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#26 18-03-2019 21:33:01

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Warp9 a écrit :

contrairement à ce que pense certains je doute énormément que cette récente manie d'étaler comme çà, subitement leur "politics" soit une réaction épidermique à l'élection de Donald Trump.

Pardonne-moi, je pense tout à fait le contraire. En fait, ce n’est pas tant l’élection de Trump qui a cristallé les tensions, mais la personne-même de Trump ! Non seulement le type n’a jamais été jugé en mesure de diriger le pays, n’ayant pas les compétences politiques nécessaires, mais il a également d’impressionnantes casseroles publiques et personnelles derrière lui. Trump, c’est l’homme de la fameuse polémique « grab them by the pussy ». Trump, c’est aussi l’affaire « Stormy Daniels », actrice disons exotique qui affirme avoir eu une liaison avec lui entre 2006 et 2007. Trump, c’est aussi l’enquête sur une « collusion » entre son équipe de campagne et la Russie durant la campagne électorale de 2016. Trump, c’est la défiance permanente vis-à-vis des principaux médias accusés de faire le jeu du camp adverse. Dernière polémique en date : Trump qui se pose en victime des médias qui établiraient selon lui un lien douteux entre sa politique et « l’attaque horrible en Nouvelle-Zelande ». Il ne faut pas sous-estimer ce que peut représenter Trump dans l’imaginaire collectif.

Quand Brie Larson fustige l’homme blanc, elle fustige en réalité Donald Trump et tout ce qu’il représente. Quand Kathleen Kennedy sort le t-shirt « The Force is Female », elle envoie également le même genre de message. Sauf que dans un cas, on a les déclarations du rôle principal d'une grosse machine, de l'autre on a les sorties d'un responsable / PDG. Les responsabilités ne sont pas les mêmes. Quand James Gunn est viré par le studio pour des propos stupides tenus 10 ans en arrière (pour être repris in extremis quelques semaines plus tard), j'ai plutôt envie de dénoncer l'attitude hypocrite des studios. De toute façon, Captain Marvel est un film solide à tout point de vue, bénéficiant des retombées d'un modèle économique qui a fait ses preuves. Et l'attitude de Brie Larson n'a manifestement pas fait fléchir le box-office.

Bush père et fils avaient encore la possibilité de se cacher derrière la guerre en Irak et les attentats du 11 septembre pour susciter un sentiment d’adhésion : « Vous êtes avec nous ou contre nous », clamait Bush après le 11 septembre. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’accélération des revendications identitaires contre Trump, et Hollywood est une caisse de résonance idéale pour ce faire. On ne compte plus les sorties de Samuel Jackson, Robert de Niro ou Schwarzy qui dénoncent l'attitude de Trump sur le climat, son comportement de manière générale, sa vision du monde, cette obsession pour la construction d'un mur anti-migrants, etc..

Sinon, quelqu'un peut me dire pourquoi tout le monde a l'air énervé sur ce topic ? mdr

Dernière modification par Prelogic (18-03-2019 22:33:04)


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#27 19-03-2019 12:32:04

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Warp 9 a écrit :

Mais pendant longtemps ils séparaient leur image publique de leur convictions personelles.

Jane Fonda affirmait dès qu'elle le pouvait son opposition à la guerre du vietnam.
En 1973, Marlon Brando a décliné un oscar pour montrer son opposition à la manière dont étaient traités les peuples natifs américains au cinéma et à la télévision et par rapports aux évènements de "Wounded Knee"
Tiens même Nichelle Nichols utilisait son rôle d'Uhura pour faire recruter des personnes noires à la NASA.
Paddy Chayefsky a déclaré en 1978 qu'il en avait marre de voir des gens utiliser l'occasion des Academy Awards pour pour propager leur propre propagande politique personnelle. (Ce qui veut bien dire que ça arrivait souvent).

Enfin bon je ne vais pas faire une liste mais des personnalités du cinéma qui utilisaient leur image publique pour parler de leurs convictions politiques il y en a toujours eu, ça n'a rien de nouveau.

Warp 9 a écrit :

Ces temps ci ils croient que c'est une brilliante idée que de vous les lancer à la gueule pour promouvoir & défendre leurs productions. Tu sais?

Et c'est une mauvaise idée ? Pourquoi ?

Warp 9 a écrit :

Comme une certaine blondasse ci-haut mentionnée qui a récemment dit que son film n'est pas fait pour les hommes blancs?

Elle a dit ça quand et où ? J'ai cherché un peu mais je n'ai pas trouvé cette déclaration. De ce que j'ai vu, elle a pointé du doigt le fait qu'il y a un écrasante majorité de critiques ciné pro qui sont des hommes blancs et appelé à plus d'inclusion dans la profession (en citant une étude sur le sujet), mais ça c'était lorsqu'elle a reçu un Crystal Award pour ses rôles précédents (et en précisant explicitement qu'elle n'avait aucune haine contre les hommes blancs). Sinon elle a demandé à une journaliste handicapée de l'interviewer et elle y explique cette demande par le fait qu'elle veut plus de diversité dans les gens qui l'interviewe, parce qu'elle a fait le constat que ces interviewers étaient une écrasante majorité d'hommes blancs. Mais je n'ai pas trouvé d'endroit où elle dit que son film "n'est pas fait pour les hommes blancs".
Si tu peux me dire quand et où elle a dit ça, ou si tu a un lien vers l'article où tu l'a lu, ça m'intéresse. Parce que j'avoue que c'est un peu long de faire des recherches pour trouver les infos. (Pareil pour la déclaration de JJ Abrams si possible).
C'est pas que je ne te fais pas confiance, c'est que j'aime avoir le contexte des choses pour me faire mon idée par moi même.

Dernière modification par DrAg0r (19-03-2019 12:35:04)


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#28 19-03-2019 18:45:14

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Warp 9 a écrit :

Tu veux savoir quelque chose de Lolant Synock?

Ce qui est lolant, pour moi, c'est de penser que tous les films populaires présentant un homme blanc bien membré chopant la gonzesse à gros seins à la fin du film, ne soit pas de la politique.

Ce qui est lolant également c'est de voir que lorsqu'un film est jugé mauvais (comme Iron Man 3 apparemment) on dise que le scénar' était pourri ou que la réalisation était pourri ou que sais-je encore. Mais quand un film inclusif est jugé mauvais, ah bha faut pas chercher c'est parce qu'ils ont mis "une blondasse" ou un noir sur le devant de l'affiche gratuitement.


Pour ce que tu dis un peu après à propos de Eastwood et de sa dichotomie (ouais j'ai appris ce mot il y a deux jours) : Une fois qu'Eastwood est passé du côté production et réalisation on s'est rendu compte que ses messages étaient très différents du simple pan-pan qu'il nous montrait jusqu'alors.
Même sans savoir la vie personnelle d'une personne ce qui compte c'est le message passé. La production des 70's juqu'aux 2010's (ça ce dit ça ?) était pro blanche-américaine-violente-hétéro-cisgenre donc forcément Durty Harry était bien membré !

Je comprends la gêne ressentie à propos de l'inclusion des minorités dans le cinéma. Oui il arrive très souvent que ça soit forcé.
Mais peut être faut-il voir cela comme une porte close qu'un gros machin dégomme, il arrive avec ses gros sabots, défonce la porte, tout le monde le regarde en se disant "mais pourquoi il a pas simplement frappé à la porte ce con ? On lui aurait ouvert.". Mais le soucis c'est, pourquoi ce gros machin aurait dû frapper à la porte ? C'est pas normal, les autres arrivent et on la porte qui s'ouvre automatiquement. Alors tout le monde lui crache dessus.
MAIS
La porte n'existe plus, donc tous les autres machins vont pouvoir rentrer librement.

Je sais que ma parabole est assez naze mais elle représente assez clairement ma vision de la chose.
L'inclusif c'est peut être chiant pour certaines personnes (moi j'aime beaucoup) mais c'est nécessaire pour l'humanité.


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#29 22-03-2019 16:42:43

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Au-delà des figures imposées de ce film (Carol Danvers, Yon-Rogg, Walter / Wendy Lawson, Nick Fury, etc…), ce chapitre du MCU est fortement politisé et nous présente clairement un modèle de femme forte, cherchant à se libérer des chaînes du patriarcat (Le personnage de Brie Larson est d’abord conditionné par l’entrave mentale des Krees, puis enchainé par les Skrulls à la recherche d’informations). Au final, Carol Danvers va devoir apprendre se battre pour exister en tant qu’individu, et non plus comme objet de conquête. Pour le moment, mes lectures sur le personnage n’ont pas permis de dévoiler cette dimension majeure, même à l’époque des premiers comics où le personnage disposait d’une vie active de premier plan – certes, dans les Marvel, le caractère machiste de certaines répliques à base de « Hei, poupée ! » est clairement daté, mais je ne vois rien de tel dans le cas présent.

Dans des temps moins agités que ceux que nous connaissons, peut-être ce message féministe serait entendu et validé. Mais nous vivons une période politique relativement instable, conflictuelle, ou la culture populaire est plus que jamais un outil servant à cristalliser des positionnements idéologiques ou politiques. La mythologie de Captain Marvel est ici employée pour servir des intérêts « progressistes » et inclusifs, contre une politique nord-américaine jugée patriarcale, autoritaire voire identitaire.

Le problème pour beaucoup, est de se sentir sommé de choisir pour l’un ou l’autre camp, dans un monde qui n’a jamais été à ce point divisé sur les questions fondamentales de « liberté » - notamment la liberté pour une femme à disposer de sa vie et de son corps comme bon lui semble. Je n’irais pas jusqu’à dire que Captain Marvel pose ce genre de questions, le personnage étant clairement le fruit d’une approche typiquement occidentale super-héroique, mais le discours autour du film remet clairement sur la table des questions d’émancipation et de liberté (avec sans doute beaucoup de maladresse, étant donné le sens différent donné à cette notion d'une région du monde à l'autre). D’une manière générale, c’est le discours global de Marvel qui est en train de changer : la prochaine saga Marvel sur les Eternels devrait mettre en scène le « premier personnage gay du MCU ».

Autre polémique récente : il est reproché à Brie Larson de porter trop de maquillage dans le trailer de Avengers Endgame, ce qui passe mal auprès du public tant l'actrice paraissait "naturelle" précédemment.

Dernière modification par Prelogic (22-03-2019 16:54:06)


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« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
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#30 22-03-2019 16:55:54

dvmy
dvmy shot first

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Argument : Je ne suis  pas amoureux de Marvel et encore moins de Brie Larson.

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#31 22-03-2019 17:16:28

dvmy
dvmy shot first

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Plus sérieusement, est-ce aux films de distraction d'aborder des sujets de société ? Que les personnages soient machos, féministes, gays, hétéro, zoophiles ou pansexuels que cela peut-il faire? Avons-nous besoin de connaître les opinions politiques de Gandalf  ou l'orientation sexuelle de Jabba le Hutt? Cela n'a aucun intérêt. Aujourd'hui on parle d'un James Bond gay ou féminin pour suivre la mode. Je trouve ça grotesque.

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#32 22-03-2019 18:08:43

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

dvmy a écrit :

Plus sérieusement

Voilà. Je te soutiens dans cette difficile épreuve.

dvmy a écrit :

est-ce aux films de distraction d'aborder des sujets de société ? Que les personnages soient machos, féministes, gays, hétéro, zoophiles ou pansexuels que cela peut-il faire? Avons-nous besoin de connaître les opinions politiques de Gandalf  ou l'orientation sexuelle de Jabba le Hutt? Cela n'a aucun intérêt. Aujourd'hui on parle d'un James Bond gay ou féminin pour suivre la mode. Je trouve ça grotesque.

Clairement, il n’est pas si facile que cela de répondre à cette question. Tout simplement parce que le cinéma est politique, surtout quand il cherche à dissimuler sa véritable nature derrière la vitrine complaisante du divertissement de masse. La culture populaire, plus que toute autre culture, est (depuis toujours à mon sens) investie par des questions politiques. Les films d’horreurs des années 50 / 60 étaient un moyen d’évoquer la question de « l’autre » et du communisme. Les années 70 dépeignent une société américaine malade du Viet-Nam, avec l’apparition de figures dégénérées à l’intérieur même de la société (Texas Chainsaw Massacre). Les années 2000 sont l’occasion pour les Etats-Unis de remettre en question (ou de glorifier) la politique impérialiste et interventionniste menée en Irak - par le biais de films comme Dans la vallée d’Elah, mais aussi… Iron Man qui est tout autant une critique qu’un objet de propagande impérialiste permettant de montrer le visage d’une Amérique consciente de ses erreurs et capable de les corriger (D'ailleurs, la captivité d'Iron Man a été opportunément actualisée et déportée en Irak plutôt qu'au Viet-Nam). Les années 2010 voient ressurgir dans le débat la question de l’identité et des libertés individuelles, largement teasées par l’opposition culturelle démocrate.

On peut identifier les véritables débuts de l’industrie Marvel au cinéma au début des années 2000, avec les X-MEN de Brian Singer. Le réalisateur étant plus ou moins ouvertement homosexuel à cette époque, il cherchait à inclure dans son film la question plus large de la « différence » et de l’intolérance qui en découle. La trilogie est-elle ratée pour autant ? Je ne trouve pas, elle a même tendance à se révéler avec le temps, car disposant d’un vrai sujet actuel à l’intérieur même de sa mythologie. Tu peux tout naturellement en venir à l’idée que le personnage campé par Anna Paquin est en réalité bisexuel voire homosexuel et éprouver de l’empathie pour elle – surtout quand elle décide de renier ses pouvoirs / sa sexualité sous la pression de l’opinion publique dans le troisième film de Brett Ratner. Etait-il nécessaire de faire des X-Men des étendards de la cause homo ? Et pourquoi pas, surtout que les personnages sont loin d’être lisses – la vengeance et l’intolérance ne sont pas uniquement l’apanage du mâle blanc privilégié.

Le problème c’est que l’époque était beaucoup moins tendue, et il n’y avait pas encore eu les bouleversements politiques induis par les attentats du 11 septembre puis par l’élection de Donald Trump. De ce fait, on assiste aujourd’hui à une recrudescence de revendications identitaires à travers la super-culture héroïque. Le système construit ses anticorps, et rajoute à l’hystérie collective et à l’incompréhension. A l’instar de Warp9, le public vient simplement prendre sa dose de divertissement. Il veut bien, éventuellement, meta-discourir sur ce qu’il a vu et si l’objet s’y prête, mais il n’apprécie pas forcément qu’on lui dise ce qu’il doit penser. Tout est, sans doute, une question de dosage et de maîtrise dans la communication.

De ce fait, je trouve que l’interprétation naïve et décalée de Brie Larson jure pas mal avec l’actualité cinématographique, qui donne à voir un monde super-héroïque mis à mal par des questionnements existentiels de plus en plus prégnants – les Avengers sont critiqués pour leur interventionnisme et leur ingérence dans Civil War. Avec Captain Marvel, on retourne un peu aux grandes heures de Christopher Reeves, toutes proportions gardées. D'ailleurs, des fouilles archéologiques approfondies permettent de découvrir des relations étroites entre les deux personnages, puisque Shazam empruntait beaucoup trop au départ à la mythologie de l'homme de fer.

Dernière modification par Prelogic (22-03-2019 18:13:44)


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#33 22-03-2019 19:45:19

matou
modérateur

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

dvmy a écrit :

Plus sérieusement, est-ce aux films de distraction d'aborder des sujets de société ? Que les personnages soient machos, féministes, gays, hétéro, zoophiles ou pansexuels que cela peut-il faire? Avons-nous besoin de connaître les opinions politiques de Gandalf  ou l'orientation sexuelle de Jabba le Hutt? Cela n'a aucun intérêt. Aujourd'hui on parle d'un James Bond gay ou féminin pour suivre la mode. Je trouve ça grotesque.

Tu as absolument raison. Si l'imaginaire reste un enjeu politique, que la distraction se croit capable de changer la société c'est une prétension qui ne peut qu'abaisser sa qualité.
Le vrai enjeu pour moi, c'est la diversité dans l'offre de la distraction.

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#34 22-03-2019 21:56:28

Warp 9
vétéran

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Bon. J'vais quand même admettre que ce film a un truc de positif...... Il m'a donné l'envie de me retapper True Lies. (Ceux qui ont déjà vus vont comprendre).... lol


“On vit à une époque ou l'on tend à ignorer, voir renier les actions progressistes d'hier dans le but de véhiculer l'idée fictive & dangereuse que nous vivons dans un monde pourris par la haine. Si même Star Trek, la franchise la plus progressiste qui soit, ne peut pas prendre ses distance face à cette ré-criture de la culture populaire & de l'Histoire je crains sérieusement pour l'avenir."

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#35 23-03-2019 15:29:00

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

dvmy a écrit :

Plus sérieusement, est-ce aux films de distraction d'aborder des sujets de société ?

Oui, l'art populaire doit faire passer les messages de ses auteurs, sinon les auteurs (et autrices p ) ne seraient que des machines qui ne fourniraient que du visuel. Même Mickaël Bay est politique dans ses films.

dvmy a écrit :

Que les personnages soient machos, féministes, gays, hétéro, zoophiles ou pansexuels que cela peut-il faire? Avons-nous besoin de connaître les opinions politiques de Gandalf  ou l'orientation sexuelle de Jabba le Hutt? Cela n'a aucun intérêt. Aujourd'hui on parle d'un James Bond gay ou féminin pour suivre la mode. Je trouve ça grotesque.

C'est totalement vrai et c'est pour ça qu'il est nécessaire que ça soit su.
Depuis 120 ans le personnage principal est un homme blanc qui se tape une femme blanche. Le fait que maintenant le code soit forcé pour être dévié va faire qu'à terme cela n'aura plus aucune importance.

Je ne sais pas si je suis très clair... En gros, comme je disais plus haut quoi, aujourd'hui on nous vend des romances LGBTQI+ en appuyant dessus pour que dans 35 ans on nous raconte simplement des romances sans que la distinction de genre ou d'orientation sexuelle ne soit nécessaire.


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#36 23-03-2019 16:53:58

Oberon
Section 31

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Synock a écrit :

Oui, l'art populaire doit faire passer les messages de ses auteurs, sinon les auteurs (et autrices p ) ne seraient que des machines qui ne fourniraient que du visuel. Même Mickaël Bay est politique dans ses films.

C'est un peu plus compliqué que ça.
L'art a toujours été et sera toujours une autre manière de parler du monde qui nous entoure, parfois de façon fort discrète et parfois de manière bien plus appuyée, c'est entendu.
Mais il y a aujourd'hui une dérive hautement malsaine, à savoir de transformer un film/série/jeu vidéo en vitrine idéologique, et le plus souvent reflétant le point de vue égocentré de l'auteur. Et ça, c'est non seulement critiquable mais condamnable.

Synock a écrit :

C'est totalement vrai et c'est pour ça qu'il est nécessaire que ça soit su.
Depuis 120 ans le personnage principal est un homme blanc qui se tape une femme blanche. Le fait que maintenant le code soit forcé pour être dévié va faire qu'à terme cela n'aura plus aucune importance.

Encore une fois, tout est dans la manière. Le cinéma est un art plastique, pas une tribune pour faire du prosélytisme. Qu'un support mette en scène des lesbiennes, des transgenres ou des gays, je n'en ai cure aussi longtemps que cela sert la thématique dudit support. Et pour que cela fonctionne, il faut faire preuve de pudeur et de finesse, soit l'opposé absolu de cette mode tape à l’œil, souvent putassière et aussi subtile qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine.
En art, l’excès est toujours une mauvaise direction artistique. Je ne sais plus hélas quel poète avait très justement dit: "Glissez, mortels, n'appuyez pas..."

Je fais parti de ceux qui ont regardé Sense 8, et qui dans un premier temps, malgré un parti pris LGBT assez marqué des auteurs, ont réussi à apprécier l'univers et ses thématiques. Mais au bout de 2 saisons, j'en avais plus qu'assez de cette insistance à vouloir me monter à quel point les LGBT sont des gens formidables et que si je ne le vois pas, c'est que je suis un gros con d'occidental hétérosexuel blanc, et masculin en plus. Au bout d'un moment, le besoin malsain d'une communauté de reconnaissance télévisuelle permanente devient de facto une insulte et une agression pour ceux qui s'intéressent à autre chose quand ils allument un écran. Qui plus est, j'ai eu beaucoup d'amis, et j'en ai perdu presque autant. Parmi eux se trouvaient des homosexuels. Je ne les ai pas trouvé si formidables, si ouverts et si tolérants que ça, humainement parlant...

Synock a écrit :

Je ne sais pas si je suis très clair... En gros, comme je disais plus haut quoi, aujourd'hui on nous vend des romances LGBTQI+ en appuyant dessus pour que dans 35 ans on nous raconte simplement des romances sans que la distinction de genre ou d'orientation sexuelle ne soit nécessaire.

Dans 35 ans, il y de fortes chances que je sois mort. Par contre, d'ici là, le temps va me paraître sacrément long si cette mode perdure...

Et pour conclure sur Captain Marvel, je rappelle à toutes fins utiles que je ne vais pas voir un film de super-héros pour me prendre un cours magistral sur la diversité sexuelle.
Ça n'a rien à y faire, ça ne sert pas la thématique du film, et c'est suivre une mode par conformisme et non par choix artistique.
C'est donc assez démagogique comme procédé et je suis, une fois n'est pas coutume, en accord avec la réaction de dvmy sur le sujet.


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

En ligne

#37 23-03-2019 17:48:00

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Oberon a écrit :

Et pour conclure sur Captain Marvel, je rappelle à toutes fins utiles que je ne vais pas voir un film de super-héros pour me prendre un cours magistral sur la diversité sexuelle.

Moi non plus. Dans mes différentes interventions sur ce topic, je pointais juste le contexte politique et social autour du film, en essayant d'approfondir les raisons qui font que Captain Marvel est une propriété intellectuelle investie à l'heure actuelle par des revendications féministes et progressistes. Les déclarations de Brie Larson, notamment, ont tendance à appuyer la démonstration en faveur d'une plus grande diversité. Là où je pense que Marvel a visé juste, c'est que le personnage est, tout comme Black Panther ou Iron Man, traversé par les époques successives, et qu'il se prête plutôt bien à des expérimentations en termes de communication - Les Etats-Unis s'enlisent au Viet-Nam comme en Irak, Black Panther est toujours victime des préjugés racistes en 2019 et Captain Marvel doit toujours lutter pour affirmer son identité marginale au sein d'un groupe de super-héros essentiellement masculin et blanc.

Personnellement, j'aime le MCU dans les grandes largeurs. Sauf exceptions comme Doctor Strange ou la plupart des films des frangins Russo (Winter Soldier et filmé comme un téléfilm judiciaire US fauché mais avec une intrigue que je trouve excellente, et Infinity War qui surjoue la carte du drame mais manque cruellement d'identité). J'adore le style foutraque limite queer d'un James Gunn (qui filme un spermatozoïde allant vers son ovule sur la musique de George Harisson, du génie), j'adore Ant-Man, Robert Downey JR me rend fou tellement il s'en fout, bref... je suis toujours aussi admiratif du réel travail d'adaptation qui nous est proposé, vis-à-vis d'une littérature qui s'étale sur près de 60 ans. Il y a un modèle économique qui s'appuie clairement sur la notion d'attente et qui joue sur le côté feuilletonant, mais ce n'est pas un problème dès lors que l'occasion est donnée à des artistes d'exprimer une personnalité ou une réelle opinion. On est d'accord : ce n'est pas toujours ni très fin ni très approprié par endroit, mais l'ensemble tient malgré tout la route, sans doute grâce à la solidité de la mythologie initiale, avec des préoccupations sociales qui restent toujours d'actualité. Il faut dire également que Jon Favreau, Kenneth Brannagh, Joe Johnston et Joss Whedon ont sans doute permis, par leurs personnalités respectives, à transposer les origines de la mythologie de manière crédible. Le reste à partir de la phase 2, c'est autre chose...

J'aime Captain Marvel parce que j'aime sa mythologie complexe (sans doute l'une des plus contrariées de Marvel), que j'aime les rôles de femmes fortes et que l'interprétation de Brie Larson est à mon sens très sympathique - d'autres dirons qu'elle joue comme un pot de fleurs fanées, je ne m'en formalise pas smile J'ai aimé ce film, j'ai conscience de ses défaillances mais en tant que client du MCU, j'y trouve largement mon compte comparativement à ce qui se fait ailleurs - *Suivez mon regard. Le discours autour du film m'intéresse parce que je m'intéresse tout naturellement à des questions de communication politique ou de propagande médiatique mais je suis loin d'adopter un comportement engagé. Si je veux voir un film avec un point de vue cinglant sur la question des minorités, je vais voir Blackkklansman de Spike Lee. Cela dit, si par le biais du MCU le public réfléchit à des questions en lien avec la diversité, je me dis que ce n'est pas plus mal, même si je pense qu'il existe un risque de rejet induit par l'overdose de propagande mal contenue. Il s'agit également de faire preuve d'une grande prudence vis-à-vis de notions comme la "Liberté" ou "l'émancipation", surtout dans notre monde qui a tendance, assez paradoxalement, à régresser fortement sur ces questions depuis quelques années.

Dernière modification par Prelogic (23-03-2019 18:09:38)


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#38 24-03-2019 01:06:27

Synock
Cuitasses les patatas

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Oberon a écrit :

Dans 35 ans, il y de fortes chances que je sois mort. Par contre, d'ici là, le temps va me paraître sacrément long si cette mode perdure...

Vu mon train de vie je pense que je te rejoindrais dans la mort lol

Mais t'inquiète durant 35 ans on fera des podcasts !


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#39 24-03-2019 02:23:20

matou
modérateur

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Synock a écrit :
Oberon a écrit :

Dans 35 ans, il y de fortes chances que je sois mort. Par contre, d'ici là, le temps va me paraître sacrément long si cette mode perdure...

Vu mon train de vie je pense que je te rejoindrais dans la mort lol

Mais t'inquiète durant 35 ans on fera des podcasts !

Parlez pour vous, moi j’ai prévu de vivre éternellement.

En ligne

#40 27-03-2019 19:04:56

matou
modérateur

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Bon j’ai vu.
Bof. Des passages pas mal mais des équilibres ratés et un traitement d’un lourd sujet effectué de bien manière simpliste.
Les personnages ont j e écriture correcte mais sans grande profondeur alors qu’il y avait des idées.
Les années 90 ne sont support qu’à blagounette. C’est pour moi la grosse déception tant j’attendais un peu plus de retrouver une ambiance. A ce propos, la gamine est totalement anachronique.
Meilleur point, Samuel Jackson est rafraîchissant, drôle, cool. Samuel quoi.
Mieux que Black Panthers mais pas une réussite pour autant.
Le personnage principal n’est ni sympathique ni engageant.

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#41 27-03-2019 20:10:19

Alan Smithee
membre

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

matou a écrit :

Le personnage principal n’est ni sympathique ni engageant.

Ni même attirant 
lol

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#42 28-03-2019 10:50:36

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Pour revenir sur le féminisme mis en avant par la promo du film, j’ai trouvé un commentaire de Lucas Scatasta, éditeur chez Panini, dans une intégrale des comics d’origine qui explique l’évolution d’un certain nombre de choix éditoriaux pour Captain Marvel.

Il apparaît désormais que le personnage était déjà l’étendard de revendications politiques et sociales dans les années 70, et que cette idée a été reprise très opportunément en 2018 pour concurrencer Wonder Woman et le studio voisin, tout en faisant un pied de nez à la politique conservatrice menée par Trump – un alignement des étoiles parfait pour caser un personnage à l’identité intellectuelle contrariée.

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En 1970, le mouvement d’émancipation des femmes dans le monde occidental connaît une nouvelle dynamique et un engouement qui surprend l’establishment. C’est aussi à cette période qu’est inventé le terme « féminisme » qui établit un parallélisme sournois entre les manifestations pour les droits des femmes et une forme de terrorisme. Rappelons qu’à cette époque, les terroristes sont des pirates de l’air palestiniens ou des groupes armés révolutionnaires néo-fascistes ou communistes (comme les Brigades Rouges ou la bande à Baader). Par conséquent, se qualifier de « féministe » devient une provocation, au moins pour les conservateurs sexistes.

De fait, c’est également une sorte de provocation au monde des comics que lance la Maison des Idées avec Ms. Marvel 1 à la fin de l’année 1976. En réalité, Marvel prépare le terrain depuis plusieurs années déjà, avec Shanna the She-Devil et The Cat, deux séries sur des super-héroïnes réalisées par des femmes (Carole Seuling et Linda Fite). Conscient de l’échec rapide de ces deux titres, le scénariste Gerry Conway change d’approche pour la première héroïne féministe voulue par Stan Lee (d’autant que, bien qu’âgé de seulement 24 ans, il se voit déjà propulsé au rang de directeur éditorial de la Maison des Idées). Conway sait que les lecteurs de comics sont principalement des garçons adolescents et il décide de proposer un personnage sexy, mince mais non dénuée de formes, et avec le nombril découvert (*rendez-vous compte !). D’une certaine manière, cette représentation est à l’exact opposé de l’image de la femme prônée par le féminisme à ce moment… un idéal qui est, en fait, davantage mis en valeur par l’alter ego de Miss Marvel : Carol Danvers. Cette dernière ignore encore tout de sa contrepartie aux super-pouvoirs, mais elle est forte, autonome, célibataire et capable de tenir tête au grincheux JJ Jameson bien connu des lecteurs de Spider-Man. En définitive pour Gerry Conway, la série doit mettre Carol plus que Miss Marvel sous le feu des projecteurs.

Dernière modification par Prelogic (28-03-2019 10:51:16)


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« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
« La contre-culture ne viendra pas d’une institution d’État, ni d’une major hollywoodienne. Elle n'appartient à personne. » - Rafik Djoumi.

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#43 28-03-2019 20:07:35

Oberon
Section 31

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Je viens de revoir l'épisode 17x4 de VOY, Rétrospection, et j'ai été saisi par le contraste avec ce buzz autour de Captain Marvel.

Dans cet épisode, Seven of Nine accuse à tort un marchand de lui avoir arraché, via chirurgie, des nanosondes. La version Borg d'un viol, en somme... L'épisode se terminera par la mort du marchand et ce alors qu'il vient juste d'être établi que Seven l'avait accusé à tort.
Bref, une parfaite allégorie de la destruction d'une vie masculine sur la foi de l'accusation erroné d'une femme.
Il convient de se souvenir que l'épisode date de la fin des années 90, période où il ne fait pas bon avoir une relation sexuelle avec une femme américaine sans lui demander au préalable de signer une contrat. Je force légèrement le trait, mais la mode était alors de mettre en prison l'homme accusé d'abord, et de vérifier la véracité des accusations après.
Dans ce contexte, l'épisode s'est posé à contre-courant courant de l'air du temps, ce qui était courageux et progressiste.

À l'inverse, que Marvel se joignent à la curie pour hurler avec les loups et flatter un public minoritaire avec une démagogie crasseuse, c'est aussi lâche qu'opportuniste. Le film est une vitrine grossière pour SJW, avec une actrice principale qui n'hésite pas à dire que ce n'est pas un film pour les hommes blancs. Il est assez hallucinant d'en arriver à un stade où un blockbuster, d'ordinaire destiné à être tout public, se revendique désormais comme en rupture avec une part majoritaire de ce dernier!
Et cela par pur conformisme, et non pour affirmer une opinion iconoclaste, comme ce fut le cas pour l'épisode de VOY en son temps.

Marvel, dont je n'étais pas plus fan que ça, mais que je ne détestais pas, vient de perdre un spectateur.
Quand à Brie Larson, puisqu'elle en est à dire que ce film n'est pas pour moi, je boycotterai tout film où elle participera.
Elle voulait cliver? C'est chose faite...


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#44 28-03-2019 20:50:01

Alan Smithee
membre

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Brie Larson est si peu attractive qu'elle ne risque pas d'être harcelée de toute façon... Plaisanterie à part, j'en ai ras le bol de ce "machisme à l'envers" et de ces discours féministes de plus en plus pitoyables qui font passer la grosse majorité des hommes pour des prédateurs et des ordures par défaut.

Dernière modification par Alan Smithee (28-03-2019 20:50:37)

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#45 02-04-2019 17:45:58

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Je pense toujours qu’il faut faire la distinction entre les propos de l’actrice et les caractéristiques du personnage inhérentes à une époque où l’émancipation des femmes était vécue au mieux comme de la provocation, au pire comme du terrorisme. Je vous invite à jeter un œil aux comics d’origine et de revenir me dire que le combat pour l’émancipation et l’égalité n’est plus d’actualité – surtout quand on se permet des réflexions sur le physique et qu’on se plaint ensuite de « machisme à l’envers ». En réalité, c’est à se demander si Brie Larson n’a pas délibérément cherché à blesser l’orgueil du mâle alpha pour fournir la preuve du chemin qu’il reste à accomplir dans les mentalités.

L’hystérie provoquée par les propos de Brie Larson sont le résultat d’une véritable campagne de manipulation comme les médias savent en créer depuis toujours pour gonfler l’audimat. Il a suffi que Brie Larson regrette le manque d’inclusivité et de diversité durant la campagne de promotion du film pour que la majorité de la presse geek/spécialisée titre : « Brie Larson n’aime pas les hommes blancs ». Les résultats Google sur cette requête sont d’ailleurs assez impressionnants. Ceci étant, la réaction du public « conservateur » n’est pas spécifiquement liée aux propos de Brie Larson, mais à une atmosphère délétère en lien avec la personnalité controversée de Donald Trump. A chaque fois que l’eco-système démocrate tente de faire passer poussivement des messages « inclusifs », l’eco-système opposé réplique tout aussi poussivement.

Le film souffre très certainement d’une politique de studio à bout de souffle. Mais les racines féministes du personnage sont, elles, bien réelles. Propos polémiques de Brie Larson ou pas. Personnellement, j’ai trouvé avec ce film une adaptation correcte de la mythologie, même si cette propriété intellectuelle est bien plus complexe et troublée. Les origines du personnage de Captain Marvel ne cessent d’évoluer depuis des années, sans doute bien plus que pour un Iron Man. Mais c'est sur : le genre Marvel est particulier, il faut aimer l'idée-même de comics strip, à l'origine-même de la bande-dessinée américaine. Je ne pense pas que le MCU, qui emprunte au genre feuilletonnant pouvait survivre à des personnalités du cinéma comme Joe Johnston. Ce qui n'empêche pas de regretter certains choix de recrutement plus télévisuels.

Dernière modification par Prelogic (02-04-2019 17:57:44)


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#46 02-04-2019 17:56:10

Alan Smithee
membre

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Non tout ceci n'a rien à voir avec Marvel ou Larson. De nos jours il faut juste fermer sa gueule et accepter n'importe quoi. Accepter que Jordan Peele dise qu'il ne prendra jamais de comédien blanc pour un premier rôle alors que si un réalisateur blanc avait dit la même chose d'un noir il se serait fait lyncher . Accepter qu'une femme fasse tout pour être sexy mais s'offusque que ça attire les hommes. Accepter que James Bond soit black, asiatique, féminin ou que sais-je encore. Accepter des quotas débiles selon l’ethnie ou l'orientation sexuelle. Demain ce sera quoi? Un quota de blonds, de roux, de bruns, de cheveux teintés? de gros et bas Q.I? Parité hommes/animaux? Bref ce climat est insupportable dans la vie réelle et dans le cinéma également. Aujourd'hui tu es limite considéré comme un prédateur sexuel si tu dis à une femme qu'elle est élégante ou bien habillée. Aujourd'hui tu es traité d'intolérant si dans un film ou un livre tu ne parles pas de toutes les ethnies et orientations sexuelles.

Dernière modification par Alan Smithee (02-04-2019 18:04:52)

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#47 02-04-2019 18:10:21

Prelogic
Legaliste

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

Ce sentiment (que je partage volontiers) qu’on ne peut plus rien dire sans s’attirer les foudres de tel lobby féministe ou de telle communauté constituée est la conséquence de l’Internet libre : la moindre déclaration est déformée, grossie, manipulée pour des raisons d’audimat ou pour servir des intérêts politiques. Nous sommes devenus nos propres censeurs. Nous jugeons dans l’instantanée une information nouvelle, sans prendre le temps nécessaire pour recouper et analyser – D’où les titres regrettables de certains médias laissant penser que Brie Larson « n’aime pas les blancs », tout ceci pour surfer sur une polémique ou anticiper celle-ci pour faire du buzz.

Laissons l’hystérie de côté et concentrons plutôt notre attention sur ce qui de la valeur dans le temps long. Captain Marvel est un film qui s'appuie sur une histoire du féminisme, qui a débuté il y a plus de 40 ans et qui continue aujourd'hui. Le tout saupoudré d'une bataille entre les studios pour établir un nouveau standard féministe (qui de Captain Marvel ou de Wonder Woman remportera la mise ?)

Dernière modification par Prelogic (02-04-2019 18:14:16)


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« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
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#48 14-04-2019 18:23:41

scorpius
Nowhere Man

Re : Captain Marvel : aux origines d’une propriété intellectuelle complexe

C'était pas si mal ce Captain Marvel.

J'ai pas mal trainé les pieds, je le sentais moyennement et au final c'est plutôt une bonne surprise. On a un script habile qui réserve de vraies surprises, ainsi le traitement des Skrulls, je l'ai pas vu venir, mais c'est parfaitement en phase avec l'évolution narrative du MCU depuis quelques films. Il y a depuis "Spider-Man : Homecoming" une volonté évidente de creuser les "méchants", de les rendres moins unidimentionnels, plus complexes, de crééer de l'empathie à leur encontre. Du Vautour, à Killmonger en passant par Hella et Thanos, c'est plus ou moins réussi d'un film à l'autre et les Skrulls marquent encore une étape importante en déjouant les attentes du spectateur. Faut aussi saluer le casting qui joue intelligemment avec l'image de Ben Mendelson.

L'autre qualité du film est qu'il exploite adroitement l'attachement émotionnel qu'on peut avoir pour le MCU, ainsi revoir Coulson ou Ronan, malgré un temps de présence à l'écran limité, ben ça fait son petit effet. Sans parler de Sam Jackson qui porte une bonne partie du film sur ses épaules. En particulier tout ce qui touche à l'humour. Que ce soit le gag récurrent du chat ou la relation soudainement décontractée/complice qu'il entretient avec un Skrull, pas sur qu'avec un autre acteur, ça fonctionne. Mais avec lui ça passe crème.

Quand à Carol, je l'ai trouvé attachante, le fait que le film joue sur l'archètype du héros amnésique il le fait bien, avec notre héroine qui reconstitue petit à petit son passé. Le montage est excellent d'ailleurs. Brie Larson, réussie à jouer une dure à cuire, tout en parvenant à être charmante et c'était pas forcément si facile (j'adore la Sarah Connor de T2 par exemple, mais Linda Hamilton n'a plus du tout le charme qu'elle avant dans le premier film). Quand au côté "girl power/feminisme en puissance" je l'ai trouvé pas si envahissant que ça. C'est présent mais l'écriture est bonne. A l'exception de la dernière confrontation entre Carol & son "mentor" que j'ai trouvé particulièrement mal écrite et ne rendant pas service à Jude Law (au demeurant brillant).

C'est dommage que l'aspect cosmique soit aussi anecdotique avec un climax raté à base de CGI sans grand intérêt (assez similaire à un Wonder Woman) puis surtout le film rate totalement le coche quand au fait de convoquer le cinéma de la fin des 80's/début 90's. Pourtant avec Carol & Fury il y avait moyen de faire une sorte de "buddy movie" variante SF, un peu à l'image des excellents "Hidden" ou "Alien Nation". Le film à choisit une autre approche, pas forcément mauvaise et sans doute plus proche des gouts actuels du public, mais c'est frustrant. Par exemple, si le Apocalypse de Singer est mon méchant préféré de ces dernières années c'est parce que lui et Oscar Issac ont été à fond dans le délire 80's. Citant le Skeletor de Frank Langella comme principale influence. J'aurais bien aimé une audace de ce genre...

Dernière modification par scorpius (14-04-2019 19:12:41)


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