#1 13-06-2017 09:51:50

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Cinéastes

Nouvelle rubrique dans laquelle je, vous, nous pourrons parler de cinéastes décédés ou en activité quel que soit leur niveau de popularité et des moyens dont ils disposent ou ont disposé, d'Albert Puyn à Hitchcock. Je ne compte pas faire des analyses de fond pour ma part, car si je devais analyser l'oeuvre de DePalma par exemple il me faudrait un livre entier.

Pour démarrer j'ai envie de parler de Stephen Sommers, l'étoile filante d'Hollywood, qui a été la victime non pas d'un système mais de lui-même.

L'une des particularités de Sommers est qu'il est scénariste ou co-scénariste de tous ses films ce qui, en fin de compte, a été autant un atout qu'un handicap . Son cinéma se caractérise par une générosité exceptionnelle et un sens de l'humour qui aboutissent à un curieux mélange d'hommage sincère, de grand spectacle, de pastiche, voir de parodie. Excellent directeur d'acteurs, Sommers aime profondément le cinéma populaire, les comédiens ... et le public. Lorsqu'on réalise un film il faut être un peu égoïste et faire avant tout un film pour soi-même, mais Sommers désire principalement faire plaisir aux spectateurs et les rendre heureux sans arrière pensée commerciale à la différence d'un Michael Bay. Cela en fait un des cinéastes le plus sincères du monde dans sa démarche, mais l'empêche paradoxalement d'élever ses ambitions. Un jour il a affirmé que son rôle en tant que cinéaste était de réaliser le film le plus plaisant et spectaculaire possible. J'aurais préféré qu'il comprenne que son but est avant tout de faire le meilleur film possible et que de donner du plaisir au public n'est pas suffisant, car cela lui aurait évité une carrière éclair qui l'a fait disparaître dans un quasi anonymat.

PARTIE I: Avant La Momie

Catch Me If You Can
Pas grand chose à dire sur son premier film. Une comédie dramatique assez confidentielle et pas spécialement réussie mais qui permet déjà de déceler chez lui une aisance incroyable avec l'humour et la direction des comédiens.

Les aventures de Huckleberry Finn
Sommers bosse pour Disney et réalise un film qui fait honneur à Mark Twain. On y sent un goût prononcé pour le cinéma populaire et un profond respect pour l'oeuvre d'origine.

Le livre de la jungle
C'est à partir de ce film que sa générosité, son gout du grand spectacle et des séries B explosent. Plutôt que d'être une adaptation officielle de Kipling, sa version du Livre de la jungle est en réalité un adaptation officieuse du Tarzan d'Edgar Rice Burroughs... dans l'esprit. Et c'est une belle réussite. Un excellent B-movie à l'ancienne, généreux et sincère. Parce que Sommers a compris qu'une bonne adaptation n'est pas de faire une photocopie mais de respecter l'oeuvre d'origine et de préserver le charme de l'ambiance éprouvée par le lecteur. En 1994 le cinéma de Sommers était déjà extrêmement pulp.

Un cri dans l'océan
Plein d'humour et souvent gore, Deep Rising réinvente le cinéma fantastique de distraction sans le moindre cynisme. Sincère sur les deux registres de l'humour et de l'horreur le film est particulièrement bien dosé et bien écrit, et passe aisément d'une scène cruelle à une réplique légère avec un naturel qui force le respect. Un huis clos marin très distrayant et totalement réussi.

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#2 15-06-2017 08:45:43

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Stephen Sommers PARTIE II: Gloire et déchéance

La momie
1999. Sommers décide de faire revivre la momie après deux tentatives ratées dans les années 90: The Mummy Lives (1993) et Tale of the Mummy (1998). Pour ce faire il va transformer un petit film d'horreur en une aventure fantastique tonitruante. Une idée de génie, véritablement. On a souvent comparé ce film à Indiana Jones mais en réalité cela n'a rien à voir avec les aventures du héros de Lucas. Si le film est pulp il ne puise cependant pas ses influence dans les serials mais plutôt dans la bande-dessinée et, une fois de plus chez Sommers, dans les écrits de Haggard et Burroughs. Comme toujours l'humour du film est particulièrement bien dosé, avec un ton frôlant souvent la parodie. C'est que Sommers adore La momie de 1932 et la série de films qui ont suivi, et la plupart de ces films étaient plein d'humour à la différence des films de Dracula, Frankenstein et le loup-garou. L'idée de dépeindre son film comme étant dans la continuité logique des films des années 30 et 40 (mais en plus spectaculaire) et de situer l'action dans les années 20 a été payante à tous les niveaux, car cela ouvre l'audience à des nouvelles générations tout en flattant le fans des Universal Monsters par un profond respect et de multiples clins d'oeil à l'oeuvre originale à la différence de ce que vient de faire Alex Kurtzman qui se préoccupe davantage de sa star de que son monstre.
La momie ne cherche jamais à être crédible et sans cet esprit il n'aurait jamais eu un tel succès. C'est le meilleur film de Sommers et ce n'est pas normal. A partir de cette réussite artistique et commerciale Sommers aurait dû être plus ambitieux tout en gardant le même esprit. S'il avait opéré ce virage il serait encore un des réalisateurs les plus en vue du moment.

Le retour de la momie
16 mois, c'est le temps que le studio a laissé à Sommers pour concevoir et réaliser cette suite. Alors je veux bien qu'on critique les facilités scénaristiques, le gamin de 8 ans imposé par le studio et plein d'autres choses mais pour moi il a réalisé la meilleur suite possible en tenant compte du manque de temps et autres contraintes.
J'adore le retour de la Momie même si je suis parfaitement conscient de ses défauts. Ici Sommers joue la carte de la surenchère à tous les niveaux pour afin de masquer des carences scénaristiques évidentes et inhérentes à la rapidité avec laquelle le film a été conçu mais avec une générosité et une efficacité sans égal, et profite judicieusement de l'occasion et des moyens colossaux mis à sa disposition pour rendre un hommage sincère au cinéma du génial Ray Harryhausen dans un final très excitant et très impressionnant. Stephen Sommers est un homme très habile, car son film est tellement spectaculaire, tellement bien fichu et tellement agréable à suivre qu'on en oublie (trop?) facilement toutes les facilités du script. Mais son génie pour le divertissement hautement référencé, sa sincérité et son sens du spectacle l'emporte sur tout le reste. Du moins cela fonctionne encore dans ce film. Nettement moins dans le suivant...

Van Helsing
Sommers est au sommet de sa gloire, et Universal lui accorde un budget pharaonique de 160 millions de dollars pour faire revivre les autres monstres du studio. Il va appliquer ici le même principe que pour la Momie: du grand spectacle avec de l'horreur light. Sauf que Van Helsing souffre de tous les défauts du retour de la momie auxquels viennent s'en ajouter d'autres. Entendons-nous bien: Van Helsing est un spectacle hallucinant et très jouissif à voir et Sommers est toujours aussi généreux et sincère mais ce film marque les limites de son cinéma de qui, à trop vouloir surenchérir, ressemble ici davantage à un jeu vidéo qu'à un film. Cela compte surtout pour les personnages qui se limitent à des postures et des archétypes, très loin de l'attachement qu'on avait pour ceux de la momie. On peut pas s'attacher ni s'inquiéter pour des personnages de jeux vidéos qui font des chutes de 30 mètres ou sont projetés de 15 mètres sur les murs puis se relèvent comme si de rien n'était. Non Stephen, on ne peut pas. On ne peut pas non plus accepter un scénario qui se limite à l'essentiel et avec des enjeux limités. On ne peut pas non plus accepter le jeu lamentable des comédiens et la pire erreur de casting de tous les temps: Richard Roxburgh en Dracula! Bref avec Van Helsing Sommers s'est un peu perdu et il a sacrifié script et personnages au profit du Dieu spectacle. Le film n'aura pas le succès escompté et Après 5 ans d'une courte gloire il disparaîtra de la scène pour quelques années, de projet avorté en projet avorté.

G.I Joe
Sommers est de retour après 5 ans d'absence et semble avoir tiré quelques leçons de Van helsing. C'est mieux, c'est plus équilibré, mais ce n'est toujours pas le Sommers de la Momie. Sommers le réalisateur a complètement bouffé Sommers le scénariste et je ne sais pas si les deux pourrons encore cohabiter à parts égales un jour. Bien heureusement le spectacle est total... et surtout sincère. J'en ai marre qu'on compare Sommers à Bay parce que Bay, lui, se fiche du monde et de son public. Et son G.I Joe vaut mieux que n'importe quel Transformers. J'aime le film, mais tu vaux mieux Stephen, tu vaux bien plus que ça. Le film a connu un certain succès mais étrangement Sommers disparaîtra à nouveau des écrans radar, avec une multitudes de projets avortés. Dire qu'il bossait sur Tarzan, lui qui a tout pigé à E.R Burroughs... Le film qu'on ne verra jamais.

Odd Thomas contre les créatures de l'ombre
Sommers réduit à réaliser une petite production que quasiment personne n'a vu et franchement dispensable c'est triste. Très triste. Alors ok on y décèle toujours la générosité du bonhomme mais l'histoire est inintéressante au possible: un Tales From The Crypt étiré sur 90mn. C'est tout ce que ça promet et c'est tout ce qu'on aura! Aujourd'hui Sommers à toujours envie de revenir sur le devant de la scène avec When Worlds Collide annoncé depuis près de 10 ans mais sans cesse repoussé mais je ne sais pas si cela se fera un jour. Les studios ne croient plus en lui et c'est un peu de sa faute. Trop d'argent pour Van Helsing. Trop d'ambition visuelle. Trop peu d'ambition scénariste. C'est cruel de flinguer sa carrière en un seul film, surtout lorsqu'on est plein de talent. Mais Hollywood ne pardonne rien et s'il vous fait les yeux doux doux un moment il est tout autant capable de vous écraser comme une merde. La sincérité et la générosité ne paye plus, sauf si vous vous appelez Peter Jackson. Aujourd'hui les réalisateurs de blockbusters ne sont que des yes-man sans le moindre talent et sans aucune vision qui ne font que mettre en images les idées des producteurs, servant aux spectateurs des produits interchangeables et sans aucune saveur. Alors, si vous êtes tentés de voir La Momie (2017), précipitez-vous plutôt dans votre vidéothèque pour revoir La Momie (1999), car je ne sais pas si un blockbuster aussi agréable et sincère pourra encore se faire à l'avenir. En tous cas, merci Monsieur Sommers.

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Et merci à tous ceux qui voudrons débattre. D'accord? Pas d'accord? Des choses à ajouter? A conteste? Exprimez-vous!

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#3 15-06-2017 11:09:31

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéastes

dvmy a écrit :

ce film marque les limites de son cinéma de qui, à trop vouloir surenchérir, ressemble ici davantage à un jeu vidéo qu'à un film.

Bizarrement, il s'agit d'une des raisons pour lesquelles j'aime autant ce Van Helsing. A savoir la meilleur adaptation live (officieuse) de Castlevania possible. Le film en reprend vraiment la structure, avec une progression très vidéoludique ou à la fin du jeu on doit atteindre le dernier niveau (le chateau de Dracula) pour affronter le boss final (Dracula, lui-même) en résolvant au passage une énigme et avant ça, affrontant divers "mini-boss" (Jekyll, à la fin du "tutorial"/de l'intro, les épouses, etc). On y retrouve aussi différents "gameplays" tout au long du film : "shoot'em up", course poursuite (ici en calèche) jeux de plate-forme, infiltration. Sommers a réussi à intégrer la narration vidéludique à son film d'une manière bien plus naturelle que la totalité des adaptations officielles. D'autant plus étrange/ironique que c'est sans doute involontaire, Sommers n'étant à ma connaissance pas un gamer (au contraire de Doug Liman, le réalisateur de Edge of Tomorrow, l'autre grande hybridation réussie entre cinoche et jeux-video). En revanche son cinéma a influencé les jeux-vidéo, Mikami rendra ainsi hommage au climax de Deep Rising dans Resident Evil 4. Il y a donc, je pense, quelque part une sensibilité commune qui explique sans doute ce Van Helsing, un film aussi unique que précieux.

Sinon, j'aime beaucoup Odd Thomas, je dois dire.
Un film mineur pour Sommers, ça ne fait aucun doute et qui souffre de quelques défauts (ces CGI, ugh, l'humour qui fonctionne moyennement) mais en même temps il joue sur un terrain intimiste inhabituel pour lui et je trouve qu'il le fait bien. Ca reste l'une des plus belles romances vu au cinéma ces dernières années, le couple est adorable et la fin en est d'autant plus bouleversante. Depuis la perte d'Anton Yelchin et au vu des thématiques qu'il explore, le film me touche encore plus. Et puis, rien à faire, j'adore le parcours de Odd qui tend vers l'acceptation de son destin héroique. C'est très satisfaisant... Tout cela, sans oublier les petites touches horrifiques, ici ou là, fait que ouais je le recommande sans problème. Amha, un Sommers mineur reste plus fréquentable qu'une bonne partie de la production hollywoodienne.

Dernière modification par scorpius (15-06-2017 15:03:22)


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#4 15-06-2017 11:33:31

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Ce n'était pas un jugement de valeur Scorpius. J'adore voir et revoir Van Helsing car c'est un spectacle incroyable, une gigantesque attraction de parc fun et jouissive. Mais j'aurais préféré un traitement différent pour les personnages, parce qu'en l'état ils n'ont aucune profondeur et manquent de crédibilité. C'est le même souci que j'ai avec les super-héros: je ne peux pas m'attacher à des personnages indestructibles.

scorpius a écrit :

un Sommers mineur reste plus fréquentable qu'une bonne partie de la production hollywoodienne.

Nous sommes d'accord

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#5 15-06-2017 12:53:33

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéastes

dvmy a écrit :

Mais j'aurais préféré un traitement différent pour les personnages, parce qu'en l'état ils n'ont aucune profondeur et manquent de crédibilité. C'est le même souci que j'ai avec les super-héros: je ne peux pas m'attacher à des personnages indestructibles.

Ce que je peux tout à fait comprendre.

J'ai le sentiment que Sommers a voulu avant tout fragiliser ses personnages sur un plan émotionnel (c'est d'ailleurs le cas de certaines des meilleurs histoires mettant en scène Superman ou Wonder Woman) et, ouais, sur ce point, le film n'est pas assez abouti.
Si on prend le cas d'Anna, le fait qu'elle doive ouvrir les portes du paradis pour libérer sa famille déjà morte, c'est bien trop abstrait pour que ça me parle, l'abstraction ne me dérange pas lorsqu'elle est métaphysique ou existentialiste, bien au contraire. Là le coté religieux fait que ça ne me touche pas du tout. Sommers aurait surement du insister sur le dilemme lié au fait que son frère soit un loup-garou, esclave de la volonté de Dracula. C'est présent, mais comme tu dis, ça manque de profondeur.

On retrouve un peu le même problème avec la quête identitaire de Gabriel. On a bien quelques réponses, mais au final, son immortalité, la nature de son role en tant que main de Dieu (combattre le mal, mais il doit bien y avoir autre chose) on ne sait pas vraiment ce que ça signifie et c'est très frustrant. Peut être que Sommers se gardait en réserve des surprises pour une éventuelle suite...

Dernière modification par scorpius (15-06-2017 13:03:14)


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#6 15-06-2017 13:33:30

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

scorpius a écrit :

Peut être que Sommers se gardait en réserve des surprises pour une éventuelle suite...

C'est certain. J'en suis même convaincu à 100%. Je ne pense pas qu'il imaginait une seule seconde que son film n'allait pas suffisamment marcher pour engendrer une suite. Malheureusement le film a coûté 60% plus cher que Le retour de la momie, et a rapporté deux fois moins.

Mais mon plus grand regret c'est l'abandon de son projet La revanche de la Momie duquel on ne sait pas grand chose sinon que Patricia Velasquez devait y avoir un rôle plus important encore que dans le second volet. Parce que La Momie 3 de Rob Cohen est un ratage total, un remake foireux du retour de la Momie mal rythmé, mal écrit et aux effets spéciaux lamentables, dont l'humour tombe systématiquement à plat. Cela prouve d'ailleurs à quel point Sommers est un bon scénariste et un bon metteur en scène car avec les mêmes ingrédients Cohen livre une recette bas de gamme et sans aucune saveur.

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#7 15-06-2017 13:41:20

Buckaroo
50 ans et toujours aussi irritant

Re : Cinéastes

dvmy a écrit :

Stephen Sommers PARTIE II: Gloire et déchéance

Ce titre résume bien la carrière de Stephen  Sommers & ce que je pense de ce cinéaste : Gloire & décadence.

Au milieu des années 90 , il a été mon "JJ Abrams " .. C'est à dire  que je voyais en lui , un héritier  potentiel du style Spielberg /Amblin qui de film en film ne cessait de s'améliorer.

Pas trop de souvenir d' Huckeberry Finn , un plutôt bon de son Livre de La Jungle .

Un Cri dans l' Océan montrait  une générosité évidente & un amour de la série B non feint,  un savoir faire & un art de l'équilibre entre humour , horreur, aventure quasi parfait.

Arrive la révélation , la claque de La Momie en . Ce film , je ne l'avais pas vu venir en 1999 , l'année de la Matrix. Sa Momie avait un côté old school qui rappelait le meilleur de Spielberg , tout en ayant un profond respect pour la mythologie des Universal Monsters. Tout était parfait dans ce film.
A partir de là , Stephen Sommers était entré dans ma A List de réalisateur next gen' à suivre  ..

C'est derrière que j'ai déchanté , je crois que le succès public et critique de La Momie a complétement bouleversé le cinéma de Sommers.. Dés lors qu'il ne faisait plus d'honnête film pour lui, mais qu'il cherchait à séduire le public ( tout le public )  , sa générosité  s'est vite retourné contre lui.

Le Retour de La Momie
...Pas une mauvaise suite dans le sens du spectacle , mais un totale ratage dans le charme & le plaisir émotionnel qui faisait le succès du précédent ..
La surenchère a tué dans l'œuf se qui faisait l'essence naïve du premier volet... Tout les belles promesse Spielbergienne volaient en éclat , à base de gamin à baffer sur place  & d'orientation à la ramasse comme transformer la frêle et belle Evelyn en une super héroïne de Kung Fu ou faire d'Imhotep , un pauvre pantin .. Le pire est la morale à deux balle sur la famille qui crache à la fin sur la belle et tragique histoire d' amour d'Imhotep.. Sommers faisait pour la première fois  preuve de cynisme ... sad

dvmy a écrit :

le gamin de 8 ans imposé par le studio et plein d'autres choses mais pour moi il a réalisé la meilleur suite possible en tenant compte du manque de temps et autres contraintes.

Ce n'est pas une excuse le studio .. C'est toujours lui au scénario et la réalisation, il pouvait détourné ses figures imposées à son avantage.. Le gamin de ce film est insupportable,, il ruine le film à chaque appartion.. Short round ne l'était pas dans Indy 2 , pas plus que les gamins d' Explorers ou le gosse de Last Action Hero..  Sommers ne sera donc jamais Spielberg , ni Joe Dante & encore moins John Mc Tiernam.

Van Helsing
.. Encore une fois pas un mauvais film , mais un Stephen Sommers de nouveau desservit par sa générosité.. Je rejoint dvmy , ça tient plus du jeu vidéo que du cinéma .
& je trouve que son mash up de monstres ne rend pas très bien hommage  au Universal Monsters de la grande époque..
& mon dieu.. Son Dracula est encore plus ridicule que celui de Leslie Nielsen chez Mel Brooks..

GI Joe , bon blockbuster qui assure , mais très vite vu , très vite oublié. Un autre réalisateur l'aurait fait qu'on aurait pas vu la différence . Ou est donc passé le Stephen Sommers de La Momie .. A t'il vraiment existé ? C'est la  question qu'on est en droit de se poser quand on sait que la majorité de l'esprit de La Momie  provient essentiellement du King Kong avorté de Peter Jackson pour le compte d' Universal à la fin des années 90.


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#8 15-06-2017 14:42:56

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéastes

Buckaroo a écrit :

Le Retour de La Momie...Pas une mauvaise suite dans le sens du spectacle , mais un totale ratage dans le charme & le plaisir émotionnel qui faisait le succès du précédent ..
La surenchère a tué dans l'œuf se qui faisait l'essence naïve du premier volet... Tout les belles promesse Spielbergienne volaient en éclat , à base de gamin à baffer sur place  & d'orientation à la ramasse comme transformer la frêle et belle Evelyn en une super héroïne de Kung Fu ou faire d'Imhotep , un pauvre pantin .. Le pire est la morale à deux balle sur la famille qui crache à la fin sur la belle et tragique histoire d' amour d'Imhotep.. Sommers faisait pour la première fois  preuve de cynisme ... sad

Elle est super l'évolution d'Evelyn. L'idée qu'elle soit la réincarnation de Néfertiti, c'est quand même la classe. Lui donner un background commun avec Imhotep et Anck en terme d'implication émotionnelle, ce n'est pas con et surtout ça donne beaucoup plus d'impact au climax (la mort d'Evelyn des mains d'Anck). Et puis, que ses souvenirs d'une vie antèrieure remontent à la surface la transformant en guerrière bad-ass, dans le genre décompléxé et généreux ça se pose là. Tu vas pas me dire que le flashback ou elle affronte Anck dans l'égypte antique n'a pas comme un charme de péplum over-the-top ? Quand au traitement d'Alex, il démontre au contraire que Sommers reste sincère. Il est parfaitement conscient qu'un gamin - que ce soit justifié, ou non - va énerver pas mal de spectateurs adultes. Du coup il n'essai pas de camoufler la chose et tout le film tu as Alex qui tape sur les nerfs de Lock-Nah. Un ressort comique que je trouve efficace. Quand à la comparaison avec demi-Lune, pas sur qu'elle soit tout à fait honnête. Alex a un temps de présence à l'écran bien plus important et il est plus essentiel à l'intrigue (il en est carrément le MacGuffin) que le sidekick d'Indy.

Pour ce qui est de la romance entre Imhotep et Anck Su Namun. Je n'ai pas l'impression qu'il soit question de mettre tant que ça en avant un message sur la famille. Simplement montrer que l'union entre Evelyn & Rick est au final plus solide et sincère que celle entre Imhotep et Anck Su Namum qui pourtant s'étend sur plusieures vies. Je pense pas qu'Evelyn s'élance pour sauver Rick parce qu'elle se dit "tiens, c'est le père de mon gamin, faudrait peut être que je le sauve". Nan, elle risque sa vie pour le sauver car il est son grand amour.  Ca créé un contraste entre les 2 couples extrêmement tragique et triste pour Imhotep.

Dernière modification par scorpius (15-06-2017 17:08:57)


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#9 15-06-2017 16:27:04

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Je suis assez d'accord pour le personnage d'Alex. Sommers s'amuse à le rendre insupportable et du coup je le trouve bien plus supportable que l'Anakin de l'épisode 1 et que n'importe quel môme des Goonies.

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#10 04-08-2017 11:14:28

mbuna
le dormeur doit se réveiller

Re : Cinéastes

Très intéressé par ce topic, j'ai trouvé mon angle pour parler (juste un peu) d'un cinéaste qui me tient particulièrement à coeur : Hitchcock

Pour ne pas être trop long, je voudrais me focaliser sur l'un des aspects du cinéma d'Hitchock: sa direction d'acteurs et la place de ses personnages.

Dvmy, permets-moi de t'utiliser pour m'expliquer smile, ici concernant le Dunkerque de Nolan

Dvmy a écrit :

Le souci chez Nolan c'est que ses personnages sont inexistants. Ils n'ont pas d'autre personnalité que des postures et des archétypes.

Réponse de Nolan

Nolan a écrit :

Hitchcock réussissait à vous faire vibrer pour un personnage quel que soit le jugement moral que vous pouviez lui porter. On s’intéresse au succès ou à l’échec d’une action au moment où elle se produit. Rien d’autre. C’est Anthony Perkins qui met le cadavre dans le coffre et part avec la voiture. Il roule et puis se met à angoisser. Va-t-il se faire prendre ? Et cette angoisse, on la ressent avec lui ! À ce moment-là, vous avez presque oublié que c’est le salaud de l’histoire, qu’il vient juste de tuer la femme... C’est la force du cinéma de Hitchcock : vivre l’intensité du moment présent, sans avoir à expliquer ce qu’il s’est produit avant. C’est le principe de Dunkerque, trouver l’intensité immédiate. Je n’ai pas fait un film de guerre, mais un survival, piloté par le suspense.

L'une des composantes du cinéma d'Hitchcock qui rendait les situations si intenses, c'est cela : quelque soit le personnage de l'action, la personnification était quasi immédiate. Et presque tout tenait à sa science de la photo et du plan (bon OK et surtout sa mise en scène magistrale).
C'est aussi pour cet objectif qu'Hitchcock avait ses égéries d'acteurs. Vous n'avez pas besoin de présenter James Stewart, dès son apparition à l'écran vous saviez quel type de rôle il allait tenir, quelque soit son personnage. On est en plein dans l'observation de Dvmy pour moi. Ses personnages sont des archétypes répétés de films en films, d'autant plus poussés qu'Hitchock garde les mêmes acteurs. Et s'il en change, les nouveaux devront se fondre dans les postures précédentes. L'idée est que dans l'inconscient, ce serait toujours le même personnage qui vivrait ces différentes aventures (un peu comme le François Pignon de Veber mdr )

Regardez plutôt, féminins :
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Et ma préférée... Kim Novak, pour l'un de ces Chef d’œuvre, Vertigo
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Hitchcock a eu plusieurs périodes assez bien marquées : avant la guerre, ses périodes américaines (avec ses films les plus connus), puis son déclin commercial à partir des années 60. C'est de celui-ci dont je voudrais parler.... car il commence avec pourtant un Chef d’œuvre -et qui a donc été un bide à l'époque - pas de printemps pour Marnie. Puis de 4 autres films dont le meilleur est probablement Frenzie. Et qu'ont en commun ces 5 films ? Un changement chez Hitchcock, où il a commencé à prendre un soin particulier aux personnages, pour leur faire prendre de la consistance. Les échecs commerciaux successifs l'auront beaucoup marqué, puisqu'il se trouvait à partir de ce moment là un peu au pieds d'un mur, enfermé par Hollywood et ses fans dans la répétition de films où il lui était interdit d'évoluer. Le meilleur d'Hitchcock (pour l'époque) est l'utilisation de ses stars récurrentes dans des histoires dont l'objectif était le ressenti scène par scène, immédiat, viscéral, là où il excellait c'est vrai... et d'où l'échec de ses 5 derniers films...

Il était conscient de cette impasse, elle a contribué à ternir un peu sa filmographie sur la fin, il a en quelque sorte été piégé par son génie, et qui a fait que malheureusement beaucoup de ses films ont pas mal vieillit aujourd'hui...

Alors juste pour la route, ceux qui à mon avis ont atteint l'intemporalité pour différentes raisons :

- Rebecca (le plus pur des Hitchcock)
- Edward's House (pour son aspect baroque et pour la beauté d'Ingrid Bergman sublimée par le cinéaste) => une analyse un peu plus détaillée de ma part  >ici<
- Vertigo (en passant les 40 1ères minutes un peu vite..., après c'est le chef d'oeuvre et une Kim Novak qui crève l'écran comme j'ai rarement vu un(e) acteur(trice) le faire)
- La corde (pour les techniciens du cinéma et les amoureux des plans séquence)
- La 5ème colonne (très important film pour la carrière d'Hitchcock, le méchant, les avancées de l'intrigue et plein de sous-entendus)
- Pas de printemps pour Marnie (dernier vrai Chef d'oeuvre, le contre point d'Edward's House, un film incompris)
- Psychose (The must de l'angoisse et qui a redéfinit ce genre, encore copié aujourd'hui)
- L'Homme qui en savait trop (kitsh, mais atteint presque une valeur historique surprenante)


Des films aujourd'hui à éviter selon moi

- Les oiseaux (long, lent, chiant)
- Le crime était presque parfait (et pourtant un film si beau et noble... mais ses ficelles ne fonctionnent plus aujourd'hui)
- La mort aux trousses (considéré par certains comme son meilleur, un film expérimental qui n'expérimente plus grand chose aujourd'hui....)
- Les 39 marches (je vais à l'encontre de quasi le monde entier en le mettant de ce côté de la liste mais j'assume mdr , je considère que pour les années 30 il y'a bien meilleur et même si ce film est extrêmement important dans sa filmographie, il montre surtout les défauts qu'Hitchcock va gommer magistralement ensuite)


Bon bref, tout ça pour dire que des personnages construits en archétypes n'est pas forcément un défaut lorsque c'est voulu, assumé, et que cela poursuit un objectif. Après c'est sûr, faut savoir si celui-ci est atteint et si on y est sensible...

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#11 05-08-2017 19:13:09

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Ah Hitchcock, le cinéaste qui me pose tant de problèmes ...
Je suis tellement admiratif devant le génie absolu de sa mise en scène, et tellement déçu par le contenu de ses films. Seule exception : Psychose, qui est un chef d'oeuvre. J'ai tenté de réévaluer mon jugement il y a peu, en revoyant Vertigo, La main au collet, Fenêtre sur cour et La mort aux trousses mais rien n'y fait: j'y arrive pas. Je m'amuse à décortiquer ses mises en scènes exceptionnelles car je n'ai rien d'autre à faire en regardant ses films tant je les trouve prévisibles, ennuyeux, pas crédibles et truffés de facilités scénaristiques. Je t'envie Mbuna, car j'adorerais apprécier son oeuvre dans son ensemble et pas uniquement dans son habillage.
Mon Hitchcock à moi est son héritier dont ce dernier se réclame: Brian DePalma. Même génie pour la mise en scène, mais tellement plus crédible aussi.

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#12 05-08-2017 21:00:13

matou
modérateur

Re : Cinéastes

Tiens Davmy et Mbuna c'est quoi pour vous une mise en scène réussie?
A part celle de Ron Howard pour Davmy ou celle de Micharl Bay pour Mbuna? (oui je sais j'abuse)

Perso, je ne sais pas si cela à voir avec la mise en scène  mais j'aime quand on flirte avec le symbolisme sans jamais tomber dans l'explicite.

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#13 05-08-2017 21:26:23

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Une mise en scène réussie est pour moi une mise en scène inventive et technique, qui peut raconter le film presque sans aucun dialogue. Je suis impressionné par la mise en scène à chaque fois que je regarde un "written & directed by" Brian DePalma, les premiers Sam Raimi et les Spielberg par exemple. Mais je n'aime pas les tricheurs style Nolan (merci le montage) ou Cuaron (faux plans séquences réalisés grâce au numérique ).

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#14 06-08-2017 10:06:09

matou
modérateur

Re : Cinéastes

Je vois.
A ce propos, Hitchcock était un adepte du "Show, not tell", dont la première scène de "Fenêtre sur cour" est un parfait exemple. D'un mouvement de camera, elle introduit le personnage de Stewart.
Voici ce que dit Hitchcock:
"That’s simply using cinematic means to tell a story. It’s a great deal more interesting than if we had someone asking Stewart: “How did you happen to break your leg?” And Stewart answering: “As taking a picture of a motorcar race, a wheel fell off from one of the speeding cars and smashed into me.” That would be the average scene. To me, one of the cardinal sins for a script-writer, when he runs into some difficulty, is to say: “We can cover that by a line of dialogue.” Dialogue should simply be a sound among other sounds, just something that comes out of the mouths of people whose eyes tell the story in visual terms."

De la même manière, dans "Le crime était presque parfait", il a joué sur les couleurs des costumes.
"We did an interesting color experiment with Grace Kelly’s clothing. I dressed her in very gay and bright color at the beginning  of the picture, and as the plot thickened, her clothes became gradually more somber."

Sur le dialogue, il y a là, peut être la raison pour laquelle Davmy tu n'apprécies pas totalement son cinéma. Dans un cinéma où comme l'a bien décrit Mbuna, les personnages sont des archétypes que l'on retrouve de film en film, la narration par l'image importe plus que le fond de l'histoire. Et surtout, difficile de raconter une histoire plus profonde sans dialogues importants. Car les dialogues, enfin les bons, sont le support de la complexité des personnages.
Un des exemples que je donnerai sera Georges Lucas. Pour lui, des images soulignées par une musique raconte l'histoire, sans dialogue. Le plan de Luke regardant l'horizon au début de "Un nouvel espoir", ou bien Yoda s'effondrant pendant l'ordre 66.
Mais si on prend "L'Empire contre attaque" qui s'il ne l'a pas réalisé porte sa patte, le "Je suis ton père", a une force qu'aucune image n'aurait pu donner seule. Ce moment du film, très parlant symboliquement et visuellement, semble orienté vers ce dialogue.

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#15 06-08-2017 10:26:14

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

Mon souci avec Hitchcock c'est qu'il voulait raconter des histoires avec des intrigues alors qu'il était parfaitement conscient qu'il "racontait" bien mieux visuellement. Du coup ses intrigues sont souvent nulles, abracadabrantes et tirées par les cheveux. Il y a un décalage énorme entre la vacuité du fond et l'explosion visuelle. Hitchcock aurait dû réaliser des films sans intrigues, contemplatifs ou purement visuels. Cela me surprend toujours quand on parle de lui comme du maitre du suspens, car c'est précisément son gros point faible selon moi.

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#16 06-08-2017 10:39:37

matou
modérateur

Re : Cinéastes

Et Ron Howard alors? wink

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#17 06-08-2017 11:02:58

dvmy
Je sens l'appel de la lumière

Re : Cinéastes

matou a écrit :

Et Ron Howard alors? wink

Ron Howard est et restera toujours un yes-man. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a débarqué en catastrophe sur le film Han Solo. C'est un bon faiseur, un technicien honnête mais sans aucune vision.

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#18 06-08-2017 22:07:12

mbuna
le dormeur doit se réveiller

Re : Cinéastes

Effectivement, Hitchcock avait toutes les peines du monde à trouver les intrigues qu'il allait mettre en scène. Il était constamment en recherche, non pas d'histoires vraiment originales, mais celles avec lesquelles il pourrait le plus s'exprimer, j'allais même dire s'amuser.

Il a par exemple utilisé beaucoup de plans ou mouvements de caméra novateurs pour servir l'intrigue ou bien par défis technique :

- Le 1er du cinéma parlant à privilégier la caméra placée sur celui qui écoute plutôt que celui qui parle (c'était tellement peu fréquent que cela mettait mal à l'aise beaucoup de spectateurs et de critiques)
- l'inventeur de certains effets de travelling ou de zoom (dont le fameux effet vertigo)

Flash required

- Aller au bout du bout des plans séquences, notamment avec le film La Corde, où c'est la technique du moment qui l'interdisait d'aller plus loin puisque les bobines ne faisaient que 10 minutes. Il contournait cela avec tantôt des fondus enchainés, ou des coupures quasi invisibles

- (...)


Avec cette discussion, je viens de revoir la maison du Docteur Edwardes (la chair est faible), je vous propose un petit extrait, celui où Gregory Peck raconte un rêve à la sublimissime Ingrid Bergman (sa psy) et à son professeur.
Faites bien attention aux choix du zoom
- avant et continu lorsqu'il raconte son rêve => normal on entre dans sa psyché
- arrière lorsqu'on revient à la réalité
- la musique
- le surjeu magnifique de Gregory Peck (sans ironie)
- la sublimissime Ingrid Bergman (je vous l'ai déjà dit non mdr )

Flash required

Hitchcock a créé sa propre grammaire visuelle, ses gimmicks. Un effet qu'il adorait donner, c'est un ressenti visuel du spectateur différent du ressenti du personnage. C'est cette ambivalence qui lui permettait d'installer un malaise dans bien de ses scènes. Il disait qu'il essayait de recréer sur le plan des émotions, le même phénomène que le mal de mer : utiliser différents sens (vision et narration) donnant des stimulis contraires.
C'est d'ailleurs un peu ça l'effet vertigo : un travelling compensé

Hitchcock était un inventeur, d'ailleurs il trouvait que filmer caméra sur l'épaule était une hérésie. Il devait construire précisément ses scènes, afin qu'elles donnent exactement ce qu'il voulait raconter au départ. Il utilisait l'improvisation des acteurs et actrices pour les mettre à l'aise mais ne les gardait que très rarement au final.

Si vous voulez aller plus loin sur Hitchcock je ne saurais trop vous conseiller son dialogue très connu avec Truffaut, accessible sur Youtube

Flash required


Attention, y'en a pour 25 fois 30 minutes mdr

Au début de ce dialogue, dans sa lettre, Truffaut résume parfaitement la sensibilité d'Hitchcock je crois :
"Beaucoup de cinéastes ont l'amour du cinéma, mais vous, vous avez l'amour de la pellicule".

Et c'est probablement cela que tu ressens Dvmy, car effectivement tout l'Art d'Hitchcock était bien là, au delà de l'histoire qu'il choisissait comme support pour ses essais et expérimentations. Hitchcock n'est pas un metteur en scène complet comme on est en droit de l'exiger depuis que le cinéma est un art mature. Plus que de suspens, Hitchcock inspire -pour ceux qui y sont sensibles-, une multitude de sentiments souvent contradictoires dans une même scène et dans un même instant. Et tout cela rien qu'avec ses choix de plans et ses mouvements de caméra.

Alors pour te répondre, Matou, je dirais qu'un metteur en scène au dessus du lot est celui qui crée son style et sa grammaire propre (évidemment avec ses influences), et qui s'en sert de manière "noble", c'est à dire qui a une raison d'être, pas uniquement pour faire de l'esbroufe ou un effet facile.
Il faut se rappeler qu'Hitchcock a commencé avec le muet (1920), à un moment où le cinéma était dans sa période artisanale et ses balbutiements. Il n'est jamais sorti de cela, il s'est toujours considéré comme un artisan, un expérimentateur. Il fait partie des pionniers et c'est tout à fait logique aujourd'hui de le trouver "limité" sur certains aspects (notamment narratifs et scénaristiques).
Peut-être que pour les spectateurs qui le découvriraient aujourd'hui ou voudraient le re-découvrir, il faudrait le voir avec un oeil plus historique,  pour se donner une chance de l'apprécier pleinement et ne pas faire d'anachronisme.
C'est même absolument nécessaire pour certains de ses films comme la mort aux trousses par exemple.

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