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#176 26-03-2019 16:38:16

Oberon
Section 31

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Guigui le gentil a écrit :

Pas du tout, dans Terminator (juste les 1 et 2 hein), il s'agit d'une boucle comme dans l'armée des 12 singes. Le voyage dans le temps est déjà une composante "normale" du déroulement de la ligne temporelle : les causes étant les conséquences et vice-versa. Bref, dans ce modèle de voyage dans le temps, tout changement est impossible : ce qui doit arriver arrivera.
C'est le principe de T2 et à la fin, lorsqu'ils sont censés avoir fait ce qu'il faut pour que Skynet ne soit pas créé, la fin laisse un putain de doute avec le monologue de Sarah Connor : on a la sensation qu'ils ont réussi mais impossible d'en être sûr, comme une épée de Damocles au dessus de l'humanité. C'est pourquoi le film est si cool et... cohérent.

Très juste rappel de l'excellent travail de Cameron. L'un des postulat de bases utilisé par lui étant que tout voyage dans le temps est définitif, et en ce sens écrit une timeline alternative. Cela lui a permit de justifier les paradoxes de causalités, notamment le plus évident: si il tue Sarah, alors le Terminator n'a aucune raison de voyager dans le temps, et donc ne la tue pas, et ainsi de suite...
Une fois le déplacement dans le temps effectué, le Terminator et Kyle font parti intégrante, temporellement parlant, du monde où ils se trouvent. Sans cet axiome, il est évident que ça ne tiendrai pas debout.

McRaktajino a écrit :

Le problème avec les voyages dans le temps, ce n'est pas vraiment les règles, mais plutôt le nombre d'interactions entre le présent et le futur. Le premier Terminator tenait la route niveau histoire, le 2 a mis le bordel car il s'en fichait de la cohérence (heureusement que le très clair et compréhensible Genisys a tout rendu limpide).

Pas avec ce que Guigui et moi avons rappelé. Et dire de Cameron qu'il s'en fiche de la cohérence, c'est très mal connaître ce maniaque qui repasse toujours derrière son équipe pour vérifier que tout soit conforme à sa vison et sa codification. Avatar est magnifique à cet égard: tout y est justifié scientifiquement. T1 et T2 aussi, mais ça fait plus de nœuds au cerveau quand il faut tout récapituler...

Pour en revenir à l'épisode, c'est un stupide principe de continuité qui est ignoré.
Burnham est suspectée d'être l'ange rouge. Donc tout plan l'incluant pour le piéger est voué à l'échec, puisque son moi futur se souviendra rétroactivement de la conception du piège.
C'est quand-même autrement plus basique que les boucles temporelles et et les timelines alternatives.
Donc ce piège ne tient pas la route une seule seconde. Heureusement qu'ils se sont trompés sur l'identité de l'ange rouge -sauvés par leur propre incurie, c'est assez emblématique de Discovery- sans quoi Burnham aurait juste passé un très sale quart-d'heure pour rien...


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#177 26-03-2019 17:03:10

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

J'aime bien Terminator 2, même si je préfère le 1 et que j'ai plus d'affection pour le 3, mais c'est quand même un drôle de foutoir au niveau de la cohérence avec la 1. Jamais ça ne m'a dérangé, c'est juste un constat. Il a voulu faire revenir le Terminator et cette fois en gentil, une idée très cool, mais clairement pas motivé par une volonté de faire un tout cohérent.

Dernière modification par McRaktajino (26-03-2019 17:06:16)

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#178 26-03-2019 21:30:58

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Oberon a écrit :

Un futur perpétuellement réécrit, en somme.

Si tu prends ça comme base, tu peux justifier ce que tu veux, comme par exemple le fait que dans le 2 on peut envoyer un Terminator tout en métal alors que dans le 1 ils disent que c'est impossible.
Le problème c'est que l'histoire du 1 est pensée comme une boucle et que le 2 arrive derrière en montrant que l'histoire peut se réécrire.
Le coup de dire qu'il y a autant de futurs réécrits que d'éléments paradoxaux, c'est quand même bien pratique. Si on accepte ça, à ce moment Discovery ne devrait pas poser de problème non plus.

Le truc, c'est que Terminator 2 n'a jamais eu comme vocation d'avoir une histoire de voyage dans le temps "crédible", mais un combat dans un milieu familier entre des êtres qui ne le sont pas. Le voyage dans le temps est juste un prétexte.

Par contre dans Discovery, le voyage dans le temps est au cœur de l'intrigue. Il demande une rigueur dont Terminator 2 n'avait pas besoin pour fonctionner et c'est là où ça pose problème.

Dernière modification par McRaktajino (26-03-2019 21:34:47)

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#179 26-03-2019 22:19:12

Oberon
Section 31

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

McRaktajino a écrit :

Si tu prends ça comme base, tu peux justifier ce que tu veux, comme par exemple le fait que dans le 2 on peut envoyer un Terminator tout en métal alors que dans le 1 ils disent que c'est impossible.

Le T-1000 est capable de répliquer les composants organiques (textiles, cuir, donc la peau humaine) qu'il a eu l’occasion d'analyser via le toucher. C'est dit explicitement par Schwarzy dans le film, donc aucune incohérence sur ce point.
Je m'inscris donc en faux de ton résumé de T2, mais encore une fois, ce n'est pas le topic pour en débattre, j'en resterai donc là.

McRaktajino a écrit :

Le coup de dire qu'il y a autant de futurs réécrits que d'éléments paradoxaux, c'est quand même bien pratique. Si on accepte ça, à ce moment Discovery ne devrait pas poser de problème non plus.

Même pas, car il faudrait au moins être cohérent avec la ligne temporelle en cours, ce que Discovery n'arrive même pas à faire... Le coup d'impliquer Burnham dans un piège destiné à la capturer, c'est plus de l'incohérence, c'est carrément débile.
Au pire, si je suivais ton argument, on pourrait taxer T2 d'incohérent, mais pas d'inconséquent, ce que Discovery réussit pourtant à être!


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#180 26-03-2019 22:41:09

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Dans le film ils parlent bien d'imiter quelque chose, pas de le répliquer. C'est pour ça d'ailleurs que le T-1000 a des limites et qu'il ne peut pas faire des choses trop complexes, comme des bombes.
Pour le coup je trouverais plus cohérent une réécriture de l'histoire pour modifier la machine à voyager dans le temps que ça.

Pour moi ça a du sens d'en parler ici, car on compare deux voyages dans le temps et l'impact de leurs cohérences sur l'ensemble.
Si je devais juste parler de Terminator 2, je n'aborderais sûrement pas le sujet de la cohérence du voyage dans le temps tellement il y a beaucoup plus intéressant à dire sur ce film.

Dernière modification par McRaktajino (26-03-2019 23:18:55)

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#181 26-03-2019 22:41:53

Guigui le gentil
membre

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Ce n'était pas clair puisqu'ils disent que le docteur devra la réanimer. Et Spock ne comprend vraiment ce qu'il a à faire qu'en voyant Micheal souffrir lui rappelant un truc...

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#182 26-03-2019 23:10:32

dl500
TOS Forever

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Coucou.
J'ai signalé votre conversation sur terminator pour la placer dans le topic dédié.
Elle est intéressante et mérite d'être développée au bon endroit. wink


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#183 23-05-2019 20:02:07

IMZADI
Memory Alpha

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

1ère bande-annonce de Terminator dark fate

Flash required


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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#184 23-05-2019 22:34:23

dl500
TOS Forever

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Et bah...
Ça ne fait pas rêver. Rien d'original.
J'espère qu'on ne s'oriente pas vers un troisième ratage. (non, rise of the machines est bien meilleur que les 2 suivants...)


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#185 24-05-2019 00:15:26

matou
modérateur

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Le film a une bonne idée d’histoire mais le numérique se voit trop.

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#186 24-05-2019 09:07:35

Prelogic
Legaliste

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Quelle tristesse cette bande-annonce… je m’attendais à quelque chose d’un peu plus épique, avec une véritable densité dramatique. Après tout, on nous a très rapidement vendu ce film comme « le prolongement intellectuel honnête de T2 ». J’avais tort. Ça sent le fric facile sur une réputation de marque, on se croirait devant un spot promo pour une marque de tequila ou de chewing-gum. Rien ne fonctionne sans James Cameron à la tâche – oui, sa société de production Lighstorm Entertainment a mis des billes dans ce projet, mais quel a été le degré d’implication de Cameron sur ce film ? Que lui reste-t-il en termes de propriété intellectuelle sur cette franchise qu’il a lui-même contribué à créer ?

Bref, la franchise Terminator commençait déjà à décliner avec Rise of the Machines – même si la prestation de Kristanna Loken était sympathique. T4 avait essayé de faire évoluer l’histoire, mais son univers conceptuel post-appo s’était rapidement essoufflé sous le poids de l’héritage. Genisys n’a pas été franchement mémorable, et s’était chargé de standardiser un peu plus la franchise. A la grande limite, je pense qu'il n'y a que la série qui s'en sort avec les honneurs, précisément parce que le médium est différent et permet donc d'explorer de nouvelles idées dans un format alternatif.

Que les studios laissent l’univers de Terminator tranquille un peu… le cœur du sujet a été largement dépeint par Cameron, sous l’apparence d’une ville en flammes, ces corps calcinés qui hurlent à la mort et ces chevaux de bois qui étaient autant d’annonciateurs de l’apocalypse. Je ne vois pas ce qu’on peut rêver de mieux pour cet univers en termes d’impact visuel.

Dernière modification par Prelogic (24-05-2019 09:10:02)

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#187 24-05-2019 12:35:50

matou
modérateur

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Je ne serai pas aussi pessimiste.
Le choix du Terminator me surprend. Mais on ne voit pas assez la mise en scène autour de lui.
L'arrivée de Linda Hamilton est en revanche, un vrai plaisir. Pas par fan service, mais parce que Sarah Connor est restée Sarah Connor. Et que l'on met en avant une actrice dans un role rarement vu.

J'attends de voir ce que le film donnera mais on sent vraiment la patte de Miller. Mais si sur Deadpool, cette photographie et effet speciaux, cela passait, ici, j'adhère moins. Un coté bien trop BD.  Ce qui à la limite, peu plaire.
Le budget semble cependant très limité pour ce genre de chose.

Je pense que coté histoire, le film en a encore sous le capot. Mais, il ne faudra pas se rater.

Note:
C'est quand même dingue que de nos jours, avec les moyens modernes, on arrive à moins donner l'impression dans la mise en mettre en scène des machines, un coté implacable, puissant, âpre. Le numérique a amené une inflation de "spectacles" qui demande d'être mieux pensé.
A ce jeu là, le seul Terminator  post T2 ayant réussi cela, fut renaissance.
Je ne vais pas faire dans l’esbroufe "pratical", mais clairement, on arrive à un besoin de théorisation ici, ie qu'est ce que l'on fait pour garder des éléments réels et quand l'utilisation du numérique se voit trop.

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#188 24-05-2019 13:07:51

Prelogic
Legaliste

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Je suis en accord avec toi à 99%.

Là où nous sommes d’accord : oui la franchise en a sous le capot. Terminator, c’est un univers de possibilités que T4 avait d’ailleurs intelligemment exploré notamment avec le personnage de Sam Worthington (un cyborg qui s’ignore, et qui interroge donc sur la nature « humaine »). Autre chose aussi : malgré mon aversion pour la promo « practical » qui est l’antithèse même d’une réflexion conceptuelle honnête et légitime, je reconnais également que le numérique a profondément modifié le regard que nous portons sur les effets visuels, et la question même de la réception du divertissement ciné populaire. Le numérique devait ouvrir les vannes et libérer les artistes, au lieu de cela il est devenu l’ennemi à combattre et il a quasiment réussi à réhabiliter l’animatronique et l’animation traditionnelle – sans parler de ce retour en grâce de la direction photographique, qui avait semble-t-il été progressivement désavouée dans la chaîne de décisions numérique.

On a dans cette bande-annonce une mauvaise utilisation des effets numériques, qui donnent finalement le sentiment d’avoir tout vu avant même d’être devant le film. Sans parler de cette dimension infantilisante : ça castagne, ça plombe, c’est plein de badasserie pour exciter les plus jeunes, mais… c’est du déjà-vu. Et la sidération du spectacle post-appocalyptique a disparu, alors même que la promesse d’un monde en ruine constituait l’argument de vente principal.

Je suis persuadé qu’avec un budget minimal, voire dérisoire, James Cameron arriverait quand même à nous scotcher à notre siège. Là, on a le sentiment d’un spectacle standardisé, qui n’a de « sombre » que le mot. Je n’ai rien contre le fait de revoir Linda Hamilton, mais j’ai tout de même de la peine de la voir cachetonner comme ça…

Pour le moment, je ne suis pas du tout intéressé.

Dernière modification par Prelogic (24-05-2019 13:09:26)

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#189 27-05-2019 08:25:08

Oberon
Section 31

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Assez en accord avec les réserves émises par Prelogic. Pour l'heure, nous sommes devant une bande-annonce très peu originale, avant tout destiné à séduire le public jeune. La question devenant alors: quid du public plus mature?
Car si T1 et T2 ont été aussi marquant en leur temps, c'était parce qu'ils proposaient plusieurs niveaux de lecture, allant d'une action menée tambour-battant à une réflexion sur l'humanité, son devenir et ses pulsions auto-destructrices. À partir du 3, la partie réflexion avait sacrément chuté, rendant les opus dispensables, ou pire...
Je doute néanmoins que Cameron aurait proposé un film de qualité pour un prix dérisoire, Prelogic, tant ce dernier a toujours eu à coeur de faire des œuvres, certes marquantes et de qualité, mais coûtant très cher! T2 était à sa sortie le film le plus cher de l'histoire, pour un montant de 100 millions de dollars. Notre cher James est du genre à mettre les petits plats dans les grands!
Pour en revenir au sujet, je fais également parti de ceux qui restent circonspects face à ce trailer. Une question me taraude d'ailleurs grandement: où est John Connor? Les théories vont bon train en ligne, et je ne peux qu'espérer que les pires sont illégitimes. Parce que revoir Sarah aussi impressionnante qu'il y a presque 30 ans, super, mais si c'est pour que John soit éclipsé (ou pire) dans le procédé, ça serait bien moins enthousiasmant...
Ce Terminator va payer (un peu injustement d'ailleurs) plusieurs années où d'autres franchises cultes ont été saccagées par la cupidité des studios (SW et ST en tête). La confiance est rompue, sans compter que Terminator a sérieusement décliné à partir de 3. Je suivrai donc sa sortie avec un intérêt relatif et une méfiance certaine, et il est pour l'heure impensable pour moi d'aller le voir en salle avant d'avoir la première vague de retour des spectateurs.
À suivre, mais sans grande conviction...


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#190 27-05-2019 10:17:57

Prelogic
Legaliste

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Oberon a écrit :

Je doute néanmoins que Cameron aurait proposé un film de qualité pour un prix dérisoire, Prelogic, tant ce dernier a toujours eu à coeur de faire des œuvres, certes marquantes et de qualité, mais coûtant très cher!

J’aime parfois raisonner à l’extrême, il ne faut pas hésiter à me le faire remarquer ! razz Cela dit, quelle que soit l’extrémité à laquelle nous nous raccrochons, nous parvenons tout de même à nous rejoindre sur le fait que Lucas et Cameron sont des « world builders » avant tout, l’argent n’étant qu’une variable d’ajustement pour concrétiser leur vision. Pour Titanic, Cameron a joué avec les nerfs (et l’argent !) des studios car son ambition en termes de reconstitution était sans concession. Cameron était prêt à couler avec le navire, contre l’avis des studios qui voulaient freiner ses ardeurs, paniqués à l’idée de voir le budget du film enfler. On connait le résultat. Ce mec a des attributs naturels gros comme des noix de coco.

Les « worlds builders » comme Lucas ou Cameron ont toujours eu une relation contrariée / conflictuelle avec les studios, et cette relation contrariée se mesure ostensiblement à l’écran : du grand spectacle, oui, mais aussi un travail d’écriture qui suinte l’anthologie à chaque instant. Des visuels mémorables, avec une force d’évocation manifeste. Du divertissement populaire dans sa forme la plus noble.

En réalité, je posais indirectement la question du coût d’un film comme T2 aujourd’hui : pas besoin d’avoir un budget de blockbuster pour filmer des course-poursuites à moto dans les rues de Los-Angeles et conserver cette dimension apocalyptique / anxiogène dans l’écriture. Quant à la modélisation du T1000 aujourd’hui, ce serait de la rigolade pour ILM. Terminator Dark Fate aujourd’hui, et d’après les infos disponibles, c’est 160 – 200 millions de dollars. Terminator 2 à l’époque, c’est approximativement 100 millions de dollars (dont 53 millions rien que pour les effets spéciaux). Bien sûr, on ne tient pas compte ici de l’influence de la promotion ou de l’inflation. Mais si, pour un écart de 60 à 100 million de dollars, on nous rejoue l’éternel combat du bien contre le mal dans les rues de Los-Angeles, ça va coincer. Si l’idée est de nous proposer une expérience revivaliste visant à désavouer le film précédent sur des bases clientélistes, je dis que ce film ne vaut d’ores et déjà guère mieux que son prédécesseur. Linda Hamilton ou pas.

L’univers de Terminator joue sa mélodie sur un registre bien connu : celui de l’angoisse d’un monde nucléaire. Mais la vision de Cameron était autrement plus sidérante, presque fantastique : on ne nous montre jamais l’homme en train de lâcher la bombe, l’attention est concentrée sur les conséquences du nucléaire sur la vie quotidienne : des enfants calcinés, l’innocence détruite, etc..

Oberon a écrit :

La confiance est rompue

C’est totalement ça en ce qui me concerne. Et le résultat est quasiment toujours le même à chaque fois, inutile de se voiler la face. Les studios s’emparent de propriétés intellectuelles à fort potentiel, font joujou quelques années avec la réputation de marque et dirigent le tout droit dans le mur. Au-delà même de la situation extraordinairement tendue sur une franchise comme Star Wars (qui a été construite justement comme un refuge créatif contre le système), il faut se rappeler les polémiques sur le casting féminin de Ghostbusters 3 : en réalité, le public n’avait rien contre les actrices, mais plutôt contre l’utilisation de caractéristiques bien connues qu’on a essayé de transposer d’un univers à l’autre : la scientifique un peu dans son monde, la tarée qui fait des blagues, la gentille pragmatique et le quota de service servant uniquement… de taxi – Comme si on pouvait résumer le personnage incarné par Ernie Hudson de cette manière…

Et je ne parle même pas de ce qui se passe sur la franchise Jurassic Park en ce moment : c’est d’une tristitude infinie…

Bref, j'ai la drôle d'impression qu'avec ce Dark Fate, l'univers de Terminator est coincé dans sa propre boucle, condamné à revivre éternellement le même schéma conflictuel, avec cette sur-couche de sidération lié au travail de Cameron. Comme si Tim Miller n'osait pas contrarier la mythologie avec une véritable proposition fantastique / un retournement de situation. Avec Renaissance, on avait déjà une amorce de ce que pouvait donner le fait de s'interroger sur les messages délivrés par la franchise. Mais trop tard, et pas assez. Cameron va servir ici uniquement de caution morale, et il se contentera probablement de constater avec un détachement feint l'influence déterminante des années 90 (période qu'il a lui même marqué au fer rouge).

Dernière modification par Prelogic (27-05-2019 10:29:59)

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#191 27-05-2019 11:02:28

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

La fille serait comme Sam Worthington dans le 4. C'était pas si mal comme idée, dommage qu'elle est été assez mal utilisée. Une idée qu'ils avaient piquée à American cyborg.

Le numérique est moche, mais ça sera sûrement amélioré dans le film.

Donc ce n'est pas une suite de Terminator Genisys. Cameron l'avait aimé, mais vu le succès critique du film, on peut comprendre qu'il laisse un peu tomber.

Dernière modification par McRaktajino (27-05-2019 11:03:38)

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#192 27-05-2019 17:46:35

scorpius
Nowhere Man

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Beaucoup de mal à m'intéresser à ce film. Chaque nouvelle itération de la franchise étant annulée par la suivante, difficile de s'investir. Que ce soit au niveau de l'univers ou des nouveaux personnages/anciens personnages réinventés, dès qu'on commence à s'y attacher, au film suivant, on nous demande de tout oublier. C'est quand même un peu naze...

Genisys avait un paquet de problèmes en tout genre, mais j'avais bien aimé la Sarah Connor d'Emilia Clarke, j'avais bien aimé l'idée de découvrir un Reese au-delà du prisme de son destin tragique. J'avais bien aimé la relation entre le T-800 et Sarah. J'avais bien aimé que Arnie devienne un T-1000 à la fin. Et surtout, j'avais bien aimé l'idée d'étendre le "spectre" de la franchise, avec un conflit temporel qui ne se joue plus sur plusieurs époques, mais carrément sur plusieurs réalités/lignes temporelles. Selon Jason Clarke, il était prévu que du point de vue de John, la suite de Genisys se situe après sa "contamination" par le T-5000, mais avant qu'il retrouve ses parents en 2015 dans Genisys. On l'aurait suivit alors qu'il lutte contre Skynet qui le "reprogramme", on l'aurait vu perdre petit à petit son humanité. Ca aurait été cool...

Mais comme pour Salvation, comme pour Sarah Connor Chronicles (dans une moindre mesure) ça va rester à l'état de promesses, non-tenues, frustrantes. Du coup, ouais, j'ai du mal à m'emballer pour ce "Dark Fate", malgré le retour de Cameron à la prod'.


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#193 27-05-2019 20:19:35

matou
modérateur

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Perso Genesys je n’ai pas adhéré. Les acteurs ne collent pas. De bonnes idées mais ça ne décolle pas.
Savation a en revanche d’excellents acteurs, de bonnes idées, mais passe à côté de son sujet.
T3 c’est un film étriqué à tous les points de vus.

Salvation est le seul à réussir à iconiser les personnages importants.
Or cette iconisation a fait le succès des deux premiers films.
Implacables, lent mais inexorables, puissant, sauvage, désespéré, forte et fébrile à la fois, tous les personnages ont un traitement et une mise en scène qui vous attrape et ne vous lâche pas .
Les films de Cameron on un côté âpre, brut et fluide à la fois.
Mais cela est possible car il y a aussi un fond, une réflexion sur bien des sujets.
Sans cette alliance du fond amenant à réfléchir et d’une forme sachant mettre en scène les contrastes de l’opposition de l’humain et des machines, il n’y a rien à attendre du film.

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#194 27-05-2019 20:23:07

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

scorpius a écrit :

Chaque nouvelle itération de la franchise étant annulée par la suivante, difficile de s'investir. Que ce soit au niveau de l'univers ou des nouveaux personnages/anciens personnages réinventés, dès qu'on commence à s'y attacher, au film suivant, on nous demande de tout oublier. C'est quand même un peu naze....

C'est un peu de ça que parlent les films au final, l'annulation et la récriture. En plus dans un contexte où le voyage dans le temps sert juste de prétexte pour poser ton histoire à l'époque que tu souhaites, comme le fait Genisys (en abusant même), ils n'ont carrément aucune contrainte interne pour changer ce qu'ils veulent.

Après, je ne pense pas que ça soit l'intention première d'annuler ce qui a été fait, c'est juste que les derniers films n'ont pas très bien marché. Pour ID4, la suite n'a pas marché, c'est mort, il n'y aura plus de film ID4 alors qu'il devait y avoir un 3 (en plus il n'était pas si mal Resurgence). Ici on profite juste de la possibilité de reprendre très facilement avant que ça commence à "décliner". Dans quelques années c'est pas impossible que les puristes sortent des : pour moi Terminator c'est juste le 1, le 2 et Dark Fate.

Dernière modification par McRaktajino (27-05-2019 20:33:13)

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#195 29-05-2019 14:14:33

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

matou a écrit :

T3 c’est un film étriqué à tous les points de vus.

Je le trouve plus maladroit.

L'histoire du Jugement Dernier qui est une fatalité peut apparaître comme un simple prétexte à faire revenir des Terminators, mais je le trouve assez intressant car il revient sur ce que le 1 avait posé sans pour autant dénigrer le 2.

Dans le 2 je trouve que nous avons une régression du personnage de Sarah. À la fin du 1 elle accepte son futur, la tempête arrive et elle dit juste "je sais", pas "je vais l'empêcher"
Dans le 2 elle fait tout son possible pour essayer de l'arrêter, elle refuse son futur. À mes yeux, l'acception est plutôt une maturité qu'on acquière après la lutte. Mais il faut voir que le 1 n'était pas pensé comme ayant une suite et il est assez normal par rapport au propos du film qu'elle ne cherche pas à lutter.
Cette régression était nécessaire pour faire évoluer le propos du 2.

Dans le 3 nous avons une façon de voir proche de la base de "Destination finale" qui est : tu as échappé à la mort, mais elle va tout faire pour t'avoir quand même, ce n'est que provisoire. C'est la même chose avec le Jugement Dernier, il finira toujours par arriver, tu ne peux qu'en modifier la manière.

Que reste t'il de la lutte de Sarah contre le futur, lutte qu'on retrouve aussi dans le 3, sa partie humaine. Comme le dit John à la fin : "le Jugement Dernier est inéluctable, le Terminator le savait, il a essayé de me prévenir, mais je ne voulais rien écouter". Sarah savait peut-être au fond d'elle-même que sa lutte était vaine, mais la mener quand même est typique d'un humain, car la logique, la pensée d'une machine, aurait été d'accepter. Notre capacité à dépasser la logique, c'est ce qui fait de nous des humains, oui, Star Trek le film.

Le 3 n'a pas cassé ce que le 2 avait mis en place, il a juste mis en avant sa partie humaine. Chose assez pertinente dans une lutte contre des êtres qui en sont dépourvus.


Après, le film en lui même a pas mal de défauts. Un côté parodique pas forcement adapté, une Terminatorette bimbo un peu gratuite (perso je suis fan quand même car : actrice qui assure + tenue en cuire rouge) et une dernière partie dans la base militaire assez bancale.

Dernière modification par McRaktajino (29-05-2019 14:29:19)

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#196 29-05-2019 14:55:52

Prelogic
Legaliste

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Terminator 3 aurait dû être l’opportunité de conclure un cycle, celui initié depuis le 1er film :

1 – La nature humaine est ce qu’elle est : le Jugement Dernier est inévitable. On aura beau modifier le présent, l’avenir reste sombre pour l’humanité et le spectre d’une Guerre Nucléaire demeure.

2 – Plutôt que de mener une guerre incessante contre les machines ou de les corrompre pour servir leur maître, pourquoi ne pas tenter une alliance ? Le personnage de Sam Worthington aurait dû être le chainon manquant de cette paix possible (en lieu et place de Kristanna « boobs » Loken).

3 – Accepter de construire ensemble un autre avenir sur les ruines de l’utopie – exactement, finalement, comme la conclusion en demi-teinte de Matrix Revolutions qui propose aux humains de rester dans la Matrice remaniée positivement, ou de la quitter s’ils le souhaitent.

Finalement, on a le sentiment que tout a été mis en œuvre depuis 2003 pour rallonger la sauce. Le postulat de départ (Le Jugement Dernier est inévitable) sert désormais de prétexte pour gagner du temps et parier sur l’attrait du public pour des scènes « badass » filmées au ralenti. L’histoire n’avance plus, elle piétine.

J’aimerais voir Sarah Connor ouvrir une porte, et découvrir en réalité que son monde est une illusion conçue dès le départ par les machines pour lui donner un peu d’espoir. J’aimerais que John Connor découvre qu’il est un hybride moitié humain / moitié cyborg, sa mère découvrant par la même occasion qu’elle a été fécondée par un cyborg gigerien renégat ou complice du système Skynet. Mais je sais d’avance que les studios ne se risqueront jamais à de telles extrémités philosophiques : il ne faut pas risquer de perdre le public, qui veut manger sa ration de « car-chase » dans les rues de Los-Angeles avec un gros camion qui détruit passerelles d’autoroute et rambardes de sécurité.

Je pense que l’avenir de la franchise n’appartient plus au cinéma, mais à la télévision ou en comics. Il faut tenter de s’extraire tant que cela reste possible des logiques ultra-libérales qui cherchent à attirer le chaland à coup de centaines de millions de dollars de promotion. Netflix pourrait éventuellement négocier un projet d’adaptation. Je ne serais pas contre. Mais pour ce qui concerne le cinéma, c’est foutu pour le moment.

Dernière modification par Prelogic (29-05-2019 15:30:07)

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#197 29-05-2019 16:06:55

matou
modérateur

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Sur le constat je suis assez d’accord.
Après le problème de cette franchise c’est qu’elle doit approfondir certaines structures sinon elle va finir en eau de boudin.
L’inéluctable pose problème et surtout rend vain ce que font les personnages (même Sisyphe fatigue).
Les voyages temporels et leur mécanique.
Le propos général.

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#198 30-05-2019 15:26:45

scorpius
Nowhere Man

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

McRaktajino a écrit :

C'est un peu de ça que parlent les films au final, l'annulation et la récriture. En plus dans un contexte où le voyage dans le temps sert juste de prétexte pour poser ton histoire à l'époque que tu souhaites, comme le fait Genisys (en abusant même), ils n'ont carrément aucune contrainte interne pour changer ce qu'ils veulent.

Après, je ne pense pas que ça soit l'intention première d'annuler ce qui a été fait, c'est juste que les derniers films n'ont pas très bien marché. Pour ID4, la suite n'a pas marché, c'est mort, il n'y aura plus de film ID4 alors qu'il devait y avoir un 3 (en plus il n'était pas si mal Resurgence). Ici on profite juste de la possibilité de reprendre très facilement avant que ça commence à "décliner". Dans quelques années c'est pas impossible que les puristes sortent des : pour moi Terminator c'est juste le 1, le 2 et Dark Fate.

La première partie de ton message est une interprétation bien généreuse, je trouve.

Comme tu le dis plus bas, les changements d'orientations de la franchise, ils ne découlent pas d'un choix artistique quelconque, mais bien de la réception des oeuvres. J'en suis conscient, mais je regrette qu'ils n'aient pas malgré tout essayer de fidéliser un minimum le public pour batir un succès sur la durée. L'univers/les personnages de Salvation ou Genisys avaient du potentiel, pas forcément très bien exploité, mais que ce potentiel soit à chaque fois abandonné au profit de la solution facile du reboot, ça me fait un peu chier.

Dernière modification par scorpius (30-05-2019 15:27:05)


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#199 30-05-2019 18:17:02

mypreciousnico
_________

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Je suis moi aussi assez circonspect devant cette bande annonce. Visuellement c’est pas hyper beau, ça ressemble au Deadpool du même Tim Miller et ça ne semble pas offrir grand chose de bien neuf. Reste Hamilton, bien badass comme il faut et l'incertitude quant au rôle de Schwarzy dans l'histoire (humain, cyborg...). Il faut voir ce qui va être fait des nouveaux personnages qui nous sont présentés ici. Peut-être que ça sera intéressant.
SI je suis honnête, il me faut admettre que je suis hyper partial. Je ne me suis toujours pas remis de l'annulation des suites de Salvation et des Chroniques de Sarah Connor. Genysis était un ratage total, fun certes, mais raté. Que l'on me propose pour la deuxième fois un opus qui ignore quasiment toute la saga ne m'incite pas à attendre le film impatiemment.
Aujourd'hui j'ai du mal à être fan de Terminator : la saga n'a plus d'unité, plus de sens. La faute à trop d'opus sans suites et conséquences. Difficile de s'investir et d'y croire.

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#200 03-06-2019 14:51:39

McRaktajino
membre du club

Re : Terminator : l'univers de SF le plus traumatique ?

Pour Terminator Salvation, j'aime assez ce film. En mettant de côté son histoire inutilement tarabiscotée, on a quand même pas mal de bonnes idées.

Pour moi son principal problème est qu'il n'a pas d'identité visuelle propre. Il y avait ce futur qu'on voyait dans le 1, toujours de nuit avec un style graphique assez fort. Ils n'ont pas voulu reprendre ça, je dirais même qu'ils ont tout fait pour que rien ne s'en approche. Peut-être dans le but de bien se démarquer, de tourner une page, ou c'était juste une histoire de budget, je n'en sais rien.
Mais en échange on a un gros mix de Resident Evil, Mad Max, Transformers, Terminator, sans que ça donne l'impression de faire un tout cohérent, visuellement et même conceptuellement.

Personnellement ça ne m'a pas dérangé plus que ça et sur certains aspects ça m'avait rappelé avec plaisir les séries B post-apo un peu fauchées, tournées dans des usines désaffectées (surtout la fin chez Skynet).

C'est dommage qu'ils n'aient pas pu s'affirmer dans une suite. Apparemment ils avaient prévu quelque chose avec les étranges silhouettes que voit Kyle dans l'usine de tri.

En plus Salvation était la bonne occasion de libérer la franchise d'Arnold. Le film avait amorcé un décrochage en douceur, alors que maintenant il semble impensable de faire un opus sans lui.

Dernière modification par McRaktajino (03-06-2019 15:05:34)

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