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#1 16-04-2019 13:26:39

yrad
admin

Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Crédits officiels :
- Scénario : Dave Hill
- Réalisation : David Nutter

Appréciation :

  1. 10 (top franchise)(voix 0 [0%])

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  2. 9 (exceptionnel)(voix 0 [0%])

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« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

Hors ligne

#2 19-04-2019 20:41:09

scorpius
Nowhere Man

Re : Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Je suis fan de l'univers de Martin. Je lui reconnais des maladresses et des lourdeurs, mais mis en balance avec les qualités de l'oeuvre je ne peux que clamer haut et fort mon amour pour ce "chant de glace et de feu". Un amour qui résulte de plusieurs choix tranchés qui lui permette de se démarquer d'une production fantasy foisonnante mais souvent répétitive (si on en considère le volume). Avec en premier lieu l'utilisation de l'europe médiéval pour structurer son récit. Ainsi ce qui cimente la politique de Westeros provient de l'importance d'une ligée, d'un héritage famillial et d'alliances qui se construisent avant tout via le mariage. Cette mise en avant permet à Martin avant tout de pouvoir poser les bases d'une société profondément inégalitaire, symbolisé par le Trône de fer lui-même quii représente à la fois un objet de convoitise et l'incarnation d'une forme de totalitarisme (la "roue" qu'évoque Daenerys qui permet à ceux au sommet d'écraser ceux qui sont dans son sillage).

Il existe néanmoins des nuances importantes, puisque chez Martin le "pouvoir" reste changeant, largement indéfini et ouvert à diverses interprétations, subjectif. La discussion entre Varys & Tyrion en s résume la chose ("Power resides where men believe it resides. It's a trick, a shadow on the wall"). En fait, on pourrait affirmer que la seule vraie forme de pouvoir objective dans la série est la magie. Une magie largement en sommeil une bonne partie de l'oeuvre, alors que les "puissants" ne font que poursuivre une ombre sur un mur, écrasant au passage les couches sociales inférieures.
C'est cette nature intelligible du pouvoir qui a permis à des hommes indignes de contrôler Westeros depuis des décennies. Tout cela parce qu'ils avaient pour eux la légitimité artificielle que confère le Trône de Fer. Un fou sanguinaire (le "Mad King" Aerys Targaryen). Un roi fantoche, dépressif, qui préfère s'adonner à ses pulsions les plus basses, plutôt que de reigner et faire son devoir (Robert Baratheon). Un idiot sadique et mégalo (Joffrey Baratheon). Un faible indécie, déchiré entre une mère et une épouse aussi manipulatrices l'une que l'autre et qui finira par déléguer une grande partie du pouvoir qui lui confère sa couronne à un extrêmiste religieux (Tommen Baratheon) Et pour finir, une "Mad Queen" en devenir histoire de boucler la boucle (Cersei Lannister). L'ironie étant qu'un monarque digne, vit caché sous les traits d'un batard, une classe sociale méprisée par la majorité de Westeros et particulièrement par les nobles et les dévots.

Une autre grande force de la série réside dans sa capacité à détourner les archétypes de la fantasy, du mythe et du conte. On a pu encore le voir en s7 avec l'histoire de Lyanna Stark ou il s'avère que la jouvencelle n'a pas été kidnappée par le méchant dragon (Rhaegar Targaryen) au contraire, elle l'a séduit (enfin, ils se sont séduits mutuellement) avant de fuir le "preux chevalier" (Robert Baratheon) dont elle était la promise et qui ménera une guerre pour la libérer. Souvent ce détournement des archétypes sert à Martin de commentaire social. Ainsi comme la plupart des femmes nobles de la série, Lyanna aura été réduit au rang de commodité, utilisée par son père pour concrétiser une alliance. Une norme sociale oppressive que Lyanna va rejeter, son exemple sera suivait par d'autres tout au long de la série (sa nièce, Arya Stark ou bien encore Brienne de Tarth). On pourrait également citer l'archètype de Robin des bois, qui est détourné via une interprétation moins "noble" à travers la confrèrie sans bannière (qui contribue à représenter le point de vue du peuple au cours de la guerre des 5 Rois, notamment).

Une autre raison qui explique ma passion pour cette oeuvre réside dans le soin avec lequel Martin a travaillé les fondations de son monde. Autant de son propre aveux il s'est parfois contenté d'emprunts en tout genre superficiel pour s'assurer que son univers ait du contenu (au hasard, les vagues références Lovecraftiennes à l'extrême-Est d'Essos ou la création d'un continent mystèrieux qui n'est jamais rien d'autre que sa version de Skull Island). Autant en ce qui concerne le background de Westeros, il est presque aussidétaillé que l'histoire principale. De la conquête de Westeros par Aegon et ses soeurs-épouses, en passant par la Danse des Dragons, la Rebellion des Blackfire ou celle de Robert, on en ressort avec cette impression d'un univers fictionnel en tout point tangible. Et il y a dans ce background une force d'écvocation indéniable. Je pense par exemple au personnage d'Arthur Dayne qui représente un idéal de chevalerie, à son épée magique forgée à partir du métal d'une météorite tombée du ciel. Et cette tangibilité, ce "réalisme", il s'exprime également dans le fait que tout comme notre histoire, cette histoire fictionnelle concerve de vrais mystères, tant pour les personnages qui habitent Planetos que pour le lecteur. C'est par exemple le cas d'un mystèrieux courrier que recevra Aegon le conquerant en provenance de Dorne après la mort de sa soeur-épouse préférée, Rhaenys.
Après la lecture de cette lettre, Aegon cs'effondrera et cessera toute hostilités envers Dorne... Un mystère (qui entrainera toutes sortes de théories sur le destin de Rhaenys) parmis d'autres, qui je l'espère ne sera jamais résolu par Martin.

Evidemment, la série télé ne fait que gratter la surface de tout cela. Mais elle utilise ces éléments assez judicieusement pour pousser le spectateur curieux à s'intéresser au versant littéraire de l'oeuvre. C'est par exemple le cas de l'apparition d'Arthur Dayne (sa mort ou il est lachement poignardé dans le dos, prends une toute autre dimension quand on sait sait tout ce qui entoure le personnage).

Bref, une oeuvre riche et complexe, qui à mon sens n'est pas loin d'avoir désormais marquée l'imaginaire de la race humaine, au même titre que Star wars, Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux. Et cela, malgré des cas d'appropriations malheureux, on a pu le voir il y a quelques mois avec Donald Trump, au grand dam du casting et de la production.




Game of Thrones, 8x01, Winterfell, est en apparence un traditionnel season premiere fidèle aux standards habituels de la série. On y réintroduit les personnages et l'univers (via un grand nombre de réunions, certaines attendue par les lecteurs depuis plus de 20 ans). En bref, une grosse mise en place, un prologue qui permet de poser les pièces sur l'échiquier.

Là ou il se différencie, c'est qu'il entretient de nombreux parallèles avec le tout premier épisode de la série. Une narration circulaire, typiquement "Lucasienne" qui permet habilement de donner l'impression que ça y est, on arrive au bout du voyage.

Ainsi l'épisode s'ouvre sur une séquence qui adopte le point de vue d'un enfant alors qu'il observe émerveillé l'arrivée d'un monarque à Winterfell. Sauf qu'ici, Daenerys Targaryen remplace Robert Baratheon. L'occasion de constater le chemin parcouru par la mère des Dragons qui dans le pilote n'était encore qu'une jeune fille effacée, brutalisée par son frère, tant psychologiquement que physiquement.

Une daenerys qui en publique va afficher un visage stoic, en particulier lors de la rencontre tendue avec les bannerets de la Maison Stark qui reprochent à Jon d'avoir plié le genou devant la souverraine. Cette attitude n'est pas une première pour Dany qui a souvent lpour habitude de prendre la mesure de ses opposants avant de répliquer, comme ça a pu être le cas avec les Khals en s6, par exemple. Une mise en "retrait" presque, compréhensible. Elle arrive dans une région hostile qui a souffert aux mains de son père et elle fait donc face à pas mal de préjudices. Notamment de la part de Sansa, qui n'a pas franchement entre Orlenna, Cersei et Margeary une vision particulièrement flatteuse des "femmes de pouvoirs". On pourra saluer l'intervention du jeune Ned Umber qui soudain ne sait plus trop quel protocole suivre. Un moment de légéreté bien venu au sein d'une séquence assez lourde, mais nécessaire.

En effet, si un regard extérieur similaire à celui des Nordiens ou de Sansa peut laisser penser que Dany est une reine assoifée de pouvoir qui aurait séduit le roi du Nord pour servir ses propres intérêts, rien n'est plus éloigné de la vérité.

Ce que dany qui a grandit dans un environnement très toxique, malsain et misérable a toujours recherchée c'est avant tout une famille. Ce n'est pas innocent si au cours de ses échanges avec Jon elle affiche un sourire rayonnant et apparait particulièrement décontractée et heureuse. On ne l'a jamais vraiment vu ainsi, si ce n'est peut être avec Drogo en s1, après qu'elle ait réussie à "conquerir" le Khal (Drogo était vraiment sa première conquete, d'une certaine manière). Clairement, elle considère Jon comme sa famille (bien sûr, en tant que spectateurs, on sait qu'il est son neveux) le fait qu'elle le laisse chevaucher l'un de ses dragons, ce qu'elle a de plus intime et personnel en est une belle démonstration. Une superbe séquence de vol, dans les paysages sauvages du Nord, qui s'achève sur une déclaration bouleversante de Dany envers Jon ("On pouurait vivre ici 1000 ans, personne ne nous trouverait").

Cette phrase est autant un renvoie au premier amour de Jon (Ygritte) que la manifestation d'un désir profond de Dany. Dans les romans, elle rêve souvent de retrouver la maison de sa petite enfance à Braavos, avec sa porte rouge et ses citronniers. Une époque ou elle était heureuse, ou Viserys était un frère aimant et pas abusif. La couronne est avant tout elle un moyen de combler un vide, mais elle représente aussi sa responsabilité vis à vis de son peuple. Dans un premier temps le Khalassar qui l'aura accompagné lors de la traversée du Désert Rouge et qui n'aura eu de cesse de grandir depuis.
Il sera donc terriblement intéressant de découvrir de quelle façon elle va réagir à la vérité sur Jon. Car si d'un côté elle aspire plus que tout à avoir une famille, de l'autre, elle a construit toute son identité autours de la notion qu'elle esr la dernière Targaryen et l'héritière légitime...

Le seul petit reproche que je ferai à son traitement dans l'épisode, ce serait sa réaction (ou son manque) lorsqu'elle découvre que Viserion a été "zombifié" et qu'il a détruit le Mur. Elle est étrangement détachée. Alors certes, il faut considérer qu'elle affiche en public un masque royal et qu'elle ne peut pas se permettre de s'écrouler. J'aurais tout de mme pas dis non à une scène privée ou elle fait face à tout ceal. Le genre d'intéractions intimistes qui ont tendances à disparaitre depuis la s6. Peut être aussi que D&D se réservent la chose pour le moment inévitable ou elle fera face à son fils déchu en personne...

Cela dit, il y a une certaine forme de retenue émotionnelle tout au long de l'épisode qui fonctionne plus ou moins bien suivant les situations. Autant j'ai beaucoup aimé les retrouvailles entre Jon & Arya, très touchantes sans que ça sorte les violons outre-mesure ou celle entre Arya et Sandor (impossible d'imaginer un échange plus juste). Autant celles entre Theon & Yara sont assez ratées. Ca tient en grande partie à la nature hautement anti-climatique de la chose, avec un Theon qui infiltre sans trop de souci le navire d'Euron (surtout que ce sauvetage de Yara, la s7 en avait fait des tonnes pour le teaser). Bref, c'était pas terrible. On sent que l'idée c'est d'évacuer cela au plus vite pour passer à autre chose. Et justement, par contre la scène ou Yara autorise Theon à aller défendre Winterfell était très belle !

Pour rester sur Euron, je suis assez partagé sur son rôle dans l'épisode. Disons que je suis dubitatif sur le traitement du personnage. Alors il est vrai que dans les romans c'est un taré total, encore plus dérangé que Ramsay et ça aurait été d'une lourdeur pas possible d'aller dans cette direction (un des problèmes majeurs de George, cette surenchère permanente). Mais du coup en l'état les motivations du gars sont nazes (sauter la reine, super) alors que malgré tout dans les romans si sa caractérisation est redondante par rapport à un Ramsay, ses motivations qui portent sur l'idée de transcendance, sont fascinantes. En gros, il veut utiliser la magie et les secrets qu'il a découvert en explorant les ruines de Valyria pour carrément devenir un Dieu... En l'état, heureusement que le cabotinage de Pilou est amusant, c'est toujours ça de pris.

En revanche, il sert efficacement l'arc de Cersei. J'aime beaucoup ce qu'ils font du personnage, qu'elle soit à ce point déconnectée de la réalité, vivant dans son petit monde fantaisiste. Ce qui se ressent dans la mise en image, notamment avec une salle du Trône très épurée ou elle apparait presque coupée du monde. Ce que je trouve intéressant c'est que ce "fantasme" elle le paie au prix fort, puisqu'elle se prostitue auprès d'Euron, revivant l'un des grands traumatismes de son existence, lorsqu'elle fut "vendue" à Robert.
Cersei reste plus que jamais un personnage qui créé ses propres tragédies. Du coup, à la lumière de Cersei/Euron, la scène de Bronn au bordel ne m'a pas paru particulièrement gratuite. C'est un parallèle intéressant au vu du fort mépris de Cersei pour le peuple/les classes sociales inférieures.

Quand au fait qu'elle veuille la mort de ses frères, j'ai trouvé que c'était là potentiellement intéressant vis à vis de la prophétie du Valonqar. Pour résumer, dans sa jeunesse (avant son marriage avec Robert, à une époque ou elle était mordue de Rhaegar et espèrait le séduire) une sorcière/voyante a prédit à Cersei qu'elle trouverait la mort des mains de son petit frère. Elle a toujours assumée que le petit frère en question était Tyrion, mais avec le départ de Jaime, peut être commence-t-elle à le voir en tant que potentiel Valonqar. La série n'a pas encore abordée cette partie de la prophétie (le reste fut exploré dans le flash-back qui ouvre la s5) mais à l'image de Mirri qui serait responsable de l'infertilité présumée de Dany, c'est une chose sur laquelle les showrunners vont peut être rebondir tardivement.

Toujours sur les parallèles entre cet épisode et le pilote de la série : il y a la scène horrifique perturbante impliquant les White Walkers. On y retrouve l'image brutale d'un enfant empalé et des mystérieux messages des Walkers. Un mystère entretenu tout au long de la série et qui visiblement sera enfin résolu.
Un mystère qui pourrait éventuellement mener à Jon, le "message" pouvant rappeler la forme de l'embléme des Targs. Jon étant en réalité Aegon Targaryen et lui & le Night King ayant eu des confrontations marquantes, la possibilité est intriguante (d'autant que l'imagerie y renvoie au "Fire & Blood" des Targs).

Un épisode essentiel pou Jon/Aegon puisse qu'il découvre enfin la vérité sur ses origines. J'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture de la chose. Déjà le parallèle avec le pilote (oui, encore un) ou dans les cryptes de Winterfell, devant la statue de Lyanna, le meilleur ami du roi lui ment à ce sujet. Ici, c'est l'inverse, on est dans les cryptes, devant la statue de Lyanna, mais le meilleur ami du roi lui dit enfin la vérité. Puis d'un point de vue dramatique le cheminement est très satisfaisant, commençant avec Sam qui apprend la vérité sur la mort de son père et de son frère lors de la saison précédente. Sam qui dans son chagrin (son père était une ordure, mais il était proche de son frère, aussi proche que possible sous l'oeil de Randyll, du moins) tente de convaincre Jon/Aegon d'ussurper Dany. C'est parfaitement crédible de sa part comme réaction. Il a toujours eu une foi profonde envers les compétences de leader de Jon et il ne connait pas plus que ça Dany.

Malgré tout, j'espère que la série va rapidement régler cette "crise" éventuelle dans la mesure ou Jon, plus encore que Dany n'a jamais été intéressé par le pouvoir. Il est devenu Lord Commandant grace au soutient de Sam, lors d'une élection, mais il n'avait pas au départ le désir de se porter candidat. Quand à son couronnement, là-aussi il ne cherche pas ou ne prend pas le pouvoir, il lui est donné. Jon a beau être une créature de devoir, il faut se rappeler qu'après sa résurrection, son premier instinct était de tout quitter, partir au chaud vers le Sud et laisser les vivants se démerder. Il ne reviendra sur sa décision que par amour pour sa famille. Il serait donc particulièrement hors-sujet qu'il se lance dans un quelconque conflit avec la femme qu'il aime  pour le trône. D'autant plus qu'il n'a pas plié le genou pour le Nord - Dany s'était déjà engagée à combattre le Night King - mais bien par amour et admiration. Un conflit serait vraiment artificiel et ne rendrait pas service aux personnages. Il parait plus logique qu'après quelques tensions et hésitations, ils trouvent plus ou moins rapidement un terrain d'entente (l'épisode évoque la possibilité d'un mariage, lors d'un échange entre Tyrion & Davos, tiens, tiens). J'irai mme plus loin, après la défaite des Walkers/de Cersei, j'aimerai les voir tourner le dos au Trône. Potentiellement, le moment que Jon et Dany partagenr après leur dance à dos de Dragons pourrait préfigurer cela. Après avoir sauver l'humanité des Walkers, ils vont se retirer loin de tout, choisir une existence paisible loin de la politique, des trahisons et des conflits.

La "fin" d'une monarchie qui prendrait en quelque sorte à revers la fin du SDA et le couronnement d'Aragorn. D'autant que avec Ygritte, Jon a choisit le devoir avant l'amour, qu'il fasse le choix inverse avec Dany serait une conclusion de son arc très satisfaisante en ce qui me concerne. (C'était ma grande prédition pour le final qui donc s'avèrera probablement fausse. Réponse dans 5 semaines).

Le plus intéressant avec cette révélation vis à vis de Jon, ça va être le profond bouleversement de son identité. Une identité qu'il a entièrement construit autours d'un simple fait : il est le fils de l'homme le plus honorable de Westeros. Hé bien, il s'avère que l'homme le plus honnorable de Westeros lui a mentit toute sa vie et pire, il l'a laissé se condamner à une vie misérable dans un pénitencier, sans lui avoir donné toutes les cartes avant qu'il prenne une décision modifiant à jamais le cours de toute son existence.

Plus grave, il se sera engagé à dire la vérité à Jon uniquement après qu'il ait prononcé ses voeux. Voeux qui lui font renoncer à toutes prétentions sur le Trône, mais aussi à la possibilité de fonder une famille. Un cynique pourrait penser que ned est soulagé à la perspective que les voeux retirent toutes possibilités pour Jon d'engendrer des enfants ayant potentiellement des traits de Targs. Ce qui aurait soulevé des questions problématique... Maintenant, pour être juste, Ned dans le premier roman affiche quelques timides réserves à l'idée que Jon puisse rejoindre la Night Watch, principalement en raison de sa jeunesse. Mais il ne fait pas d'efforts particuliers pour lui offrir une autre option...

Certes, Ned en ayant élevé et protégé Aegon a risqué sa vie et celle de sa famille ce qui est honorable, mais il serait naif de croire que de simples voeux auraient protégés Jon de la fureur de Robert, si il avait du découvrir la vérité.

Pas surprenant de la part de Ned, cela dit, un homme qui en raison des traumatismes de la rébellion aura choisit de s'enterrer la tête dans le sable, de se parer de l'absurde et simpliste conviction que l'honneur est la réponse à tout. Un homme incapable de préparer ses enfants aux réalités du monde qu'ils habitent, depuis le cocon qu'est Winterfell. Il faudra qu'ils survivent à des horeeurs inimaginables pour que les enfants Stark se réinventent.

C'est d'ailleurs ce qui rend les nombreuses réunions ce cet épisode aussi intéressantes. Ils se retrouvent alors qu'ils sont devenus de nouvelles versions d'eux-même. Impossible - comme avec Dany - de ne pas constater le chemin parcouru par tous ces personnages.

C'est là un thème central de l'oeuvre de Martin, des hommes et des femmes amenés par la force des choses à se redéfinir et Jaime Lannister est peut être celui qui l'incarne le plus ce thème. Ce qui me permet de rebondir sur le dernier parallèle entre cet épisode et le pilote, une rencontre entre Jaime & Bran en guise de conclusion abrupte.

Au final, mis à part quelques petits détails ici ou là, à l'image du traitement d'Euron ou de la désespérante absence de Ghost qui après presque 2 saisons complètes devient vraiment saoulante (il a jamais aussi bien porté son nom, putain) cette reprise était un quasi-sans faute. Pas exempte de scories, mais très solide.

Parmis ces scories, le traitement de Tyrion. Il parait vraiment paumé (et cela dès sa première scène, avec une énième blague d'eunuque pas drôle), sa concviction que sa soeur viendra au secours du Nord renforçant encore cette impression. ce n'est pas à proprement parler totalement négatif (ses courtes retrouvailles avec Sansa étaient d'une grande justesse) mais forcément on se demander quel va être son rôle alors qu'on approche de la fin. Le "jeu" politique s'est considérablement simplifié, Cersei étant la seule menace de cet ordre désormais et évidemment face à l'Armée des Morts, il ne sera guère utile sur le champ de bataille. La s7 avant démontrée qu'il avait des lacunes pour mener à bien une campagne militaire. Un aspect très critiqué à l'époque, mais que j'avais trouvé réussi. Si Tyrion a effectivement contribué à défaire Stannis lors de la bataille de King's Landing, défendre une citée lors d'un siège et planifier une invasion à grande échelle, ce n'est pas tout à fait la même chose.

On peut justement imaginer que ses conseils seront précieux lorsqu'il sera question d'organiser la défense de Winterfell, mais au-delà, c'est la grande inconnue.

Si je n'ai pas vraiment parlé de la forme, c'est juste qu'il n'y a pas grand chose à redire. Des SFX, à la photographie en passant par les prises de vues, c'était absolument magnifique ! Du GOT, quoi.

Un solide 8/10.

Dernière modification par scorpius (19-04-2019 23:33:09)


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Hors ligne

#3 20-04-2019 00:19:09

matou
modérateur

Re : Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Bravo Scorpius pour ta critique.Elle détaille fort bien les qualité de cet épisode. Et donne à voir bien des éléments que je ne connaissais pas, qui me font revoir l'épisode à la hausse.

Je n'hésite pas à dire que la force de ce primer épisode, est comme tu le dis, qu'il a réussi à capter l'esprit de "rimes" de Lucas. Une notion très galvaudée en ce moment, où l'on confond cette manière "spiralaire" de faire avancer les thèmes choisis, avec la copie mal exécutée.
Ici non. Tout sonne juste, tout est sobrement mis en place pour bien faire ressentir ces thèmes, pour montrer les contrastes, pour faire ressentir le poids des événements et de comment cela a changé les protagonistes.
A ce sujet, le cliffhanger de fin, est à la fois sobre, élégant étrange et puissant. Il est la "rime" la plus forte de cet épisode. Le garçon curieux qui s'est brulé de trop voir d choses en surprenant Jaime, est devenu celui qui peut tout voir, pendant que Jaime lui n'a connu qu'une longue chute...
Je n'ai jamais été fan de la série, j'ai souvent pu critiquer la mise en scène (car il y a beaucoup d’esbroufe pour cacher d'énormes facilités). Mais ici, la série arrive à se hisser au rang des exemples à montrer. Exemple de ce que c'est que de montrer comment de manière "organique", c'est à dire par les personnages et leur besoin/volonté/révélation à eux même/morale ont arrive à rendre naturelle les événements de cet épisode. Exemple de comment, les moments les plus intéressants, sont spiralaire, en écho au passé sans jamais tomber dans le nombrilisme.
Cependant, je me dois de dire que pour certains de ces événements passés, ils sont souvent issus de moments artificiels.
Prenons l'exemple de Bran et de Jaime. Cet acte gratuit est totalement idiot. Car il y a bien plus à perdre qu'à gagner. Il ne se serait agi que de la parole d'un enfant, facilement cour circuitable.
Le traitement des personnage est d'une savoureuse sobriété. Les retrouvailles, les oppositions sont très bien écrites. La série surprend ici en évitant son principal écueil, la confrontation.
Une confrontation n'est pas une opposition, mais une sorte de querelle orgueilleuse. En soi, cela n'est pas rédhibitoire. Mais comme une note de musique, si on ne joue qu'elle, cela devient rapidement lassant puis désagréable.
Cela donne un voyage plaisant en leur compagnie. Pas de pathos inutile, des silences en guise de pudeur. Tout cela donne à l'épisode un rythme agréable car sans lourdeur.
La narration, chose que je redoutais, a le grand avantage de ne pas laisser les personnages dans l'ignorance. Tous les éléments de fin de saison précédente, sont communiqués aux protagonistes. Cela joue grandement pour l’intérêt de cet épisode où les retrouvailles sont nimbées de révélation qui permettent donc à l'ensemble d'avancer.
La révélation est un moment où le décors et le jeu de Sam magnifie un texte subtil. Chaque choix de mise en scène sonne juste et simple. Du grand art.
De plus, le moment de sexe et de "femmes à poil" est aussi une réussite, tant il est rigolo. LA série se permettant même de se moquer d'elle même.
Et pour Euron, ce personnage guidé par sa libido (pour ne pas dire sa....) est très casse gueule. L'acteur réussi à nous le rendre amusant. Car au premier degrés, c'est un gros naze qui perd son royaume par sa bêtise, enfin j'espère que la série aura cette morale.
Enfin, les dernier moment de l'épisode avec le "message", sont une très bonne trouvaille. Elle mette de l'étrangeté, une atmosphère pesante et dérangeante bien venue, qui tranche avec le reste et rappelle le vrai enjeu. Il y a dans ce passage des plans marquant qui ne sont, en outre, pas gratuit, car ils  posent un mystère et un message.

Cet épisode possède cependant des faiblesses.
La première est la scène du conseil du nord. Si comme le dit très justement Scorpius, tout ce qui traite au comportement royal de Daenerys est parfaitement écrit, le rôle de Sansa pendant ce conseil montre que l'on a sacrifié les structures sur l'autel des personnages.
En public, Sansa doit faire corps avec Jon et Daenerys. En privé, les décisions, les oppositions sont ouvertes. Mais pas à ce moment là.
C'est une énorme fausse note tant ce moment est important pour fixer les enjeux. Cela montre encore certains tropisme sur la vision du pouvoir.
Comme le dit justement Scorpius, le sauvetage de Yara est une grosse ficelle, mais cela est vite expédié.
Le plan de Cirsei, pour qui n'a pas la prophétie en tête, apparait comme idiot. A l'image du personnage, si bien interprété par Hadley. Présentée comme une personne intelligente et retorse, ce plan montre bien que cela n'est pas le cas. Aucune subtilité, aucune discrétion. Si tel était son choix, Jaime ne devait jamais atteindre Winterfell. Et s'il s'agit d'un coup en plusieurs bandes, il aurait fallu laisser qq indices.

Enfin arrivont au plus gros problème de cet épisode.
Jon Snow et son acteur. Quelle CATASTROPHE!!!
Ce personnage, vous lui donnait la responsabilité d'aller chercher de l'eau au puis, qu'il va nous jeter le seau au fond du puis pour la fuir!
Dans le conseil, il rame, sur un dragon, il rame, face à son ami, il rame, face à son destin, il rame. Tous les personnages ont évolué et leur recontre avec Jon permet de le sentir mais hélas de montrer à quel point ce personnage stagne!
On parle d'un homme revenu d'entre les morts et qui a le destin d'un roi.
Il ne prend aucune hauteur (même à dos de dragon, c'est dire!), aucune profondeur.
Et pour finir de ruiner le tout, son acteur est épouvantable. Comme m'a dit un ami "même quand il souffle une bougie, il sonne faux!". La scène avec Sansa est un sabotage en règle d'un bon dialogue et d'une partenaire de qualité. Je me demande comment Sophie Turner ne s'est pas pendue après ça!
Il y a des acteurs dans le surjeu, il y a des acteurs limités, il y a des acteurs mauvais et il y a Kit Harington!
Dans la scène de Jon et Sansa, arriver à tout ruiner de la sorte, c'est en fait de......l'art! Cet acteur arrive à élever ses médiocres prestations tant on est incrédule, subjugué par elles! Comme un terroriste du métier d'acteur! Chapeau! Faire cela dans un épisode à montrer en exemple, c'est prodigieux et aussi à montrer en (mauvais) exemple!
Le personnage central d'une telle série, joué par un acteur mauvais...

Un épisode très réussi, laissant entrevoir une saison 8 qui pourrait, malgré un passé tissé avec des éléments artificiels pour trop grand nombre, donner une bonne saison. Mais qui ne peut avoir une excelente note, de part le jeu déplorable de son personnage principal et par certains tropismes hélas présents.

7/10

Dernière modification par matou (20-04-2019 00:26:04)

Hors ligne

#4 20-04-2019 13:13:05

scorpius
Nowhere Man

Re : Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Je serait moins critique que Matou sur Kit Harington. Il était réellement exécrable dans les 3 premières saisons, mais je trouve qu'à partir de la 4ème ça s'améliore. Tout simplement parce que les auteurs ont adaptés le personnage à ses faiblesses. Avec un Jon qui devient beaucoup plus introverti qu'il ne l'est dans les romans et qui n'a aucune des caractéristiques Targaryen qu'on peut voir parfois briser l'enveloppe du batard de Ned Stark avec le Jon littéraire. A la place on a un personnage qui passe son temps à broyer du noir et qui ne fait que ça, alors que normalement il a d'autres facettes.

Je trouve que les 2 scènes avec Arya, dans le pilote et dans cet épisode, illustrent les quelques progrès de Kit ou du moins le fait qu'il est plus à l'aise avec le personnage. Quand il lui donne Needle, je ne ressent absolument rien du côté de Jon, c'est un moment essentiel pour les 2 personnages, mais l'émotion elle n'est que du côté d'Arya. Il se fait littéralement bouffer par Maisie. En revanche, leurs retrouvailles, à ce niveau c'est beaucoup plus équilibré et Kit à réussi à me transmettre quelque chose.
Le face à face avec Sam dans les cryptes, particulièrement le moment ou il semble pret à lui en mettre une, c'est la toute première fois que Kit parvient à un temps soit peu canaliser le Jon des bouquins. C'est très fugace, mais c'est bien là.

J'aimerai beaucoup qu'on assiste à une transformation progressive, de Jon Snow qui comme un serpent change de peau et devient Aegon Targaryen. Ce sera le cas dans les romans, Martin a largement préparé le terrain, la série j'en doute. Ils ont trop changé le personnage afin qu'il convienne à Kit pour que ça semble naturel.

Dernière modification par scorpius (20-04-2019 13:13:43)


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#5 20-04-2019 14:02:40

Oberon
Section 31

Re : Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Ce que tu dis est très intéressant, Scorpius, car à vouloir adapter le rôle au niveau assez inexistant de l'acteur (tu sembles avoir réussi à t'habituer à Kit, et j'en suis heureux pour toi, mais moi je rejoins matou sur le fait qu'il saborde l'intensité dramatique de toutes les scènes où il participe) on finit par devoir trahir le matériau d'origine à cause d'une erreur de casting.
Et pourtant, on ne peut pas dire qu'hollywood manque de jeunes et beaux bruns ténébreux qui auraient donné une meilleure performance.
Je sais l'excellente Emilia Clarke trop professionnelle pour le montrer, mais devoir jouer les yeux de Chimène à l'égard d'un Kit dont seuls les abdominaux semblent à même d'inspirer des sentiments amoureux à une femme, ça ne doit pas être facile tout les jours...

J'ai pour ma part trouvé Kit pire qu'en saison 1 dans cet épisode, chose que je pensais d'ailleurs pas humainement possible.
En effet, si en première saison, le jeu très limité de l'acteur, aussi expressif qu'un poulpe, et jouant exclusivement de ses yeux de chien battu, pouvaient s'accorder avec un personnage qui subissait les événements bien plus qu'il n'en était décisionnaire, la donne n'est vraiment plus la même en saison 8.
Comme l'a dit matou, tous les personnages ont évolué, sauf lui. Celui qui est parti jeune homme au Mur, qui a connu son lot de combats, qui a expérimenté le commandement (connu pour sacrément changer le caractère d'un individu), et qui est même revenu d'entre les morts, est toujours aussi introverti, niais, et toujours éclipsé par ses pairs.
Kit est la plus grande erreur de casting que j'ai jamais vu. Même en tordant le personnage pour le lui rendre plus accessible, il ne dégage rien. Je n'ai pas envie de le suivre à la guerre. Je serais incapable de le considérer comme mon roi. Le personnage qu'il campe n'a aucune stature, aucun charisme, aucune étoffe. J'aurais l'impression de suivre un vagabond à la bataille...
Dans la mesure où les livres le destinaient à incarner le rôle charnière de ce monde, l'héritier de la couronne des 7 royaumes, c'est véritablement un massacre.

2 points perdus pour cette performance digne des plus mauvais, et 2 autres pour tout ce qui tourne autour de Cirsei, un personnage qui a perdu toute crédibilité depuis la saison 1 et son putsch trahissant une méconnaissance totale des structures politiques moyen-ageuses.
En revanche, je suis le premier surpris de reconnaître que le reste de l'épisode s'articule et fonctionne parfaitement.
6/10

Dernière modification par Oberon (20-04-2019 14:35:10)


"No beast so fierce but know some touch of pity. But i know none, and therefore am no beast."
Richard 3

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#6 21-04-2019 08:38:17

scorpius
Nowhere Man

Re : Game Of Thrones 08x01 Winterfell

Oberon a écrit :

tu sembles avoir réussi à t'habituer à Kit, et j'en suis heureux pour toi

Il y a un peu de ça, mais aussi le fait que j'arrive à séparer d'un côté une performance d'acteur discutable et de l'autre le personnage. Et pas seulement avec Kit, je suis obligé de faire de même avec Elijah Wood en Frodo ou Daniel Radcliffe en Harry Potter (qui sont pas loin d'être aussi mauvais que Kit). Cela dit je comprends ton rejet et j'ai moi aussi mes limites, par exemple malgré toute la gymnastique intellectuelle possible, impossible d'arriver à apprécier ou à trouver crédible Tobey Maguire en Peter/Spider-Man. Je crois bien qu'il s'agit du seul cas ou une performance d'acteur arrive à ce point à tirer vers le bas une expérience filmique, pour moi.

Pour en revenir à Jon, j'arrive à voir une vraie évolution du personnage, même si Kit à bien du mal à lui donner du relief. Le fait par exemple qu'en s1 il est tellement complexé et traumatisé par son statut de batard , qu'il en est incapable d'avoir une relation sexuelle, ne serait-ce qu'avec une prostituée. Alors qu'en s7, il va frapper en pleine nuit à la porte d'une Reine... J'étais fier de Jon à ce moment, c'était un aboutissement très satisfaisant, malgré toutes les réserves que je peux avoir sur l'acteur.


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