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#26 03-12-2018 12:11:42

scorpius
Nowhere Man

Re : Le seigneurs des anneaux, la trilogie de Peter Jackson

Pandisha a écrit :

Notons d'ailleurs qu'une version de 2h30 ou moins aurait nécessité d'autres coupes, parfois plus franche. Toi qui regrette l'absence du nettoyage de la comté, je te laisse imaginer à quels autres trahisons tu devrais faire face. xD

Je n'aurais certainement pas voulu d'une version de 2h30 des films de Jackson. En revanche, je pense qu'il était possible de déconstruire les romans et les reconstruire sous une forme purement cinématographique (ça existe déjà, ça s'appelle Willow mdr ). Je trouve ainsi très intéressante l'approche de Doug Liman lorsqu'il adapte Bourne ou Jumper, car c'est exactement ce qu'il fait. Le fan de Tolkien que je suis aurait eu à redire d'une telle démarche, je le reconnais, mais je pense que ça aurait donné lieu à une expérience cinématographique bien plus satisfaisante. Je veux dire, je sais bien que je suis un peu seul au monde quand je dis ça mais j'adore Willow. Bien plus que les films de Jackson.

En ce qui concerne l'adaptation du Hobbit, en ce qui me concerne, je trouve là par contre que la tartine a été étiré au delà du raisonnable pour des raisons mercantiles. L'adaptation est à mes yeux bien moins réussi et n'aurait mérité que deux films (ou trois d'une durée bien moindre...).

On est d'accord.

De même que dans le livre. On voit probablement plus Sauron et Saroumane dans le film que ce qu'on les a jamais vu dans les livres. xD
L'apparition de Saroumane dans le livre doit si je ne me trompe se limiter à la scène qui suit l'arrivée de Theoden et Aragorn à Orthanc, au moment ou nos hobbits croisent deux mendiants en retournant vers la comté et au nettoyage de la comté.
Sauron n'est guère plus présent. Sa présence hante le récit du livre, c'est aussi le cas dans le film.


C'est bien pour ça que ça fonctionne à l'écrit et pas à l'écran. La différence de média, elle appellait de réinventer Sauron.

Dans le livre, l'anneau a une présence maléfique nettement moins marqué que dans le film. Il est clair que Jackson a choisit d'accentuer la nature malveillante de l'anneau, sa nature corruptrice et sa vie propre. Et justement la menace de Sauron n'a jamais été intéressante dans le récit de Tolkien. Sauron est un mal absolu comme il y en a beaucoup d'autres il n'est à aucun moment le point d'orgue du récit, il n'est qu'un élément servant d'excuse et de moteur aux personnages. Il faut qu'il y ait un Sauron pour rendre urgent de détruire l'Anneau, mais le vrai point intéressant dans ce récit c'est l'anneau et son impact sur les autres.

Autant je ne suis pas d'accord avec toi pour le Sauron littéraire, autant je suis content que tu parles de la représentation de l'anneau par Jackson parce qu'en effet j'ai trouvé que c'était très réussi (particulièrement tout le traivail sur le sound-design).

Ainsi John Mc clane dans piège de cristal ne fait pas face qu'à Hans Grubber le chef des méchant, mais également à Karl qui personnifie les hommes de mains. Certes les hommes de mains meurent régulièrement, mais sa disparition a lui personnifie la fin du "groupe" avant de confronter le "chef".

La comparaison n'a pas vraiment de sens. Gruber tu as tout le travail d'acteur d'Alan Rickman qui rend son personnage passionnant à suivre (rien de tel avec Sauron). Après je les aime bien les "lieutenants" chez Jackson, c'était plus un constat lié à ses choix d'adaptations qu'un véritable reproche.

Ce que tu reproche concerne plus la mise en forme que la fidélité à l'oeuvre. Tolkien parle d'un affrontement entre les deux qui débouche sur l'emprisonnement de Gandalf. Jackson sur ce point ne trahit pas l'oeuvre (ce n'est pas ce que tu dis ici bien entendu, mais je le précise au regard du nettoyage de la comté). La Magie chez Tolkien n'a jamais été tape à l'oeil. Elle est assez subtile et jamais mise réellement en image dans le texte sauf en de rares occasions.
Il aurait été des plus facile de faire un affrontement de magicien à la ADD, avec moultes boules de feu, contresorts et autres...
En ce sens, dès lors que Jackson choisit de montrer cet affrontement (qui est n'est que vaguement raconté dans le livre à Frodon bien après qu'il ait eu lieu...), il ne peut le faire sans faire intervenir la magie. Ce n'a alors rien de "hasardeux", c'est un choix d'adaptation qui en plus ne tombe pas dans la facilitée des effets pyrotechniques. On aime ou on aime pas bien entendu, mais c'est un choix réfléchit et assumé (eu égard aux commentaires du film il me semble de mémoire) et un choix qui fait sens avec les choix d'adaptations.

La mise en forme joue un role lorsqu'il est question de fidélité (en particulier lorsqu'il est question de la représentation de la magie dans un univers de fantasy). Juste pour être clair, un spectacle pyrotechnique aurait été bien pire. J'aurais voulu quelque chose de très subtil, plus dans l'affrontement mental/psychologique. Surtout quand tu as 2 acteurs du calibre de Christopher Lee et Ian MckKellen, partir sur un affrontement physique c'est un gachis.

Question qu'aurait posé le spectateur "pourquoi ne pas laisser l'anneau à Tom ?".


Bof, c'est un peu comme "pourquoi ils prennent pas un aigle jusqu'au Mordor". Il y a des justifications (on aurait pu en trouver pour Tom) mais globalement j'ai pas l'impression que ça ait troublé les spectateurs, cette question.

Ca marche dans le livre, ca ne fonctionne pas en film. A plus forte raison lorsque le choix est fait de donner une conscience plus prononcé à l'anneau.

Au contraire, le traitement de l'anneau par Jackson aurait rendu la rencontre avec Tom d'autant plus intéressante, Tom en serait sortie d'autant plus fascinant. 

Là encore c'est plus un reproche de mise en forme qu'une question de fidélité à l'oeuvre. Ce n'est pas un choix d'adaptation non plus, simplement un mauvais choix de réalisation (dans lequels je rangerait sans mal les exploits legolesques).

Encore une fois je considère que le travail "d'adaptation" ce n'est pas que l'écriture. C'est la mise en scène, la direction artistique, etc. Ca me semble aussi viable de critiquer ces choix que de critiquer l'écriture.

C'est encore une fois ton interprétation personnelle de l'oeuvre de Tolkien, comme le film de Jackson est son interprétation personnelle de la même œuvre (et pas l'adaptation fidèle en film de Tolkien).

Bah oui, c'est pas comme si j'avais dès le départ pleinement reconnu que mon lien très intime avec les romans jouait un role important dans mon appréciation des films.

Comme je l'ai dit avant, ils reviennent et trouvent leur petite Comté toute chamboulée, mais elle n'a pas disparu. L'échec aurait été de revenir pour ne plus avoir rien à sauver... Or ce n'est pas le cas (Sam effaçant d'ailleurs en peu de temps les stigmates grâce au cadeau de Galadrielle de sorte qu'en un rien de temps ce n'est qu'un mauvais souvenir).
S'ils avaient échoué, réellement, ils n'auraient rien eu à retrouver.
Et à mon avis il est faux de penser qu'il pensaient que rien ne pouvait arriver à leur chère Comté avant leur retour, dès lors que des Nazguls se balladaient à leur poursuite en pleine Comté (sans parler de ces espèces d'hommes étranges, croisement d'orques et d'humains qui croisaient à l'époque autour de la Comté et de Bree). xD

Le fait de reconstruire n'efface en rien les souffrances des Hobbits. N'y voir qu'un mauvais souvenir me semble un peu réducteur.

D'autre part, ce passage fait moins référence au fait que la guerre n'est jamais totalement gagnée ou qu'il y a un prix à payer à la guerre qu'à la question de l'industrialisation...
Tolkien fait dans ce ravage de la Comté un parallèle avec sa région de Birmingham qu'il a connu campagnarde et verdoyante et qu'il a vu changer à cause du développement de l'industrie (Saroumane dans le livre étant d'ailleurs la représentation métaphorique de la part néfaste du modernisme industrielle détruisant la nature, via son opposition aux Ents).
Les stigmates de la guerre sont bien porté dans le livre par Frodon et ses cauchemars ainsi que par les douleurs récurrentes de ses blessures de guerre.

D'un point de vue thématique, l'industrialisation est une des conséquence de la guerre de l'anneau. Pas la seule mais il y a un lien prononcé entre les 2. Je reconnais parfaitement que Jackson n'ignore pas le lien, d'ailleurs.

Frodon dans la mort ne guérira pas ses peines et souffrances, mais en sera soulagé. Sa solitude et son incapacité à construire une vie après son retour est assez marquante quand aux difficultés qu'éprouvent certains à retrouver une vie normale après leur retour de la guerre. Sam à l'opposé parvient à construire et à se reconstruire. Il a changé (ainsi que Merry et Pippin). Faire partir Sam outre rallonger le récit aurait cassé cette représentation de deux anciens combatant dont l'un ne parvient pas à surmonter la guerre et l'autre oui. Frodon lui dit d'ailleurs de rester car il a lui construit quelque chose...

Je suis d'accord avec certaines choses. Il est clair que la famille de Sam a permis de le "centrer" mais malgré tout dans le roman il y a une mélancolie que je ne retrouve pas dans le film. A savoir que sans sa famille, Sam comme les autres porteurs de l'anneau n'a pas vraiment sa place en terre du millieu. C'est ce que symbolise son départ.

Comme je l'ai dit, le nettoyage de la comté ne sert qu'à mettre ça en valeur. Les hobbits ont gagnés en grandeurs, ils sont capable de prendre les choses en mains et de faire avancer les choses par eux même plutôt que d'attendre que quelqu'un d'autre le fasse, ils ont gagné en maturité et en sagesse. C'est ce que met en valeurs cette scène. Mais Ca fonctionne aussi avec la scène de l'auberge, où on les voit déconnecté des autres et ou Sam parvient à trouver le courage de faire ce qu'il n'osait faire au début de la Communauté. C'est rendu par leur prestance à leur retour et ce regard de l'ancien qui les regarde passer.

Le truc c'est que justement, il y a dans le nettoyage de la comté un contraste à cette "grandeur". A savoir que cette maturité et cette sagesse elle s'accompagne également de la perte d'une forme d'innocence et c'est pas quelque chose que la scène de l'auberge parvient à pleinement restituer (il y a bien quelques regards de nos 4 Hobbits par rapport à leur entourage mais c'est largement insuffisant à mon sens).Tu noteras d'ailleurs que c'est Frodo, le Hobbit le plus marqué par la guerre qui est celui qui a le plus de réticence à faire usage de violence pour défendre la Comté. Là ou Merry est nettement plus "va-t-en guerre".

Ce qui pour le coup aurait été une véritable trahison de Tolkien, puisque Sauron a perdu la possibilité d'employer cette forme avec le cataclysme qui submergea Numenor. ^^
Il mit très longtemps après ça à retrouver une forme physique, mais jamais depuis ne pu prendre ce type de forme enjôleuse aux yeux des elfes ou des humains (il mit également encore plus longtemps à retrouver forme après la perte de l'anneau face à Isildur).

Ah mais carrément, ça aurait été une trahison, mais une que j'aurais trouvé acceptable (probablement) parce qu'elle aurait permis d'étoffer Sauron d'un point de vue purement cinématographique.

Du coup j'ai relu ce chapitre du nettoyage de  la comté.  Et de l'arrivée des hobbots à la mort de Saroumane, l'accent n'est jamais mis sur les affres de la guerre parvenu malgré tout jusque là.
L'accent est posé sur le decallage de comportemebt et de reactions des héros par rapport aux autres hobbits.

Ca reste thématiquement une conséquence de la guerre de l'anneau. Une guerre qui a fait perdre à la comté son isolation et l'a ouverte au monde exterieur.

D'autant qu'on apprend que les troubles ont commencé juste après le départ de frodon et ses amis, et non pas après leur rencontre avec saroumane.
Et ils ont commencé avec un lothon achetant avidement terre et moulin qu'il rase pour enconstruire de plus grands emplit de rouage pour accroitre la productivité.  Lothon avide a laissé entré le loup dans la bergerie (saisie de la biere, des victuailles, de l'herbe à pipe etc). Achat de terrain commençant bien avant la guerre de l'anneau.

Des troubles qui restent assez "mineurs" mais qui servent à illustrer la "contamination" des valeurs des Hobbits par celles du monde extérieur. Il est intéressant de noter que si Frodo n'était pas partie, son influence sur la communauté en tant que Baggins/héritier de Bilbo aurait peut être pu permettre de ralentir cela. La guerre de l'anneau aurait finit par atteindre la comté et sans les expériences acquises par nos héros la Comté aurait été probablement définitivement perdue. Bref, c'est vraiment très contrasté et c'est ce qui est génial et en fait une conclusion indispensable.

Edit: pour résumer, j'aurais sans doute préféré une adaptation qui tente de couper ce lien que j'ai avec les romans (forcément je suis obligé d'employer le conditionnel) . En en faisant une réinvention, modifiant la structure et certains evenements/personnages. Tout en restant fidèle aux thèmes/motifs majeurs de l'œuvre (ce que je considère comme tel, du moins). Pour te donner un exemple concret : j'aurais résolu la guerre de l'anneau à la fin du second film. Pas de bataille de Minas Thirith à la place je me serais concentré sur la bataille des portes du Mordor. Et j'aurais consacré le troisième film aux conséquences multiples de la guerre de l'anneau. Avec donc le nettoyage de la Comté et j'aurais créé un conflit politique entre Aragorn & Denethor pour la gouvernance du Gondor. Avec une toute nouvelle interprétation de Denethor et de son arc... Maintenant, je suis bien conscient que pour toute autre personne qui a un vécu différent avec les livres (ou pas de vécu du tout) que cette personne puisse aimer les films de Jackson avec passion. Et je reconnais sans problème que PJ à de nombreux mérites.

Dernière modification par scorpius (03-12-2018 14:53:46)


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