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#1 26-02-2019 11:44:47

mbuna
I don't know you

Comment juger le succès d'une série ?

Bonjour à tous.


Depuis 2 saisons, nous nous retrouvons avec 2 séries ST commencées quasi en même temps (hasard ?), une officielle - DIS- et une officieuse -The Orville-. Je vous propose de laisser totalement de côté le débat du pour ou contre chaque série dans cette discussion. Les topics idoines sur le forum sont là pour ça. Nan, car au delà de leurs similitudes de programmation, ces 2 séries diffèrent sur un élément de taille  : leur format de diffusion.
Alors, dépendant de cette nature de diffusion, comment estimer le succès de chacune d'elle ? Comme l'adhésion ou le désamour... Quelles sont les jauges à prendre en compte, et avec quelle degré de confiance ?

The Orville est diffusée sur la Fox le jeudi soir, DIS sur Netflix à partir du vendredi.
Alors, qu'avons-nous à disposition ? L'audience pour l'une ? La communication Netflix pour l'autre ? Les charts et les agrégateurs de notes ? Les reviews critiques/users ? Les réseaux sociaux ? (...) ???
Est-il possible de se faire une idée un peu précise de tout ça, en prenant en compte les usages d'aujourd'hui ?

Sommes-nous obligés d'attendre de savoir si une série est reconduite pour connaitre son succès ? Ce couperet est-il de toutes façons fiable pour savoir si une série plaît et a rencontré son public ?

Quelques éléments de début de ma réflexion en vrac (assez naïve j'en conviens) :

  • A mon sens, le jugement par l'audience est une jauge précise pour le cinéma, sa meilleure pub étant ce que les 1èrs spectateurs en ont pensé. Le temps à l'affiche semble un bon début (et encore, on a un biais par la couverture des cinés). Cela devient beaucoup moins vrai dans le cas d'un évènement TV à diffusion quasi unique. A la limite, l'audience d'un épisode est + lié à l'adhésion des téléspectateurs à l'épisode précédent. Si je n'apprécie pas, j'arrête de suivre. Dans ce cas, il me semble que l'approche "sondage" ou reviews, réseaux, et surtout agrégateurs de notes s'approche plus de l'objectif visé, à savoir un "taux d'adhésion" ou de plaisir devant un évènement TV passé

  • Par ailleurs, même si je n'apprécie pas vraiment DIS, je regarde tous les vendredis soirs, et plus encore, je ne vais en aucun cas résilier mon abonnement pour une série que je ne regarderais plus. Le raisonnement est global. Et pire, si je regarde DIS, Netflix agrège cette donnée et prend mon habitude pour une adhésion, ce qui est normal et d'ailleurs ne me dérange pas. Pour le modèle économique de Netflix, je suis un bon client. Pour autant, mon appréciation qualitative peut être toute autre. En fait, l'audience et les abonnements ne se préoccupent quasi que de la partie quantitative, par ce qu'elle est directement liée à l'approche économique (vente de pubs et d'abonnements). Mais quid du "taux de satisfaction" ? D'autant + dans une perspective d'analyse par épisode ?

  • Les reviews des critiques pros me semblent la jauge la plus mauvaise, j'ai l'impression de + en + d'être devant des organes de pub et de followers, surtout en ce qui concerne les productions Netflix

Alors qu'est ce qui me reste ? C'est quoi la recette ? Y'en a une ? Et soyons fou, si j'ai envie de comparer 2 séries sur ces questions (au hasard DIS et The Orville mdr ), comment je fais ? Y'a moyen de moyenner ?

Et pour finir, ne sommes-nous pas tous victimes de biais de confirmation ? C'est bien connu, quand un sondage va dans mon sens, il est réputé fiable. Dans le cas inverse, les sondages = le complot.

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#2 26-02-2019 11:49:43

dvmy
Suicide Is Alright

Re : Comment juger le succès d'une série ?

La popularité c'est tout. Mais pas maintenant. Pas à chaud. Il faudra comparer dans plusieurs années.

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#3 26-02-2019 12:28:04

Guigui le gentil
membre

Re : Comment juger le succès d'une série ?

C'est une bonne question. Par exemple Twin Peaks the return a eu une très très faible audience MAIS des critiques et un buzz ultra positif sur internet et surtout pour SHOWTIME qui a produit cette saison, le nombre d'abonnement a augmenté car les fans se sont abonné que pour voir cette saison 3 de Twin Peaks.

Et d'un autre côté seulement 10% de téléspectateurs en nombre qui avaient vu les 2 premières saisons il y a 27 ans, ont regardé la saison 3, qui est considérée par LES CAHIERS DU CINÉMA comme étant le meilleur "film" 2017...

Alors, comment juger de ce succès ?

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#4 26-02-2019 12:56:57

DrAg0r
Dra'ghoH

Re : Comment juger le succès d'une série ?

mbuna a écrit :

A mon sens, le jugement par l'audience est une jauge précise pour le cinéma, sa meilleure pub étant ce que les 1èrs spectateurs en ont pensé.

Je pense que c'était peut être valable (et encore) à une époque où les stratégies de marketing et les moyens de communication étaient moins développées mais j'ai l'impression que ce n'est plus vrai depuis un bon moment. Le bouche à oreille ne me semble pas grand chose comparé à, par exemple, la com' qu'il y avait autour de SW7 avant sa sortie. Pour moi l'audience d'un film est indicateur du succès de sa stratégie de com' plutôt qu'indicateur du succès de l’œuvre.

mbuna a écrit :

Dans ce cas, il me semble que l'approche "sondage" ou reviews, réseaux, et surtout agrégateurs de notes s'approche plus de l'objectif visé, à savoir un "taux d'adhésion" ou de plaisir devant un évènement TV passé

Oui je dirais bien que les agrégateurs de notes du public (à recroiser entre eux quand c'est possible) et en évacuant les notes des critiques pro, c'est la moins mauvaise méthode pour mesurer le succès d'une série ou d'un film. Plus le temps passe, plus les notes sont représentatives du succès (pas de la qualité hein, du succès).
J'ai vaguement entendu parler d'histoires de gens qui codaient des bots pour distribuer des mauvaises reviews. Je sais qu'il y a des gens payés pour en donner des bonnes aussi (pour les restos en tout cas, pour le ciné et les séries je n'en sais rien). Ça fausse les choses tout ça. Il y a aussi des raids : Un groupe ou un forum qui va viser une œuvre et un site pour aller spammer de mauvaises notes de manière organisée. Ça fait pas mal de biais tout ça.

Pour en évacuer le maximum, il faudrait juger sur les notes que les gens donnent à une œuvre 10 ou 15 après sa sortie. Ça évacuerait le buzz initial des premières années. Évidemment ce n'est pas très pratique...

Dernière modification par DrAg0r (26-02-2019 14:04:23)


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#5 26-02-2019 12:57:37

dl500
TOS Forever

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Je rejoins le point de vue de Dvmy.
Il faut attendre plusieurs années pour savoir si la série sera digne d'être considérée comme un succès ou qu'elle finira oubliée.
Bon nombre d'exemples peuvent étayer cette idée.
Rien que TOS par exemple. wink
Nous vivons malheureusement dans une société de l'instantané, ce qui fausse et le ressenti des spectateurs et la réflexion des scénaristes à ce qu'il est bon de produire ou non...


L'être humain a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en n'a qu'une...

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#6 26-02-2019 13:44:46

dvmy
Suicide Is Alright

Re : Comment juger le succès d'une série ?

dl500 a écrit :

Je rejoins le point de vue de Dvmy.
Il faut attendre plusieurs années pour savoir si la série sera digne d'être considérée comme un succès ou qu'elle finira oubliée.
Bon nombre d'exemples peuvent étayer cette idée.
Rien que TOS par exemple. wink
Nous vivons malheureusement dans une société de l'instantané, ce qui fausse et le ressenti des spectateurs et la réflexion des scénaristes à ce qu'il est bon de produire ou non...

D'autant qu'il y a des tas de films considérés comme des flops en salle qui sont devenus cultes et très populaires avec le temps. Blade Runner, Dune, Starship Troopers, Jack Burton, etc....

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#7 26-02-2019 15:09:49

matou
modérateur

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Pour moi je souscris à Dvmy et Mbuna.
Pour « traîner » sur les agrégateurs et autres sondages, je pense que la donnée primordiale c’est le temps.
Le temps moyen et le temps long.
Or c’est précisément cette variable qui est celle qui est la plus délicate. Car il y a toujours un décalage entre être populaire et que l’on sache qu’une chose est populaire.
La recette ? Regarder les variations dans le temps des spectateurs (pour un film), l’évolution des avis sur les agregateurs, le score en vidéo, les audiences en j+1 et en j+7 (pour les séries), les audiences moyennes du network, celle de la case horaire du même network sur l’année, la place de la série parmi les autres série.
Netflix avait avant un système de notation. L’un des enjeux sera d’imposer au SVOD une transparence.

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#8 26-02-2019 17:09:05

scorpius
Nowhere Man

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Il est clairement de plus en plus difficile de juger de la popularité d'une série. Un indice étant de voir si l'audience grimpe de saison en saison, si c'est le cas on peut au moins affirmer qu'il y a une forme d'adhésion de la part du public. Tout en sachant qu'avec les changements dans le mode de consommation des séries, on ne reverra probablement jamais des chiffres d'audiences aussi fous que ceux de M.A.S.H, Dallas ou Friends, ce qui ne veux pas dire que certaines séries modernes ne sont pas au moins aussi populaires que ces dernières en leur temps. J'ai par exemple pas mal constaté IRL et sur le net, qu'il y avait une tranche de spectateur qui n'a pas voulu suivre la saison 7 de "Game of Thrones" en direct, préférant privilégier l'expérience d'un marathon une fois tous les épisodes disponibles (que ce soit sur OCS, en téléchargement/streaming illégal, voir avec la sortie bluray). Quand aux services de V.OD ça complique encore un peu plus la donne, CBS multiplie les projets de séries autours de l'univers Star Trek, mais est-ce pour autant un signe que Discovery est un véritable succès, ou une tentative de rentabiliser à tout prix le lancement de leur plate-forme en gavant des Trekkers affamés ? J'en sais rien...

On peut aussi évoquer l'exemple de certaines séries qui ont été annulées en raison de problèmes de production divers (Crusade, Jeremiah, Stargate Universe). Il est donc quasi-impossible de juger de leur popularité réelle. Les audiences de "Crusade" étaient plutot raisonnables et si la série n'avait pas été annulée avant même sa diffusion, qui sait, elle aurait pu devenir plus populaire que Babylon 5.

Dernière modification par scorpius (26-02-2019 18:16:31)


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#9 27-02-2019 10:54:06

yrad
admin

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Cette question du "succès" des séries devient plus que jamais la quadrature du cercle, car tous les critères d’évaluation imaginables sont systématiquement polysémiques, ambivalents, inaccessibles, ou opposables.

Cela commence par la définition même de "succès"… qui ne signifie pas la même chose pour tout le monde.
Quantitativement d’une part. Par exemple, la série Enterprise a systématiquement fait de meilleures audiences lors de sa première diffusion que Battlestar Galactica 2003. Pourtant, ce que Sci-Fi (devenue Syfy) considérait comme un grand succès, UPN (dont la couverture n’était pas nationale) l’avait considéré comme un échec. Qui avait raison ?
Qualitativement d’autre part. Sur le terrain strictement commercial, un succès sanctionne un bénéfice (au minimum l’accession à un seuil de rentabilité prédéterminé), et non une adhésion ou une popularité. Dans cette perspective, le buzz, l’indignation, le scandale sont aussi des indicateurs de "succès". C’est ce qui a contribué à la victoire de Trump en 2016. Et à mon modeste niveau, par mes déconstructions très critiques de Discovery, je participe aussi du "succès" de cette série. Seule l’indifférence, le désintérêt, ou le boycott seront des anti-succès.

Ensuite, il y a le problème de la mesure (comme en mécanique quantique).
Chaque partie prenante possède sa propre méthode, et l’opacité de celle-ci est désormais devenue un enjeu stratégique. Beaucoup ignorent que l’essor récent de la SVOD (Netflix et tous ses épigones) résulte en grande partie de la volonté des société de production d’échapper totalement aux Nielsen ratings et autres systèmes médiamétriques de mesure d’audimat (qui de toute façon avaient déjà été considérablement faussés depuis le début des années 2000 avec les modes de visionnage en différé via les TiVo et autres PVR, le streaming, et la multiplication des voies d’accès légales ou illégales...). L’opacité de la SVOD permet ainsi aux Majors de davantage contrôler leur stratégie commerciale (désormais souvent globale en incluant divers rééquilibrages et péréquations) sans rendre de comptes détaillés ni au public, ni aux investisseurs, ni aux actionnaires. C’est l’éternel tropisme orwellien totalitaire d’un pouvoir qui tente de faire disparaître tous les contre-pouvoirs (régulateurs ou vérificateurs). Et "grâce" à ça, chaque network peut fabriquer sa "vérité" (devenu indistingable de la fake news). Ainsi, Discovery devient un "succès"… uniquement parce que CBS déclare que c’est un succès ! Commode. mdr
D’autant plus que de telles propagandes et intox peuvent favoriser à moyen terme diverses formes de conditionnement du public (voire de "prophéties autoréalisatrices").
Néanmoins, en interne, si l’opacité offre une flexibilité accrue, elle ne fait pas pour autant disparaître les contraintes économiques et financières. Différents modèles d’évaluation se font concurrence selon les networks. Par exemple, certains vont prendre en compte l’avis critique de la presse et/ou les notes du public sur les sites/réseaux les plus fréquentés. D’autres intègrent désormais dans l’équation de rentabilité les bénéfices des ventes de coffrets DVD/Blu-ray, voire même le marché des produits dérivés (ce qui n’était pas du tout le cas dans les années 90 et à l’ère du ST bermanien). D’aucuns vont même jusqu’à estimer l’importance du piratage pour circonscrire l’intérêt réel du public (invalidant donc la démarche de ceux qui s’imaginent naïvement ne pas contribuer à un "succès" en piratant tongue), car un pirate satisfait par un produit peut devenir à terme un client ou au minimum un relai prosélyte.

Enfin, il y a l’indétermination de la représentativité et de la visibilité. Comment connaître avec certitude les opinions réelles ?
La presse et les médias en général sont réputés être une élite d'influenceurs davantage qualifiés que les simples manants pour juger. Mais du coup, ils ne sont guère représentatifs voire parfois complètement hors sol. Le duo rival Discovery vs. The Orville en fournit la plus emblématique des illustrations lorsque l’avis du public est exactement symétrique à celui de la presse. Pire, avec la montée des populismes mais aussi du journalisme citoyen, la confiance du public envers la classe médiatique s’est largement effritée, au point de se traduire parfois par des oppositions de principe envers ce qui est ressenti comme un "encadrement" de conformisme et de bienpensance.
Les agrégateurs (Rotten Tomatoes, Metacritic, MRQE…) contribuent quant à eux à la sacralisation de l’immédiateté jusqu’à l’absurde. Ainsi, seuls sont pris en compte les opinions de la presse à la sortie en salle (pour un film) et à la première diffusion du pilote (pour une série). Ce qui disqualifie donc par principe la seule forme d’évaluation crédible de la qualité d’une œuvre, à savoir le temps, le recul, et la résistance aux revisionnages (sans compter qu’une série TV ne saurait se juger à son seul pilote). L’exemple de ST Nemesis fut éloquent : le film avait été étrillé par la presse US à sa sortie en 2002, ce qui lui a valu un médiocre 37% sur Rotten Tomatoes. Mais lorsqu’il est sorti en Blu-ray en 2009, cette même presse US lui a fait un très bon accueil (eh oui, rien qu’en 7 ans, les avis peuvent changer radicalement...), à tel point que si le score RT avait été actualisé, il aurait aujourd’hui dépassé les 80% (fresh) ! Heureusement que ces agrégateurs n’existaient pas du temps de Stanley Kubrick, car avec leur politique doxométrique en sortie de salle gravée dans le marbre, la plupart des chefs d’œuvres du maître seraient toujours considérés aujourd’hui comme des navets. rolleyes
Quant au public lui-même, son opinion n’est connue qu’à travers les avis exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Et là, c’est le festival de tous les biais cyber-cognitifs possibles. Seuls les spectateurs extravertis et militants expriment leur avis en ligne (soit une faible proportion du public… qui a généralement à peine le temps de suivre une série dans son intimité familiale… sans songer ensuite à aller écrire des reviews ou même simplement à attribuer des notes sur divers sites). En outre, les modes de décompte des votes/notes sont exposés à tous les abus (facilité pour créer plusieurs comptes, trucages divers, trollage coordonné, bots de promotions ou de bashing…).
À l’origine, les scores de ventes des coffrets vidéo pouvaient représenter l’un des seuls indicateurs de popularité à peu près fiable (dans notre belle société, c’est seulement en payant cher que l’on prouve son amour mrred). Mais désormais, la SVOD réussit également à totalement fausser cet ultime indicateur, car à quoi bon acheter des supports matériels encombrants lorsqu’un abonnement mensuel modique permet d’avoir accès à tout de partout ?
Bien sûr, chacun sera tenté de s’appuyer sur son expérience personnelle IRL et/ou VR pour apprécier un degré de popularité, mais le jeu des sociabilités naturelles et des biais de confirmation faussera considérablement le résultat. Par exemple, à l’époque de la diffusion d’ENT lorsque la série était bashée sur le web, je ne cessais de rencontrer IRL des gens qui l’adoraient. Et aujourd’hui alors que DIS divise le web, je ne cesse de rencontrer IRL des gens qui la détestent ! Il serait tentant d’en déduire quelque chose devil, mais finalement dans quelle mesure mes contacts sont-ils vraiment représentatifs de la sociologie de l’ensemble des spectateurs (sans compter que celle-ci variera beaucoup d’un pays à l’autre) ?

Bref, la question du "succès" des séries est largement indécidable. Et du coup, en bons consommateurs résignés, nous nous contentons d'aller voir sur IMDb, sur Allociné, sur Amazon, sur les deux plus célèbres agrégateurs, ou dans notre groupe FB favori pour savoir si une série a la cote ou non. Ce qui confère au passage à ces quelques sites un pouvoir considérable pour faire et défaire les réputations… sans pour autant révéler forcément les niveaux de succès ni les popularités réelles.


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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#10 12-03-2019 22:25:25

Anabera
membre

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Merci Yrad pour ce bilan très complet (et plein d’humour).

Je pense que c’est le bon thread pour poser cette question : j’ai vu que sur IMDB il y avait souvent un décalage entre la moyenne réelle des notes et la note officielle affichée sur la page principale. Par exemple la série Discovery a 7,2/10 de moyenne mais sa note affichée est 7,4/10. Et à l’inverse la série Enterprise a 7,7/10 de moyenne mais sa note affichée est 7,5/10.
Ce n’est pas juste je trouve.

Dernière modification par (12-03-2019 22:27:09)

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#11 12-03-2019 22:43:03

yrad
admin

Re : Comment juger le succès d'une série ?

Il s’agit là d’un parti pris éditorial d’IMDb pour lutter contre les biais militants et lobbyistes. Outre d’écarter autant que possible en amont les fakes (campagnes de promotions ou de dénigrements aux moyens de faux comptes et de bots, parfois téléguidées par les Majors elles-mêmes), les notes attribuées par les inscrits réguliers font l’objet de moyennes arithmétiques, mais celles-ci sont ensuite pondérées au moyen d’un algorithme dont IMDb garde la formule exacte secrète.
Mais en gros, le principe est le suivant : si à l’échelle d’une série TV ou d’un groupe d’œuvres (liées par un thème, un univers, ou un auteur), quelqu’un attribue des notes dont l’écart-type est élevé (c’est-à-dire des notes tantôt moyennes, tantôt élevées, tantôt faibles), alors elles bénéficieront d’un coefficient de prise en compte normal (disons 1). Mais dès lors que le votant attribuera uniquement ou majoritairement (écart-type faible) des notes extrêmes (maximales ou minimales) à tous les épisodes d’une série (par exemple), la prise en compte desdites notes par IMDb baissera (via des coefficients inférieurs à 1). Car l’algorithme de pondération interprétera ces notes non plus comme l’expression d’une opinion réelle et sincère, mais comme un acte militant de soutien ou de bashing (selon le cas) pour influer sur la note officielle.
Et c’est ainsi que pour les séries ST, seules TOS et TNG possèdent des notes pondérées identiques aux moyennes arithmétiques afférentes. Ce qui signifie que pour l’algorithme d’IMDb, ce sont là des séries "apaisées", ne faisant plus l’objet ni de polémiques, ni d'activisme, ni de partisanisme.
En revanche, les écarts entre les notes pondérées et les moyennes arithmétiques restent importants (de l'ordre de quelques dixièmes mais c'est beaucoup au regard du nombre de votants) pour DS9, VOY, ENT… et a fortiori pour DIS, car ces séries sont encore considérées par IMDb comme des fronts de "guerres d’influences" (entre fans et/ou parties prenantes).


« Science fiction is the most important literature in the history of the world, because it's the history of ideas, the history of our civilization birthing itself. Science fiction is central to everything we've ever done, and people who make fun of science fiction writers don't know what they're talking about. »
Feu Ray Bradbury

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