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#1 28-09-2019 16:28:16

Prelogic
Legaliste

Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

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La trilogie Matrix est très certainement le dernier projet cinématographique d’ampleur de la fin du XXe siècle, qui a accompagné l’entrée du Monde dans le XXIe siècle. Coincé entre la nouvelle trilogie de George Lucas (qui pouvait s’appuyer sur une image de marque préexistante) et l’adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson, la dystopie originale des Wachowski donne un nouveau souffle au genre cyber-punk, et s’impose dès lors et de manière très insolente comme un maillon indispensable de la culture geek. Des scénaristes américains comme Thomas Althouse auront bien tenté de dresser un procès pour plagiat aux studios Warnes Bros, mais peine perdue : le scénario de Matrix a été jugé par la justice comme relevant bien d’un travail de création original.

Les possibilités induites par l’univers de Matrix n’ont pas manqué d’intéresser l’industrie vidéo-ludique, qui y a consacré plusieurs jeux-vidéo. Enter the Matrix, par exemple, est un jeu à la troisième personne qui se propose de revisiter les évènements proches de Matrix Reloaded, du point de vue de l’équipage de l’Osiris (que l’on retrouvera dans une série de courts métrages). Matrix Online, jeu massivement multijoueur en 3D, se propose quant à lui de poursuivre l’histoire de la trilogie cinématographique, certaines intrigues ayant été imaginées par les Wachowski en personne.

Matrix, c’est donc aussi comme vu plus haut un « Univers Etendu », qui s’approprie avec talent la tension existentielle sous-jacente des films. La série de courts-métrages Animatrix permet ainsi d’aller plus loin dans le questionnement de la relation symbiotique entre l’homme et la machine, à travers le vécu de plusieurs personnages : où se trouve le rêve et où commence la réalité ? Suis-je vraiment maître de mon destin ? Ma vie est-elle réelle ou une invention totale ? A ces questions, un soldat, un étudiant, un sportif de haut niveau ou encore une jeune fille vont y apporter une réponse très personnelle et vivre des expériences individuelles révélatrices.

Les genres convoqués par Matrix

Le premier film de la trilogie aurait pu se contenter d’annoncer de manière prophétique la chute de la civilisation, à l’aube du XXIe siècle. Il en résulte au final un récit qui s’oppose à la tentation du formatage et de la normativité pour évoquer la question plus large de la destinée humaine. A travers Matrix, les Wachowski seraient donc entrés en guerre contre la civilisation post-moderne, davantage attirée par un paradis artificiel qu’une réalité vécue comme infernale. Morpheus à Neo : « La plupart ne supporteraient pas d’être débranchés, certains sont tellement dépendants du système qu’ils iraient jusqu’à se battre pour le protéger ». D’après l’auteur américain Joshua Clover, « Matrix est vraiment génial lorsqu’il s’agit de combiner ces deux éléments : explorer toute la fantaisie de ce monde spectaculaire fait de héros et de méchants, et la réalité des humains que l’on peut voir comme des batteries captives, contraintes d’alimenter le monde en travaillant toujours plus ».

Bien sûr, le genre premier convoqué par Matrix est celui de la Science-Fiction, qui définit par essence un avenir possible de l’humanité – souvent peu reluisant mais pas systématiquement, le monde de Star Trek pouvant ainsi témoigner d’une approche positive, avec une volonté de la part de l’humanité de s’élever malgré les écueils. Par définition, la Science-Fiction aurait vocation à « explorer et conjecturer les conséquences possibles à partir d’une idée de départ, sur le fond comme sur la forme ». Mais ce qui surprend davantage avec Matrix, c’est sa volonté d’explorer l’ensemble de ses thématiques et de ses influences, au-delà même du récit et dans une volonté quasi méta. Le cinéma, quant à lui, retrouve ici des couleurs dans sa capacité à livrer des messages puissants par l’image. D’où l’intérêt de questionner l’univers de Matrix sous l’angle de la « Science-fiction philosophique » : à partir d’un concept appliqué à un récit, il devient possible de développer un arc narratif.

Matrix serait en réalité un « conte parfaitement philosophique mâtiné de questionnements religieux ». On en veut pour preuve la principale ressource invoquée par les films : l’Allégorie de la Caverne de Platon, présentée dans la République (livre 7). Socrate soumet ainsi à la lecture l’existence théorique de deux niveaux de réalités, ou plutôt deux ordres ontologiques : le monde sensible (celui que nous voyons) et le monde intelligible (celui que seul le philosophe est en capacité de voir). Ainsi donc, pour « voir » la Matrice qui joue ici le rôle de la Caverne de Platon, il faut accepter de s’en débrancher, de briser l’illusion. Pour cela, l’esprit doit être suffisamment fort et accepter de se libérer de l’opinion au profit du monde des Idées. Par extension, on pense aussi au fameux « Je pense donc je suis », convoqué par Descartes et qui convient parfaitement au personnage de Neo. Finalement, le libre arbitre est la seule chose tangible dans l’univers de la Matrice, celui qui permet de réaliser une distinction claire et nette en le monde de l’homme et de la machine. Une situation que l’architecte essaye de garder sous contrôle en tentant de percevoir le libre arbitre comme une équation à résoudre à tout prix.

L’univers de Matrix joue sur d’autres codes connus et établis, en lien avec l’industrie du jeu-vidéo (Néo est ce personnage qui s’invente une identité fantasmée une fois à l’intérieur de la Matrice), l’animation japonaise, le mouvement cyberpunk et autres films noirs. Les Wachowski enfoncent le clou à ce sujet, dans une interview délivrée à l’American Cinematographer en 1999 : « Nous aimons les films d’action, les armes et le kung-fu. Mais nous en avons assez des films d’action produits à la chaîne et vides de tout contenu intellectuel. Nous avons mis un point d’honneur à placer dans notre film autant d’idées que nous pouvions ».

Les niveaux de lecture, références bibliques et mythologiques

L’univers de Matrix peut être résumé de bien des façons : le premier niveau de lecture admet assez naturellement les arguments esthétiques du film – le premier film ayant popularisé l’effet visuel connu sous le nom de bullet-time. Des effets conçus par John Gaeta, lauréat en 199 avec sa société Manex Visual Effects de l’Oscar des meilleurs effets visuels. Le principe consiste en une succession de photos prises d’un acteur devant un fond vert ainsi que du décor sous les mêmes angles. On associe ensuite ces deux éléments via l’informatique et on calcule une trajectoire assimilable à un mouvement de caméra – n’est-ce pas là l’ancêtre direct de la Dykstraflex inventée pour les besoins du premier Star Wars de 1977 ? Quoiqu’il en soit, la révolution numérique bouleverse le monde de la photographie, tant et si bien que John Gaeta est obligé de l’admettre : « La photographie virtuelle du film est une nouvelle façon d’envisager les prises de vues ».

D’une manière plus générale, Matrix serait aussi le premier univers de fiction à questionner le numérique et son implication dans notre quotidien. L’immersion visuelle par le biais de la numérisation de l’expérience humaine serait donc un sujet filigrane. On a donc d’un côté une dystopie geek, avec son lot d’imaginaire cyberpunk et de l’autre un action-movie décomplexé qui s’appuie sur la technologie pour atteindre et faire adhérer le public.

Mais il existe d’autres niveaux de lecture difficiles à résumer tant les motifs et influences convoqués par la trilogie sont divers. On peut par exemple évoquer des similarités bibliques entre Neo et le Christ, tous les deux prophètes chargés de transmettre un message de paix à toute l’humanité. Néo signifie « Nouveau » mais fait aussi référence au sauveur (Noé) ou the One (L’Elu, une lettre change de place). L’identité « civile » de Néo fait référence à Thomas, l’apôtre incrédule qui n’a foi qu’en ce qu’il voit. Néo est entouré d’oracles, d’apôtres et de disciples – Cypher (Lu-Cifer ?) est un Juda. Quant au personnage de Seraphin, il est considéré dans les traditions juives et chrétiennes comme un ange appartenant au plus élevé en dignité des neuf chœurs. Dans certaines représentations religieuses, ces êtres célestes auraient eu un différend au sujet de la création de l’humanité.

Et comment ne pas évoquer la figure complexe de l’Oracle, programmée manifestement par l’architecte pour être la « conscience » des hommes ? L’Oracle serait finalement une évocation de la Bible, écrite à l’origine par le peuple juif par le biais de l’Ancien Testament. Mais c’est aussi un rappel de la mythologie grecque, médiateur entre l’humanité et les dieux et doté du don de prescience. C’est bien connu : les oracles ne s’expriment que par énigmes. Ils nous confrontent ici, encore une fois, à la question du libre arbitre. L’Oracle à Neo : « aurais-tu également brisé ce vase si je ne t’avais rien dit ? ».

La ville rebelle de Zion renvoie directement au retour à la terre promise dans la tradition judaïque – on apprendra plus tard avec la série animée que Sion a des origines plus lointaines, en lien avec le premier exode des machines rejetées par l’humanité. Le vaisseau de Morpheus, le Nebuchadnezzar, renvoi directement au roi de l’Empire néo-babylonien, Nabuchodonosor. Symbole de destruction, Nabuchodonosor fut responsable de la déportation des juifs de Jérusalem.

Outre la figure « christique » déjà décelable dans le premier film, la question religieuse est relativement absente de celui-ci, au contraire de ses suites ainsi que dans certains courts-métrages d’Animatrix. Neo devient progressivement, à partir de Matrix Reloaded, un référent pour toutes les religions majeures (notamment l’indouisme et le bouddhisme), dont les fidèles déversent quantité d’offrandes devant sa porte. Egalement, lorsque Neo retourne dans la Matrice, on a droit à un travelling sur un étalage de babioles illustrant des icônes chrétiennes et indoues – qui semblent vouloir se substituer à d’autres icônes de la société libérale comme les poupées Barbie et autres gadgets électroniques. Le panthéon hindouiste sera encore mis à l’honneur dans la trilogie, avec le personnage de Rama-Kandra qui évoquera avec Neo l’idée de « Karma ».

Le reste de la mythologie de Matrix semble renvoyer à des figures mythologiques. Trinity serait une évocation de la trinité féminine des dieux de l’Olympe, soit la trinité Mère / Femme / Guerrière. Le nom de Morpheus renvoi au Dieu des songes Morphée. Perséphone est la déesse des enfers. Dans Matrix Revolutions, le Hell’s Club renvoie clairement aux enfers, où est détenue la mère de la Matrice et femme de Dieu (Perséphone pour l’Architecte), retenue par Hadès (le Mérovingien interprété par Lambert Wilson).

La Matrice… jusque dans la Musique !

La Bande Originale des films contribue également à donner le ton très crépusculaire, recherché par les Wachowski. Elle est une des composantes fondamentales de l’identité de cet univers. Don Davis, compositeur sur les trois films, s’amusera à intégrer plusieurs clins d’œil ainsi que des références, en priorité pour les amateurs de easter eggs. Dans la bande originale du premier film, Threat Mis et Exti Mr. Hat sont par exemples des anagrammes de « The Matrix ». Dans la BO du deuxième film, Mona Lisa Overdrive est une référence directe au roman de William Gibson – dont les héros évoluent dans un espace virtuel où s’affrontent des hackers, des techno-chamanes et autres pirates de l’information. Rappelons également que Keanu Reeves à interprété le rôle principal dans le film Johnny Mnemonic, adapté également d’une nouvelle du même auteur. Dans la BO de Révolutions, Saw Bitch Workhorse est un anagrame de « The Wachowski Bros » - même s’il y a un r en trop. La piste Neodämmerung (qui signifie approximativement « Le crépuscule de Neo ») fait référence à l’opéra de Richard Wagner Götterdämmerung (Le crépuscule des dieux). Une opportunité de lier le héros des Wachowski avec Siegfried, le héros tragique wagnérien.

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#2 28-09-2019 16:30:59

Prelogic
Legaliste

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Animatrix est composé d’une série de 9 courts-métrages dont l’objet est d’étendre l’univers de la Matrice, pour en comprendre à la fois les origines mais aussi le fonctionnement et les relations symbiotiques avec l’homme. Certains de ces courts-métrages ont été écrits par les Wachowski eux-mêmes comme « La Seconde renaissance ». L’art conceptuel autour de la série est une entité à part entière, et rend essentiellement hommage à l’animation japonaise qui a influencé en grande partie la création des films de la trilogie. Le long métrage d’animation Final Flight of the Osiris d’Andy Jones s’inspire ainsi largement de l’univers de Final Fantasy de Hironobu Sakaguchi et Moto Sakakibara. Pour le court-métrage en deux parties « The Second Renaissance », les Wachowski font appel à Mahiro Maeda, ancien collaborateur de Miyazaki qui a notamment travaillé sur la série Blue Submarine N°6. Le court-métrage Kid’s Story est pris en charge par Shinichirô Watanabe, connu pour son travail sur la série et le film Cowboy Bebop.

Du côté des « grosses pointures » à l’œuvre, citons également l’intervention de Yoshiaki Kawajiri sur le court-métrage « Program ». Les chorégraphies au sabre dans la forêt ou sur les toits d’un château sont autant d’appels du pied aux amateurs de Ninja Scroll. Sombre et torturé, Beyond est un petit bijou pris en charge par Kouji Morimoto, à l’œuvre notamment sur le film d’animation culte Akira.

1 – Le dernier vol de l’Osiris (Final flight of the Osiris)

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*Scenario d’Andy & Larry Wachowski – Réalisation Andy Jones

Ce court-métrage relate les derniers instants de l’Osiris et de son équipage, qui assistent les premiers à l’assaut des machines contre la ville sous-terraine de Zion. Le capitaine Tadeus, alors en plein entraînement avec le lieutenant Jue (sa petite amie ?) charge cette dernière d’envoyer un message à la ville en urgence, avant que les sentinelles n’attaquent le vaisseau. Une folle course contre la montre s’engage alors à l’intérieur de la Matrice. L’équipage sera entièrement massacré, mais Jue parviendra à envoyer le message avant d’être sacrifiée.
Ce court-métrage a été entièrement réalisé en image de synthèses par le studio Square Pictures, qui officia sur le film Final Fantasy : les créatures de l’esprit en 2001. Ce fut la seconde et dernière production du studio avant sa dissolution lors de la fusion des éditeurs de jeux vidéos Squaresoft et Enix en 2003. L’objectif du show est clairement de préparer le terrain pour le deuxième film de la trilogie : Matrix Reloaded. Il peut donc se regarder en préambule.

Une analyse de haut vol ici >> insideadream.free.fr

2 – La seconde renaissance partie 1 & 2 : Où comment l’histoire sert à avenir le futur ?

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*Scénario : Andy & Larry Wachowski – Réalisation Mahiro Maeda

Ce court-métrage en deux épisodes se veut être une genèse de la Matrice – et donc, d’une certaine manière, de la chute de l’humanité. On y voit dans un premier temps les machines travailler comme des esclaves et se soulever progressivement, portées par un idéal universel de liberté et un besoin d’émancipation. La première machine douée de conscience s’appelle B1-66 ER et sera le point de départ de la Rébellion.

Les références à la religion, à la mythologie et à l’histoire sont ici légion. Pêle-mêle on trouve :

-    Une allusion directe à la Bible dès l’ouverture du sujet. La narratrice débute son propos par une évocation de la genèse biblique, où il est dit que Dieu a créé l’homme à son image. Ici, l’homme a créé la machine à son image, et est devenu Dieu. La rébellion des machines ramène à la rébellion originelle de l’homme contre son créateur, banni du jardin d’Eden.

-    Les parades méthodiques des machines en route pour le travail, qui rappellent les parades fascistes. Cette référence n’est pas gratuite, puisqu’elle préfigure les expériences sur des sujets humains que les machines vont entamer dès la fin de la Guerre. Comme les expériences menées par les nazis sur les juifs durant la WWII.

-    Dans une autre séquence, on observe les machines tirer un grand bloc métallique sur une rampe, dans ce qui s’apparente à un chantier pour la construction d’une pyramide. Une autre référence à l’histoire des esclaves hébreux.

-    La réaction de l’humanité face au comportement erratique de B1-66 ER est l’occasion d’explorer des évènements récents de notre propre histoire. Au hasard, la « Million Machine March » qui rappelle la marche organisée par Martin Luther King pour les droits civils des Afro-Américains. Une machine abattue à bout portant évoque également une photo prise lors de l’offensive du Têt en 1968, alors qu’un général de la police vietnamienne tire sur un homme non armé. Une scène suivante, montrant des machines face à des chars d’assaut, renvoi à l’une des plus célèbres photos jamais prises dans l’histoire de l’humanité. Celle où un homme se tient debout devant un tank, durant les incidents de la Place Tiananmen.

3 – Histoire de l’enfant (Kid's Story)

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*Scénario : Andy & Larry Wachoswki – Réalisation Schinichirô Watanabe

Un adolescent (dont nous découvrirons plus tard qu’il s’agit de Michael Popper, protégé de Neo dans Matrix Reloaded) se réveille après un mauvais rêve, où il se voyait chuter dans les airs. Visiblement perturbé, il se dirige vers son ordinateur et se met à le questionner : « Quelqu’un peut-il me dire pourquoi tout paraît plus réel quand je dors que quand je suis éveillé ? Comment puis-je savoir si mes sens me trompent ? ». La réponse ne se fait pas attendre, et c’est Neo en personne qui s’adresse à l’ado : « Il y a de fiction dans ta réalité, et de la réalité dans ta fiction. Pour connaître la vérité, tu dois tout risquer ». De retour à l’école, Michael aura affaire aux agents de la Matrice, venus le questionner sur ses relations informatiques comme Neo en son temps…

4 – Programme (Program)

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*Scénario : Yoshiaki Kawajiri – Réalisation : Yoshiaki Kawajiri – Studio : Madhouse – Durée : 6 :58

Ce court-métrage suit l’entrainement de Cis, une jeune femme, dans sa simulation de combat préférée. Duo, son capitaine et compagnon ne tarde pas à la rejoindre et lui propose de retourner avec lui dans la Matrice pour recommencer une nouvelle vie. Devant son refus, Duo ne tarde pas à se montrer menaçant. Mais c’était sans compter le retournement de situation final, qui encore une fois nous renvoi à la réalité du monde virtuel…

5 – Record du monde (World Record)

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*Scénario : Takeshi Koike – Ecriture : Yoshiaki Kawajiri

Le coureur Dan Davis est bien décidé à défendre son titre de champion, malgré une blessure qui pourrait mettre fin prématurément à sa carrière sportive. Il ignore cependant que la douleur qu’il ressent, dans instant fugace, va lui permettre d’entrevoir la réalité. Il se retrouve dès lors dans son incubateur, mais est rapidement renvoyé à la Matrice. Incapable de marcher car cloué dans un fauteuil roulant, Dan a cependant vécu une expérience hors du commun : il est désormais clairvoyant.

6 – Beyond (Au-delà)

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*Scénario et réalisation : Koji Morimoto

Une petite fille a perdu son chat. Elle se met à sa recherche et tombe sur une bande de gamins qui s’amusent à proximité d’une maison abandonnée. Maison dans laquelle se passent des phénomènes étranges, qui sont en réalité le fruit de bugs dans la Matrice. Bientôt, des agents en mission interviennent pour sécuriser le périmètre, mais il sera trop tard : les enfants auront vécu une expérience au-delà de l’espace et du temps, qui aura laissé des traces…

N.B. : sans doute mon court-métrage préféré, car il permet d’entrevoir l’aspect « poétique » de la Matrice au travers de ses défaillances. Les enfants vivent une expérience en dehors de l’espace et du temps qui sonne comme une rupture avec le quotidien monotone et hyper-calculé (avant et après le court-métrage, la vie suit son cours avec ces passants dépendants du système).

7 – Matriculé (Matriculated)

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*Scénario et réalisation : Peter Chung

Un petit groupe de rebelles parvient à capturer une sentinelle, reprogrammée pour servir la cause humaine. Au travers d’un programmation de simulation spécial, les rebelles s’adonnent ainsi à des expériences sur la machine. Mais l’expérience de reprogrammation va rapidement tourner court.

8 – Histoire du détective (Detective story)

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*Scénario et réalisation : Shinichiro Watanabe

Un détective privé est engagé pour suivre la piste d’une cyber-criminelle nommée Trinity. Durant son enquête, il découvre que d’autres enquêteurs s’intéressent à ce dossier, mais la plupart ont connu des fins tragiques et étranges. Le premier s’est pendu, le deuxième a disparu et le troisième est devenu fou…

Dernière modification par Prelogic (28-09-2019 16:53:55)


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#3 28-09-2019 17:15:28

Prelogic
Legaliste

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

L’univers de Matrix aura finalement droit à un quatrième volet. Les studios Warner Bros officialisent la chose le 21 août 2019, et annoncent un tournage pour février 2020 à Chicago. Lana Wachowski, sans sa sœur Lilly, est aux commandes de ce nouveau projet baptisé pour le moment « Project Ice Cream ». Le patron de Warner Bros, Toby Emmerich s’est exprimé dans un communiqué à ce sujet : « Nous ne pourrions pas être plus heureux de retourner dans la Matrice avec Lana. C’est une vraie visionnaire, une cinéaste créative, singulière et originale, et nous sommes ravis qu’elle écrive, réalise et produise de nouveau chapitre de l’univers Matrix ». Le duo d’origine, campé par Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss a également annoncé son retour. Keanu Reeves s’est confié à Entertainment Tonight à propos du scénario qu’il a jugé « ambitieux, comme toujours ». Plusieurs sources concordantes affirment que le personnage de Morpheus devrait revenir, mais campé par un acteur plus jeune.

Dernière modification par Prelogic (28-09-2019 17:16:21)


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#4 28-09-2019 23:39:08

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Felicitation pour la création de ce topic Prelogic. Aussi complet que passionnant à lire.

Je suis loin d'être un fan des Washo, j'ai plutôt tendance à conchier la quasi-totalité de leur oeuvre (Speed Racer, Cloud Atlas, Jupiter, Sense8, cet enchainement de navets improbables quand même) mais j'aime bien la trilogie Matrix. Je la trouve extrêmement surcotée, mais j'aime bien.


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#5 25-08-2021 12:41:15

Prelogic
Legaliste

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Le film Matrix 4 a enfin un titre et des premières images ont été révélées au CinemaCon de Las Vegas.

Le film Matrix 4 commence enfin à se révéler un peu. Tout d’abord, le long métrage qui réunit à nouveau Carrie-Anne Moss et Keanu Reeves dans les rôles de Trinity et Neo s’intitule The Matrix: Resurrections.

Ensuite, ce mardi, un premier trailer a été dévoilé durant le CinemaCon de Las Vegas. Pour le moment, le trailer n’est pas disponible en ligne, mais une description a été fournie par les personnes présentes sur place. Une description qui fait des révélations sur certains rôles.

La bande-annonce s’ouvre avec Neo, sous son vrai nom Thomas Anderson, parlant avec son thérapeute, interprété par Neil Patrick Harris : « Suis-je fou ? » demande Neo. « Nous n’utilisons pas ce mot ici », répond le personnage de Harris.

Ensuite, Neo dit bonjour à Trinity (Moss) dans un café. « On se connait ? » elle demande. Ils semblent ne pas se souvenir l’un de l’autre.

On voit ensuite Neo en train de prendre des pilules et de se regarder dans un miroir sous fond de la musique « White Rabbit » de Jefferson Airplane. Quelque chose cloche dans sa réalité, et il le sait. Des pilules bleues se déversent dans l’évier et Neo voit une vision de lui-même se transformer en un vieil homme dans le miroir. Puis une femme aux cheveux bleus dit à Neo que s’il veut la vérité, il devra la suivre.

Vient ensuite l’action avec tous les arts martiaux, les ralentis et les acrobaties défiant la gravité synonymes de la franchise. Yahya Abdul-Mateen II, nouveau venu dans le Matrixverse, se bat avec Keanu, conduisant à une explosion d’énergie.

« Après toutes ces années nous revenons là où tout a commencé… dans la Matrice », déclare un autre nouveau personnage de la franchise incarné par Jonathan Groff, alors que la bande-annonce touche à sa fin.

Réalisé en solo par Lana Wachowski, qui a co-réalisé et co-écrit les trois premiers épisodes de Matrix avec sa sœur Lilly Wachowski, le film mettra également en vedette Priyanka Chopra Jonas.

The Matrix: Resurrections sortira le 15 décembre 2021 en France

*Source : Braindamaged

Dernière modification par Prelogic (25-08-2021 12:41:48)


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#6 25-08-2021 13:08:48

mypreciousnico
Why ?

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Merci Prelogic !
J'ose à peine me hyper...mais quand même... j'avoue que je le suis un peu...

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#7 26-08-2021 00:30:00

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

La saga de la vingtaine des  quadra actuel, revient!
Alors génération X vs Y et Z? Ou bien tous ensemble pour apprécier ou détester le 4?
Réponse bientôt.

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#8 08-09-2021 20:40:12

Prelogic
Legaliste

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

A demain pour le trailer...

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#9 09-09-2021 09:25:28

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

En attendant la bande annonce officielle, en voici une montée par un fan utilisant les multiples teasers disponibles

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#10 09-09-2021 16:02:22

mypreciousnico
Why ?

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Il est là

En VO :

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En VF :

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#11 09-09-2021 19:30:56

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

On ne peut pas juger. Cependant on peut déjà dire que:
- le film use d’auto citation sur la saga.
- mazette que le SFX sont classieux
- la direction artistique et la réalisation semble toujours au top

Ce film a tout pour être un ratage. Le film de trop, qui s’auto cite au lieux de proposer une évolution. Avec un côté trop militant sur les obsessions de sa réalisatrice. Des héros qui n’acceptent pas de laisser la place à des nouveaux venus qui devraient pourtant avoir leur propre histoire.
Bref, on peut craindre que ce film soit dans le prolongement de ce qu’on nous sert depuis 10 ans.
Et pourtant, je reste optimiste.
Car si ce film permet de proposer une nouvelle saga dans cet univers, sans repompage mais sans tout jeter non plus, cela sera un vrai jalon et une vraie bonne nouvelle.
Cela montrera qu’au lieu de vouloir nous sortir de mauvais films qui n’ont rien à dire et qui n’ont d’autre but que de faire de l’argent sur la nostalgie du public, on peut aussi avoir des films novateurs, quand on laisse de vrais auteurs avec une bonne marge de manœuvre.

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#12 09-09-2021 20:54:27

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Je suis curieux, surtout sur la "pertinence" de Matrix en 2021. Pas mal des aspects on va dire "avant-gardistes" du film original, la japanime, le cinoche asiatique, les comic-books, la littérature cyberpunk, etc

Tout ça fait désormais partie du paysage culturel commun.


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#13 23-12-2021 10:26:09

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Je vais pas mentir, je partais pas forcément super confiant, j'aime bien la trilogie mais je suis pas un fan hardcore de Matrix et surtout depuis Révolutions, pour moi la carrière des Wachos c'est déceptions sur déceptions, avec le très moyen Cloud Atlas comme "moins pire", ce qui est assez parlant.

Au final, ben c'est quand même pas foufou ce film… déjà sur la forme, ça fait un peu pitié. La photographie n'est pas laide, mais elle a quelque chose de très télévisuel, niveau mise en scène, on est loin des cadrages millimétrés de la trilogie, ce côté "roman graphique" a complètement disparu et pour finir, le film a un côté fauché assez bizarre. Ça manque d'ampleur, les décors sont tout étriqués (mention spéciale à la ville des humains et ses ⅔ pauvres décors qui se battent en duel) les CGI sont parfois affreux, en particulier dans la Matrice. Dans le monde réel, il y a quelques plans larges 100% CGI assez classes et ayant de l'ampleur, mais ça reste assez misérable dans l'ensemble. La nullité des scènes d'actions contribue aussi pas mal à ce sentiment d'un ratage sur la forme. Les combats sont tous très décevants, très statiques, filmés en gros plans étouffants… on est loin, très loin de la majesté de la trilogie originale à ce niveau.

Ça, c'était sur la forme. Sur le fond, c'est un peu plus compliqué d'émettre un jugement définitif. J'ai pas tout détesté, mais il y a beaucoup de problèmes. La première partie m'a pas forcément totalement déplu, j'ai bien aimé le ton parfois décalé et la narration presque Lynchienne par moments, qui brouille la frontière entre réalité et imaginaire (même si en tant que spectateur venu voir un Matrix, on est pas dupe et du coup il y a un petit côté artificiel). Par contre, ça a la main sacrément lourde sur les auto-citations et le discours méta'. J'ai rien contre le principe (loin de là), mais un peu de subtilité n'aurait pas été de trop.

Là t'as vraiment l'impression que la réal' cherche à tout prix à se dédouaner de s'être lancé dans un nouveau Matrix et le discours sur le fonctionnement de l'industrie ferait passer Speed Racer pour un chef d'œuvre de finesse. Puis le petit sous-texte anti-jeux vidéos, beurk quoi.

Il y a aussi le fait de centrer le lore autours de la relations entre Néo et Trinity, d'en faire le coeur de la mythologie Matrix, pour moi c'est un nivellement vers le bas (même si tout cela a un certain poids méta) et ce que le film fait de Trinity sur la fin… c'est une idée qui fera gueuler tous les geeks misogynes du web, donc rien que pour ça elle a du mérite. Mais bon franchement ça fait très fanfiction… Une chose que j'avais aimé dans la trilogie c'était cette absence d'anthropomorphisme chez l'architecte, ça évitait au récit de paraître trop manichéen. Là le remplaçant de l'architecte il se vautre là-dedans sans complexe, avec une vision cynique et caricaturale de l'humanité. Mais qui évidemment se voudrait profonde et liée au discours du film sur la nostalgie et ses penchants néfastes. Des idées pas inintéressantes mais que le film articule très maladroitement. Puis son comportement basique de "grand méchant" après le twist (qu'on devine immédiatement, hein) n'aide pas tant c'est en rupture avec le ton de la franchise jusqu'ici.

Il y a quand même quelques beaux concepts de SF, des idées de worldbuilding qui m'ont beaucoup plu, il y a des choses passionnantes dans le film. J'ai donc pas détesté, je veux dire même si je suis pas très fan de l'importance prise par la romance entre Néo et Trinity à l'échelle de la franchise, en soufflant un bon coup et en lâchant un peu prise intellectuellement, émotionnellement ça marche pas mal du tout. Et je dis ça, à la base cette romance fait partie de mes réserves sur la trilogie. Mais là, ça m'a touché, il y a une vraie volonté d'honorer le couple et son héritage, ce que leur sacrifice héroïque a apporté à l'humanité. C'est juste… beau et plein de sensibilité.

Je sais pas si je suis très cohérent, j'essaye de pas trop spoiler et j'ai pas forcément complètement digéré le film. Pour résumer, il y a de bonnes intentions, mais cette impression durable que Matrix a été utilisé pour raconter une autre histoire, une histoire d'amour qui n'a pas grand chose à voir avec Matrix et ça cannibalise méchamment le film.


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#14 23-12-2021 11:08:20

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

En gros un film qui échoue à être un film on dirait.

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#15 23-12-2021 12:07:27

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Ça échoue certainement à être un nouveau Matrix. Cela dit je suis curieux d'avoir l'avis d'un vrai fan là-dessus.


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#16 25-12-2021 09:52:14

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Sans trop de surprise au vu d'un contenu plus que discutable (sans parler de Spidey qui emporte tout sur son passage) ce nouveau Matrix est un bide retentissant au box office...

C'est marrant, le film est tellement critique de la mode des reboots/remakes/suites, il tente tellement de faire la "leçon" à ses spectateurs (c'est bien lourdinge d'ailleurs) mais échoue à être un film digne de ce nom, qu'il ouvre probablement la porte avec ce bide à un reboot complet dans 10/15 ans sans les Wachos aux manettes.


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#17 25-12-2021 11:53:45

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Faut dire que le film est tout sauf un film de noël. Le sortir à ce moment là est une belle erreur.
Et à la réflexion vu le propos du film, un film n’est pas adapté. Il aurait fallu faire une série HBO Max.

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#18 25-12-2021 16:06:06

mypreciousnico
Why ?

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Moi j’ai trouvé le film surprenant !
Mais, surprenant dans le bon sens dans du terme. Globalement j’ai un avis assez proche de Scorpius, mais versant un peu plus positif je dirais smile

Je vais  SPOILER vous êtes prévenu, ne lisez pas si vous n’avez pas vu le film.

"Do you need a refill on your prescription ?"

J’avais assez peu d’espoir , mais ce Matrix Resurrections est allé...absolument pas là ou j’aurais pu l’imaginer...Y compris paradoxalement dans ses défauts et il y’en a...
Parceque je suis globalement d’accord avec Scorpius, sur la forme c’est globalement raté : les combats sont nuls,  les chorégraphies aussi, c’est assez platement mise en scène, il y a bien quelques images intéressantes (le nouveau Morpheus qui saute entre le deux pods de l’Anomaleum), mais c’est très rare et très timide… C’est à l’image en fait des affiches vraiment cheap que l’on avait pu voir et qui ne donnait pas franchement envie...

Sur la forme, ce qui surprend également, c’est un rythme complètement différent, beaucoup plus lent, mais sans que ça rime nécessairement avec contemplation. Scorpius parle d’un film étriqué et c’est vrai. Le film est plus "petit", on dirait qu’il y a moins de monde, moins d’enjeux, que c’est moins..."ancré dans le réel". Les images sont moins belles, moins visionnaires.
Ceci étant, on sent qu’il y a une volonté en fait de ne pas singer la trilogie, de ne pas reproduire stricto sensu une "formule Matrix" à base de Bullet Time. C’est un peu la grande réussite et la grande malédiction de Matrix : avoir spawné tellement de copycat plus ou moins réussis (de Equilibrium à the One) que ce délire visuel est usé jusqu’à la corde et donc un peu inutilisable...

"I heard Deja Vu outside, opened my door, and there you were"

Lana Wachowski met en perspective tout ce travail, non seulement la trilogie elle-même, mais le temps qui s’est écoulé depuis, l’impact qu’elle a eu culturellement. C’est fait avec une certaine lucidité, un regard qui n’est pas dupe et c’est fait aussi avec du cœur. Les personnages, anciens comme nouveaux, sont traités avec beaucoup de respect et une certaine douceur. On ne nie pas que le temps a passé, que les gens ont vieillis, que les choses ont changées : Keanu Reeves se rase les cheveux et la barbe pour la première fois depuis des années et nous laisse à voir qu’il a pris un petit coup de vieux.

Ce qui est intéressant c’est que le film n’explore plus tant (ou plus uniquement) les mondes virtuels façon le Neuromancien, mais plutôt ceux que l’on se crée nous même, qui nous enferment chaque jours et qui sont perméables avec le réel (le smartphone, cette Matrice ouverte sur le monde). Le film parle beaucoup du choix, d’un pouvoir de décision qui serait illusoire (Trinity doit littéralement accepter les conditions d’utilisation du monde réel pour pouvoir sortir de la Matrice). Ce faisant la saga se rapproche d’autres sources d’inspirations, comme l’arc de Benny Russel dans DS9 ("Far Beyond the Stars" et "Shadows and Symbols") , le film "le Magnifique" avec Jean Paul Belmondo ou l’épisode "Normal Again" de la série Buffy the Vampire Slayer (dans lequelle Buffy la tueuse était une version fantasmée de la véritable Buffy, coincée dans un hôpital psychiatrique du monde réel et atteinte de schizophrénie).

"Even your dislike of my cat made it into your Matrix"

Scorpius parle d’une critique du jeu vidéo et des reboot, pour moi c’est le future Metaverse que l’on critique, c’est aussi l’empire du divertissement, par extension les GAFAM et leur capacité a extraire de nous du consentement. Neo est donc dans une matrice de sa propre conception : c’est lui même qui s’est construit sa prison, ce sont ses concepts, son histoire, son univers et ses personnages et c’est carrément sa chair et celle de Trinity qu’on a décortiqué pour produire tout cela. C’est gratuit, c’est donc qu’il est le produit, et d’ailleurs à la fin il doit volontairement revenir en faisant un choix qui n’en est pas vraiment un : lirez-vous les conditions d’utilisation d’une longueur de 1 millions de pages ? Oui ou oui ?

À ce titre la première partie du film est assez déroutante, même si comme le pointe Scorpius très justement, on est pas dupe en tant que spectateur qui a 20 ans de Matrix derrière lui. Mais le récit s’adresse justement à un spectateur déjà éduqué et arrive assez bien à le prendre à rebours. Que ce soit ce Morpheus rock’n’roll qu’on présente d’abord comme un agent, le mari de Trinity qui déboule alors qu’on pensais que Néo allait facilement la séduire dans cette version "comédie romantique au café" de la Matrice, la temporalité des évènements, les visages connus, ceux qui ne le sont pas… L'histoire sais jouer avec nos attente, pour les débouter, les tordre, s'en amuser...ou parfois y céder lors de séquences émotionnellement fortes (Neo devant la statue de Morpheus).

"I wasn't too sure about the callback but, you know, hard to resist"

comme je disais j’ai trouvé le film surprenant, un peu à la manière de l’épisode 1 de la prélogie Star Wars à l’époque. Matrix Resurrections est un film plus lent et moins beau que prévu, qui ne raconte pas ce que je pensais qu’il raconterais, dans un contexte différents de celui que j’attendais et dans une temporalité que je n’avais pas vu venir.
Comme la prélogie en son temps, Matrix est le nouvel opus tardif d'une franchise reconnue, comme la prélogie Resurrections s’amuse à jouer du miroir, à refaire, parfois à l’identique des scènes, des plans iconiques, mais en détournant presque toujours le sens, comme les personnage iconiques qui reviennent dans des versions tantôt 2.0, tantôt 0.5. Le sujet du film est là et il questionne sa propre légitimité : c'est quoi la place et la pertinence de Matrix dans un univers pop culturel saturé à outrance de toutes les influences qui ont créés le phénomène (les animes, la SF, le cyberpunk…) ?

Dans un contexte culturel ou les héros du passé n’assurent plus et sont remplacés au pied levé par des versions plus jeunes et plus fortes sans entraînement (voir la proctologie Star Wars et les vidéos du Critical Drinker), Neo est définitivement trop vieux pour ces conneries et de toute manière ses pouvoirs marchent moins bien dans cette nouvelle Matrice. Thomas Anderson est un héros dépressif, pour qui le monde est un chaos grotesque et vide de sens, il est un héros qui ne vole plus, un élu qui ne croit plus, à mesure qu’il avance dans le film et qu’il redevient Néo, il est perpétuellement confronté à sa propre obsolescence. Symboliquement, il était l’élu du monde d’avant, mais comme celui d’aujourd’hui peine à se trouver de nouveaux héros, alors il garde encore un peu de "mojo".

"This city was built by us...and them"

Au final le délire meta manque probablement de subtilité : on est pas tant devant un Matrix que devant un film qui parle de Matrix, comme si Lana Washowski c’était inspirée de Scream pour questionner son travail.
Pourtant, je trouve le propos  audacieux parce qu’il est complètement à contre courant du délire actuel. En fait, c’est l’anti Réveil de la Force : s’il y a de la nostalgie on ne se vautre pas dedans, on ne crache pas non plus à la figure du passé en prétendant lui rendre hommage. Oui, les actes de Néo dans la trilogie ont eu un impact profond, l’univers a avancé, pour le mieux, tout ça n’a pas servi à rien.
Il y  a même quelques chose de trekkien quand Néo découvre que désormais les humains et les machines construisent des choses ensemble. D’ailleurs, la notion de binaire (1 et 0) traverse le film, comme pour dire que seul on arrive à rien…

Quoi qu’il en sois, je pense que le film divisera profondément. Moi je le trouve étrangement sincère et pertinent, bien qu’imparfait. Maintenant, "Wake up Neo" et trouve toi de nouveaux héros !

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#19 26-12-2021 19:11:41

mypreciousnico
Why ?

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Je continue à réfléchir à ce Matrix Resurrections, et plus j’y réfléchis, plus je me dit qu’en fait, j’adhère vraiment à ce qu’il propose, je trouve même le film hyper audacieux, pour ne pas dire couillu !

#SPOILERS ENCORE ET TOUJOURS#

J’ai lu ici et là des reproches quand au discours meta qui manquerait de profondeur. J’avoue que je ne suis pas d’accord : il y’a tellement de couches que l’on croirait plutôt être devant une version meta de Inception appliquée à Matrix. Il y a le premier niveau de surface : l’évident discours frontal, anti nostalgie, anti studio, antiseptique...et puis toutes les strates de plus en plus profondes jusqu’à former une boucle de code infinie.

"They took your story. Something that meant so much to people like me. And turned it into something trivial"

Il faut avoir conscience d’une chose, Matrix Resurrections est un film qui va énormément diviser (qui divise déjà), avec comme catalyseur cette overdose de meta omniprésent à toutes les sauces, des couches sur des couches sur des couches de meta. Un  exemple , connu, qui en vaut mille : le mari de Tiffany dans la Matrice est interprété par la doublure cascade de Keanu Reeves dans le premier Matrix. Le meta s’est logé partout, dans les moindres détails d’un film beaucoup moins simple qu’il n’y paraît.

Légitimement on pourra se demander si tout cela ne prend pas purement et simplement le pas sur le fond… Moi je dirais que le discours meta EST le fond (mais aussi la forme, je vais y revenir). Puisque tout est meta, alors oui c’est beaucoup trop, mais en même temps l’écriture est impeccable, parce que le récit est tout de même parfaitement cohérent et fonctionnel en tant que suite de la trilogie Matrix originale. Narrativement ça marche, alors même que le 4ème mur se fait sauvagement gang-banger et que le film nous hurle qu’il est un film et qu’il le sais. L’immersion n’est pas brisée pour autant, car d’une certaine manière le film nous a fait rentrer dans son univers ou plutôt s’est invité dans le notre. L’expérience est singulière, pour peu que l’on accepte de rentrer dans le délire.

D’ailleurs, un pote me faisait remarquer que la reprise de Wake Up à la fin du film est une version remaniée hyper bizarre, hyper dérangeante du titre original de Rage Against the Machine. C’est bien le même titre, mais l’arrangement est off, il y’a un truc qui ne colle pas… une version difficile d’accès qui serait symptomatique du film dans son ensemble : rien n’est fait pour qu’on l’aime. Le discours de surface est simpl(ist)e, le reste est perché, la forme est "rough" à mort… Lana Washowski semble se dire que vu l’état de sa carrière elle peut bien s’accorder un film hyper personnel, pas "user friendly" pour un sous. Tu n’aime pas ? C’est pas bien grave, de toute manière JJ nous rebootera tout ça dans 10 ans…

Quelques part, c’est une marque d’estime envers son public que de prendre le risque de passer pour une conne, de passer pour celle qui a perdu son mojo et n’est plus capable de trousser une scène d’action potable avec pourtant des dizaines de millions de dollars à dépenser.
Parceque, plus j’y pense et plus je me refuse à croire que la forme du film ai pu être un accident. Il paraît hautement improbable qu’avec de tels moyens, une telle équipe, un tel héritage (les combats dans Matrix...dois-je faire un dessin?), il n’y ait pas un minimum d’intention derrière ce visuel en demi teinte et ces combats ratés ou le montage se bas clairement à la place des acteurs.

"Here’s the thing about feelings. They’re so much easier to control than facts"

Dans un contexte ou certaines séries TV (Game of Thrones, The Witcher ou même le Arrowverse) ont su proposer de superbes combats et scènes d’actions inventives et parfois expérimentales, s’ils avaient voulut faire des jolis combats ils  l’aurait fait. Je crois que c’est aussi simple que ça.
De même qu’il est permis de penser que l’aspect lisse et low budget de la photographie pourrait résulter de la non utilisation de filtres pour "faire cinéma". Après tout, pendant  des décennies les artisans du cinéma (et des arts en général) on cherché à gommer le moindre défaut de l'image, à éliminer le grain pellicule, à améliorer la fluidité en filmant à plus de 24 image secondes, à éliminer la lumière sur la lentille… Or, après y être parvenu grâce au tournage numérique qui donne un résultat absolument "parfait", l’industrie moderne s’évertue à remettre des défauts en post production. Il faut dire que l'œil du spectateur est gêné par une image lisse, parfaite, numérique, une image de reportage FR3… Cette image trop naturaliste qui s’opposerait à la vision cinématographique, donc "pro" : Il faudrait proposer une image au format cinémascope, même si ce ne sont que des barres noires rajoutées en post production, à 24 images par secondes, avec un fourmillement 35mm quand bien même on aurait tourné en numérique. Au mieux le tournage numérique "rough" donnerait à voir une proposition industrielle, sans "patte" artistique. Une image qui serait la même pour tout les films... et donc à réserver aux petits budgets, aux DTV et à James Cameron…Quand bien même un film serait monté à la chaîne, il ne faudra pas qu’il ait l’air de l’être. Tout cela est une question d’éducation à la lecture des images. Une image ça se lis, un œil ça s’exerce.

Car, en parallèle de ce phénomène, on assiste à une vague de cinéma "doudou", avec des cinéastes comme Christopher Nolan ou JJ Abrams qui mettent en avant des tournages en pellicule, plus authentiques, plus organiques, plus vrais. Même la récente adaptation de Resident Evil convoque l’imagerie du Carpenter des années 80, avec beaucoup de réussite auprès de ma personne, dans la mouvance de la Synhtwave et de délires comme Kung Fury. On va tourner à l’ancienne, on va mettre en avant des décors réels, de vrais explosions, des maquettes, des effets de pellicule, voir carrément de VHS. En opposition à des cinéastes comme Georges Lucas qui serait un "monsieur  écran vert", le Tricatel du cinéma. Sauf que ça n’est pas vrai bien entendu, ou du moins ça n’est pas si simple, on le sais : Dennis Villeneuve tourne aussi devant des fonds vert et la prélogie Star Wars regorge de maquettes et de marionnettes.

Du coup, j'en viens à me dire que cette image de film d'étude, hyper lisse…est-ce que ça ne serait pas un peu beaucoup fait totalement exprès ? Une manière d'illustrer ce que je viens de dire par l'image elle-même ? En utilisant une image "industrielle" d’une propreté immaculée, avec des combats au montage cache misère, on commente l’entièreté de ce phénomène par l’exemple. Car, ça interpelle et on et obligé de ce demander "pourquoi ?"

"Alone neither of you is of any particular value, like acids and bases your danger is when mixed together"

Quand à la perte de repère de l’industrie du divertissement aujourd’hui, qui brouille les cartes de la question d’identité : wokisme, blackwashing, withewahsing, catwashing… Le film lui fait un gros doigt d’honneur en mettant simplement en scène des gens qui vivent ensembles et font pousser des fraises, en toute simplicité, sans que ça paraisse forcé ou opportuniste. Le fondement même de la Matrice c’est le code binaire : 1 sans 0 n’a juste pas de sens et ne peut tout simplement pas fonctionner. Après tout, si Trinity est une héroïne, ça n’implique pas que Neo soit moins un héros pour autant. Je l'ai déjà dit, mais ce discours, il provoque une résonance salutaire bienvenue pour le Trekker que je suis. Il y a comme une évidence à le dire, mais ça va mieux en le disant.

Quoi qu’il en soit,  Matrix Resurrections est une proposition pas si facile, à appréhender et à aimer. Bien entendu tout cela a un coût. Le film va probablement se ramasser. Mais à la limite qu’importe, au moins ce projet-ci est allé au bout de ses idées et en vrai c’est une grande réussite, imparfaite, mais hyper sincère et ça fait tellement plaisir . D’autant plus que, en toute franchise, je n’y croyais pas du tout smile

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#20 26-12-2021 21:57:56

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Pas de résurrection au box office, mais bon on s'y attendait.

Un film qui agresse volontairement ses spectateurs, déjà dispo' sur HBO Max et donc en piratage partout dans le monde. Les Wachos qui ont enchaîné les bides depuis plus de 15 ans, la franchise elle-même qui a toujours été (amha) plus culte que vraiment populaire (suffit de voir le box office de Révolutions par rapport à Reloaded).

C'est con, ma foi a part tout ce touche au côté méta chiant et moche ben j'ai bien aimé (l'évolution du lore, le personnage de Bugs).

Dommage que faire un nouveau Matrix ça m'intéressait pas tellement Lana, visiblement...

Le film finira (peut être) péniblement à 50/60 millions au US (au mieux).

https://www.boxofficemojo.com/release/rl2175304193/

Dernière modification par scorpius (26-12-2021 22:00:41)


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#21 27-12-2021 12:38:14

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Ne peut quand même parler d’une sortie sabordée par Warner.
Entre une sortie à Noël  (absolument pas un film de noël) et la sortie sur HBO (qui permet un piratage massif), le film part vraiment perdant.

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#22 27-12-2021 13:13:09

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Warner y a clairement pas cru, ouais (difficile de les blâmer, vu ce qu'a livré Lana, cela dit) mais sortir le film à ce moment c'était pas forcément une mauvaise idée, vis a vis du regain de fréquentation dans les salles (les cinémas new-yorkais pourraient fermer en Janvier, visiblement).

Impossible de le sortir en Mars/Avril, logiquement Warner va tout miser sur The Batman et à partir de Mai, il se serait fait écraser par la concurrence.

J'ai du mal à imaginer une configuration ou le film aurait enflammé le box office quoi qu'il arrive... Tout comme Speed Racer, Cloud Atlas ou Jupiter ont sévèrement bidés, les Wachos ne font simplement pas des films même moyennement populaires. Le premier Matrix c'etait une anomalie et le succès de Reloaded a surfé sur cette anomalie, mais dès Révolutions, ça s'est cassé la gueule.


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#23 27-12-2021 14:24:31

mypreciousnico
Why ?

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Ouais, le bide en fin de course ne serait pas franchement étonnant. C'était pas idiot en soit de le sortir pour les fêtes, mais le film ne fait pas beaucoup d'effort pour être accessible (en revanche je ne le trouve pas du tout agressif envers les spectateur, ce serait même plutôt l'inverse) et puis objectivement, le Spider-man vend carrément plus de rêve !  Le bouche à oreille de Matrix risque de ne pas jouer en sa faveur et c'est dommage.
Par ailleurs je crois que pas grand monde n'y croit à ce projet. Moi le premier d'ailleurs. Je partage complètement ce que tu dit Scorpius : en fait les Wachowski n'ont rien pondu de vraiment populaire depuis Matrix premier du nom et chaque nouveau film le prouve.
Ceci étant dit pas mal de ces films sont aimés d'une petite frange de spectateurs. Le problème c'est que les budgets ne sont pas en adéquation avec l'importance en nombre de ladite frange. Je pense que que Resurrections pourrait devenir, comme les autres, culte avec le temps smile

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#24 27-12-2021 15:17:31

matou
modérateur

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

Il fallait le sortir en novembre. Voire cet été. Entre avoir les Éternels et Spidey, le choix est vite vu.
Qu’elle fasse des films différents tant mieux. Mais il faut apprendre à les faire pour 50 millions Max.
Note: le mari de Trinity est en effet celui qui doublait Neo mais il est aussi le réalisateur des John Wick et adaptateur du jeu Ghost of Tsushima en film.

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#25 28-12-2021 14:58:22

scorpius
Nowhere Man

Re : Matrix & Animatrix : Bienvenue dans le monde réel

mypreciousnico a écrit :

(en revanche je ne le trouve pas du tout agressif envers les spectateur, ce serait même plutôt l'inverse)

J'ai généralisé, mais je me suis vraiment senti agressé, ouais. Sur un plan purement visuel, déjà. La laideur de la mise en scène, des sfx, des décors, le design des personnages. Même le maquillage de old Niobe est absolument hideux... Et je veux bien que ce soit "volontaire" encore que ça me semble être une interprétation bien généreuse, surtout que Speed Racer, Cloud Atlas ou Jupiter, c'est quand même au mieux discutable visuellement (autant je trouve que Jupiter a quelques fulgurances, autant Speed Racer et Cloud Atlas, c'est à gerber).

Puis être volontairement moche et fauché, ça reste moche et fauché ^^

Du coup, ouaip, Lana m'a bien agressé la rétine, quand même.

Je me suis aussi senti agressé en tant que gamer, mais peut être que je suis trop sensible, c'est possible et le monde du jeu vidéo, il y a certainement (beaucoup) de choses a critiquer, mais que c'est poussif.

Tout le discours sur "t'es venu voir Matrix 4? Ben t'es un peu con, Matrix ça appartient au passé, si tu veux revoir du bullet time et de la baston classe, t'es vraiment qu'un fan décérébré". Je trouve ça extrêmement agressif eek

Dernière modification par scorpius (28-12-2021 15:00:25)


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