#576 27-05-2017 23:48:02

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who & le Whoniverse

Doctor Who 10x07 The Pyramid at the End of the World

Un épisode si ce n'est mitigé du moins inégal, avec pleins de choses très réussies et d'autres plus moyennes.

Dans le positif, je suis définitivement fan des "Monks", ce concept d'une race alien qui vient nous envahir, mais qui a besoin de notre consentement et surtout de notre amour, je trouve ça fascinant. Le pourquoi du comment reste encore nébuleux, mais on peut déjà tracer un parallèle assez fort avec la religion. Après tout il est question de s'en remettre à une puissance supérieure, de suivre ses directives ou ses commandements, etc. Ca semble être ce que les "Monks" attendent de l'humanité : une dévotion totale et en échange ils vont nous guider et nous contrôler. L'image des Monks qui manipule leur réseau virtuel (couvrant l'intégralité de l'histoire de la Terre) tel des fils de trames était aussi très forte, ça plus la pyramide, ça donne à l'épisode une imagerie mythologique très plaisante.

Le Doc' dans son role de président de la Terre, ça me ravis à chaque fois donc c'était cool, d'autant qu'il y a une vraie dimension internationale qui accompage ça. Ce serait malheureusement là que je mettrai malgré tout quelques réserves : Autant il est toujours agréable que DW sorte des frontières britanniques, en particulier quand il est question d'une menace à l'échelle de la planète entière, autant ce n'est pas géré de la meilleure des façons. Les personnages secondaires censés représentés les 3 plus grandes puissances millitaires mondiales sont complètements oubliables et unidimentionnels. Il y a quelques moments sympa (lorsqu'ils décident rapidement de travailler main dans la main, notamment) mais dans la mesure ou il représentent une bonne partie de l'humanité au sein du contexte de l'épisode, ça la fout un peu mal... Peut être plus incompréhensible, les acteurs sont très mauvais (ce qui dans DW n'arrive presque jamais) au point que ça m'a parfois sortit de l'épisode.

Je dois dire que je suis surpris de la résolution du handicap que subi le Doc' depuis 3 épisodes maintenant. J'ai bien aimé la façon tout du long dont le Doc le surmonte (renvoyant à un personnage de Star Trek) tout en ayant un peu de mal avec l'idée qu'il n'ait pas accès à une technologie lui permettant de se soigner...Mais bon j'avais finit par l'accepter, mais là que ce soit les "Monks" qui le soigne, je ne sais vraiment pas trop quoi en penser. Il apparait en tout cas certain qu'ils comptent désormais parmis les aliens les plus avancés du Whoniverse, peut être pas loin des Time Lords... Qui sait, on pourrait découvrir qu'ils sont lés d'une manière ou d'une autre.

L'intrigue sur le labo et l'incident apocalyptique m'a bien plu. J'ai bien aimé cette idée que la fin du monde pourrait se produire juste parce que quelques petits soucis en apparence anodins s'accumulent. Bien flippant. Je vais juste espèrer que les procédures de sécurité des labos ou on cultive toutes sortes de bactéries sont plus strictes que dans le Whoniverse mdr

C'était bien, pas parfait, avec des défauts plus visible que dans d'autres épisodes. Ca peut tenir au fait qu'il y a eu des réécritures tardives, à l'origine "Extremis" était un épisde stand-alone, qui aurait du être diffusé juste avant le double épisode final de la saison et mettant en scène des aliens qui n'étaient pas les "Monks". Du coup ce "Pyramid" est par la force des choses devenu un épisode de transition alors que ce n'était pas le cas au départ.

M'enfin, si la conclusions de la semaine prochaine est à la hauteur, je n'aurai aucun problème à lui pardonner ses quelques maladresses, c'est bien le principal.

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#577 03-06-2017 23:29:10

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who & le Whoniverse

Doctor Who 10x08 The Lie of the Land

Frustrant... Ca démarre vraiment bien avec une ambiance oppressive et totalitaire qui rappelle forcément les grands classiques de la SF dystopique et voir le Doc' en outil de propagande, c'est franchement perturbant (Peter Capaldi donne l'impression de s'éclater à incarner cette version un brin malsaine de Twelve). En fait, jusqu'au face à face superbement tendu entre lui et Bill, on a un épisode en tout point excellent.

Une excellence qu'on retrouve également dans la scène avec Missy, ou elle confronte sa vision en pleine mutation de l'univers avec la morale de Twelve. Dommage que ça fasse un peu pièce rapportée par rapport au reste. On sent que l'évolution de Missy est essentielle pour la fin de saison, que Moffat pose probablement les bases de d'une confrontation à venir avec le Master de John Simm (son retour ayant été largement annoncé, je me permets de spoiler). La fin de l'épisode ou Missy dévoile une fragilité surprenante (fantastique Michelle Gomez) est juste formidable, mais là-aussi ça parasite l'intrigue des Monks qui eux ont droit à une résolution aussi chessy qu'expédiée sad

"Extremis" était parvenu à intégrer Missy à son intrigue avec bien plus de naturel et de pertinence (ne serait-ce que d'un point de vue thématique).

Au bout du compte avec cet épisode on a un arc souvent conceptuellement très ambitieux mais qui manque de rigueur. L'idée que la capacité des Monks à programmer une réalité virtuelle extrêmement complexe et réaliste trouve ici un développement plus métaphysique, j'ai trouvé ça génial, mais comme dit plus haut, ça finit vraiment en eau de boudin. Le pouvoir-de-la-pureté-des-sentiments-humains, ça s'inscrit dans l'ADN du revival et j'ai tendance à être en phase avec cet aspect de la série. Mais là avec tout ce qui a été préparé en amont sur 3 épisodes, ça passe beaucoup moins bien. Le fait que d'habitude ce genre de chose soit réservé pour les fins de saisons, avec donc une progression émotionnelle over-the-top assumée et attendue, doit aussi jouer. Ca reste un beau moment pour Bill et il y a tout de même un renvoie au premier épisode de la saison qui a au moins le mérite de donner un peu de liant à l'ensemble, mais bon je m'attendais vraiment à autre chose...

Dernière modification par scorpius (03-06-2017 23:34:30)


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#578 10-06-2017 22:39:00

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who & le Whoniverse

Doctor Who 10x09 Empress of Mars

Ca lui aura pris 3 saisons, mais Mark Gatiss aura finalement réussi à écrire un bon épisode pour Peter Capaldi. Pas un épisode exceptionnel, pas un classique instantané, juste une histoire avec suffisament de choses à apprécier pour faire oublier les défauts habituels du scénariste. Le charme d'aventure rétro très Burrought dans l'esprit a forcément fonctionné sur moi, le destin très poétique du soldat Victorien qui se met au service d'une Reine Martienne, on pense évidemment à John Carter, par exemple. D'autant plus que sur la forme ça s'accompagne d'une direction artistique délicieusement steampunk, du coup, si visuellement dans l'ensemble on peut pas dire que l'épisode soit particulièrement éblouissant (on reste pour l'essentiel sous-terre) il reste très agréable à suivre. L'humour sonnait juste (le pré-générique est excellent) un domaine ou Gatiss est capable du meilleur (The Crimson Horror) comme du pire (The Robots of Sherwood). Et puis le final qui prend la forme d'un préquel en se raccrochant au sérial de la période Pertwee sur Peladon, avec début de la fédération Galactique et l'apparition en prime d'Alpha-Centauri, ça ne peut que foutre un sourire énorme à n'importe quel Whovien...

Il y a bien quelques problèmes de caractérisation, à l'image ici de Bill ou on voit bien que Gatiss a du mal avec la compagne, qui se contente quasiment tout au long de l'épisode de faire sa Geekette (avec bien entendu références constantes à la pop-culture). Bien sur, il s'agit d'un aspect de la personnalité de Bill, mais jusqu'ici il était utilisé avec bien plus de subtilité. Cela-dit, pour être tout à fait juste, j'ai bien aimé les courtes intéractions entre Bill et la Reine.
On y retrouve aussi les soucis de rythme qui ont tendance à plomber beaucoup d'épisodes de Gatiss (que ce soit sur DW ou Sherlock) un peu moins génant ici, certes, n'empêche c'est parfois mou. Comme dit en introduction : ça reste du Gatiss, mais ou les qualités l'emportent.

Ca fait donc plaisir de voir qu'il conclu sa contribution à l'ère Moffat sur une note positive, surtout quand on sait à quel point ils sont proches. Un autre "Sleep no More" aurait été franchement embarrassant.

Dernière modification par scorpius (11-06-2017 10:04:27)


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#579 13-06-2017 16:47:53

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who & le Whoniverse

De petits indices sur ce que pourrait devenir DW sous Chris Chibnall en 2018 :

http://www.radiotimes.com/news/2017-06- ? r-the-show

Traduction : Il a fallu du temps pour convaincre Chibnall, qui a pas mal résisté à la perspective de devenir showrunner. Pas étonnant quand on voit le traitement qu'une partie du fandom a réservé à Moffat et RTD avant lui. Ca confirme en tout cas que le Moff' ne plaisantait qu'à moitié lorsqu'il disait qu'il avait fallu beaucoup d'alcool avant qu'il n'arrive à convaincre Chibnall de prendre sa succession mdr

Evidemment Chibnall déclare avoir des idées aussi "risquées" que novatrices pour la série. Il était surpris que la BBC donne son accord quasi-immédiatement, il s'attendait à devoir se battre pour imposer sa vision. Selon un proche collaborateur du futur showrunner, la série devrai devenir un peu plus accessible pour le grand public, moins orientée vers les fans. Sachant que Chibnall n'exclu pas la possibilité d' une ou plusieures saisons racontant une seule grande histoire, je pense pas que ce soit en rapport avec un aspect feuilletonnant. Plus probablement, on devrait avoir une série moins liée à la continuité (notamment de la période classique) que l'a été l'ère Moffat.

Chris Chibnall aurait un plan sur 5 années, ce qui vu le modèle de production britannique ne veut pas forcément dire 5 saisons.

Dernière modification par scorpius (13-06-2017 16:48:21)


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#580 17-06-2017 22:49:28

scorpius
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Re : Doctor Who & le Whoniverse

Doctor Who - 10x10 - The Eaters of Light

Allez, coup de coeur de la saison. Pas grand chose à critiquer tant on a là un épisode solide et carré.

Une fois de plus impossible de ne pas s'identifier à une Bill qui arrive à convaincre le Doc' d'aller enquêter sur un grand mystère de notre histoire (la disparition de la 9ème légion romaine en écosse) je veux dire, si j'étais passager du Tardis, je ferai pareil. Pas forcément ce mystère mais vous avez compris l'idée... Rona Munroe (premier auteur de la période classique à revenir pour le revival) en profite pour aborder un thème qui n'aura eu de cesse de traverser l'ère Capaldi : celui de la place du soldat dans la société (ou plutot ses difficultés à y trouver sa place). Un angle qui a permis à travers Twelve d'explorer les traumas du Doc' (résultants de la Time War et de Trenzalore) différemment de ce qui avait pu être fait avec Ten ou Eleven.

Ici, il s'agit pour une jeunesse conditionnée par la guerre, d'apprendre à murir et à s'ouvrir à de nouvelles perspectives. Très beaux dialogues au passage à la fois de Bill et de Twelve. On sent bien, une fois de plus que les scénaristes prennent un plaisir évident à écrire de longs monologues pour Capaldi. Ils auraient torts de se priver, tant il assure à chaque fois avec une facilité impressionnante. Bon, après si on est allergique aux monologues (j'en connais) c'est pas de bol... Pearl Mackie, était elle aussi bluffante et le fait qu'elle ne cesse depuis le début de la saison à tenir la dragée haute à Peter en dit long. Très belle conclusion, très poétique,que ce soit au niveau des corbeaux ou du chant qui ne cesse de retentir pour ceux prets à tendre l'oreille. Parfaitement dans le ton d'un épisode qui à travers, notamment, son utilisation des magnifiques décors de l'écosse (les superbes panoramas après l'épisode très claustro' de la semaine dernière font du bien) dégage quelque chose proche du conte, des légendes et des mythes. On peut à ce sujet voir dans le monstre de l'épisode une sorte de dragon à ceci près qu' au lieu de cracher du feu, il dévore la lumière. Un concept génial, sans doute pas exploité à la hauteur de son potentiel. L'épisode n'est pas vraiment un survival, ce qui est d'un coté assez dommage tant le sujet s'y prétait. On aurait pu avoir pu avoir une sorte de "Pitch Black" Whovien ou il faut préserver la lumière à tout prix pour survivre. Ca aurait été très sympa, mais pas vraiment dans le ton, donc je peux pas dire que ce soit un si grand regret. N'empêche, ce serait le traitement parfait si un jour Rona Munroe veut réutiliser sa créature.

La toute fin de l'épisode est une fois de plus réservée à Missy et décidément, j'adore ce qu'est en train de faire Moffat. Voir le Doc' et elle reconstruire petit à petit leur amitié, ça a quelque chose de très puissant et de potentiellement tragique. Car si Missy est prisonnière de Twelve, ce dernier est lui pris au piège de cette relation et l'espoir bien trop fort pour qu'il puisse y résister, qu'il est bel et bien en train de la changer. Que sa "Doctorisation" n'est pas un plan sur le long terme, mais qu'elle est totalement sincère. Un espoir qui pourrait lui péter à la gueule... En tout cas, Michelle Gomez est une fois de plus troublante...

Dernière modification par scorpius (18-06-2017 04:16:21)


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#581 24-06-2017 23:44:42

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who & le Whoniverse

Doctor Who - 10x11 - World Enough and Time

Je ne m'attendais franchement pas à un tel uppercut en pleine tronche, ou plutôt à un tel enchainement d'uppercuts.
Le fait est qu'on a eu une saison dans l'ensemble assez calme, très solide (à 2 ou 3 frustrations près) mais finalement assez sage.

Une saison qui contraste à ce niveau pas mal avec les années Clara qui furent plus que débridées. Un contraste pas déplaisant, qui a surtout permis à Moffat de nous mettre en tant que spectateurs dans une sorte de zone de confort. Ce qui lui permet de mieux nous prendre à revers, pour tout emporter sur son passage. Bien qu'on retrouve ici l'ambiance horrifique qui a été au coeur de la saison, Moffat va beaucoup plus loin et il y des choses qui dépassent très largement le cadre du spectacle famillial. Et si sur le plan du rythme, ça reste à l'image là-aussi de la saison (à savoir que ça n'a pas peur de prendre son temps) c'est surtout conceptuellement que Moffat se démarque. A ce niveau, tout est absolument renversant, que ce soit la premisse qui profite d'une dilatation temporelle pour séparer dans l'espace et le temps le Doc' & Bill (un concept qu'on a déjà pu retrouver dans "The Girl Who Waited", ici exploité au sein d'un cadre très différent) ou bien encore le fait que le Moff' ne dévoile rien de moins que l'origine des Cybermen.
Mine de rien, au sein du paysage télévisuel SF, c'est aussi événementiel que si une future série Star Trek décidait de dévoiler l'origine des Borgs. Le tour de force est d'autant plus bluffant que Moffat n'a pas hésité à réutiliser le design des Cybermen des 60's (les monstres préférés de Capaldi) et que ça ne jure absolument pas dans une série diffusée en 2017... Quand on pense à Star Trek : Discovery et à son refus apparent d'assumer son héritage 60's damn 

Il faudra attendre la suite la semaine prochaine pour savoir à quel point exactement cette origin story parvient à se raccorder avec la période classique, mais en l'état ça s'inscrit évidemment clairement dans la tendance très marquée du run de Moffat de lier le revival et les classics. S'en est probablement l'exemple si ce n'est le plus direct, en tout cas narrativement le plus ambitieux. Et un peu comme avec l'ouverture de la saison 9, il est (je pense) nécessaire d'avoir un minimum de connaissance du passé whovien pour en apprécier toutes les saveurs (bien que ça reste très accessible).

Il faut dire que Moffat a structuré le scénario d'une telle façon, multipliant les moments chocs et les twists de malades, que le résultat est proprement dévastateur. Emotionnellement s'en est épuisant, digne de rejoindre " The Best of both Worlds" au panthéon de la SF traumatique. Le plan final de l'épisode fait d'ailleurs directement référence au chef d'oeuvre Trekkien lors d'un moment tout simplement déchirant.

J'ai le coeur en miettes, mais c'était de la très très grande science-fiction ce soir, du très très grand Doctor Who !

Dernière modification par scorpius (24-06-2017 23:50:16)


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