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#26 08-07-2014 21:54:16

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

The God of Cookery

GodOfCookery.jpg

J'étais passé totalement à côté de ce petit bijou oops c'est donc une vraie découverte pour moi et un excellent cru pour Stephen Chow.
Ca tombe en plein dans ce cinéma sous influence Shonen dont on parle plus haut avec DrAg0r : il y a donc une vraie candeur et ça délire à tous les étages (les différentes techniques de cuisine mdr ). Alors on peut éventuellement reprocher un petit manque d'originalité pour quiconque connait un tant soit peu le taf' de Chow, pas mal de situations ou d'achétyque qu'il va recycler ultérieurement.

M'enfin, la sauce prend quand même, en dosant parfaitement ses ingrédients habituels, Chow livre un repas de choix, à conseiller à tous les gourmets de cinoche asiat'.

Dernière modification par scorpius (08-07-2014 21:55:18)


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#27 09-07-2014 09:10:14

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Grouuu, c'est bien tentant ça smile


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#28 20-09-2014 19:48:42

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Journey to the West : Conquering the Demons

JourneytotheWestConqueringtheDemons.jpg

Vous allez dire : encore un film de Stephen Chow ?
Oui, mais là il signe sans aucun doute son meilleur film depuis "le roi singe". Forcément en partageant le même sujet, à savoir la pérégrination vers l'Ouest (le film pourrait presque fonctionner comme un prequel au roi singe, centré sur le moine Xuanzang) on retrouve entre les 2 films pas mal de points communs. A commencer par cette faculté qu'a Chow de passer du rires aux larmes avec une virtuosité confondante et dans les 2 cas on retrouve une histoire d'amour tragique qui forme l'ossature émotionnelle du récit.

Mais là ou "Journey to the West" se différencie c'est dans son apect horrifique, en effet non-seulement on a des scènes très graphiques mais Stephen Chow parvient vraiment à nous foutre la pression en bâtissant un véritable suspens (impossible de ne pas penser à Jaws durant toute la formidable séquence d'introduction). Cet aspect horrifique on le retrouve aussi chez le roi singe lui-même, qui est franchement flippant. Ce n'est pas la première fois que Chow tente ce type de greffe d'un genre à l'autre, on se souvient de l'ouverture "comédie musicale" de Crazy Kung-Fu. Sauf que là, ça va au-delà du simple clin d'oeil et on sent la patte d'un cinéaste qui maitrise totalement son art !

(Et puis Stephen Chow oblige, on retrouve quelques hommages à l'imagerie manga, ici la plus marquante étant la transformation du roi singe en Oozaru dans une séquence dantesque qui fout la honte au piteux Dragon Ball évolution).

10/10 (c'est rare, mais il le mérite très largement)

Dernière modification par scorpius (20-09-2014 19:58:00)


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#29 22-09-2014 10:52:01

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

À ce point ?

Eh bien il faudra que je songe à le regarder alors smile

(Bon, je n'ai toujours pas vu "The God of Cookery", j'ai du retard à rattraper, mais pas trop le temps en ce moment)


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#30 22-09-2014 16:45:57

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Hk : Forbidden Super Hero

HK_Hentai_Kamen-p1.jpg

Bon, autant prévenir tout de suite (au cas ou l'affiche ne serait pas déjà suffisante) c'est du grand n'importe quoi !

Les plus gros clichés super-héroïques passés à la moulinette de l'humour bien barré des japonais, ça fait des dégâts... Dès le générique d'ouverture qui détourne celui du Spider-Man de Raimi, mais remplaçant les toiles d'araignées par des dentelles et des petites culottes, le ton est donné mdr
Notre héros est donc un pseudo Peter Parker, plutôt costaud physiquement, mais à peu près aussi fort qu'une fillette de 3 ans. Il a néanmoins un sens aigu de la justice l'amenant à se faire dérouiller de façon régulière. Heureusement pour lui, il découvre un jour qu'en mettant une petite culotte sur son visage, il active les gènes récessifs de sa mère (une dominatrix bien siphonnée) lui permettant d'exploiter 100% de son potentiel. Il devient donc le pervert masqué, un super-héros tout à fait unique (dieu merci lol ).

Vous l'aurez compris, voilà une comédie déjantée pas forcément facile d'accès, faut vraiment adhèrer à l'humour crypto-gay et aux délires combinants super-pouvoirs & dominations/fétichisme. Perso je me suis fendu la poire comme un con tout du long. C'est vraiment un cinéma "autre", absolument inénarrable, mais qui prend un plaisir tellement communicatif à détourner les codes du genre, qu'il en est très attachant (à l'image de l'héroïne/love-interest candide de notre héros, ignorant tout bien entendu de sa double identité, qui culpabilise de fantasmer sur un super-héros, certes, mais qui semble aussi être un pervert travesti).

Dernière modification par scorpius (22-09-2014 17:20:08)


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#31 08-12-2014 10:52:37

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

scorpius a écrit :

Vu hier soir, il m'a pas mal fait rigoler avec son côté nanard débile et exagéré...

Le point noir c'est cette culpabilisation de la laideur à travers l'argument de la chirurgie esthétique... Qui revient deux fois et qui est même l'aboutissement final... Je n'ai pas l'impression que cette idée y soit parodiée ou moquée, mais plutôt qu'elle est intégrée, comme si ça semblait normal... Après je ne connais pas du tout la manière de penser des résidents d'Hong Kong à ce sujet, et j’interprète probablement trop à travers mon regard occidental.

Ça reste un bon divertissement bien déjanté et drôle smile


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#32 08-12-2014 11:26:21

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

DrAg0r a écrit :

Le point noir c'est cette culpabilisation de la laideur à travers l'argument de la chirurgie esthétique... Qui revient deux fois et qui est même l'aboutissement final... Je n'ai pas l'impression que cette idée y soit parodiée ou moquée, mais plutôt qu'elle est intégrée, comme si ça semblait normal... Après je ne connais pas du tout la manière de penser des résidents d'Hong Kong à ce sujet, et j’interprète probablement trop à travers mon regard occidental.

La façon dont j'interprète la chose est qu'il s'agit surtout d'une métaphore. La transformation physique de l'héroïne renvoie à celle de la personnalité du héros, il y a une sorte d'influence commune entre l'un et l'autre. Ils sont comme des papillons sortis de leurs chrysalides, ce type de métamorphose c'est un théme qui revient souvent dans le cinéma de Chow. Je ne pense pas qu'il faille y voir une culpabilisation de la laideur, notre héroïne trouve surtout la volonté de dépasser, de se débarrasser d'un handicap qui l'empêche de s'accomplir totalement.

Ça reste un bon divertissement bien déjanté et drôle smile

Heureux de voir que tu as passé un bon moment smile
Surtout n'hésite à foncer sur "Journey to the West" crois-moi, tu ne seras pas déçu du voyage.


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#33 08-12-2014 11:48:07

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

scorpius a écrit :

La façon dont j'interprète la chose est qu'il s'agit surtout d'une métaphore. La transformation physique de l'héroïne renvoie à celle de la personnalité du héros, il y a une sorte d'influence commune entre l'un et l'autre. Ils sont comme des papillons sortis de leurs chrysalides, ce type de métamorphose c'est un théme qui revient souvent dans le cinéma de Chow. Je ne pense pas qu'il faille y voir une culpabilisation de la laideur, notre héroïne trouve surtout la volonté de dépasser, de se débarrasser d'un handicap qui l'empêche de s'accomplir totalement.

D'accord, mais il y a aussi le début où le héro envoie bouler un chef parce qu'il est moche, et lui explique qu'il doit faire de la chirurgie esthétique... Bon, à ce moment là il est supposé avoir une personnalité exécrable... Mais ça fait beaucoup je trouve.
Je comprends tout de même ton interprétation, c'est plus appréciable ainsi wink

scorpius a écrit :

Heureux de voir que tu as passé un bon moment smile
Surtout n'hésite à foncer sur "Journey to the West" crois-moi, tu ne seras pas déçu du voyage.

Merci, c'est prévu big_smile


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#34 22-05-2015 19:29:26

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

The Taking of Tiger Mountain

Tracks_in_the_Snowy_Forest_poster.jpg

Cela fait déjà un petit moment que Tsui Hark a retrouvé son cinéma, peuvent en attester les bombes "Detective Dee".

The Taking of Tiger Mountain est une réussite qui n'a pas grand chose à leur envier.
Le film est peut être un peu moins facile d'accès en raison d'un rythme étrange : une vraie montagne russe, avec de sacrés sommets, mais aussi quelques creux... Rien de très grave, mais le montage est parfois maladroit s'attardant sur des trucs un peu OSEF (les séquences dans le présent totalement inutiles, la fin hachée avec une peusdo réunion onirique ratée) mais par contre quand Tsui lache les chevaux, ça fait très mal !

Les scènes d'actions (particulièrement la défense d'un village et la prise de la forteresse du bad guy) sont complètement dingues eek Dans un genre qui n'a rien à voir, c'est aussi puissant que Fury Road. En plus il y a une atmosphère de ouf', chez le méchant on se croirait dans un sérial. Influence qu'on retrouve aussi dans certains morceaux de bravoures, notamment un fight incroyable avec un Tigre en pleine nature, ou encore lors du climax avec le chef des méchants (une véritable raclure) qui tente de se barrer de sa forteresse (ça enterre tout ce que la franchise James Bond a pû pondre depuis plus de 10 ans).
Toute la partie du film ou Yang infiltre les méchants est simplement mortelle, avec un double jeu ultra-jouissif (la bande d'enfoirés qui le teste en permanence et lui qui s'en sort avec un sang-froid incroyable) et comme en plus Zang Hanyu (au centre sur l'affiche) a un charisme de malade joy

Une bonne grosse baffe, quoi !
(A priori rien d'annoncé pour une sortie chez nous, dans les salles faut pas rêver, mais j'ose croire que ça va débarquer en dvd/bluray, dans le cas contraire ce serait inadmissible).

Dernière modification par scorpius (23-05-2015 23:21:14)


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#35 18-02-2017 12:43:36

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Journey to the West : The Demons Strike Back

Toutes mes excuses, je suis un peu sonné, je viens de vivre une expérience cinématographique totalement démente.

Ca devient une habitude avec Tsui Hark, mais là putain, il signe carrément LE film de tous les excès. Que ce soit sur le plan de la direction artistique ultra-chargée qui multiplies les designs plus délirants et/ou destabilisant les uns que les autres (les demons araignées qui sortent tout droit d'un animé de Yoshiaki Kawajiri) de la palette de couleurs d'une richesse hallucinante au point qu'elle pourrait dégouter (j'avoue dès l'intro onirique en Inde, je suis dis, WTF ?)  ou encore au niveau de l'humour qui n'hésite pas à virer dans le grotesque le plus total, c'est simple à mon avis, soit on adore (ce qui est mon cas) soit on déteste. Je doute qu'il y ait un juste milieu avec un film pareil.

Mais si on est disposé à accepter la proposition de Tsui Hark pour ce qu'elle est, à savoir un film qui repousse les limites du "manga live" je peux assurer que le plaisir est total. Pour donner une idée de la folie du truc en terme de spectacle, on a l'impression que le film a été storyboardé par le Akira Toriyama des grandes heures. En cela, Tsui est fidèle aux influences de Stephen Show sur le premier volet, mais il va tellement plus loin... Les "transformations" du Roi Singe façon Super Saiyan, le climax en mode full-Oozaru ou il chevauche son nuage magique eek s'en est épuisant de virtuosité.

Le scénario quand à lui se concentre sur la relation entre le moine Xuangzang et le Roi Singe.
Antagonistes dans le premier film, on assiste ici à la construction de l'amitié de ces 2 êtres que tout oppose. On a une histoire qui se construit sur des twists successifs, du coup l'enjeu central et l'identité du méchant principal met du temps à se dessiner. J'imagine donc que pour certains (surtout si on adhère pas au ton si particulier du film) ça pourra sembler bordélique. Perso, j'ai aimé me laisser porter sans savoir vraiment ou le film allait m'emmener, me prenant morceaux de bravoures sur morceaux de bravoures en pleine poire.

Au final un film différent du premier, moins facile d'accès mais encore plus fou et virtuose. J'aurais franchement pas cru ça possible, mais de la part de Tsui Hark plus rien ne m'étonne.

Dernière modification par scorpius (18-02-2017 14:30:36)


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#36 20-02-2017 15:58:56

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Eh bien ça donne envie !

De mon côté récemment j'ai vu Huā Mùlán (ou Mulan, la guerrière légendaire en FR) de Jingle Ma. J'ai été un peu déçu par les combats, plus "réalistes" que ce à quoi je m'attendais, mais l'histoire est plutôt cool. Je ne connais pas trop la légende, mais le film a l'air d'y coller beaucoup (beaucoup) plus que l'animé Disney.
Je m'attendais à un truc épique et irréaliste, et j'ai eu droit à un film sur l'horreur de la guerre, la difficulté du commandement et la déshumanisation. Ce qui est bien aussi en fait smile

À un moment j'ai eu peur que la romance envahisse trop le film, mais finalement elle reste très pudique et très en retrait ce qui fait que ça ne gêne pas.


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#37 18-07-2017 13:42:30

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

kaizoku-sentai-gokaiger-vs-space-sheriff-gavan-the-movie.jpg
Je suis en plein dans le Tokusatsu et les Super Sentai en ce moment, et hier soir j'ai regardé Kaizoku Sentai Gokaiger vs. Space Sheriff Gavan: The Movie et j'ai été tout surpris de voir que le Chō Jigen Kōsokuki Dorugiran, le vaisseau de Space Sheriff Gavan a une forme qui rappelle très fortement un certain vaisseau que nous connaissons bien...
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Sinon j'ai passé un super bon moment. J'aime bien ce genre qui malgré un carcan restreint en apparence, ne se donne pratiquement aucune limite, tant que c'est pour montrer des actions épiques et en mettre plein la vue avec une mise en scène impressionnante malgré des Fx en carton.
La veille j'avais regardé Gokaiger Goseiger Super Sentai 199 Hero Great Battle, le film anniversaire qui fêtait les 35 ans de la franchise Super Sentai.
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Il m'a complètement soufflé, avec une majorité d'effets spéciaux analogiques, et quelques effets numériques bas de gamme, ce film m'en a plus mis dans les yeux que tous les gros blockbusters hollywoodiens que j'ai pu voir ces 10 dernières années réunis. Et ce n'est pas juste pour l'hyperbole que je dis ça. Il y a vraiment un sens de la mise en scène et de la réalisation qui me touche particulièrement. C'est bourré de faux raccords et de ficelles scénaristiques grosses comme des câbles de pont suspendus, mais c'est tellement assumé que finalement ça renforce l'impression de sincérité qui se dégage du film.
Comme je n'ai vu que peu de Super Sentai (Gokaiger en entier, et quelques épisodes de Zyuranger et de Magiranger) je n'ai pratiquement compris aucune des références et caméos divers, mais ça ne m'a pas du tout gêné.
Vraiment une découverte marquante pour moi.

Dernière modification par DrAg0r (18-07-2017 13:52:51)


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#38 18-07-2017 16:08:39

matou
modérateur

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Space Sheriff Gavan alias X-or, le héros de l'enfance de bien des gens.

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#39 13-06-2019 10:39:51

mypreciousnico
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Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

La Légende de Zatoïchi 1 : Le Masseur aveugle (The Tale of Zatoichi - 1962) de Kenji Misumi

Ma connaissance du Chanbara (film de sabre Japonais) est parcellaire, même si je connais un peu le travail de Kenji Misumi, car il est le principal réalisateur (4 films sur 6) de la saga Baby Cart que j’adore. Quant à Zatoichi (26 films tout de même entre 1962 et 1989, ainsi qu’un remake de Kitano dans les années 2000), en dehors du contexte "vagabond aveugle et surdoué au sabre", je n’en connaissais pas grand-chose.

On est pourtant devant un bien bon film, très mélancolique, très posé qui questionne la possibilité de l’honneur et du respect dans un Japon de l’ère Edo ou ces caractéristiques sont devenues désuètes. En substance Ichi et Hiraté sont deux guerrier handicapés (l’un aveugle, l’autre gravement malade, l’un Samouraï déchu, l’autre Yakusa du bas de l’échelle), deux figures obsolètes animées par un code d’honneur similaire, dans un monde qui n’en a plus.

Ichi (Shintarō Katsu qui crève l’écran) exigera toujours le respect malgré sa condition d’aveugle et se servira de ses talents d’épéistes pour se défendre, Hiraté, lui, aimerait mourir avec l’honneur qui lui reste, si possible de la main d’un homme digne. Autour des deux hommes, deux gangs de Yakusa composés de lâches, de menteurs, de tricheurs…

La réalisation de Misumi est exemplaire, les cadres sont magnifiques, les rares combats éclatent comme des orages et sa gestion du silence et des regards est bouleversante. Visuellement c’est absolument magnifique, le noir et blanc et chirurgical et la photo à tomber. À noter, la qualité de la restauration de The Criterion Collection : le scope est somptueux. Niveau son c’est le mono d’origine qui a été restauré, donc pas de 5.1 ni même de stéréo.

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#40 13-06-2019 22:16:38

scorpius
Nowhere Man

Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Le Zatoïchi "moderne" de Kitano est absolument extraordinaire !
Un véritable ovni filmique, un film fou qui ose tout et un plaisir de tous les instants. Très différent des zatoichi "classiques" tant sur la forme qu'au niveau du ton, mais j'adore.

Autre Zatoichi un peu incontournable en ce qui me concerne : "Zatoichi contre le sabreur manchot". Pas le meilleur Zatoichi, mais ce crossover est tellement fantasmatique qu'il n'est pas difficile de pardonner les quelques maladesses qui traversent ce film.


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#41 14-06-2019 11:15:32

mypreciousnico
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Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

Il est possible que je me fasse l’intégrale des 26 films de la série classique et que j’enchaine avec le Kitano que je n’ai jamais vu smile
Dans la mesure où il s’agit d’un remake, ça m’intéresse qu’il soit parti sur autre chose.

La Légende de Zatoïchi 2 : Le Secret (The Tale of Zatoichi Continues - 1962) de Kazuo Mori

Un film qui délaisse les aspects contemplatif et la lenteur (à peine 1h12 au compteur). Il est moins beau, mais aussi plus efficace. La réalisation de Kazuo Mori est moins élégante que celle de Kenji Misumi sur le premier volet. C’est timide et sans fioriture, en abandonnant l’évocation pour davantage de démonstratif. Les plans sont moins amples, le montage plus brouillon, les cadres moins travaillé, les décors moins bien exploités. En conséquence, le film n’est pas aussi noble.

Paradoxalement, ce second opus est d’une efficacité redoutable. Les combats, plus nombreux, sont impressionnants. Si dans le premier volet Zatoichi paraissait invincible, ici on commence à craindre pour sa vie. On le voit blessé et à bout de souffle, il n’est pas un surhomme, juste un épéiste très talentueux, mais pas immortel.

Le scénario s’attache à nous en apprendre davantage sur le personnage principal, à nous dévoiler ses fêlures,  le faire affronter les démons de son passé tout en creusant le rapport à la morale, la droiture, l’honneur. Le guerrier n’est plus tout puissant, il doute, il vacille, il contemple son passé et déplore ce qui aurait pu être, mais ne fut jamais : Ichi a passé sa vie à chercher un homme digne de son amitié, pour devoir le tuer lors du précédent film.

D’ailleurs, je pensais que chaque opus Zatoichi était plus ou moins autocontenu. Il n’en est rien puisque ce second film est la suite directe du précédent, en explore les conséquences et fait apparaitre de nombreux personnage déjà connus.

Il peut être vu comme un miroir du précédent volet, car si dans le premier film le masseur aveugle se retrouvait bien malgré lui entrainé dans une guerre entre deux clans Yakusa, ici les forces en présences s’allient pour tenter de le mettre hors d’état de nuire. La tension n’est plus centrée sur la guerre de clans, mais bien cristallisée sur Ichi lui-même, devenu une sorte de légende.

Quant au personnage de Yoshiro (campé par Tomisaburo Wakayama, le vrai frère de Shintarō Katsu et interprète principal de la saga Baby Cart, on y revient) il est un double déformé de Ichi, ce qu’il aurait pu être s’il avait renié son code d’honneur. Leur combat final est donc fortement chargé en émotions et plutôt spectaculaire.

Toutefois, la véritable force du film c’est bien l’incroyable Shintarō Katsu, qui porte une mélancolie déchirante dans son interprétation.

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#42 16-06-2019 13:36:01

mypreciousnico
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Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

La Légende de Zatoïchi 3 : Un nouveau voyage (New Tale of Zatoichi - 1963) de Tokuzō Tanaka

Premier épisode en couleurs, qui mêle l’efficacité dans l’action du second volet avec les aspect contemplatif et la tragédie du film original, ce qui lui vaut  quelques longueurs préjudiciables et un scénario parfois confus.

L’histoire continue à creuser le passé de Ichi, qu revient ici dans son village natal et retrouve des personnages de sa vie d’avant, en particulier son ancien maître d’armes. Plus que jamais hanté par ses démon, Ichi est ici une figure tragique portée par interprétation, toujours implacable, de Shintarō Katsu.

Il est à la foi une légende et un paria. Un homme indigne, diminué, au statut social proche de celui d’un animal. C’est sa plus grande malédiction, mais également sa plus grande force, car personne, jamais, ne le prendra au sérieux, malgré des talents d’épéistes hors du commun.

Ichi arpente la voix des ombres : il est un Yakusa, un tueur que les crimes ronge de l’intérieur et lui empêche tout retour en arrière et toute aspiration à une vie normale. Il pleurera ainsi la mort d’un ennemi et se maudira de dégainer son épée, seule défense et ultime malédiction dans un monde qui n’a pas de place pour lui.
Il est donc attiré par l’innocence et tente de se faire défenseur des faibles, alors même que sa condition de Yakusa est clairement le seul statut social possible pour un homme handicapé, indigne de gagner sa vie, de prendre épouse ou de rester longtemps au même endroit. Il est l’étranger, son handicap fait peur aux valides, d’autant plus qu’il est plus fort que ceux qui voient. Le frère de Kembei (tué lors de l’épisode précédent) ne voudra pas tuer Ichi pour la vengeance, mais pour essuyer un affront impardonnable : son frère, valide, à été battu par un aveugle !

Aussi dans ce film, Ichi s’effondre. Il pleure et affiche sa faiblesse, foulé au pied par son maître, un Samouraï qui le méprise alors qu’il est lui-même membre d’un élite corrompue aux idéaux à géométrie variable, coupable de meurtre, d’enlèvement et de traîtrise.

J’ai trouvé magnifique la scène du lancé de dés entre le frère de Kambé et Ichi, alors que le premier, ému par l’épéiste aveugle, décidera de lui laisser la vie sauve. Un acte qui marquera beaucoup Ichi.

Sur la forme, ce troisième film est très mélancolique, les cadres naturels sont magnifiquement composés, avec beaucoup de profondeur, des éléments à l’avant plans et des chorégraphies de combats particulièrement soignées.

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#43 18-06-2019 15:47:09

mypreciousnico
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Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

La Légende de Zatoïchi 4 : Le Fugitif (Zatoichi: Crazy Journey – 1963) de Tokuzō Tanaka

Deuxième réalisation de Tokuzō Tanaka pour un film qui change le ton de la série.

Le personnage est ici davantage enveloppé d’une aura mythique, presque effrayante. Il est un combattant d’exception imbattable, intraitable, une véritable machine à cisailler, comme en témoigne le très impressionnant combat final, durant lequel le héros est une toupie qui danse et virevolte en donnant la mort à des dizaines d’adversaires complètement dépassés et immobiles.
Un mouvement de fureur sans précédent qui permet au film de marquer un tournant dans l’action : les combats, jusqu’ici bref et intenses, prennent une tournure démesurée et épique.

D’ailleurs, les adversaires d’Ichi sont dans cet opus de véritables ordures et l’intrigue du film est faite de coups bas et de traitrises. À l’image du Ronin, l’adversaire final, un être rempli de haine qui semble tuer par pur plaisir sadique et qui salira la mémoire de Tané en rendant son dernier souffle : il meurt, mais il emporte quand même un morceau d’innocence avec lui.

Ce film est l’entame d’un voyage de Ichi vers les ombres, les bas-fonds de la condition humaine. Les autres sont fourbes et indignes de confiance, le monde est sombre et dangereux. Alors exit les remords et l’introspection, place à une joie de façade (le personnage fait le pitre et danse pendant une bonne partie du film) qui disparaitra quand personne ne regarde.
Le tout est d’un lyrisme tragique assez touchant et dévoile une saga beaucoup plus sombre que ce que je pensais de prime abord. Ce qui sera confirmé par les films suivants.


La Légende de Zatoïchi 5 : Voyage sans repos (Zatoichi's Fighting Journey - 1963) de Kimiyoshi Yasuda

Parce qu’il est désormais une légende, Ichi est connu, redouté…et convoité, notamment par les chefs de clans Yakusa, car il peut assurer la victoire ou la défaite d’une guerre de gang. Il joue de sa stature, il impressionne, négocie, se joue des puissants et finis par les mettre face à leurs contradictions et à les trahir. Accusé de salir le code d’honneur Yakusa, il se contentera de rire et de demander si c’est une blague.

Les adversaires sont encore une fois vils et corrompus…bref, rien de bien neuf dans cet opus un peu décevant car il ne fait pas évoluer le personnage et la saga.

Reste des combats toujours très vifs et une très belle photographie.


La Légende de Zatoïchi 6 : Mort ou vif (Zatoichi and the Chest of Gold - 1964) de Kazuo Ikehiro

Ce sixième film propose une ouverture originale avec un spectacle dansé qui ferait presque pensé à un générique Bondien. Mais, ce qui frappe en premier lieu, c’est la musique qui est excellente. La scène du vol de l’argent des villageois par des Ronins doit par exemple beaucoup à la musique.

D’abord étonnamment bien accueillis par les villageois, Ichi deviens rapidement le premier suspect de ce vol, en même temps que Chuji (personnage historique apparemment), Ronin au grand cœur, trahis par ses propres hommes et renié par ceux qu’il a juré de protéger.

Ce film est le premier à mettre en scène de manière aussi viscéral un Japon féodal profondément injuste et cruel. Par sa violence plus graphique, avec l’apparition de gerbes de sangs, mais également par une scène de torture, par la manière injuste dont sont traités Chuji, puis Ichi, par la froideur sadique avec laquelle l’autorité broie les innocents, le film distille un sentiment de malaise.

Ichi se pose en juge et juré d’un monde corrompu qui semble le dégoutter. Aussi il donnera tout ce qu’il peut pour redresser les injustices avant de reprendre sa route de vagabond solitaire, qui préfère arpenter les bas-côtés de la vie plutôt que d’appartenir à un système devenu fou.

Un film sombre, très sombre, désespérant même, mais aussi beau et tragique (le sacrifice est omniprésent). La nature humaine y est décrite de manière crue, la bonhomie n’étant que passagère, bien vite remplacée par le soupçon et le lynchage public (très belle scène ou Ichi se fait rudoyer, puis blessé par la foule).

En termes de réalisation, c’est beaucoup plus audacieux que le film précédent : surimpressions d’images, flous accélérés, combat en traveling, montagnes, forêts et scènes de nuit magnifiques.

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#44 20-06-2019 16:45:43

mypreciousnico
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Re : Cinéma du monde : Cinéma asiatique

La Légende de Zatoïchi 7 : La Lame (Zatoichi's Flashing Sword - 1964) de Kazuo Ikehiro

Ce film marque deux tournants dans la saga :

Tout d’abord les scènes de comédie sont nombreuses. Ichi fait régulièrement le pitre dans des scènes parfois décalées et savoureuses, dans lesquelles on découvre un Shintarō Katsu très à l’aise avec cette facette de son personnage.

Ensuite le personnage bascule de plus en plus dans une stature de surhomme et ceci dès la scène d’ouverture qui montre Ichi trancher en deux des mouches avec sa lame. Le ton est donné : Ichi n’est pas un homme, il est une figure quasi surnaturelle, mystique qui quitte définitivement les rives du réalisme.

Par ailleurs, ce film est globalement plus positif. De nombreux personnages feront preuve à l’égard de l’aveugle d’un profond sens de l’amitié et du respect, à commencer par la magnifique Kuni. Il est sauvé, soigné, nourri, hébergé et même aimé. À tel point que le personnage arrête son voyage, on le voit déjà s’installer, tant il semble reprendre un peu confiance dans le genre humain.

Evidemment, tout n’est pas si rose, si Bunchiki est un boss intègre et loyal, la même chose ne peut pas être dite de son rival, le particulièrement abject Yasugoro, soutenu en arrière-plan par le pouvoir législatif, invisible cette fois, mais toujours aussi corrompu.

À ce titre, la fin du film est vraiment excellente, lorsqu’Ichi se lance dans une croisade meurtrière pour venger la mort de Bunchiki. Kazuo Ikehiro traite son personnage comme un monstre de film d’horreur, dont les ténèbres sont l’allié, alors qu’il se fond dans les ombres, éteint les lumières et surgit d’un coin de mur pour donner une mort vive et rapide comme un coup de tonnerre.
Il jouera avec les nerfs de Yasugoro (« je ne sors jamais mon sabre le premier, osera tu sortir le tien ») pour finir par l’abattre froidement, juste après un plan séquence en plongée hallucinant qui ne dévoile les combattants que par l’intermittence des explosions colorées d’un feu d’artifice. Magnifique.

Moins sombre, certes, mais émotionnellement puissant, j’ai adoré ce film. À ce stade peut-être mon opus préféré de la saga.

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