ULTIME FRONTIÈRE

Le portail Star Trek francophone

Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 07-05-2018 22:58:17

matou
modérateur

Un film familial, c'est quoi?

Mbuna, mon interrogation est aussi plus abstraite que normative.
Dit autrement, je m'interroge moins en père qu'en génération.

Qu'est ce qui fait que des films ont pu rassembler des familles.
SW est un bon exemple. Vu en famille, avec un père à l'opposé de ce genre de cinéma (comme Oberon) mais qui a réussi à ne pas y venir que pour moi.
Certains Pixar aussi ont cette force intergénérationnelle.

De nos jours, mon avis (et un peu mes analyses) me fait voir que les studio ont un mépris du public, enfant compris, et que donc, il suffit de faire du lisse sans aucun fond et du rythme pour faire un film familial.

Là où comme dit Prélogic, une génération contait des histoires où le positif et le sens, l'emportait sur l'arbitraire, le brutal et les défauts humains.

Noel 2017 m'a proposé deux films qui se voulaient attirer les familles. TLJ et Jumanji.
J'ai vu les deux.
Dans l'un j'ai vu trop de gris et pas assez de sens moral et dans l'autre, j'ai vu de vrais contrastes et une énergie positive.
Jumanji a été un film ayant eu une longévité peu commune, là où TLJ a fait son succès en trois semaines.

Je retiens cet exemple car, sans parler de la qualité intrinsèque des films, il est révélateur. De voir comment, il peut plaire à des générations différentes.

Une histoire familiale, on a envie de la revoir encore et encore. Comme les contes. De la revoir ensemble.
L'autre une ou deux fois et la motivation faiblit.

Je pense qu'un film familial réussi, est un film où chaque génération trouve quelque chose qui va lui plaire, des enfants ayant besoin de fort contrastes, aux adultes aimant la nuances et le discours allégorique.
D'ailleurs dans ST, TOS a été ça pour moi. Et je ne pense pas être un cas isolé.

Hors ligne

#2 08-05-2018 08:42:15

ussperseus
Touriste du PSTF

Re : Un film familial, c'est quoi?

Nombre de pères de famille ont trouvé la motivation de déplacer leurs tribus voir TLJ, pas moi! J'ai fais cette démarche pour l'épisode VII, comme je la fais (pas souvent au vu du coût du cinéma) pour certains films à grands spectacle tels que les films de super héros. J'aime voir ce type de films en famille parceque chacun y trouve son compte, et qu'il n'y a pas spécialement besoin de débriefing après coup. Je ne cherche pas à faire de mes enfants des critiques cinématographiques si bien que chacun y va de sa propre éxperience même si elle prend à contre pied le propos du film.

Du coup, un film familial, à mon sens, doit réunir suffisamment d'ingrédients pour plaire à tout le monde, et cette notion évolue à chaque moment qui voit les enfants grandir. Aujourd'hui, quand ma fille de trois ans et demi est à la maison, je ne peux pas emmener tout le monde voir un Marvel, comme ma belle fille de seize ans ferait la gueule si je l'emmenais voir un dessin animé. Il devient difficile de faire plaisir à tout le monde. C'est peut-être pour ça que tu penses que les studios se "foutent de la gueule du monde" Matou, en sortant des films crées à partir de recettes à succès: les structures familiales ont évolué en vingt ans, et, aujourd'hui, certaines constructions narratives, certaines images, certains concepts, font plaisir à "presque " tout le monde. Les studio's auraient tort de se priver de ce succès.

En réalité, la seule chose qui fédère les enfants, à la maison, en tout cas pour le moment, c'est "The Simpsons", un exemple particulièrement efficace et magistral des accroches multi générationnelles possibles grâce au nombre de niveaux de lecture stratosphérique de cette série. Quand vient l'heure des Simpsons à la maison, on entend une mouche voler (et ça fait du bien).
En ce qui concerne le cinéma, cette qualité d'interprétation multiple est assez rare, je ne vois que les productions Dreamworks, en particulier les Shreks.


"Si tu vois un cochon dans un arbre, dis-toi bien qu'il est fou!"

Hors ligne

#3 10-05-2018 01:16:47

matou
modérateur

Re : Un film familial, c'est quoi?

Afin de faire avancer un peu la discussion, quels ont été vos films familiaux ?

Hors ligne

#4 10-05-2018 15:10:32

mbuna
Ancien fan

Re : Un film familial, c'est quoi?

matou a écrit :

Afin de faire avancer un peu la discussion, quels ont été vos films familiaux ?

Je donnerai 3 petits exemples de films familiaux persos, avant (je l'espère) d'avoir le temps de développer le sujet.

Mon âge avancé m'a donné au moins une chance mdr : celle de voir la trilogie SW au ciné. En fait, IV et V en 1980 (ou 81, tiens faudrait que je demande à mon père). Mon ciné du coin faisait nocturne pour la sortie d'ESB. J'avais 9 ans à sa sortie et on y était allé en famille.

Voilà l'image qui a imprégné mes souvenirs à tout jamais :
big_1459905692_image.jpg
Ce moment où Luke est frustré de ne pas pouvoir vivre encore ses désirs, sa vie, avoir son autonomie. La sensation que son avenir l'attend, avec un positivisme inconscient. Cette scène est magnifique, par ce qu'on sent en même temps que son moment va devenir plus tard lui-même un moment de nostalgie (grâce notamment à l'envolée musicale). Ce type de scène est l'archétype des sensations intergénérationnelles et intemporelles qui sied tant aux films familiaux. La même scène qui va être vécue de différentes manières selon le moment de sa vie.

----------------------------------------

Une autre image d'un film connu pour sa propriété familiale, E.T. :
E-T-The-Extra-Terrestrial-et-the-extra-terrestrial-5079031-852-480.jpg
Il s'agit d'un conte fabuleux, mais pour qui ? Il caractérise surtout un monde d'adulte sans cœur, froid, avec lequel il est impossible de communiquer, un monde d'adulte qui EST le problème. C'est un autre type de film familial, qui ne joue pas sur les mêmes ressorts, effet Peter Pan assuré.

----------------------------------------

Un petit dernier, peut être l'exemple le plus parfait à mon sens d'un film familial au sens strict, l'Odyssée de Pi :
life-of-pi.jpg
qui se singularise par ses différents niveaux de lecture, dont certains totalement inaccessibles pour l'enfant qui y verra un fabuleux conte. Ces différents niveaux sont invoqués explicitement par le film, il ne s'agit donc pas d'interprétation ou de sur-analyse, mais réellement de différents niveaux de compréhension selon ce à quoi on s'attache. Magnifique. Magnifique par ce que ces différents niveaux sont presqu'incompatibles entre eux, chacun des spectateurs ayant sa part de vérité bien à lui.

Hors ligne

#5 12-05-2018 02:39:24

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Un film familial, c'est quoi?

les Aventures du Baron de Münchhausen.
1526085401-munchausen-1988.jpg

J'avais 9 quand mes parents m'avaient emmené le voir au cinéma. Il fichait assez la trouille par moment.
Enfant, on ne peut qu'accrocher aux aventures fantastiques du Baron et des ses serviteurs aux super-pouvoirs.
Adulte, on a une belle fable sur la valeur de l'imaginaire chez les différentes générations. D'excellents dialogues combinés à un très bon humour (et Uma Thurman dans sa coquille Saint Jacques).

Hors ligne

#6 12-05-2018 10:22:59

Prelogic
Legaliste

Re : Un film familial, c'est quoi?

Quelle est la définition exacte d'un film familial ? Est-ce un film avant tout destiné aux enfants, avec une orientation très puérile  et la prépondérance d'un comique de répétition ? Un souvenir traumatique lié à la petite enfance ? Ou une œuvre suffisamment complexe dans ses niveaux de lecture pour fédérer les générations, autour de valeurs universelles ?

La première chose qui me vient à l'esprit lorsque l'on évoque ce sujet, ce sont mes souvenirs très personnels (égoïstes ?) de la petite enfance. Des souvenirs que je juge par conséquent authentiques et innocents, autant dire une bonne base de réflexion.

J'ai été absorbé / traumatisé par Danse avec les Loups, alors que j'avais une 10e d'année (c'est l'un de mes souvenirs les plus anciens et les plus prégnants). Mes parents craignaient que ce film soit trop long pour moi, mais ils m'affirment encore aujourd'hui qu'on aurait pu entendre une mouche voler durant la séance. J'ai été transporté par la musique, les sublimes paysages naturels, je me suis potentiellement identifié avec le personnage principal qui rêvait de pouvoir échapper à la civilisation décadente. J'ai encore du mal aujourd'hui à supporter la scène ou le Loup se fait descendre par les colons américains, persistance de la mémoire oblige. Un gosse de 10 ans peut, quel que soit son niveau d'éducation, comprendre l'injustice profonde de cette scène et se construire une morale de vie. D'ailleurs, et puisque ce topic est en quelque sorte l'émanation directe d'une discussion sur la notion de "Meurtre au cinéma et de son impact sur la jeunesse", je dirais que cette scène d'une extraordinaire violence est aussi une véritable leçon de vie : avec une grande simplicité, on cherche à expliciter, à mettre en scène l'absurdité, l'immoralité du meurtre gratuit. Qui plus est par un bande d'ivrognes se réclamant de la « civilisation » face aux « hordes de sauvages »  - Le reflet du monde des adultes dans la salle ?

Dans le même registre animalier, je crois que l'Ours de Jean-Jacques Annaud a également été une sorte de baptême du feu pour moi. A cause de ce film en particulier, je ne peux plus supporter de voir des films où des animaux souffrent ou sont maltraités. Même si je sais que c'est pour de faux, cela m'est insupportable mdrno la scène avec le Puma, entre autres, est d'une rare injustice, mais c'est la loi du Monde sauvage. Je me souviens aussi avoir été terrorisé par les hallucinations du petit Ours, après avoir ingurgité des champignons. C'est le génie de Jean-Jacques Annaud de réussir à faire en sorte que les petits dans la salle s'identifient à ce petit orphelin, contraint de survivre par ses propres moyens face à un monde jugé hostile.

Jurassic Park a également été une sorte de ligne rouge pour moi, une démarcation clair et nette entre le monde de l'enfance et l'âge adulte. Tous les enfants adorent les dinosaures, c'est autre chose de les rencontrer en chair et en os, sous une pluie d'orage. Je n'oublierai jamais ce T-Rex s'en prenant aux enfants (donc à l'innocence), je n'avais jamais vu un spectacle pareil. Qui plus est, des enfants "seuls", sans parents, ceux-ci étant évoqués de manière lointaine, en instance de divorce. C'était encore une époque où les effets spéciaux numériques étaient accueillis positivement, comme une évolution naturelle de la technique. Je regrette à ce titre le discours profondément hypocrite et "auteurisant" d'un JJ Abrams ou d'un Rian Johnson. J'aurais bien des choses à leur dire concernant mon expérience personnelle adolescente sur Jurassic Park ou La Menace Fantôme.

Tout en discutant de ces expériences avec vous, je me rends compte que je fais ma propre psychanalyse et c'est chouette farewell Les thèmes qui m'ont le plus marqué / auxquels je me suis le plus identifié sont probablement les suivants : peur de l'abandon, peur de la désorientation, attachement psychoaffectif prononcé avec la mère / avec la représentation maternelle. Il n'est dès lors pas étonnant que je sois tellement attaché aux films de tonton Steven, tonton Lucas, tonton Cameron ou tonton Zemeckis (Retour vers le Futur). Ces gens connaissaient et respectaient les enfants, leurs peurs et leurs angoisses. Pour toujours et à jamais #JesuisNewt.

Comme Anakin, je n'ai pas eu de Père. Ce qui peut aussi expliquer mon attachement particulier au discours d'un Lucas sur un tel personnage.

Voilà des éléments de réponse qui peuvent "faire famille". Des films qui, à un moment donné, évoquent les sujets auxquels les enfants comme les parents sont confrontés à différentes étapes de la vie : un divorce, un décès, une famille recomposée, une jalousie, des frustrations jamais résolues, etc..

Dernière modification par Prelogic (12-05-2018 10:33:05)


Sans_titre_3.png
« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
« La contre-culture ne viendra pas d’une institution d’État, ni d’une major hollywoodienne. Elle n'appartient à personne. » - Rafik Djoumi.

Hors ligne

#7 12-05-2018 11:49:33

mbuna
Ancien fan

Re : Un film familial, c'est quoi?

Prelogic a écrit :

Tout en discutant de ces expériences avec vous, je me rends compte que je fais ma propre psychanalyse et c'est chouette

Ah t'étais pas au courant ? Bienvenue, c'est pour ça qu'on est tous là mdr  (*)



Ahhh Danse avec les loups... un film culte pour moi, que je place dans la même famille que le non moins magnifique Little Big man...

Concernant Jean-Jacques Annault, pour poursuivre sur les souvenirs d'enfance afin de tenter de comprendre les termes de la discussion, j'en ai un extraordinaire avec ce réalisateur : la guerre du feu que j'ai vu à sa sortie en 1981 (donc à mes 9 ans).
J'avais eu une quasi angoisse toute la projection (encore le souvenir d'une prisonnière qui regarde un cannibale lui manger son bras qu'il lui a coupé). Ce film m'a fait faire des cauchemars, mais il a développé une véritable fascination pour l'Histoire. J'ai pris en pleine tronche le temps, la mort, le fait d'être le produit de son temps, etc. C'est directement grâce à lui que j'ai toujours eu des bonnes notes en Histoire le long de mon cursus scolaire mdr

J'étais probablement trop jeune pour le voir, et pourtant il a eu bien des vertus me concernant. Et cette fin, cette musique, ce couple, ces sentiments et sensations intemporelles devant une nuit étoilée. Comme dirait Quark dans DS9 : plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes.

Flash required

Bon alors, un film qui te fait faire des cauchemars mais qui te donne des bonnes notes à l'école, c'est un film familial ou pas ??? mdr



----------------------------------------

(*) sauf que moi je suis le Chef indien mock
fca8231931.jpeg

Hors ligne

#8 12-05-2018 15:12:32

matou
modérateur

Re : Un film familial, c'est quoi?

On a en fait, un peu dérivé du film familial au film qui a marqué notre enfance et/ou que l’on a vu avec et des yeux d’enfants et des yeux d’adultes.
Mais cela fait aussi parti de la thématique.

Nous sommes une voire plusieurs générations que le cinéma et la télé ont façonné.
Je lisais dernièrement que le soft power, c’est exercer un pouvoir non pas par la coercition, mais en donnant envie, en séduisant, en poussant au mimétisme.
Le nouvel Hollywood a parfaitement rempli cette fonction vis à vis du bloc soviétique.
Pour s’exercer, le soft power a besoin de qualité.
Or malgré des succès financiers, il est actuellement en crise car la qualité n’est plus au rendez vous.
C’est plus une standardisation qu’autre chose.

Je le dis car je m’aperçois que mes souvenirs de films familiaux sont majoritairement US.
Je manque de temps pour lister les films, mais mes films familiaux et marquant sont souvent des films vu avec mon père à son initiative puis en grandissant, à la mienne.
Dune, danse avec les loups, Star Trek, le Stalingrad allemand du début des années 90, retour vers le futur.
Mes thématiques enfantines étaient le lien avec le père et la fraternisation avec les opposés.

Merci de citer Annaut car il est pour moi, sauf son Stalingrad, un cinéaste familial.
Le cinéma français a une lacune sur ce genre de cinéma (hors animation car par exemple Kirikou est un pur film familial).

Hors ligne

#9 12-05-2018 15:54:39

Prelogic
Legaliste

Re : Un film familial, c'est quoi?

matou a écrit :

je m’aperçois que mes souvenirs de films familiaux sont majoritairement US.

Comme beaucoup d'entre nous, c'est une réalité. Le vieux continent a semble-t-il abandonné la bataille sur le terrain du divertissement familial avant même d'avoir engagé le combat. Le problème c'est que le cinéma joue aussi le rôle de baromètre de la santé culturelle d'un pays. Tu parles de soft-power, on est en plein dedans : les Etats-Unis ont conquis le monde également avec leur culture, et sans violence. Tout le monde adhère au cinéma US, à tel point que lorsque Luc Besson essaye d'adapter une BD francophone avec une dimension entertainement assumée, le public français, peu chauvin, se moque de lui. Il faudra d'ailleurs revenir sur le dégout des français pour tout ce qui "fait nation", alors même que le reste du monde nous envie notre exception culturelle.

Je continue de m'interroger sur ce qu'est réellement un divertissement "familial". Si pour toi Matou c'est synonyme de cinéma fédérateur, rassembleur, alors je crois que le cinéma populaire de Spielberg coche sans difficultés toutes les cases. Sauf que cette forme de cinéma est en train de disparaître, probablement parce que les ficelles sont connues de tous désormais, et que des univers comme Marvel exploitent de manière très agressive la forme du soap-opéra, avec des stratégies d'occupation du terrain sur des décennies. Jamais le public n'avait autant consommé de label, en lieu et place d'une certaine idée du divertissement "ludique et en famille".

Je crois même que d'une certaine manière, ce sont les Lucas et les Spielberg qui ont "inventé" le geek d'aujourd'hui, qui a souvent les traits d'un JJ Abrams et qui fétichiste le cinéma "de son enfance" au point d'en faire une quasi-religion. Cette génération de trentenaires / quadras qui a été emmené au cinéma de quartier par Papa / Maman, et qui a véritablement vécu de plein fouet une période extrêmement riche, qu'on ne peut que regretter aujourd'hui vu la médiocrité de plus en plus ostensible des productions actuelles.

D'ailleurs, la famille d'hier est-elle la même que celle d'aujourd'hui ? Comment les gens vont-ils au cinéma désormais, comparativement à hier ? J'ai vécu personnellement, comme beaucoup de gens de ma génération, la mutation progressive du cinéma de quartier en multiplexe hors-sol, en dehors de la ville. Des emplois qui disparaissent, remplacés par des machines automatisées... on ne distribue plus de pop-corn dans la salle, c'est au consommateur d'aller les chercher lui-même, accompagné par un jeu de piste à peine forcé à l'intérieur même du cinéma.

Aujourd'hui, la résolution de la 4K de salon est presque un meilleur argument de vente que d'aller s'entasser au cinéma. Sans parler de la VOD, qui fragilise littéralement le "cocon" représenté par une séance en famille. Les gens ont les yeux rivés sur leur mobile, au lieu de lever la tête, et adoptent des logiques de consommation ultra-individualistes.

On attend plus la même chose d'un "divertissement familial" aujourd'hui par rapport à hier.

Dernière modification par Prelogic (12-05-2018 15:58:03)


Sans_titre_3.png
« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
« La contre-culture ne viendra pas d’une institution d’État, ni d’une major hollywoodienne. Elle n'appartient à personne. » - Rafik Djoumi.

Hors ligne

#10 12-05-2018 16:09:22

matou
modérateur

Re : Un film familial, c'est quoi?

Si la forme change, cela reste une tension humaine.
Avant le ciné il y avait les conteurs.

Le besoin d’etre rassemblé pour entendre une histoire qui met à distance ce qu’il y a en vous sans exposer votre intimité.
De nos jours, oui on a les films chez soit.
Mais aller au cinéma est une sortie. Elle induit bien des éléments positifs (gestion de l’attente, choix du film, choix des à cotes, préparatifs) qui évitent la passivité.
Donc des mutations mais pas de changement profond.

Les cinéastes que tu cites, ont crée et chaque création échappe à son créateur.
Ce sont les têtes pensantes actuelles qui sélectionnent des Abrams et qui ne sélectionneraient pas des Zemeckis.
La faute à une logique de rentabilité issue de la logique financière (faire du profit à toujours été recherché mais pas à ce point, pas au détriment du soft power).
Vu la monté du nihilisme (à laquelle les studios participent sans le savoir vraiment), il y a, famille traditionnelle ou post moderne, encore plus d’attente pour des histoire.

Hors ligne

#11 12-05-2018 16:39:03

Prelogic
Legaliste

Re : Un film familial, c'est quoi?

matou a écrit :

Ce sont les têtes pensantes actuelles qui sélectionnent des Abrams et qui ne sélectionneraient pas des Zemeckis.

Alors qu'à une certaine époque, Zemeckis avait toutes les peines du monde à vendre son script aux studios, y compris... Walt-Disney, qui jugeait le message du film trop éloigné des valeurs familiales traditionnelles mdrno la même chose est d'ailleurs arrivé à Lucas lorsqu'il lui a fallu vendre Star Wars. Heureusement qu'il y avait des producteurs indépendants à l'époque comme Spielberg ou Lucas pour croire et soutenir la création originale. Voilà sans doute l'une des explications de la mutation du divertissement cinématographique familiale vers quelque chose de plus "conforme" et standardisé.


Sans_titre_3.png
« En général, je ne réfléchis pas en termes d’hommage. Quand tu démarres un projet, tu essayes d’imaginer quelque chose de différent, tu ne tentes pas de reproduire le passé » - Phil Tippett.
« La contre-culture ne viendra pas d’une institution d’État, ni d’une major hollywoodienne. Elle n'appartient à personne. » - Rafik Djoumi.

Hors ligne

#12 12-05-2018 16:46:30

Pok
membre

Re : Un film familial, c'est quoi?

Pour ma part, si l'on parle de films familiaux (ou grand public), mes premières pensées vont vers La grande vadrouille, Le corniaud, Le Petit Baigneur, (la quasi totalité des films de Louis de Funès en fait), les films de Francis Veber (avec François Pignon): L'emmerdeur (avec Lino Ventura et Jacques Brel), La chèvre, Les compères, Les fugitifs, ce qui m'amène aux films de Pierre Richard: Le distrait, Les malheurs d'Alfred, Je sais rien mais je dirais tout, (l'excellent) Le jouet. Puisque vous parliez de Jean-Jacques Annault il me revient le très bon Coup de tête avec le non moins excellent Patrick Dewaere. Voilà pour les premiers films qui me reviennent. Soit des comédies pour la plupart, les films familiaux étant avant tout des divertissements pour moi. J'ajouterais tout de même: les trilogies Retour vers le futur et Indiana Jones, E.T. ou Rencontre du troisième type, Gremlins, Qui veut la peau de Roger Rabbit? Et là j'en oublie!

Je ne rangerais pas Star Wars dans mes films familiaux du fait de son status de SF (ou Space-Opera), qui a toujours suscité beaucoup de réticence dans mon entourage proche. Star Wars (comme Star Trek) est plutôt quelque chose que je partage avec mes potes. Et même dans ma génération, beaucoup sont assez hermétiques à la SF, même si ça a pas mal évolué ces dernières années.


♫ space maybe the final frontier but it's made in a Hollywood basement ♫

Hors ligne

#13 12-05-2018 16:57:23

matou
modérateur

Re : Un film familial, c'est quoi?

Oui tu as raison, le film familial, il y a aussi la comédie. Et en effet les films que tu cites le sont aussi pour moi (pour les avoir partagés ainsi).

Hors ligne

#14 20-08-2018 11:32:06

Oberon
membre

Re : Un film familial, c'est quoi?

Étant en bonne partie responsable de la création de ce topic (salutations particulières à mbuna et Prelogic WINK ), j'ai mis beaucoup de temps avant de venir poster ici, entre autres raisons parce que l'exercice de définir clairement ce qui est -ou n'est pas- un divertissement familial est une science des plus délicate.

Une fois n'est pas coutume, je suis entièrement d'accord avec McRaktajino, car je trouve que les aventures du Baron de Munchausen est un excellent exemple. En effet, et en ce qui me concerne, si la première mission d'un film familial est d'être accessible aux enfants, il doit également présenter un intérêt (thématique, symbolique, poétique ou simplement narratif) pour les parents, sans quoi il sera à ranger dans la catégorie "film pour enfants". Oui, ces fameux films où nous avons traîné, enfants, nos parents en salle pour les voir, et où ces derniers ont pris autant de plaisir que chez le dentiste... whistling
De très bons exemples ont déjà été donnés, tels que les films de Francis Veber ou ceux avec Pierre Richard, mais je note un grand absent dans ce topic: Pixar.
À l'heure actuelle, et ce depuis leurs débuts en 1995 avec Toy Story, je ne vois pas d'autre studio qui incarne mieux cette difficile définition du film familial. Dans chacun de leurs films, il y a plusieurs niveaux de lecture, un humour omniprésent (et dieu sait que l'on a besoin de rire à tout âge!), une narration cohérente et accessible, une morale positive et un optimisme humaniste. Un cahier des charges assez impressionnant lorsqu'on y pense... king
Il y a quelques jours de cela, ma mère (65 ans) et moi-même (37 ans) sommes allés voir les Indestructibles 2. Nous nous sommes retrouvés dans une salle remplie de familles de tous les horizons, avec des enfants, des ados, des adultes, des personnes âgées; bref, de tout âge et de régions/milieux sociaux très différents. Et là, j'ai vu une nouvelle fois l'extraordinaire talent de Pixar (et de ce très cher Brad Bird) à l'oeuvre. Tout le monde a rit à s'en faire mal aux côtes, a éprouvé de l'empathie pour les héros, et s'est senti impliqué dans l'histoire. Carton plein, en somme...
Je vais essayé de récapituler tous les éléments qui ont fait que ce film est, à juste titre, le numéro un au box-office de l'année, et ce faisant, l'archétype du film familial.

Tout d'abord, les héros. Ces derniers ne sont pas un individu unique touché par la grâce ou une simple poignée de super-héros, mais une famille de super-héros. Si naturellement, le père et les mère sont plus forts et plus expérimentés que leurs enfants, ces derniers auront leurs moments de bravoure et un impact décisif sur la trame. Cela permet à toute personne dans la salle de s'identifier à un membre de cette famille si attachante, et renforce ainsi l'immersion.
Ensuite, l'antagoniste est un archétype du genre, à savoir que ses motivations sont compréhensibles, presque justifiés, et que son objectif est l'opposé direct de celui de nos héros. Cette technique narrative très classique, mais pourtant de plus en plus absente des super-production modernes, produit l'effet escompté: on éprouve un intéressant mélange de colère et de compassion pour le nemesis, à mille lieux (en ce qui me concerne) de l'ennui mortel provoqué par Kylo Ren, en autres exemples.
Et enfin, les enjeux. Dans la continuité du 1er opus, il s'agit de savoir si oui ou non, les super-héros vont être réhabilités. Une thématique simple qui aborde pourtant d'autres thèmes comme la justice, la politique, la communication, la peur, la manipulation et l'égalité des sexes. Et tous ces thèmes sont abordés de façon fine, de telle manière qu'un enfant les intégrera à sa façon, et les parents avec la leur. Tout ce que, pardonnez-moi de tirer sur l'ambulance, les opus SW Disney ont lamentablement échoués à faire... shoot

Ainsi donc, Pixar, en réussissant une nouvelle fois à réunir la simplicité sans sombrer dans le simplisme, la symbolique sans aller dans la lourdeur, l'optimisme sans dériver vers la naïveté, a pour moi pleinement résumé ce que doit-être un film familial.
Enfants comme parents, tout le monde quittera la salle plus joyeux, plus léger, et avec le sentiment d'avoir quelque chose à partager avec sa mère, son père, sa compagne, ses amis. On touche donc à l'universalisme, ce qui est, au final, la véritable définition de "familial": quelque chose qui transcende l'âge, le sexe, la race et les classes sociales pour réussir à toucher tout le monde sans distinction.
Je remercie donc Pixar aussi fort que je maudis Disney, ce qui n'est pas peu dire... praise
Dommage qu'il n'y ai pas d'équivalent en S-F de ce studio pour reprendre Star Trek, mais cela est un autre débat...

Dernière modification par Oberon (20-08-2018 12:16:18)


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

Hors ligne

Pied de page des forums