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#26 03-02-2018 01:05:28

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Le "Star Trek" de Quentin Tarantino

yrad a écrit :

Tandis que les opus les plus réussis sont justement ceux qui se sont imposés de respecter scrupuleusement la cohérence et la chronologie de l'univers Spirou et Fantasio, en particulier Le journal d’un ingénu d’Emile Bravo (un chef d’œuvre, et avec la série Enterprise, l’un des tout meilleurs prequels existants) et dans une moindre mesure Le groom vert de gris de Yann & Schwartz (prequel aussi, pour un hommage un peu grunge à Yves Chaland).

Je pensais justement au journal d’un ingénu. J'ai vraiment beaucoup aimé cet album, mais son contexte et ses personnages (Kassandra, génial, en plus elle a des putains de reparties) inhabituels dans un Spirou, me le font voir comme quelque chose de complètement à part. Du coup je ne trouve pas qu'il respecte vraiment la cohérence de la série.
Quand à la chronologie, en effet c'est l'époque de la création du personnage, mais peut on vraiment parler de respect de la chronologie dans une œuvre où le personnage traverse les époques sans vieillir. Chose plus facile à respecter dans Star Trek où les personnages vieillissent.

J'avais aussi bien aimé le tombeau des Champignac, un peu barré, mais sympa. Lui par contre c'est une aventure classique.

En fait c'est les seuls que j'ai lu.

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#27 03-02-2018 02:01:15

yrad
admin

Re : Le "Star Trek" de Quentin Tarantino

Disons que cela dépend de la validité internaliste que l'on accorde aux débuts chronologiques de Spirou et Fantasio. En d'autres termes, à partir de quel point débute vraiment l'internalisme de cet univers (en tant qu'univers cohérent) ?
Si l'on tient pour "vraies" (en internaliste) toutes les péripéties sérialesques - et 100% absurdes - de Rob-Vel (y compris la naissance du personnage de Spirou à la façon d'un Kroston mdr), alors effectivement Le journal d’un ingénu ne respecte rien.
Mais si l'on considère comme la plupart des lecteurs et comme l'éditeur Dupuis lui-même (propriétaire des personnages, un cas quasi-unique dans la BD franco-belge mais très répandu chez DC et Marvel) que l'Histoire réelle connue de Spirou et Fantasio débute avec André Franquin (ou au "pire" avec Jijé), alors Le journal d’un ingénu (2008) colle à la chronologie à la perfection.
Le chef d'œuvre d'Émile Bravo, c'est ni plus ni moins l'enfance réaliste de Spirou, construite à la manière d'une extrapolation à rebours naturaliste de Spirou sur le ring (l'une des premières histoires développées par Franquin en 1948), et qui se paye même le luxe de transformer rétrospectivement le serial immature de Rob-Vel en une sorte "d'enfance rêvée ou imaginaire" que se serait mentalement fabriqué ce gamin des rues orphelin qu'était le vrai Spirou. Il s'agit-là d'une intégration de Spirou dans la chronologie du monde réel... aussi inspirée et respectueuse que l'aura été la métamorphose des Klingons dans ENT !
Quant aux réparties assez vertes cultivées en effet par Le journal d’un ingénu (puis par Le groom vert de gris qui pourrait être considérée comme sa suite directe quoique trempée dans la suie de l'occupation nazie), cela ne représente en rien une trahison d'esprit ou de chronologie. Il est normal que chaque auteur (et chaque époque) cultive son style, mais cela n'implique pas en soi un quelconque viol dès lors que les évenements préétablis et la philosophie de l'oeuvre ne sont pas contredits. À l'exemple de Machine qui rêve (1998) de Tome et Janry, l'un des sommets de la saga, réussissant à embrasser une perspective totalement réaliste et même dickienne, mais finalement sans engendrer la moindre incohérence par rapport à la poésie et à l'humanisme d'un Franquin ou d'un Fournier...


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#28 03-02-2018 03:20:37

McRaktajino
Dernier Jedi

Re : Le "Star Trek" de Quentin Tarantino

On peut faire une chronologie des albums, mais c'est quand même intemporelle. Spirou aurait pu vivre le journal d’un ingénu alors qu'il connaissait déjà Fantasio. Si on n'accepte pas ça, on ne peut pas accepter que Spirou puisse utiliser un téléphone portable et vivre à notre époque sans être un homme de plus de 80 ans. Il n'y a pas de chronologie du personnage qui soit domptable.

Dans cet album, les choses sont abordées sans masque. C'est les vrais allemands, c'est la vraie seconde guerre mondiale. Ce n'est pas des pays et une guerre inventés pour représenter la seconde guerre mondiale comme c'est souvent le cas dans ce genre d’œuvre.
Et si on a pu se permettre de retirer les masques pour aborder le sujet plus franchement, c'est car le format one shots le permet beaucoup plus facilement.
Pour moi ce n'est pas une aventure qui s'inscrit dans la continuité de quelque chose de plus général à cause de ça, mais c'est pas grave, c'est Spirou quand même et c'est ça le principal.

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#29 03-02-2018 03:36:40

yrad
admin

Re : Le "Star Trek" de Quentin Tarantino

McRaktajino a écrit :

On peut faire une chronologie des albums, mais c'est quand même intemporelle. Spirou aurait pu vivre le journal d’un ingénu alors qu'il connaissait déjà Fantasio. Si on n'accepte pas ça, on ne peut pas accepter que Spirou puisse utiliser un téléphone portable et vivre à notre époque sans être un homme de plus de 80 ans. Il n'y a pas de chronologie du personnage qui soit domptable.

Le non-vieillissement des personnages fait partie des conventions de ce type d'univers de BD, comme le bruit dans l'espace en SF audiovisuelle. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y aurait pas de chronologie des événements en internaliste, ni que les personnages seraient dépourvus d'enfance, de jeunesse, et d'évolution psychologique avec le temps. Au contraire, chez Rob-Vel puis Jijé, Spirou était un gamin. Puis il est devenu adolescent et finalement adulte avec Franquin. Et depuis le milieu des années 50, Spirou est resté adulte, mais il a évolué (sans toutefois vieillir physiquement ou à peine, c'est là qu'entre en jeu la convention du genre). Fantasio a lui-même beaucoup changé avec les années, du zazou des origines au directeur de rédaction presque rigide.
La saga Spirou a fidèlement accompagné toutes les époques depuis la WW2, ses évolutions et révolutions, technologiques et sociales. Le Spirou de la Turbotration est totalement enraciné dans les années 50/60, celui du téléphone mobile et des réseaux sociaux vit dans les années 2010. Mais les causalités sont respectées, le vécu antérieur assumé, album après album. Il s’agit du même personnage, qui a vécu à toutes ces époques, et qui ne manque jamais une occasion de s’en souvenir et de les comparer...
Il n'est donc pas question (et heureusement) d'un reboot perpétuel de Spirou en fonction de la période temporelle où se situerait l'action. Si l'on considère comme l'éditeur que l'internalisme de cet univers débute avec Franquin, et que Spirou et Fantasio encore ados ou très jeunes adultes se connaissaient déjà en 1945, alors il appartenait à un prequel sis en 1939 de mettre en scène leur enfance respective et leur rencontre. Ce que fait justement Le journal d'un ingénu, qui n'a jamais été pensé par son auteur comme un reboot ou une déclinaison vintage de Spirou millésime 1939, mais bien comme un vrai prequel explorant l'origine de la chronologie, la genèse des héros, le pourquoi du comment. Et c'est précisément ce qui en fait tout l'intérêt et toute l'intelligence.

McRaktajino a écrit :

Dans cet album, les choses sont abordées sans masque. C'est les vrais allemands, c'est la vraie seconde guerre mondiale. Ce n'est pas des pays et une guerre inventés pour représenter la seconde guerre mondiale comme c'est souvent le cas dans ce genre d’œuvre.
Et si on a pu se permettre de retirer les masques pour aborder le sujet plus franchement, c'est car le format one shots le permet beaucoup plus facilement.
Pour moi ce n'est pas une aventure qui s'inscrit dans la continuité de quelque chose de plus général à cause de ça, mais c'est pas grave, c'est Spirou quand même et c'est ça le principal.

Placer ou retirer des "masques", cela demeure une licence d'auteur. Ce fut aussi dans le passé une limite imposée par les éditeurs et/ou les lois de censure (qui ont durement frappé la BD européenne durant les Trente Glorieuses). Mais lesdits masques ne déterminent pas en soi le degré d'appartenance à un même univers connexe.
Dans les premières histoires scénarisées et dessinées par Franquin au lendemain de la WW2, les références traumatiques à celle-ci étaient nombreuses (quand bien même implicites). Par la suite, du temps de Greg, même si Spirou et Fantasio ont exploré des pays imaginaires (tout comme Tintin de son côté), l'empreinte de la guerre froide restait éloquente, parfois même totalement explicite (par exemple dans Le prisonnier du Bouddha en 1958). Et via leurs prequels, les auteurs contemporains comme Bravo ou Yann s'inscrivent bien dans cette continuité, mais en étant simplement plus explicites que leurs illustres prédecesseurs. La Palombie existe toujours, mais l'Allemagne nazie aussi. C'est ainsi que l'on enracine rétroactivement davantage un univers de fiction dans la réalité (ou du moins dans une uchronie réaliste), en assumant pleinement ce qui avait été fait auparavant tout en le connectant plus ouvertement au monde réel. C'est exactement ainsi qu'a procédé la série Enterprise en construisant un trait d'union entre la NASA contemporaine et le Starfleet de TOS.
Quant au supplément de "franchise" dans la façon d’aborder les sujets, ce n’est en rien l’apanage des one shots. Des albums de la collection principale comme Dans les griffes de la Vipère et Le groom de Sniper Alley n’y sont pas allés de main morte, le premier sur le pouvoir des multinationales dans le village global, le second sur la guerre en Irak.
Les one shots se démarquaient essentiellement de la série principale par la licence accordée par l’éditeur aux auteurs pour prendre des libertés avec l’internalisme et la chronologie afin de développer leur vision personnelle de Spirou. Mais au bout du compte (et c’est précisément là que cette "expérience de labo" devient particulièrement révélatrice), sur les douze volumes sortis (si l’on exclut Il s’appelait Ptirou de Sente et Verron qui n’est pas un Spirou), les seuls essais vraiment réussis furent ceux qui ont apporté une originalité dans le regard ou dans le style (histoire de se démarquer de la série principale) tout en respectant scrupuleusement l'univers existant (et sa continuité/cohérence interne forte).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#30 26-04-2018 17:43:41

IMZADI
Memory Alpha

Re : Le "Star Trek" de Quentin Tarantino

qu'en pensez-vous (vers la fin) ? 2 films en études...

croyez-vous possible à 1 film en 2 parties comme c'est la mode ?

http://www.comingsoon.net/movies/news/9 ? ies-coming


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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