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#1 02-11-2019 20:18:20

mypreciousnico
Who ?

Doctor Who 30x10 Midnight (Un passager de trop - Docteur 10)

Doctor Who 30x10 Midnight (Un passager de trop - Docteur 10)

Crédits officiels :
- Scénario - Russell T Davies
- Réalisation - Alice Troughton

Appréciation :

  1. 10 (top franchise)(voix 2 [66.67%])

    66.67%

  2. 9 (exceptionnel)(voix 1 [33.33%])

    33.33%

  3. 8 (excellent)(voix 0 [0%])

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  4. 7 (bon)(voix 0 [0%])

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  6. 5 (passable)(voix 0 [0%])

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  7. 4 (insuffisant)(voix 0 [0%])

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  8. 3 (médiocre)(voix 0 [0%])

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  9. 2 (raté)(voix 0 [0%])

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  10. 1 (pitoyable)(voix 0 [0%])

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    0%

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#2 02-11-2019 20:20:12

mypreciousnico
Who ?

Re : Doctor Who 30x10 Midnight (Un passager de trop - Docteur 10)

Bon d’entrée de jeu, la planète s'appelle Minuit...ça n'augure rien de bon…

We must not look at goblin men,
We must not buy their fruits:
Who knows upon what soil they fed
Their hungry thirsty roots ?

Christina Rossetti : Goblin Market

“Taking a big space truck with a bunch of strangers across a diamond planet called Midnight. What could possibly go wrong ?”

Le Doc et Donna sont en vacances sur une planète à la mortelle beautée : Midnight (“minuit” dans la langue de Frédéric Dard), une planète aux paysages de diamants qu’aucune main ne pourra jamais toucher parce qu'elle se trouve en orbite autour d’une étoile dont les rayonnement sont mortels, nécessitant d’être filtrés par des vitres épaisses et des boucliers.

Que grâce soit ici rendue à la direction artistique qui, avec économie de moyens, rend bien compte des l’aspect complètement étrange de Midnight. Rien que le plan d’ouverture : le paysage est écrasant, inhospitalier, mais magnifique.

En termes d’immensité et de solitude cosmique ça se pose là, puisque Midnight est une planète qui n’a jamais subie d’influence extérieure : un milieu à priori hostile à la vie telle qu’on la connaît, intouché et même vierge de tout regard depuis des millions d’années.

“Before the Leisure Palace Company moved in, no one had come here in all eternity. No. Living. Thing”

Bref, alors que Donna préfère lézarder, le Docteur souhaite découvrir les merveilles de cette si mortelle planète. Une ambiance de détente, après tout c'est les vacances.
Dans cette optique, le début de l’épisode est assez drôle et léger (“certains produits peuvent contenir des cacahuètes”). Ça commence exactement comme un film d’horreur à petit budget...

“what if it’s not outside anymore? What if it’s inside ?”

C’est un classique de la SF : ce n'est pas parce qu'un environnement est impropre à la vie telle qu’on la connaît qu’il ne peut-y avoir de vie du tout. La Terre elle même foisonne de vie dans des endroits improbables, dans les conditions les plus extrêmes. De la pression des fonds océaniques aux couches de glace du pôle en passant par les sources d’eaux chaudes d'El Tatio, “la vie trouve toujours un chemin” comme disait si bien l’ami Ian Malcolm.
La défiance vis à vis de la possibilité de la vie dans un tel environnement est parfaitement représentée par le personnage du scientifique, tellement drapé dans ses connaissances que même devant l’évidence irréfutable, il refusera de croire, parce que “rien ne peut survivre à la surface de Midnight”.

Pourtant, quelque chose vient soudainement frapper à la porte. Une forme de vie tellement différente que, afin d'interagir sur notre plan d’existence, elle doit d’abord s’emparer d’un corps, puis se procurer une identité. Elle doit voler une parole, s’emparer des mot, des tournures de phrase, du vocabulaire, du rythme et pour finir de l’âme et de l’identité.
En toute logique, la créature cherche à voler les mots de celui qui s’exprime le plus. Pour une fois le Docteur est piégé par son charisme, par le fait qu’il est l’homme qui prend les commandes, celui dont la parole pèse le plus lourd.

Aussi, La mise en scène met astucieusement l’accent sur des tournures de phrases et des expressions pour rendre identifiable la parole du Docteur (“allons-y”, “molto bene”…). Il est le personnage dont la voix est la plus reconnaissable, les autres étant relativement interchangeables.

“I think… the more we talk the more she learns. Now I’m all for education but in this case… maybe not.”

“Now then, Sky. Are you Sky? Is Sky still in there? Mrs. Silvestry? You know exactly what I’m going to say. How are you doing that? Roast beef! Bananas! The Medusa Cascade. Bang! Rose Tyler Martha Jones Donna Noble TARDIS! Shamble bobble dibble dooble. Oh Doctor, you’re so handsome. Yes I am! Thank you. A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M-N-O…”

On est face un “ennemi intérieur” auquel on ne peut pas échapper, surtout dans le microcosme étroit d’une navette d’une vingtaine de mètre carré tout au plus. Un ennemi qui n’utilisera aucune violence, mais qui fouillera sans aucune gène l’intimité des individus présents à bord.
Alors bien entendu, pour faire barrage à la créature, il suffirait de ne plus parler du tout, mais avec autant de monde, dans un espace aussi restreint et la panique qui s’installe, il paraît bien difficile de faire preuve de sang froid.

Le Docteur lui-même semble perdre ses moyen quand Sky se synchronise avec ses paroles puis finit par s’exprimer avant lui, alors qu’il incapable de bouger, vidé de sa substance, condamné à répéter un discours qui ne lui appartiens plus. En fait, par définition, il n’existe plus, il n’est désormais qu’une ombre, une réminiscence. Son identité, tout ce qui le définissait, est désormais passé en Sky. Celle-ci morte, le Docteur récupère immédiatement son identité.

“No, I’ve got to stay back. ‘Cause if she’s copying us then maybe the final stage is becoming us. I don’t want her becoming me, or things could get a lot worse.”

La prestation de Lesley Sharp est impressionnante, tant son visage est inquiétant, affichant une curiosité de prédateur devant une proie.
Sa simple présence et son étrange comportement font littéralement voler en éclat le petit groupe de personnes dont les relations étaient pourtant tellement cordiales au départ. Sous la pression le verni social se fendille et l’humain n'est plus gouverné que par une peur irrationnelle, la foule se trouvant des boucs émissaires pour évacuer sa frustration et son effroi face à une situation incompréhensible.

“Can’t imagine you without a voice”

Ce qui est dingue c'est que cet épisode est monté avec trois fois rien. Je veux dire, visuellement on a droit à deux plans de l’extérieur et un seul décors, tout le reste de l’épisode est constitué de dialogues. Le monstre dans l’épisode ce sont des mots, rien que des mots et c'est super effrayant.
Le sentiment de malaise est vraiment très intense, parce que les dialogues ne s’arrêtent jamais. Les voix des personnages et de Sky se superposent sans arrêt, la cacophonie est totale, elle empêche de réfléchir. Quelqu'un qui répète et singe la parole c'est d’abord agaçant, puis singulièrement inquiétant et pour finir, carrément flippant !
À la fin, on se retrouve comme le Docteur, paralysé et sans mots.

Un épisode d’épouvante tétanisant, qui se regarde les points serrés et la goutte au front, superbement écrit et mis en scène. Une variation très originale et fascinante du monstre voleur d’âme pour un des épisodes les plus effrayant du Whoniverse.

Un Top Franchise et plus encore !

À noter, cet épisode est le 50ème du revival

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#3 02-11-2019 20:42:57

scorpius
Nowhere Man

Re : Doctor Who 30x10 Midnight (Un passager de trop - Docteur 10)

Top franchise et meilleur épisode de Davies.

Pas trop le temps de développer (Nico a déjà tout dit de toute façon : ) mais on assiste ici au clash entre la menace la plus indicile de tout le Whoniverse (le Midnight Monster) et celle qui est la plus tangible (un petit groupe d'humains qui va paniquer). Après je ne sais pas combien de visionnages, je ne sais toujours pas laquelle est la plus effrayante...

Episode totalement improvisé/écrit à la dernière seconde par Davies (ouais, le mec aime improviser des chef d'oeuvres lorsqu'il est sous pression).


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#4 03-11-2019 14:37:00

mypreciousnico
Who ?

Re : Doctor Who 30x10 Midnight (Un passager de trop - Docteur 10)

scorpius a écrit :

Episode totalement improvisé/écrit à la dernière seconde par Davies (ouais, le mec aime improviser des chef d'oeuvres lorsqu'il est sous pression).

Noooooon affraid
Le mec a improvisé ce chef d’œuvre ? Haha je me bave littéralement dessus d'admiration, ce mec est un génie praise

Le meilleur épisode de Davies en effet, une merveille absolue dont je ne changerai pas la moindre virgule, à mettre au même niveau que Blink.

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