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#1 07-11-2019 19:00:14

Prelogic
Legaliste

Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Il y a quelques temps, je suis tombé un peu par hasard sur un film qui m’a immédiatement traumatisé / interpellé et qui s’est hissé sans trop de mal dans mon top 10 des films politiques / sociaux / engagés à voir avant de mourir. Ce film s’appelle Cannibal Holocaust, et s’inscrit comme vous pouvez vous en douter dans la mouvance du cinéma anthropophage que je souhaite désormais explorer avec vous. Cinéma qui, si j’ai bonne mémoire, enthousiasme notre confrère Buckaroo razz

Le cannibalisme au cinéma a bien des origines, même s’il semble que le cinéma italien se soit davantage régalé à ce sujet, entre les années 1970 et 1980. Le genre cannibal au cinéma peut être associé dès le départ à d’autres genres « frères », comme le cinéma gore, le thriller, mais aussi le cinéma d’aventure et d’érotisme (en effet, le genre cannibale n’hésite pas dans certains cas à montrer des scènes dénudées parfaitement sidérantes au 1er degré). Même le genre fantastique s’est visiblement essayé sur ces territoires (comme avec le film Danger Planétaire d’Irvin S. Yemworth, où une créature transformiste venue de l’espace dévore tout sur son passage).

Pour rester dans le sujet le plus possible, nous allons surtout explorer la fastueuse époque italienne, amorcée dès 1972 par le réalisateur Umberto Lenzi avec son film Au pays de l’Exorcisme (Il paese del sesso selvaggio), également connu sous l’appellation « Cannibalis ». Le film explore les contrées profondes thaïlandaises avec l’acteur Ivan Rassimov qui ne manque pas de se faire capturer et de goûter aux joies de la « civilisation locale ». Même si nous sommes encore loin des exubérances d’un Deodato, Cannibalis porte déjà en lui l’ADN du sensationnalisme propre aux films mondo (un genre caractérisé par une approche pseudo-documentariste et racoleuse). Le film va également cherche son inspiration dans Un Homme nommé Cheval d’Elliott Siverstein, où un aristocrate anglais se fait capturer en territoire sioux lors d’une chasse au gibier.

D’autres réalisateurs italiens s’essayent au genre durant les années 1970 / 1980, comme Lucio Fulci, Joe D’Amato et Bruno Mattei. Beaucoup souhaitent alors suivre certains succès Outre-Atlantique, en reproduisant notamment l’imagerie gore d’un George A. Romero et ses films de zombies. A ce petit jeu, il semble bien que ce soit Ruggero Deodato qui se distingue nettement, notamment grâce à sa trilogie cannibale, dont Cannibal Holocaust est la figure de proue.

Ce qui fait le succès (au moins critique) de films comme Cannibal Holocaust réside dans le courage des réalisateurs italiens à diriger des scènes d’une violence inouïe. Aujourd’hui, on pourrait peut-être trouver certaines scènes datées et peu impressionnantes, sauf peut-être sur le stricte plan éthique et moral : car observer des animaux sauvages se faire dépecer durant plusieurs minutes (pour de vrai), ou voir des indigènes violentés par des représentants de la civilisation occidentale soi-disant évoluée a de quoi émouvoir.

De fait, il est intéressant de prendre connaissance des raisons qui ont motivé le réalisateur à tourner. Deodato voulait faire un film à charge contre le journalisme moderne et dénoncer son manque de déontologie. Il déclarera ainsi ne pas avoir supporté que son fils soit régulièrement confronté à la violence des médias télévisés, qui cultivaient selon-lui une forme de sensationnalisme. Son film raconte en effet les déboires (lol) d’une équipe de tournage partie à la recherche de civilisations coupées du reste du monde en Amérique du Sud. Arrivée sur place, l’équipe semble prise d’une peur panique et d’une émotion furieuse, et se met à filmer n’importe quoi en cherchant n’importe quel moyen de mettre en scène les pires horreurs qu’ils ne manqueront pas de mettre sur le dos des « sauvages ». Au final, les indigènes se retourneront contre-eux, tout en éprouvant une forte angoisse à l’idée de « fâcher les dieux ». Il faudra une deuxième équipe (de secours cette fois-ci) pour apaiser les tensions et régler une fois pour toutes le conflit.

Lors de la sortie du film, la réception fut tellement violente et traumatique que le réalisateur fut accusé d’avoir volontairement tué ses acteurs sur les lieux du tournage. Deodato fut amené devant les tribunaux, et fut contraint d’apporter les preuves de la mystification face à un public médusé. En revanche, il fut obligé d’admettre les accusations de cruauté envers les animaux, plusieurs d’entre eux ayant été volontairement sacrifiés durant le tournage. Résultat : le film fut censuré voire interdit dans de très nombreux pays. En Australie par exemple, le film fit l’objet d’une interdiction totale jusqu’en octobre 2005. Pour une liste plus exhaustive des interdictions formulées dans d’autres pays du monde, cliquez-ici (la liste est vertigineuse).

Vous l’aurez compris : je vous conseille grandement ce film en particulier si vous ne l’avez pas déjà vu, et si vous n’avez pas peur de vous confronter à un genre très violent qui (je le pense) ferait rougir un Joker sans toutefois utiliser les mêmes ressorts. Notez en dernier lieu que le film a fait l'objet d'une sorte de remake par un grand amateur de sensationnalisme : Eli Roth, déjà responsable en son temps d'une petite saloperie bien crade comme Hostel. Green Inferno se contente ainsi de s'effondrer assez piteusement au moment de vérité, mais a tout de même fait l'objet d'une longue attente avant de profiter d'une édition BR.

Dernière modification par Prelogic (07-11-2019 19:05:49)


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#2 07-11-2019 21:48:54

KIRK
Uniformisation

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Sujet très intéressant car dérangeant ^^ ; j y reviendrais plus longuement. J ai vu ce film en dvd et il ne m avais pas du tout mis mal à l aise pour diverses raisons ^^.

Dans la même thématique je conseille la colline à des yeux 1 et 2 ; le second opus étant encore plus oppressant que le premier à mon sens.

Cannibal Holocaust traite du cannibalisme culturel alors que la colline à des yeux traite du cannibalisme comme résultante et conséquence des essais nucléaires américains sur son propre territoire dans un désert et se situe davantage dans la catégorie << film d horreur >> alors que cannibal holocaust me fait penser à un << documentaire >>

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#3 10-11-2019 15:32:00

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Pour ce qui est de La colline a des yeux (c'est pas de l'italien ! nono ) c'est vraiment un chouette film et la suite est pas mal également.

Par contre Cannibal Holocaust je n'ai jamais osé.
Ado avec les copains on se l'était fait passer en dvix mais je n'ai pu regarder que quelques extraits, la scène de tranchage de parties génitales m'a bien refroidis.
Mais le pire ça a été la décapitation de la tortue, qui est une véritable décapitation. Et ça je peux pas. (on en a parlé dans un épisode de P1P2R à venir).

Peut être un jour Prelo, mais là je ne peux pas ^^


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#4 10-11-2019 15:40:55

KIRK
Uniformisation

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Synock a écrit :

Pour ce qui est de La colline a des yeux (c'est pas de l'italien ! nono ) c'est vraiment un chouette film et la suite est pas mal également.

Oui effectivement mais avais-je le besoin de le préciser ?
Les 2 films sont très connus ^^

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#5 10-11-2019 15:43:56

KIRK
Uniformisation

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Synock a écrit :

Ado avec les copains on se l'était fait passer en dvix mais je n'ai pu regarder que quelques extraits, la scène de tranchage de parties génitales m'a bien refroidis.

Ah ben oui là c est certain ! mdr crux
J espère que toi et tes copains n en sont pas ressortis traumatisés à vie... mdr

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#6 10-11-2019 15:50:48

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

KIRK a écrit :

J'espère que toi et tes copains n en sont pas ressortis traumatisés à vie... mdr

Y en a un qui a fini Gendarme, un publicitaire et un qui s'occupe d'enfants... J'espère VRAIMENT qu'ils ne sont pas traumatisés ! lol


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#7 10-11-2019 18:05:39

Prelogic
Legaliste

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Délicieux témoignage que celui de l'ami Synock mdr moi aussi j'ai du mal avec la tortue. J'estime avoir un seuil de tolérance assez élevé avec ce film, mais c'est le seul passage que je zappe. L'ambiance exotique de Riz Ortolani y est sans doute pour quelque chose dans le malaise ressenti... Bon on pourrait aussi étendre ce topic à l'univers des pseudo snuff-movie - Super 8 avec Nicolas Cage est un modèle du genre, sauf que le film part d'un postulat de base intéressant et sombre progressivement dans le nanard grotesque. Il était disponible sur Netflix pendant un temps, j'ignore si c'est toujours le cas.

Par contre La Colline a des yeux me semble davantage s'inscrire dans le film d'horreur, voire la parodie à certains moments... le premier est un remake d'un film de Wes Craven sorti en 1977. On peut estimer qu'on est là aussi dans le commentaire social, mais je ne me souviens pas y avoir vu la trace d'une quelconque anthropophagie... bon c'est vrai que des gens sont stockés dans un frigo, mais c'est peut-être plus pour des questions pratiques dirons-nous TWISTED

Dernière modification par Prelogic (10-11-2019 18:08:37)


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#8 13-11-2019 00:20:14

yrad
admin

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Synock a écrit :

Mais le pire ça a été la décapitation de la tortue, qui est une véritable décapitation. Et ça je peux pas. (on en a parlé dans un épisode de P1P2R à venir).

Synock, tu devrais aller faire un tour dans les abattoirs du monde réel (qu'il s'agisse d'abattages rituels ou non). Car là, c’est en live, tous les jours, à grande échelle, et à un rythme industriel ! D'authentiques camps d’extermination qui sévissent en toute légalité, et qui ne dérangent personne tant que ça reste loin des yeux... Et c’est bien chez nous que ça se passe, et non en Chine durant le festival de Yulin.
Le film Mondo cane de Paolo Cavara, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi (1962) et le genre mondo qu’ils ont lancé, c’est presque Bambi par rapport au réel.

Pour aller au-delà de Cannibal Holocaust dans "l'insoutenable", il faut s'essayer à des trucs comme Srpski Film de Srdjan Spasojevic (2010), Funny Games de Michael Haneke (1997), Faces Of Death de Conan Le Cilaire (1978), Philosophy Of A Knife d’Andrey Iskanov (2008), les Ginî piggu de Hideshi Hino & co (1986+)… Et il en existe plein d’autres, souvent des Z sortis directement en vidéo, et qui émulent des snuff movies (il arrive même que certains le soient vraiment, du moins en partie)…
Mais sur le terrain non-graphique, le film italien Salò o le 120 giornate di Sodoma de Pier Paolo Pasolini (1975) demeure - encore aujourd'hui - largement indépassable dans le "genre".


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#9 13-11-2019 00:56:41

matou
modérateur

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Salo est en effet un summum dans ce genre viscéral et dérangeant tout en étant aussi un vrai brûlot politique!

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#10 13-11-2019 01:36:54

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

yrad a écrit :

Synock, tu devrais aller faire un tour dans les abattoirs du monde réel (qu'il s'agisse d'abattages rituels ou non). Car là, c’est en live, tous les jours, à grande échelle, et à un rythme industriel ! D'authentiques camps d’extermination qui sévissent en toute légalité, et qui ne dérangent personne tant que ça reste loin des yeux...

Je suis végétarien depuis quelques années smile


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#11 13-11-2019 15:14:55

KIRK
Uniformisation

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

yrad a écrit :

Mais sur le terrain non-graphique, le film italien Salò o le 120 giornate di Sodoma de Pier Paolo Pasolini (1975) demeure - encore aujourd'hui - largement indépassable dans le "genre"

Dans mes souvenirs le film ne traite pas de cannibalisme mais de sadisme et de masochisme à un niveau assez insoutenable il est vrai ; j avais bien aimé malgré un visionnage d une qualité mauvaise ^^ et comme le rappelais Matou, c est aussi un brulot politique de l Italie Fasciste. A voir absolument ne serais ce que pour observer le degré que peut atteindre l homme dans la bestialité une fois les verrous sociaux ou moraux brisés...

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#12 13-11-2019 15:21:32

KIRK
Uniformisation

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

A voir aussi absolument == > Les survivants

Le film retrace le crash du vol 571 de la compagnie Fuerza Aérea Uruguaya dans les Andes, en 1972. L’accident a causé la mort de 29 passagers et seules 16 personnes ont survécu en ayant recours au cannibalisme, pour ne pas mourir de faim.

Le film montre bien un passage << à l acte >> progressif ou le dégout et les interdits sociaux finissent par céder devant l instinct de survie plus fort que tout. C est dans ce type de situation extrême qu un être humain doit se révéler pour le meilleur... ou le pire. Qu aurais je fais ???

crash dans les andes 1972

Dernière modification par KIRK (13-11-2019 15:22:58)

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#13 13-11-2019 15:59:39

yrad
admin

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

KIRK a écrit :
yrad a écrit :

Mais sur le terrain non-graphique, le film italien Salò o le 120 giornate di Sodoma de Pier Paolo Pasolini (1975) demeure - encore aujourd'hui - largement indépassable dans le "genre"

Dans mes souvenirs le film ne traite pas de cannibalisme mais de sadisme et de masochisme à un niveau assez insoutenable il est vrai ; j avais bien aimé malgré un visionnage d une qualité mauvaise ^^ et comme le rappelais Matou, c est aussi un brulot politique de l Italie Fasciste. A voir absolument ne serais ce que pour observer le degré que peut atteindre l homme dans la bestialité une fois les verrous sociaux ou moraux brisés...

Peut-être ne l'ai-je pas assez souligné, mais mon post ne rebondissait pas sur le thème spécifique du cannibalisme, il était une brève réponse à Synock sur la question de l'insoutenabilité ! C'est pour cela que j'avais mis des guillemets à "genre".
Je pourrais moi-même dresser une liste longue comme le bras d'opus traitant du cannibalisme dans le cinéma italien giallo ou ailleurs (souvent comme corollaire d'ailleurs, à l'instar des œuvres post-apocalyptiques tels la série The Walking Dead ou les films Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et The Road de John Hillcoat).
Mais je tenais juste à faire remarquer à l'appui de quelques exemples que ce n'est pas le cannibalisme qui aura été le plus extrêmes et le plus dérangeant dans l'histoire du cinéma de genre...

Quant à Salò o le 120 giornate di Sodoma, c'est assurément un brulot politique (et idéologique) que Pier Paolo Pasolini a construit sur la base d'une des pires outrances (inachevée d'ailleurs) de Donatien Alphonse François de Sade. Mais c'est aussi un film très polémique, admiré par certains, détesté par d'autres pour d'innombrables raisons (pas seulement liées à son caractère "insoutenable"), et l'une des questions récurrentes porte sur la balance naturelle/artificielle de la "démonstration" proposée. Ce n'est pas faute d'avoir vu et revu ce qui existe de plus hard, mais je demeure néanmoins très partagé envers le dernier film de Pasolini (un vaste débat...).
J'avoue en outre largement adhérer à la déconstruction implacable du Marquis de Sade et de son "œuvre" par Michel Onfray...


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#14 13-11-2019 19:51:16

yrad
admin

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Synock a écrit :
yrad a écrit :

Synock, tu devrais aller faire un tour dans les abattoirs du monde réel (qu'il s'agisse d'abattages rituels ou non). Car là, c’est en live, tous les jours, à grande échelle, et à un rythme industriel ! D'authentiques camps d’extermination qui sévissent en toute légalité, et qui ne dérangent personne tant que ça reste loin des yeux...

Je suis végétarien depuis quelques années smile

Au passage, bravo pour ce "sacrifice", Synock. thanks
J’y suis sensible en tant qu’antispéciste à tendance jaïniste
Une démarche qui s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans l’utopie trekkienne. L’humanité de l'UFP proscrit l’assassinat des animaux à des fins hédonistes - les gourmets amoureux de la viande s'appuyant uniquement sur l’usage des synthétiseurs moléculaires.


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#15 13-11-2019 23:21:21

mariuss66
Trekki

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

Je pense que ça vaut la peine de vous raconter....
En 1990, un des amis nous annonce qu'au club vidéo près de chez lui, il y a un film rare, introuvable nulle part qui montre de vrais cannibales. Alors on s'organise un scéance de visionnement. On est environ une quinzaine de personnes, dont 5-6 filles. Nous avons environ 18 ans.

Le film débute, il s'agissait de Cannibal Holocaust, dont personne (à part celui qui nous avait parlé du film) n'avait jamais entendu parler. Nous sommes avant l'internet, bien avant Blair Witch Project.

Nous avons tous cru que le film n'était pas une fiction. Ça nous a semblé tout à fait réaliste, jamais il ne nous est venu à l'esprit qu'il pouvait s'agir d'un faux documentaire. Il y a 2-3 personnes qui n'ont pas été capables de le voir jusqu'au bout. Après la scène finale (particulièrement intense pour ceux qui l'ont vu...), je me souviens que nous somme sortis de la pièce pour aller dans le salon et que personne n'a parlé pendant un bon 10 minutes. Nous étions traumatisés!

Ce film m'a marqué, je ne l'ai vu que cette fois là et je me souviens encore de plusieurs séquences, et cela fait presque 30 ans. Je n'ai su que plusieurs années plus tard que tout cela n'était qu'une mise en scène et que ce film avait atteint le statu de film culte. De coup, je me suis senti bien idiot d'avoir été dupe.... Je me console en pensant que nous avons été loin d'être les seuls!

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#16 14-11-2019 10:08:10

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Le cannibalisme au cinéma [Periode italienne]

mariuss66 a écrit :

[...]Nous sommes avant l'internet, bien avant Blair Witch Project.[...]

Nous avons tous cru que le film n'était pas une fiction. Ça nous a semblé tout à fait réaliste, jamais il ne nous est venu à l'esprit qu'il pouvait s'agir d'un faux documentaire.

Ben tu vois, quand j'ai vu quelques extrait, on avait 18 ans également et mes copains disaient "regarde ce plan ou il se fait couper la zezette... je suis certain que c'est vrai ! Regarde !"
Et pourtant nous avions accès à internet et le film était déjà connu et reconnu.
Au final c'est plus à mettre au crédit du film que les spectateurs et spectatrices soient choqués au point d'en croire la réalité.

ça me rappelle Mad Max avec cette critique qui était certaine d'avoir vu la tête du petit garçon rouler sur la route.
Preuve que le film est tellement happant et bien réalisé qu'il n'est même plus question de suspension d'incrédulité mais bien de projection totale dans l'univers fictif !

(et le fait de repenser encore à ce film 30 ans plus tard participe à cela)

yrad a écrit :

Au passage, bravo pour ce "sacrifice", Synock. thanks [...]
Une démarche qui s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans l’utopie trekkienne.[...]

En effet ! Et j'ai hésité plusieurs fois à parler de ce rapport aux animaux et à la "cause" végétarienne dans un topic dédier mais je ne sais pas comment aborder la chose.

Dernière modification par Synock (14-11-2019 10:10:15)


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