#2351 09-02-2015 08:36:47

dl500
TOS Forever

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Je ne me rappelle jamais si la Corse c'est Isla Nublar ou Sorna... mdr

Plus sérieusement, ce serait avec grand plaisir que je me joindrai à vous l'année prochaine. Mettre un visage sur un pseudo, c'est toujours sympa. Maintenant on n'est pas obligé non plus d'attendre un enterrement pour se voir. D'autres occasions sont peut-être plus appropriées non?

Je ne suis qu'à 2 heures de la capitale.

Dernière modification par dl500 (09-02-2015 17:39:29)


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#2352 09-02-2015 10:45:00

mypreciousnico
_________

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Voir le prochain Star Trek entre Trekker c’est vraiment un truc à ce faire.
Pour ST ID, au delà du film en lui même la soirée était vraiment chouette avec Mbuna et Bucky, je garde un meilleur souvenir du moment en lui même que du film. Seul regret, on a raté Yrad, ça c’est joué à rien du tout sad

yrad a écrit :

Un constat qui confirme bien que les ST d'Abrams sont du papier hygiénique – donc à usage unique. Mais ça ne pose visiblement aucun problème à l'industrie audiovisuelle, puisque tous les indicateurs officiels de qualité sont indexés sur la première vision et la première seulement - qu'il s'agisse du box-office ou des critiques de presse (agrégées notamment sur Rotten Tomatoes).
Pourtant juger ad vitam une œuvre sur la base d'un visionnage unique, c'est juste une hérésie intellectuelle et culturelle. sigh

Finalement c'est le cas sans être le cas non ?
Il y a des œuvres qui ont eu beaucoup de succès lors de leur sortie et que le temps a complètement oublié.

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#2353 09-02-2015 11:41:46

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

yrad a écrit :

Un constat qui confirme bien que les ST d'Abrams sont du papier hygiénique – donc à usage unique. Mais ça ne pose visiblement aucun problème à l'industrie audiovisuelle, puisque tous les indicateurs officiels de qualité sont indexés sur la première vision et la première seulement - qu'il s'agisse du box-office ou des critiques de presse (agrégées notamment sur Rotten Tomatoes).
Pourtant juger ad vitam une œuvre sur la base d'un visionnage unique, c'est juste une hérésie intellectuelle et culturelle. sigh

C'est le cas de la grande majorité des blockbusters. Et c'est ce qui m'insupporte. Ces films sont calibrés pour endormir l'esprit critique des spectateurs en jouant sur leurs émotions et en flattant leur ego. Et ça, ne marche qu'une fois. Malheureusement ça marche tellement bien qu'ils arrivent à rentabiliser leurs bouses dans les premières semaines de diffusions, avant que les spectateurs aient le temps de réaliser la supercherie.
Je constate auprès de mon entourage que les gens en viennent jusqu'à oublier avoir vu certains films. Ce qui avait été mon cas pour ST2009, me persuadant qu'il rentre parfaitement dans cette catégorie.

S'il y a une chose que je déteste, c'est qu'on s'attaque à mon esprit critique.


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#2354 09-02-2015 11:57:51

yrad
admin

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

mypreciousnico a écrit :

Finalement c'est le cas sans être le cas non ?
Il y a des œuvres qui ont eu beaucoup de succès lors de leur sortie et que le temps à complètement oublié.

Oui... au niveau de la doxa et de l'imaginaire collectif, donc de l'imaginaire individuel de la plupart des spectateurs.
Mais hélas pas au niveau des marqueurs institutionnels que constituent le box-office (ou les audiences de première diffusion) et les réactions en temps réel de la presse. Même si les journalistes-qui-font-l'opinion révisent totalement leurs jugements personnels au second ou au dixième visionnage, pour la postérité (et pour Rotten Tomatoes) seule comptera leur première réaction immortalisée au moment de la sortie du film (ou de la série).
Tout semble concourir à faire triompher le paradigme d'instantanéité (le produit de consommation) au détriment de celui d'intemporalité (l'œuvre d'art/de fond/d'auteur).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#2355 09-02-2015 13:07:45

mypreciousnico
_________

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

yrad a écrit :
mypreciousnico a écrit :

Finalement c'est le cas sans être le cas non ?
Il y a des œuvres qui ont eu beaucoup de succès lors de leur sortie et que le temps à complètement oublié.

(...) Même si les journalistes-qui-font-l'opinion révisent totalement leurs jugements personnels au second ou au dixième visionnage, pour la postérité (et pour Rotten Tomatoes) seule comptera leur première réaction immortalisée au moment de la sortie du film (ou de la série).

Oui, ça c’est certain.
Maintenant, pour des films un peu anciens, je suis parfois étonné d'apprendre que tel film culte était battu à plate couture lors de sa sortie en salles par un film qui m'est totalement inconnu et que l'histoire a oublié (il faudrait que je retrouve un exemple).

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#2356 09-02-2015 13:29:43

yrad
admin

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Quelques exemples au hasard : la plupart des films d'Orson Welles, certains films de Stanley Kubrick...

Il faut aussi avoir à l'esprit que c'était une autre époque... Les réactions médiatiques ayant accompagné la sortie de ces vieux films sont tombées dans l'oubli faute de visibilité et de disponibilité (à moins de faire de laborieuses recherches dans les archives papiers des journaux d'alors), et du coup s'y sont substituées des critiques de presse nettement plus récentes... et donc plus crédibles... car bénéficiant de plus de trente ans de recul.

Hélas toute dynamique d'oubli des feedbacks de premier visionnage est devenue quasi-impossible à l'ère du web. Je l'ai encore constaté il y a quelques années à l'occasion de la sortie en Blu-ray de ST Nemesis. Celui-ci fut chroniqué de façon très positive en 2009 par la majorité de la presse US qui - avec sept ans du recul - trouvait finalement le dixième film ST largement réussi (parfois même meilleur selon certains journalistes que ST First Contact !). Sauf que voilà : cette réhabilitation critique massive a eu zéro impact sur la plaie Rotten Tomatoes, où ST Nemesis est toujours catalogué comme un ratage au seul motif que c'est ce qu'en avait pensé la presse au moment de la sortie du film en salles en 2002. furax


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
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#2357 09-02-2015 15:11:24

matou
modérateur

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

L'un des meilleur exemple au box office: Blade Runner:
http://www.boxofficemojo.com/yearly/cha ? 982&p=.htm

Pour le réception critique, le film ne fit pas non plus l'unanimité.

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#2358 09-07-2015 21:09:07

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

J'ai eu l'occasion de discuter il y a quelque temps avec un fan de cinéma (assez proche du vidéaste Durendal), qui fait notamment partie des gens qui ont aimé Into Darkness au point de le défendre encore aujourd'hui. Comme beaucoup, il avait aimé l'analogie aux évènements du 11 septembre 2001, mais ce qui est nouveau c'est qu'il arguait que c'était le premier film à sa connaissance à présenter ces évènements en mettant en avant une implication de l'administration. Et que c'était très osé de la part d'un film américain.

De manière générale, l'interprétation dans le cadre de la transposition historique ne m'intéresse que très peu, mais je suis quand même curieux de connaitre vos avis sur le sujet.


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#2359 09-07-2015 21:38:30

yrad
admin

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Intéressant témoignage, DrAg0r. wink

Néanmoins, la lecture de ST Into Darkness par ton interlocuteur cinéphile n'est pas spécialement originale (et ne me surprend donc pas), car beaucoup de critiques ciné et d'intellectuels français ont absolument voulu trouver dans ce film des abysses sémantiques (par effet de mode, par autosuggestion, par Abramsomania, par antiaméricanisme, par pseudo-conscience politique, par psycho-projection... les raisons ne manquent pas).
Dans une certaine mesure, j'avais anticipé ce type d'argumentations sophistiques dans ma longue critique du film (parue dans les colonne d'Unif en juin 2013). Néanmoins, si j'ai répondu prophylactiquement aux arguments précis de Durendal (ou encore à ceux de Télérama et des Cahiers…), je ne me suis toutefois pas focalisé sur l'hypothèse de la transposition par ST ID d'une implication de l'administration US dans le 9/11. Probablement parce que ce type d'analogie me semblait aussi artificielle que capillotractée…
Dans le reboot, le seul événement de rupture qui peut être comparé au 9/11, c'est la destruction de Vulcain. Sauf que contrairement aux hypothèses conspirationnistes à la mode visant à impliquer l'administration Bush, l'UFP du 23ème siècle ne porte aucune responsabilité dans cette tragédie.
Quant à la destruction de plusieurs immeubles de San Francisco à la fin de ST ID, impossible de comparer ça au 9/11 (ni en terme de préméditation, ni en matière d'impact psychosociologique, ni sur un plan géostratégique), puisque le crash de l'USS Vengeance ne participait pas en lui-même du cover up de l'administration (aka l'amiral Marcus) ni de sa tentative de récupération politique pour fomenter des opérations belliqueuses contre Qo'noS..
En outre, le "complot" déjoué par la "bande à Kirk" était la conséquence de l'évènement de rupture (la destruction de Vulcain) et non sa cause (contrairement aux thèses en vogue sur le 9/11) .
Et je m'attarderai par sur la façon dont Baby-Kirk a été piégé par l'amiral Alexander Marcus pour déclencher une guerre avec les Klingons, parce qu'il s'agit d'une stratégie totalement bancale (improvisée qui plus est en deux secondes chrono lorsque Baby-Kirk est venu trouver l'amiral Marcus !) avant même d'être manipulatoire sous un angle pseudo-transpositionnel (j'ai déjà beaucoup écrit sur cet item-là).

Quant aux autres ressorts saillants de ST ID, ils n'ont rien de spécifique au 9/11 (même en considération des scénarii les plus complotistes qui prospèrent sur le web, dans le sillage ou non du 9/11 Truth Movement).

Ainsi, un chef des armées belliciste US (incarnant donc mieux que quiconque "l'administration") prêt à tout pour envenimer les relations voire déclencher une guerre avec l'ennemi (par gloire personnelle, par vénalité, par idéologie, ou au nom des "intérêts supérieurs de la nation"), eh bien c'est du très très classique depuis Dr. Strangelove Or: How I Learned To Stop Worrying And Love The Bomb (Docteur Folamour, ou : comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe) de Stanley Kubrick (1964) jusqu'à la charge parodique Team America: World Police de Trey Parker (2004).

De même, rien de très nouveau en ce qui concerne la créature qui échappe à son créateur apprenti-sorcier depuis le Frankenstein de James Whales (1931). Décliné dans un contexte politique, cela donne l'agent secret ou le militaire qui trahit et se retourne contre son ex-employeur (pour des raisons idéologiques ou par vengeance suite à des injustices réelles ou supposées).
On peut citer Benedict Arnold: A Question Of Honor de Mikael Salomon (2003) : reconstitution historique où le "bad guy" n'est autre que Benedict Arnold, le "félon" le plus célèbre de l'histoire US. Alors qu'il commandait West Point sous la bannière indépendantiste américaine (1780), il projeta de livrer le fort aux Britanniques… Par la suite, il rejoignit les forces loyalistes et témoigna d'un rare acharnement anti-étatsunien….
Autre exemple : The Rock de Michael Bay (1996). Dans ce blockbuster, le général Francis X Hummel, héros US décoré, se retourne contre son gouvernement pour devenir – de facto - un terroriste. Levier du chantage : massacrer la population civile de San Francisco au moyen d'un gaz neurotoxique. Il y a d'ailleurs une symbolique commune entre The Rock et ST ID, en particulier autour de la destruction de San Francisco et d'Alcatraz (il est probable que JJ Abrams ait ainsi tenté de rendre hommage à son vrai maître - pour qui il a d'ailleurs coscénarisé Armageddon).
En terme de commentaire politique, ce film de Michael Bay fait d'ailleurs davantage sens que ST ID (et pourtant nul critique américain ne s'est aventuré à trouver dans The Rock une quelconque audace) ! Car à l'échelle de l'actualité récente, établir un parallèle entre Khan 2.0 et Oussama ben Laden serait une initiative particulièrement infondée, sauf à vouloir ramener la complexité des flux géostratégiques aux parodies simplistes des Guignols de l'info ou aux délires obsidionaux d'un Alain Soral (mais qui sont malheureusement de plus en plus souvent considérés comme le nouveau visage de l'audace et du "politiquement incorrect").

En outre, il n'est plus possible aujourd'hui pour le cinéma mainstream d'ignorer le considérable impact culturel des séries TV (un impact parfois bien supérieur au 7ème Art étant donné le degré d'intimité que le 8ème Art parvient à nouer avec les spectateurs sur la durée).
En d'autres termes, lorsqu'une série TV populaire a développé une certaine idée à l'instant t, un film ne pourra prétendre être innovant s'il recycle cette même idée pour les salles obscures à l'instant t+2.
Or justement, toute la problématique prétendument audacieuse de ST 2009 + ST ID avait été largement éventée par des séries majeures et incontournables, notamment :
- The X Files… où "l'implication de l'administration" était le sujet principal des neuf ans de la série (et du premier film de 1998), avec probablement pour point culminant l'épisode spin-off The Lone Gunmen 01x01 Pilot (qui avec six moins d'avance sur la réalité écrivit le scénario du 9/11 dans sa version la plus conspirationniste possible) ;
- 24… où "l'implication de l'administration" et le retour vengeur d'anciens agents infiltrés ou d'hommes de paille US constituaient presque le refrain de chaque saison ;
- et bien sûr ST ENT pour le traumatisme psychosociologique façon 9/11 et la dérive dystopique/apocalyptique corollaire (avec la Temporal Cold War conduisant à l'arc xindi de la saison 3 et à l'amoralisme croissant d'Archer).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#2360 10-07-2015 01:45:46

Warp 9
vétéran

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Orci est un "Truther" (conspirationiste à la sauce 9/11). Faut préciser ce détail....

Dernière modification par Warp 9 (10-07-2015 01:49:38)


“JJ Abrams est au cinéma ce que Donald Trump est à la politique:........ Ce sont ses fans qui sont les plus à craindre."

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#2361 18-12-2015 11:22:59

IMZADI
Memory Alpha

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

et voilà même abrams dit qu'il a fait n'importe quoi !!!

c'est bien le problème d'avoir trop de scénaristes sur un script !!!

Mais abrams est fun et a dépoussiéré une saga vieillissante !!!

http://www.ecranlarge.com/films/news/94 ? -deception


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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#2362 14-04-2016 18:21:57

IMZADI
Memory Alpha

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

vite fait au passage STID a été diffusé lundi 11 avril sur D8, chaîne française de la TNT

856'000 téléspectateurs

il me semble que c'est autant que ST2009 en son époque

http://www.toutelatele.com/audiences-tv ? -tnt-81208


-"I'm a number, I'm not a free man, I'm the number NCC-1701..."

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l'instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu'à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
- Texte mentat n°2 (Dune: Chapter House)

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#2363 03-06-2017 08:10:09

yrad
admin

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

[En complément de ce post]

Buckaroo a écrit :

Pour l'anecdote , il était le seul des trois scénaristes de Star Trek Into Darkness à défendre l'idée de ne pas utiliser Khan dans cet opus. Il s'est battu jusqu'au bout , mais le deux autres abrutis  de  Kurtzman & Lidenlof ont convaincu JJ Abrams du contraire.. Orci le regrettait aussi , démocratiquement , il avait perdu..
JJ Abrams regrette aussi d'avoir écouté ces deux abrutis .. Je le regrette aussi .. Harrison serait rester Harrison et nous aurions eut un excellent thriller spatio-politique.
Là je suis d'accord avec toi , STID est parasité par du fan service bas de gamme.. Ce qui le sauve à mes yeux , c'est bien la performance magnétique de Benedict Cumberbatch.. Il aurait put être Bugs Bunny  dans ce film , qu'il m'aurait tout autant bluffé..

Il n'était pas forcément nécessaire d'être trekkie pour comprendre que Khan ne pouvait qu'être le pire choix possible pour ST ID, a fortiori lorsque ST 2009 a autant massacré le Trekverse (dont six milliards de Vulcains) uniquement pour s'affranchir de toute continuité et ouvrir un prétendu "espace de liberté créatif" aux films suivants. Dès lors, n'importe quel scénariste doté d'une once de professionnalisme (même sans rien connaître à ST) ne pouvait ignorer qu'il n'y avait aucune "liberté créative" à recycler le bad guy du film ST le plus iconique (surtout que ledit bad guy avait déjà été parodié un nombre incalculable de fois par la pop culture).

Mais paradoxalement aujourd'hui, j'estime que des trois ST Kelvin, ST Into Darkness est en fait le "moins pire" sur un terrain trekkien ! Certes, le fan-service y est pathétique, la mort pour rire de Kirk et le hurlement de Spock sont affligeants, la "chute orbitale" de l'USS Enterprise est absurde, etc... mais néanmoins à la différence des deux autres opus, ST ID révèle un (petit) potentiel en matière de fond ! Car c'est tout simplement le seul des trois films qui assume contextuellement quelque chose, en l'occurrence le génocide des Vulcains dans ST 2009 (ayant conduit l'UFP a devenir équivoque voire malsaine).
Dès lors, je ne perçois désormais plus ST ID comme une arnaque aussi intégrale que ST 2009 et ST Beyond, mais davantage comme une opportunité manquée. L'opportunité par exemple de faire un ST dystopique assumé jusqu'au bout (façon TNG 03x15 Yesterday Enterprise, ENT 04x18+04x19 In a Mirror Darkly, ou BSG 2003), l'opportunité de faire de Harrison (joué en effet par le charismatique Cumberbatch) un autre Augment (ils étaient tout de même 73 sur le SS Botany Bay !). Ou alors, quitte à exhumer Khan pour des raisons démagogiques et commerciales, non seulement offrir une explication quant à son changement physique majeur (le minimum syndical internaliste), mais surtout lui offrir un autre destin que d'affronter Kirk dans toutes les réalités (je ne me consolerai jamais que Kelvin-Khan ne soit pas devenu un authentique allié du Kelvin-Kirk contre les faucons de Starfleet, ce qui aurait été authentiquement trekkien car méta-axiologique).

Bref, même si ST ID demeure bien entendu un faux Star Trek, j'entrevois rétrospectivement dans ce second film d'authentiques potentialités, restées malheureusement à l'état germinal (car gâchées par des scénaristes qui ne réussissent jamais à être mieux que médiocres). Alors que je ne vois aucune potentialité comparable en terme de fond dans ST 2009 et dans ST Beyond - ce dernier étant d'ailleurs le pire des trois (hormis pour la "finesse" de l'homosexualité de Kelvin-Sulu, mais une scène de 3 secondes ne saurait rédimer à elle toute seule un film de 2 heures).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#2364 03-06-2017 13:14:08

matou
modérateur

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

C'est la force d'un univers bien construit et vaste. On peut jouer avec lui.
Car si je rejoins Yrad sur les moments ratés, au delà de la nullité des scénaristes en question (que j'ai déjà expliquée), ce qui empêche l'audace pour la Kelvin ligne, c'est le studio derrière qui veut que la morale soit sauve.
Kirk et Khan qui finissent à la fin en renégats, Khan voulant une planète pour lui, Kirk menant un maquis, néo Vulcain contrainte d'abord de se reconstruire et donc condamnant Kirk, mais l'aidant en sous main, une guerre avec les Kilingons, on aurait eu une fin assez ambitieuse, posant les bases d'un 3 assez explosif.
Mais non, le gentil héros US, sacrificiel pour sa "famille" doit avoir vaincu le méchant sans morale et le méchant supérieur tout vilain.

Au passage, si Orci avait eu un vrai respect pour ST, ayant échoué à convaincre d'une erreur, il n'avait qu'à partir et ne pas signer le film.
Le temps lui aurait donné raison.
L'honneur...

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#2365 04-06-2017 02:25:35

yrad
admin

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

matou a écrit :

C'est la force d'un univers bien construit et vaste. On peut jouer avec lui.

Et c'est exactement ainsi que les trois films du reboot ont été justifiés par Bad Robot. Et c'est exactement ainsi qu'ils plaisent à une partie des trekkers qui apprécient le "ludisme marvelien" de la timeline alternative… permettant de jouer au jeu des 7 erreurs/différences ou de redistribuer certains éléments à la façon d'un jeu combinatoire (ou d'un jeu de Lego).
Confirmant bien que trois ST Kelvin sont des parasites, des saprophytes, qui profitent sans complexe de 40 ans de vrai ST… mais qui ne créent rien par eux-mêmes.

matou a écrit :

Car si je rejoins Yrad sur les moments ratés, au delà de la nullité des scénaristes en question (que j'ai déjà expliquée), ce qui empêche l'audace pour la Kelvin ligne, c'est le studio derrière qui veut que la morale soit sauve.
Kirk et Khan qui finissent à la fin en renégats, Khan voulant une planète pour lui, Kirk menant un maquis, néo Vulcain contrainte d'abord de se reconstruire et donc condamnant Kirk, mais l'aidant en sous main, une guerre avec les Kilingons, on aurait eu une fin assez ambitieuse, posant les bases d'un 3 assez explosif.
Mais non, le gentil héros US, sacrificiel pour sa "famille" doit avoir vaincu le méchant sans morale et le méchant supérieur tout vilain.

Les studios ont toujours été frileux et ils ont toujours tenté de brider l'audace, même avant 2009... qu'il s'agisse de morale hollywoodienne bien proprette ou de la préservation intacte des identificateurs sémiotiques trekkies.
Rick Berman a été sans cesse confronté à ce problème sur la série prequelle ENT lorsque par exemple les studios lui ont imposé les téléporteurs pour des raisons emblématiques (un ST sans téléporteur ne serait pas du ST parait-il rolleyes), qu'ils ont imposé à la série de prendre place uniquement dans l'espace (car c'est ainsi que ST est reconnu aux yeux du public), qu'ils poussaient vers le look le plus futuriste possible (peu importe la continuité), etc...
Pour autant, Rick Berman n'a jamais cessé de batailler, et le résultat fut finalement un compromis très satisfaisant, exceptionnel même tout bien considéré.

Eh bien de la même façon, la "fine équipe" de Bad Robot (Orci, Kurtzman, Lindelof, mais également JJ Abrams lui-même s'il avait eu un peu de courage) aurait parfaitement pu tenir tête à Paramount pour arriver à un compromis au minimum honorable. Il n'était pas forcément nécessaire d'aller jusqu'à transformer Kirk en renégat à la fin de ST Into Darkness (dans le cas où le studio aurait refusé l'idée de refaire des films ST feuilletonnants comme à l'époque de ST III TSFS), mais il aurait toutefois été possible de "jouer aux permutations" avec intelligence à la faveur de cette nouvelle timeline, en proposant une recombinaison qui ne soit pas juste stérile ou redondante, mais qui exprime quelque chose de nouveau et de véritablement trekkien.
Par exemple, faire de Khan un véritable allié le temps d'un film (en aidant efficacement et sincèrement Kirk à confondre Marcus et son complot), suite à quoi, Starfleet laisserait partir (non comme des exilés par comme des partenaires) les 73 Augments pour bâtir leur propre société ailleurs, pour une société qui aurait peut-être même pu avoir sa place dans l'UFP au même titre que les Klingons du 24ème siècle.
Une telle initiative scénaristique, pourtant compatible avec les limitations des studios, aurait fait honneur à la primauté trekkienne de l'acquis sur l'inné (cf. ST Nemesis) ; elle aurait en outre redonné sa prépondérance sémantique à ST TOS 01x24 Space Seed, et elle aurait cassé intelligemment l'image puérile (et ultra-galvaudée par la pop culture) d'un Khan intrinsèquement "super-méchant" (alors que dans ST II TWOK Khan était à la base surtout une victime).

Signe patent des contradictions et de la schizophrénie crasse des studios : ils veulent d'un côté que la morale US soit sauve, mais d'un autre côté cela ne les gêne pas du tout de laisser crever six milliards (!!!) de Vulcains (pourtant si emblématiques de ST dans la culture populaire) sans bouton "reset" à la fin (alors que Spock-Prime possédait la technologie temporelle pour empêcher cette abjection de se produire). mad
Dès lors, dans cet univers d'inconséquence, même en l'état, ST Into Darkness demeure finalement "moins pire" que les deux autres, car c'est le SEUL des trois qui semble prendre un peu la mesure internaliste de ce génocide sans précédent, en montrant qu'il a tout de même eu un impact en pervertissant le cœur même de l'UFP (dont les Vulcains sont l'une des espèces fondatrices, à égalité avec les Terriens). Et "un peu" demeure toujours mieux que "rien".
C'est précisément parce que la philosophie trekkienne accorde une valeur cardinale à la vie (IDIC) sous toutes ses formes (et pas seulement ni même en priorité à la vie humaine) que ST Kelvin aurait été paradoxalement beaucoup plus trekkien en adoptant la noirceur de BSG 2003 après l'extermination de Vulcain… qu'en prétendant faire du TOS-cliché comme si de rien n'était (entre le fun et le slapstick).

Perdu pour perdu, il est forcément plus trekkien d'assumer vraiment un postulat que de ne rien assumer du tout.
Posons une petite apagogie (c'est-à-dire un raisonnement par l'absurde) : si ST 2009 avait mis en scène l'extermination de 99,9% des humains (et pas 2% comme dans la série The Leftovers de Damon Lindelof), aucun trekker (et même aucun spectateur non trekker) n'aurait accepté que les films suivants prétendent faire de l'exploration trekkienne dans un nuage béat de félicité, d'optimisme, et d'idéalisme.
Mais heureusement "tout va bien" dans le Trekverse 2.0 (ou Trekverse-1610), n'est-ce pas, puisque la fin du monde n'a pas emporté les Terriens mais juste les Vulcains ! Et l'extermination de 99,9% des Vulcains serait donc supposée ne rien changer du tout au postulat trekkien, ni à la fin de ST 2009 ni dans ST Beyond ??!!! Ben voyons ! gne eek furax
Eh bien tout cela représente un opprobre, une honte absolue, et c'est même une forme de racisme décomplexé, soit la négation pure et simple de la raison d'être de Star Trek !
Or dans cette impéritie totale, ST ID est encore le moins inconséquent, donc le moins "raciste" des trois faux ST (désolé pour cet anathème "godwinien" oops).


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#2366 04-06-2017 07:48:09

matou
modérateur

Re : ST 2.0 : Mx02 Star Trek Into Darkness

Le respect de la vie, un respect non niais, non sentimental, non religieux, c'est un marqueur de notre époque dans le divertissement actuel.
En effet, il, ce respect là, n'est plus présent.

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