenons l'exemple d'une œuvre considérée à sa sortie comme de la hard SF. Si le point historique divergent est passé au moment où on la regarde, ou si la science contemporaine a infirmé ses postulats scientifiques ou historiques, elle passera de facto dans l'uchronie. Si, au gré des ans, elle s'avère être totalement déconnectée de la réalité, elle entrera peut-être dans le domaine du rêve, de l'imaginaire, ou encore pourquoi pas de la fantasy. Tous ces destins sont le cas quantitativement de la plus grande partie des productions SF jamais produites....si elles ne sont pas tombées dans l'oubli.

Mais alors il y'a une autre manière d'aborder la chose si l'on veut rester honnête jusqu'au bout : le moyen qui tente, autant que faire se peut, au moment de la lecture ou du visionnage, de remonter soi-même le temps, pour ne pas dénaturer l’œuvre en elle-même, la voir en prenant conscience des conditions de sa création. C'est un travail d'immersion. A ce moment, et seulement à ce moment là, on pourra réellement saisir le message originel. Ce n'est plus l’œuvre qui change de nature, mais nous qui changeons la nôtre le temps du visionnage. La suspension d'incrédulité se pose là, et elle est bien plus difficile à tenir. Alors, comment qualifier la même œuvre mais cette fois-ci avec ce regard là ?

Pour TOS, il est intéressant de s'imaginer dans les années 60, au moment où elle a été produite. Quelle est sa nature aujourd'hui ? Est-ce que ce mot "d'utopie Roddenberrienne" comme Prelogic a introduit le débat revêt la même connotation qu'il y'a 60 ans ?
Dans mon cas, cela sert surtout à (tenter de) garder l’œuvre comme boussole de mon analyse au lieu de tomber dans le piège de l'anachronisme si courant quand on analyse des productions SF. Les mots deviennent aussi de faux amis. On est tous le produit de notre culture. Ma question sur le synthétiseur c'est ça. On voit bien que le fait de produire assez de nourriture pour l'Humanité n'est pas la seule condition à l'éradication de la faim dans le monde. Tout comme les progrès technologiques et l'accès à la connaissance bien plus facile aujourd'hui qu'avant ne change rien sur l'état d'ignorance générale, où les théories les plus farfelues prolifèrent bien plus que la connaissance brute et analytique.

L'exemple du mot progrès est symptomatique de cet état de fait. Sa connotation s'est radicalement modifiée entre l'époque de TOS et aujourd'hui. La révolution d'internet a commencé à nous en montrer les conséquences, tout comme le problème climatique nous rend bien plus prégnant qu'avant de l'urgence dramatique des conséquences de notre pouvoir. Ce n'est pas comparable à la bombe atomique, où il était plus question d'acquérir un pouvoir conscient de destruction. Là, on est bien plus dans une problématique civilisationnelle. L'humain, plus il évolue, plus il devient un cancer pour la planète, sans avoir besoin de la détruire par un acte sciemment malveillant. C'est donc bien pire que de décider ou non d'appuyer sur un bouton. Alors que deviennent les prémisses : "La connaissance et les progrès techniques libèrent" ? Il est bien plus difficile de tenir ce discours aujourd'hui que dans les années 60, me semble t'il, ou alors l’œuvre qui se bâtira sur ces postulats pourra t'elle être qualifiée de Hard SF ?
Peut-être.... mais admettons que ce soit aujourd'hui bien plus difficile à atteindre qu'hier en terme de suspension d'incrédulité.

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#35 01-02-2020 18:42:25

matou
modérateur

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Les mots comme les humains ne sont pas un tout composé d’éléments indépendants.
Ils sont soumis à des rapports de force.
Le mot progrès a été perverti par ses usages et par le sens  qu’on a voulu imposer les dominants. De même pour les mots révolutions, démocratie , écologie.
La représentations faussée du monde et des sociétés qui en découle ne rend pas légitime de la suivre car elle serait la vision la plus répandue. Il faut aller vers les fondamentaux de l’organisation du monde et de la société (identité, expression, domination, inégalité, appareil productif, technologie) et développer son propos. Plus on touchera juste, même si c’est contraire à ce que la majorité pense savoir, plus l’œuvre aura un impact. Plus on touchera à des questions qui dépassent le simple « actuel »), plus on durera dans le temps. Et par toucher juste c’est par un traitement de qualité qu’on y parvient.
L’humanité n’est pas un virus pour la planète (la thèse de gaia) et ne l’a jamais été (petite dédicace à Kingsman sur cette question , qui en propose une vision politique et sociale très bonne). La planète sera toujours plus forte.
Notre collectivité humaine est plurielle car de la lutte entre ceux qui l’organisent et ceux qui ceux qui veulent changer les orientations,  avec ceux qui laissent faire (par résignation, adhésion) comme vrais décideurs inconscients de leur pouvoir, le futur créé sera totalement différent. De tout temps les humaines sont  confrontés à ces défis envers l’humanité et envers  la planète. . Cela n’a ja
Years and Years avec des tropismes de son auteur (homosexualité, visions des extrêmes politiques , complot) arrive très bien à proposer cette approche fondamentale.
Oui on doit reposer les œuvres dans leur contexte pour mieux comprendre leurs inclinaisons et leur propos.
Et se méfier de ce que l’actuel croit savoir pour en proposer de nouvelles.

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#36 01-02-2020 20:04:52

mbuna
I don't know you

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Ah oui non mais évidemment qu'on n'a pas encore la puissance pour faire sortir la Terre de son orbite mdr
Lorsque je dis un cancer pour la planète, je parle pour ceux qui y vivent et de l'extinction de masse à laquelle on assiste. C'est bien ce que "l'actuel croit savoir". Ou alors on remet ça aussi en doute. Effectivement. Par ce quelle qu'en soient les causes et la lecture de la chose que chacun en fera, ce sont les développements artistiques de ces postulats qui deviennent intéressant dans un cadre SF. Parler aujourd'hui de technologie, ou de parier sur des créations humaines comme moteurs civilisationnels optimistes me parait bien plus difficile (je ne parle pas en terme de souhait) qu'hier de ce point de vue. Peut-être que demain sera différent (espérons-le).

La configuration d'un avenir à moyen terme a quasi disparu des discours sociétaux. Il y'a 2 générations on parlait tout le temps de l'an 2000, on le configurait, on le pensait, on en rêvait. Peu importe qu'on se soit trompé ou pas. Mais aujourd'hui, qui fait cet effort, qui même a envie de penser à ce que sera 2100 ? La perspective, en terme de suspension d'incrédulité me parait être un fil bien ténu pour un message positif dans lequel les avancées et nos créations auraient un rôle moteur. On peut évidemment toujours faire de la SF optimiste, il y'en a encore (un peu) d'ailleurs. Mais alors, pour rester dans le débat et les termes que Prélogic a introduits, il est intéressant de se poser la question de la place du "ST Roddenberrien" dans sa singularité sur ces questions.

Par ce que si on prend les définitions dans leur sens large : "optimisme", "vivre ensemble", etc. Alors oui ça rentre. Mais on est tellement devant une coquille vide et de la triche en terme de sens que finalement rien n'a d'importance et on se berce d'illusions.

Comme je le disais plus haut, on peut aussi vouloir un ST se dégageant totalement de son temps de production et vivre sa propre "destinée", de plus en plus éloignée de nos contingences. Probablement que beaucoup voient le ST Robddenberrien comme ça de nos jours. On se met un épisode pour voyager, voir une oeuvre délivrant un discours optimiste, dans lequel on se retrouvera sur les fondamentaux, notre nature éternelle (comme dirait l'autre). Mais alors une sorte de SF dont on aura acté qu'elle aura perdu l'un de ses ressorts originels. ST, du fait qu'elle a développé un Univers si cohérent (enfin, jusqu'en 2005) en a évidemment la capacité, pour l'avoir prouvé surtout avec l'ère Berman. Au final on parle toujours de nous, on ne sait rien faire d'autre mdr , mais la projection du ST de Roddenberry me semblait bien plus directe dans son discours et ses démonstrations.

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#37 01-02-2020 20:12:01

Pok
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

mbuna a écrit :
Pok a écrit :

Star Trek n'est pas "notre réalité bientôt!". Roddenberry n'est pas un prophète qui aurait vu l'avenir de l'Humanité.

Je pense que personne de normalement constitué ne pourrait le croire mdr

Certes, mais ça va mieux en le disant! C'était surtout pour m'assurer que mon propos ne passe pas que pour celui d'un illuminé! smile

Je reviens sur quelques points (et je vais encore m'égarer… mais bon, c'est un bon exercice! COOL).

mbuna a écrit :

Ainsi, à première vue, la nature de l’œuvre change au gré des époques qu'elle traverse. Prenons l'exemple d'une œuvre considérée à sa sortie comme de la hard SF. Si le point historique divergent est passé au moment où on la regarde, ou si la science contemporaine a infirmé ses postulats scientifiques ou historiques, elle passera de facto dans l'uchronie. Si, au gré des ans, elle s'avère être totalement déconnectée de la réalité, elle entrera peut-être dans le domaine du rêve, de l'imaginaire, ou encore pourquoi pas de la fantasy. Tous ces destins sont le cas quantitativement de la plus grande partie des productions SF jamais produites....si elles ne sont pas tombées dans l'oubli.

Pour ma part, dans une certaine mesure (et ça va peut-être vous surprendre), je considère aussi la SF, et en l'occurrence Star Trek, comme porteuse d'une part de fantasy. Elle ne nous dit pas "ta gueule, c'est magique!", elle s'efforce de justifier sa technologie à travers des théories plus ou moins fumeuses (et le "moins" est évidemment préférable), de permettre ses avancées grâce à des matériaux/énergies qui n'existent pas ou disposent de propriétés fantasmées. Et tout ceci ne me dérange pas, tant que l'univers reste cohérent avec lui-même.

Je n'ai pas les savoirs scientifiques nécessaires pour pouvoir affirmer que la téléportation ou le réplicateur sont des technologies tout à fait envisageables, que l'on pourra un jour convertir l'énergie en matière (et inversement), si dans le futur les vaisseaux spatiaux feront du bruit dans l'espace, mais, j'accepte (ou pas) ce cadre parce qu'il est rationnalisé, et j'ai, de ce point de vue, toujours trouvé Star Trek très solide conceptuellement, peut-être parce qu'il repose finalement sur des bases assez simples (mais pas simplistes). Si Star Trek doit-être un jour considéré comme un récit fantasy, soit! (une uchronie elle l'est déjà) Mais qui dit fantasy ne dit pas nécessairement fantaisiste.

La réponse d'un scénariste à un fan lors d'une convention (à moins que ce soit une légende urbaine...) sur la question de savoir "comment fonctionne l'amortisseur inertiel", à quoi il aurait répondu: "très bien, merci!", résume ce que je veux dire. Je me fous effectivement (quelque part) de savoir comment fonctionne l'amortisseur inertiel, mais je suis heureux (et me suffit) que les scénaristes aient conscience que ce serait pas mal qu'il y en ait un.

J'entendais Etienne Klein dernièrement déclarer dans un interview que, "si la vitesse de la lumière ne peut pas être dépassée, elle peut, peut-être être contournée!". La mécanique quantique et la volonté des scientifiques à rechercher un nouveau modèle qui engloberait l'ensemble des théories peut encore ouvrir des possibles qui tiendrait du fantastique aujourd’hui, alors restons ouvert, humble et prudent sur ces questions de technologie, pour lesquelles je n'ai de toute façon pas le savoir suffisant.

Toujours de mon point de vue évidemment, Star Trek a su intelligemment faire de sa technologie quelque chose de quasi abstrait, presque instinctif (à l'image des boutons très colorées de TOS dont on ne sait pas vraiment à quoi ils servent, mais ils sont là, et au besoin on peut l'expliquer!), mais je n'ai jamais eu de souci avec ça (à part peut-être les compteurs à rouleau, mais je m'en amuse plus que ça me gène). smile

mbuna a écrit :

Pour TOS, il est intéressant de s'imaginer dans les années 60, au moment où elle a été produite. Quelle est sa nature aujourd'hui ? Est-ce que ce mot "d'utopie Roddenberrienne" comme Prelogic a introduit le débat revêt la même connotation qu'il y'a 60 ans ?

Le cas de TOS est intéressant, effectivement, ainsi qu'à mettre en parallèle avec TNG. En effet nous avons découvert TOS (au mieux et dans mon cas) avec 20 ans de retard, alors que nous étions contemporains de TNG lors de sa production (à moins que je ne m'abuse sur votre âge... yikes). Et bien si je suis resté accroché à TNG malgré une première saison balbutiante, c'est parce que j'y percevais, malgré tout, la même aspiration que dans TOS: développer l'idée d'une humanité progressiste.

La SF nous présente évidemment des technologies futuristes (plus ou moins crédibles), mais aussi son humain corollaire (à moins que ce soit le contraire...), et c'est bien là l'apport, l'originalité principal de la franchise. La technologie est à l'image de la civilisation qui la conçoit, finie par faire corps avec elle, et Star Trek a su garder l'humain à bonne distance de sa technologie (là où les borgs en seraient le cauchemar incarné) et continuer à nous présenter une humanité tournée vers l'extérieur, attachée à la vie et curieuse.

Et, voyez-vous, en ce qui me concerne (ce n'est qu'un exemple, mais il illustre bien ce que je veux dire), le rapport hommes/femmes dans TOS, reste indéniablement très marqué "60s" (et là je vous rejoins sur la nécessité de toujours contextualiser ce qu'on regarde), et bien c'est là, sans conteste ma principale dissonance cognitive avec la série, bien plus que la faisabilité de la téléportation, ou l'esthétique 60s, par exemple. Mais sur certains points (le multi-culturalisme, le racisme, etc.) elle est extrêmement progressiste pour son époque, et même encore aujourd'hui, valeurs qu'il serait quand même dommage de minimiser, voire disqualifier pour de simples raisons cosmétiques.

Pour finir (et j'aurais pu, voire dû, me contenter de ce paragraphe...), je dirais que l'idée centrale de Star Trek, pour moi, c'est essentiellement une aspiration pacifiste (que je partage), et offre le cadre d'une expérience de pensée fascinante (car le pacifisme est lui aussi un combat, ce n'est pas une démarche béate), et je ne vois pas cette aspiration perdre de sa pertinence de sitôt.

Dernière modification par Pok (02-02-2020 05:43:02)


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#38 06-02-2020 16:40:50

mbuna
I don't know you

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Pok a écrit :

Toujours de mon point de vue évidemment, Star Trek a su intelligemment faire de sa technologie quelque chose de quasi abstrait, presque instinctif

J'aime cette idée, par ce qu'elle reflète finalement notre réalité. On utilise la technologie aujourd'hui exactement de la même façon. On appuie sur des boutons et ça doit faire ce qu'on attend d'eux. Sauf curiosité spécifique, on ne se pose pas la question du "comment ça marche", tous ces objets font partie intégrante de notre quotidien, au même titre que les autres.
Il n'y a aucune raison que dans l'avenir c'en soit autrement. C'est de l'anti esbroufe et démonstration facile, qui concourt à une immersion naturelle. Que le bouton soit gros et rouge ou bien tactile et invisible ou même inexistant est secondaire. L'important est de vivre l'expérience comme les personnages la vivent eux-même.

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#39 06-02-2020 21:32:08

Pok
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

mbuna a écrit :

J'aime cette idée, par ce qu'elle reflète finalement notre réalité. On utilise la technologie aujourd'hui exactement de la même façon. On appuie sur des boutons et ça doit faire ce qu'on attend d'eux. Sauf curiosité spécifique, on ne se pose pas la question du "comment ça marche", tous ces objets font partie intégrante de notre quotidien, au même titre que les autres. Il n'y a aucune raison que dans l'avenir c'en soit autrement.

L'avenir pourrait pourtant bien se tourner vers une technologie beaucoup plus intrusive, vers la cybernétique par exemple (et un humain potentiellement artificiellement "augmenté", et pourquoi pas également, contrôlé par ses implants), ce qui tiendrait bien plus du cauchemar que du rêve à mes yeux. La franchise a toujours préservé son humanité de cet écueil, mais pas des questionnements sur le sujet!

mbuna a écrit :

C'est de l'anti esbroufe et démonstration facile, qui concourt à une immersion naturelle. Que le bouton soit gros et rouge ou bien tactile et invisible ou même inexistant est secondaire. L'important est de vivre l'expérience comme les personnages la vivent eux-même.

Oui tout à fait. Pour moi en tout cas, c'est bien l'humain le coeur de l'utopie trekkienne, l'aura qui plane sur la série. Un humain pacifié, en quête de sens, débarrassé de son arrogance, de ses à-priori, de sa peur de l'inconnu, tendant vers le surhomme, ou le surhumain. Celui de Nietzsche, pas de Marvel évidemment.

A titre personnel, certains épisodes ont alimentés (et alimentent toujours) chez moi des réflexions personnelles, existentielles profondes, secoué mes certitudes, m'ont beaucoup ouvert intellectuellement (ce qui n'est quand même pas banal pour une simple série télé!), et ont également été le point de départ de discussions riches et passionnantes avec mon entourage (qu'il regarde Star Trek ou pas d'ailleurs). Et c'est sans doute ce qui me manque le plus dans la période actuelle...

Et puis je me rends compte (soudain) que je ne réponds même pas à la question du fil!

Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

Dans la mondialisation, tout dépend de sa forme. Je vois l'utopie trekkienne comme un internationalisme (universalisme) finalement. Mais en l'état, dans le capitalisme prédateur (et mafieux) qui domine actuellement le monde c'est certain. Ce dernier produisant exclusivement (et massivement) de la marchandise et sa pensée corollaire, normative, nihiliste, il étouffe peu à peu, à travers (notamment) le spectacle, une quelconque pensée alternative.

Dernière modification par Pok (06-02-2020 21:48:17)


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#40 15-02-2020 23:37:50

Schmullus
membre

Re : Les valeurs de la Fédé' sont-elles solubles dans la Mondialisation ?

mbuna a écrit :

La révolution d'internet a commencé à nous en montrer les conséquences, tout comme le problème climatique nous rend bien plus prégnant qu'avant de l'urgence dramatique des conséquences de notre pouvoir. Ce n'est pas comparable à la bombe atomique, où il était plus question d'acquérir un pouvoir conscient de destruction. Là, on est bien plus dans une problématique civilisationnelle. L'humain, plus il évolue, plus il devient un cancer pour la planète, sans avoir besoin de la détruire par un acte sciemment malveillant.

Est-ce qu'il te serait possible en analysant tes diverses connaissances, d'imaginer que le réchauffement climatique pourrait être un bienfait pour l'humanité, et en même temps la conséquence d'une réduction extrême de toute forme de cancer ?

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